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Accueil du site > Actualités > Religions > Strasbourg : condamnation requise pour avoir brûlé le Coran

Strasbourg : condamnation requise pour avoir brûlé le Coran

Caliméro, l'internaute qui s'était filmé en train de brûler le Coran et d'uriner dessus, est passé en correctionnelle le 11 avril au matin. Le procureur a requis trois mois de prison avec sursis et mille euros d'amende. La Licra et la Grande mosquée de Strasbourg se sont contituées parties civiles. Une affaire inquiétante par ce qu'elle montre du recul de la liberté d'expression, et de l'oubli d'importants principes juridiques comme celui qui veut que le droit pénal soit d'interprétation stricte. Le délit de blasphème, absent de notre code pénal, revient en fraude sous l'appellation d'incitation à la haine raciale, qui elle-même devient extensible à l'infini.

Au départ, c'est un défi débile : Caliméro (c'est un pseudonyme) s'ennuyait à l'automne dernier et avait lancé une sorte de web-télé sur laquelle il faisait l'idiot. Un correspondant le met au défi de brûler le Coran (idée qui était "dans l'air" à l'époque : le pasteur fondamentaliste Terry Jones en parlait aux Etats-Unis). Caliméro se prête au jeu, et le voilà maintenant devant les juges.

Ceux-ci ont du s'y reprendre à deux fois. Une première convocation au tribunal avait été annulée pour des raisons présentées comme de pure forme : elle ne visait pas les bons alinéas des bons articles du Code pénal. Ce qui veut dire que le problème était en réalité de fond et non de forme. On ne trouvait pas les bons articles parce que les faits n'y entraient pas. Le code pénal est en principe d'interprétation stricte. On ne "tire" pas sur les articles comme sur du caoutchouc pour y faire entrer ce qu'on veut. C'est une garantie essentielle pour le justiciable. Le juge n'a pas le droit de dire : "Je vous traîne au tribunal selon le code pénal ... euh ... pour choisir un article j'ai un peu de mal." Quand des faits n'entrent pas dans un article du code pénal (et dans des alinéas quand celui-ci est subdivisé), c'est parce que le législateur n'en a pas fait un délit.

Au cas d'espèce, il s'agissait d'une affaire de blasphème (pisser sur le Coran et le brûler). Or, le blasphème n'est pas incrit au code pénal français. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé. La dernière tentative pour créer un délit de blasphème a pris la forme d'une proposition de loi de M. Eric Raoult, toujours disponible pour relayer des revendications islamiques. Ces dernières s'inscrivent dans une stratégie suivie depuis dix à à l'ONU par les Etats de l'OCI pour faire criminaliser ce qu'ils appellent la "diffamation des religions", en clair pour interdire de critiquer l'islam. Cette stratégie connait quelques succès. Des résolutions "anti-diffamation" sont votées chaque année à l'ONU, rendant la liberté religieuse totalement méconnaissable. On en est arrivé au point où même l'Etat du Vatican refuse de voter ces résolutions anti-blasphème, car elles servent entre autres à persécuter les chrétiens. Il y a même un projet de demander une peine de mort au plan mondial pour blasphème. Au Pakistan, la loi anti-blasphème donne lieu à des persécutions de masse qui ont conduit à une pétition d'Aide à l'Eglise en détresse.

Dans un tel contexte, on attendrait, de nos pouvoirs publics, en particulier judiciaires, une ferme résistance à ces tentatives de judiciariser le blasphème. Or, c'est tout le contraire que nous avons vu se produire à l'occasion du procès Caliméro.

L'audience du 11 avril nous est relatée par les Dernières Nouvelles d'Alsace, qui étaient sur place. Nous apprenons, en lisant leur article, que Caliméro est jugé pour incitation à la haine raciale. Quel rapport entre l'incitation à la haine raciale et le blasphème ? Ben ... nous n'en savons trop rien, si ce n'est que le délit d'incitation à la haine raciale est si élastique qu'on se demande bien ce qui n'y entrerait pas.

A cette occasion, le procureur inventa la notion d' acte provocateur « à double détente ».

« Il incite à la haine à l’égard des musulmans, car tout le monde sait que le Word Trade Center a été attaqué par des extrémistes musulmans (...). Et en urinant sur le Coran (...) c’est une incitation à la haine des musulmans contre les non-musulmans ».

Examinons de plus près ce double mécanisme.

Caliméro avait fait une allusion gestuelle à l'attentat du World Trade Center en manipulant un avion en papier.

Cette allusion est-elle jugée mensongère ? Monsieur le Procureur se range-t-il au nombre de ceux (il y en a) qui estiment que les auteurs de l'attentat n'étaient pas musulmans, et que celui-ci résultait d'un complot américano-sioniste ?

Non, pas du tout. Monsieur le Procureur pense au contraire que "tout le monde sait que le Word Trade Center a été attaqué par des extrémistes musulmans". Le message gestuel de Caliméro n'était donc pas mensonger. Il a imputé le Wall Trade Center à l'islam, et celui-ci avait bien des musulmans pour auteurs.

Caliméro a dit (par gestes) la vérité. Il doit être exécuté !

Aurons-nous encore le droit, demain, de parler du Wall Trade Center, et aussi de la charia, des lapidations, des amputations, des condamnations pour adultère de femmes violées ? Toutes ces choses sont vraies mais justement : c'est parce qu'elles sont vraies qu'elles mettent en colère ; et, de la colère à la haine, il n'y a parfois qu'un pas.

Garde-t-on le droit de dénoncer le mal à propos de faits parfaitement établis ?

On dirait que, pour Monsieur le Procureur, ce ne soit pas évident !

 Voyons maintenant l'autre branche de cet acte provocateur "à double détente" :

" Et en urinant sur le Coran (...) c’est une incitation à la haine des musulmans contre les non-musulmans"

Nous sommes là en pleine inversion accusatoire. Nous savons que la foule musulmane est inflammable, en particulier à propos de blasphèmes vrais ou supposés. Pour autant, les musulmans sont responsables de leurs émotions et de leurs réactions. Il n'y a aucune raison de faire droit à une revendication souvent entendue de ne pas les offenser.

Personne n'aime être offensé, ni eux ni les autres. Pour autant, il n'existe pas de droit à ne pas être offensé. Un tel droit, s'il existait, serait incompatible avec la liberté d'expression. En contrepartie de cette liberté, nous devons, tous et toutes accepter d'entendre des choses qui nous offensent, et prendre sur nous pour ne pas exploser. Nous mêmes, les femmes, on nous demande de montrer beaucoup de tolérance vis à vis des expressions de "liberté religieuse" islamique, comme le voile, qui sont aussi bien peu respectueuses de l'égalité homme/femme.

Pour vivre en société, chacun prend sur lui. Il n'y a pas de raison que les dévots des différentes religions aient, plus que d'autres, le droit de n'être jamais offensés. Et il n'y a aucune raison que ce "droit" soit reconnu plus aux musulmans qu'aux chrétiens ou aux athées.

Le blasphème fait partie des traditions françaises. Nous connaissons tous des histoires d'enfants de choeur qui urinaient dans le bénitier.

Récemment, une "oeuvre d'art" nommée Christpiss, représentant le Christ plongé dans de l'urine, a été exposée en Avignon avec subventions publiques s'il vous plait !

L'Eglise a osé protester, et elle s'est attiré les foudres de Libération, qui traite les protestataires de pisse-vinaigre.

Puisque Libération est si attaché à la liberté de blasphémer en utilisant de l'urine, on espère voir ce journal au nombre de ceux qui défendront Caliméro.

 Le procès Caliméro a ce point commun avec le procès Sabaditsch-Wolff : l'acharnement à condamner, quitte à opérer des figures acrobatiques entre des incriminations qui n'ont rien à voir avec les faits. On rappellera d'Elisabeth Sabaditsch-Wolff est une conférencière qui avait, elle aussi, été inculpée en Autriche d'incitation à la haine raciale, mais sans qu'il soit possible de la condamner de ce chef, car ses critiques de l'islam étaient parfaitement étayées. Elle fut donc condamée pour blasphème pour avoir osé dire que Mahomet était pédophile. Le tribunal lui reprocha d'avoir menti sur ce point. Il reconnut que Mahommet avait bien épousé Aïcha à six ans et l'avait bien déflorée à neuf, mais, étant donné qu'il couchait AUSSI avec des femmes adultes, Madame la Juge considéra qu'il n'était pas pédophile.

On en rirait, si ce n'était tragique.


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82 réactions à cet article    


  • Cocasse Cocasse 19 avril 2011 11:52

    J’aimerais bien qu’une mode arrive sur les sites de vidéos en ligne, où chacun se filmera en train de bruler un coran.
    Mais là encore, un peu s’attendre à de la censure.
    Le délit de blasphème est bien en train d’être réhabilité. Pour la thorah ou le coran bien sur, pas pour la bible, préférence étrangère oblige.


    • manusan 19 avril 2011 12:20

      Ni le code civil, brulé à Limoge sur la place publique.


    • Bovinus Bovinus 19 avril 2011 17:11

      @ Cocasse

      Pour une fois, je vous soutiens dans votre audacieuse proposition smiley

      Je rajouterais même qu’il serait sage de recommander aux pyromanes de la liberté d’expression de pisser sur leur Coran une fois la combustion terminée, par précaution - un incendie est si vite arrivé...


    • Odal GOLD Odal GOLD 19 avril 2011 19:49

      @ D’accord avec vous Cocasse,

      il y a bien un risque de réhabilitation du délit de blasphème, et c’est dire que le ciel pourrait bien encore s’assombrir comme ici, il y a encore seulement deux siècles...
      >>> À LA MÉMOIRE DU CHEVALIER DE LA BARRE

      La Thora, le Coran, la bible, à défaut d’être étrangères, sont tout aussi mortifères.


    • clostra 19 avril 2011 12:19

      Peut-on faire un parallèle avec des dictateurs dont on brûle l’effigie en place publique ?
      Car s’il s’agit de symboles, il y a derrière quelque chose de l’ordre de l’Autorité et l’ordre établi soustendue par une violence répressive .
      Une année, dans un village de très proche banlieue parisienne, nous nous sommes retrouvés dans une sorte de procession de carême avec en tête, un « homme de paille », souvenir d’un hobereau du coin qui allait être brûlé en place publique et devant tous les villageois. Manifestation festive, libératoire...
      Ne brûle-t-on pas les cahiers et les livres d’écoliers en fin d’étude ? une façon d’affirmer qu’on va désormais fabriquer son propre miel, ouvrir le champ des possibles et de l’avenir...
      Brûler fait réfléchir, plus qu’il n’incite à la haine, il me semble : la flamme réchauffe, éclaire, s’étire vers le haut (s’élève en prière ?).
      « Pisser dessus » c’est un peu un contre sens car ça rend plus difficile l’allumage de la chose-symbole à brûler. Mais c’est également liberté d’éteindre un feu ou de ne pouvoir l’allumer.


      • clostra 19 avril 2011 13:24

        Un petit ajout

        L’urine est un liquide biologique noble. Certains s’en servent pour améliorer leurs défenses immunitaires en la buvant (diluée, je crois), d’autres ont fait l’expérience suivante : piqué(s) par une vive (ces poissons épineux qui nagent dans les eaux peu profondes des plages et dont les piqûres aux pieds généralement, sont extrêmement douloureuses), ils se sont procuré le plus rapidement possible ce précieux liquide pour y plonger le pied : instantanément guéri et soulagé.

        Ensuite, pour le pari doublement « transgressif », une histoire de potaches, espérons que son montant était de 1000 euros et rendons à César ce qui appartient à César...


      • jltisserand 19 avril 2011 12:39

         Analyse de ..... article « a chier »


        • OMAR 19 avril 2011 21:43

          Omar 33

          Bien plus qu« à chier ».

          Surtout lorsque la censure interdit que l’on écrive que les nazis brulaient aussi des livres...


        • tikhomir 19 avril 2011 13:01

          Bonjour,

          Citation : Le blasphème fait partie des traditions françaises. Nous connaissons tous des histoires d’enfants de chœur qui urinaient dans le bénitier.

          Bof... On a les traditions qu’on peut, si un gamin qui fait une bêtise dans une église, que sa bêtise est cautionnée et élevée au rang de tradition nationale, il faut se poser des questions sur ses traditions. De plus au vu du nombre de saints qui sont Français, au vu de ce qu’a été la France catholique, j’aurais plutôt dit que la tradition était justement tout l’opposé du blasphème.

          Citation : L’Eglise a osé protester, et elle s’est attiré les foudres de Libération, qui traite les protestataires de pisse-vinaigre.

          Même sans ça, elle s’attire les « foudres » de Libération, Libération est dans l’opposition à l’Eglise par principe, dogmatique. Rien de nouveau sous le soleil...

          Pour cette histoire avec le dénommé Caliméro, c’est pareil, il a fait une bêtise, sa condamnation est tout autant une bêtise car je suis d’accord, à ce moment là, on reconnaît indirectement un droit de blasphème.

          @Cocasse
          Je n’aimerais pas que la mode dont vous parlez se fasse (et pourtant, je n’aime vraiment pas l’islam). C’est tout simplement une agression, dans une agression, il y a une/des victime(s) et faire des victimes n’amène que la rancœur de la part desdites victimes. Tout ça ne peut que mal finir...
          En plus de ça, vous parlez de la Torah comme quoi si on brûle la Torah ce serait condamné et pas pour la Bible... Drôle d’opinion car si vous brûlez une Bible, vous brûlez aussi la Torah (les 5 premiers livres de la Bible, que nous appelons aussi le Pentateuque).

          Quand on voit ce qu’on fait les Français de leur patrimoine religieux, culturel et traditionnel , l’ont renié, ridiculisé, conspué ou comment ils l’ont perverti pour se bâtir quelque chose de médiocre (« la tradition du blasphème »... fallait la faire celle-là !), on se dit qu’ils ont bien cherché l’islamisation. Pleurer sur des conséquences qu’on a provoqué c’est bien, mais redressez la tête et arrêtez ces idéologies qui nous ont amenés là où nous sommes. C’est l’histoire d’un pays qui s’est lui-même détesté... pfff


          • Cocasse Cocasse 19 avril 2011 13:14

            Il y a un grand obstacle à ce qu’une telle mode se fasse : il faut acquérir le bouquin avant de le bruler. Donc donner des sous pour ça.
            Je me vois pas payer pour un coran, même à bas prix, et même pour le cramer après.


          • Castel Castel 20 avril 2011 11:01

            Vous pouvez le trouver sur internet le Coran, pas besoin de payer.

            http://www.livrespourtous.com/e-books/detail/Le-Coran/onecat/0.html

            Les livres cela se lit, ça ne se brûle pas : sauf pour montrer notre propre idéologie.
            Par contre, je suis totalement d’accord avec le sens de l’article. En république, on ne doit pas admettre le délit de blasphème et ne pas sous-entendre comme beaucoup de nos médias / dirigeants que la pratique musulmanes impliquent une race. Ceux qui utilisent ce genre d’amalgame sont les seuls vrais racistes.


          • Voltaire Voltaire 19 avril 2011 13:14

            Pour une fois, je suis (sonnez trompettes !) d’accord avec l’analyse de l’auteure. Enfin, partiellement d’accord (il ne faut pas exagérer), puisque l’auteure a des oeillères qui la conduise à ne regarder qu’en direction de l’islam (on attend toujours sa condamnation des imbéciles qui ont détruit les oeuvres d’Andres Serrano au musée d’art contemporan d’Avignon et menacé de mort ses responsables, ce qui est, cela, un délit...).

            Cette condamnation est une stupidité, et je doute qu’elle tienne en appel.
            Comme le souligne l’auteure, en France, le délit de blasphème n’existe pas, fort heureusement ! On peut donc dire ce que l’on veut des religions et des dieux, et faire ce que l’on veur des livres religieux, tant que cela ne constitue pas une menace à l’ordre public (genre un autodafé du coran devant une mosquée...) ou à la sécurité (bruler des livres dans son salon à côté d’une bouteille d’essence...).

            Evicemment, il ne s’agit pas là d’une condamnation à la haine raciale (quelle race ?), mais à la haine tout court, mais avouons-le, c’est tellement tiré par les cheveux que cela en devient risible (je conseille à tous de relire un peu Gotlib, côté carricature des dieux, il est champion et ça détend...). Le geste de cet alsacien était bien sûr un peu béta, mais franchement on se demande si la justice n’est pas déjà assez encombrée comme cela pour avoir du temps à perdre avec ce genre d’affaire.

            Ce qui est beaucoup plus grave, c’est la triple exploitation de ce fait divers :
            - exploitation politique du pouvoir, par procureur interposé, pour sembler démonter on ne sait pas trop quoi à on ne sait pas trop qui ;
            - exploitation politique des extrême, genre FN, qui utilise ce fait pour stigmatiser une religion et ses croyants (genre, pauv’ français de souche qui ne peut même pas bruler un coran sans que les musulmans lui tombent dessus par pouvoir interposé, alors qu’on affiche avec nos sous des photos de crucifix dans l’urine...)
            - exploitation des organisations cultuelles ou anti-racistes qui montent en exergue un fait divers ridicule.

            Bref, tout cela va comme d’habitude mettre de l’huile sur le feu (c’est le cas de le dire) pour des raisons ridicules.


            • Annie 19 avril 2011 13:21

              J’adhère à 100% à votre commentaire.


            • Catherine Segurane Catherine Segurane 19 avril 2011 16:09

              Voltaire a écrit :

              « l’auteure a des oeillères qui la conduise à ne regarder qu’en direction de l’islam (on attend toujours sa condamnation des imbéciles qui ont détruit les oeuvres d’Andres Serrano au musée d’art contemporan d’Avignon et menacé de mort ses responsables, ce qui est, cela, un délit...). »
              ____

              Je réponds :

              1 mon article était déjà écrit quand le Christpiss a été détruit
              2 les menaces de mort ne sont pas avérées à ma connaissance ; ce point est à éclaircir
              3 dans l’affaire du Christpiss, il y a ce scandale supplémentaire qu’il était exposé avec subvention publique
              4 sinon, pour la dégradation de l’objet (je n’ose dire l’oeuvre), c’est clair que le délit de dégradation est présent et que les tribunaux condamneront si les auteurs sont pris
              5 mais pas besoin de faire appel à la notion de blasphème pour les condamner


            • Traroth Traroth 19 avril 2011 16:16

              On remarquera que le commentaire de Ségurane ne contient toujours pas la moindre condamnation de cet acte...


            • tSbeNjY tSbeNjY 19 avril 2011 17:20

              @ Traroth

              Parce-que selon vous cet acte est condamnable ?
              Et pour quelle raison donc ? J’ai une bibliothèque bien fournie, et s’il me prend la fantaisie de brûler certains de mes livres c’est tout naturellement mon droit.
              Que parmi ces livres se trouvent des livres religieux ne rentre pas en ligne de compte. Que ça défrise des barbus me laisse indifférent.
              Caliméro a blasphémé, soit, mais en république Française et laïque il en a le droit. Comme il a le droit d’être bête et de faire des choses stupides tant qu’il ne viole pas la loi.
              Quant à considérer qu’il y ait une « race musulmane », comme le sous-entend le procureur... c’est de l’ineptie, c’est tordre les idées et le droit pour les adapter à une vision bien étriquée de la réalité.
              Que Dieu me tripote, mais sont-ils tous devenus fous ?

            • Cocasse Cocasse 19 avril 2011 17:24

              On remarquera que le commentaire de Ségurane ne contient toujours pas la moindre condamnation de cet acte

              Ridicule.

              Aujourd’hui, le niveau de conformisme et de panurgisme OBLIGE les gens à non seulement ne plus faire aucun « dérapage », mais de plus à un DEVOIR de CONDAMNER tout « dérapage » qui passerait à portée.

              Bêhh Bêhh


            • Heil Cartman Heil Cartman 20 avril 2011 09:27

              3 dans l’affaire du Pisschrist, il y a ce scandale supplémentaire qu’il était exposé avec subvention publique

              Je ne vois pas ce qu’il y a de scandaleux dans le fait qu’en France l’art soit soutenu par des subventions publiques. Ce serait même plutôt le contraire qui serait scandaleux, la culture doit être promulguée par l’état.

              Bien sûr vous avez le droit de ne pas aimer le travail d’Andres Serrano mais si c’est juste a cause du cote « religieux » de l’œuvre (même pas anti-cléricale puisque Seerano est un catho convaincu) alors autant interdire tout de suite David Lachapelle (nom prémonitoire ^^) et Pierre et Gilles pour ne citer qu’eux.

              David Lachapelle :
              http://archeologue.over-blog.com/article-29225110.html
              http://2.bp.blogspot.com/_Gi8Tjqkvz_w/TUv5jL72THI/AAAAAAAABro/Eouk5qQaxVw/s 1600/david-lachapelle-jesus-is-my-homeboy-last-supper-2003.jpg
              http://4.bp.blogspot.com/_Gi8Tjqkvz_w/TUv6F1N0sEI/AAAAAAAABr0/VDhybL-p-KA/s1600/david-lachapelle-monnaie-paris-4.jpg
              http://1.bp.blogspot.com/_Gi8Tjqkvz_w/TUv5YvIG8bI/AAAAAAAABrk/iwEGf_x9bgc/s 1600/david+LaChapelle.jpg

              Pierre et Gilles :
              http://stankrammer.unblog.fr/files/2008/12/rexpositiondep1220839.jpg
              http://www.artykult.com/UserFiles/image/Photos/Pierre%20et%20Gilles/pierreetgilles5.jpg
              http://1.bp.blogspot.com/_Z2gK48fxiMM/TLe-ekXdpWI/AAAAAAAACpQ/cdyDBIJxrfA/s1600/pg36.jpg
              http://archive.liveauctioneers.com/archive4/phillipsdepury/8099/0049_1_lg.j pg

              Franchement, à part le coté « urine » du Pisschrist, cette photo est quand même bien gentillette. Bon ok, je suis un bouffeur de curé, mais c’est d’avantage pour la beauté plastique que pour la « provocation » (si il y en a une) que j’apprécie cette photo. En tout cas le travail de David Lachapelle (que j’apprécie énormément en tant qu’artiste) me semblerait bien plus offensant si j’étais croyant. Y a pas le coté « scato » dans les œuvres de Lachapelle, c’est plus subtil comme art, c’est peut-être pour ça qu’il a jamais eu de soucis, les croyants et la subtilité........


            • Traroth Traroth 20 avril 2011 12:46

              Merci de suivre la conversation, avant de commenter. Le commentaire de Voltaire soulignait que l’auteure ne condamnait pas le vandalisme qui a eu lieu à Avignon. Et je soulignais que dans sa réponse, elle ne condamnait toujours pas cet acte, tout en évitant bien entendu de le proclamer.

              C’est marrant, je vois apparaitre de plus en plus de mal-comprenants, sur Agoravox. J’ai l’impression que certains ont découvert une nouvelle tactique pour tuer le débat...


            • Traroth Traroth 20 avril 2011 12:48

              @Cocasse : Oui, mais dans ce cas précis, on ne peut s’empêcher de relever l’indignation sélective de l’auteure !


            • K K 19 avril 2011 13:44

              Le délit de blasphème, absent de notre code pénal


              Le problème pour cet imbécile, c’est que le blasphème existe dans le code pénal concordataire d’Alsace Lorraine. Article 166 ou 167 si je me souviens bien. Donc les poursuites sont tout à fait légales et justifiées même sans avoir recours à des artifices. Cela pour répondre à Voltaire et à l’auteur. 
              Sur le fond de l’affaire, je trouve l’acte parfaitement idiot mais de là à condamner cette idiotie immature par de la prison, il y a un monde. Un travail d’intérêt général dans un centre social ou une journée de sensibilisation au respect des autres me parait amplement suffisant.



              • tikhomir 19 avril 2011 13:48

                Non cela n’est pas justifié, même dans ce cas, l’islam n’est pas intégré au concordat et n’est donc pas reconnu comme un culte. Donc il ne peut y avoir de condamnation pour blasphème contre l’islam, même là bas.


              • K K 19 avril 2011 13:53

                J’oubliais de préciser que Strasbourg étant en Alsace, c’est le code pénal concordataire qui s’applique. 

                La cours de cassation s’est déjà prononcée sur ce point (application du code pénal Alsacien). Pour changer les choses, la balle est dans le camp des législateurs. 
                Ce sont les règles spécifiques de L’Alsace qui permettent à la ville de Strasbourg de participer au financement de la Mosquée. Celà est théoriquement illégal en France.

              • Voltaire Voltaire 19 avril 2011 14:58

                @K

                Vous avez parfaitement raison, voici l’article :

                Code pénal d’Alsace et Moselle, article 166
                Celui qui aura causé un scandale en blasphémant publiquement Dieu par des propos outrageants ou aura publiquement outragé un des cultes chrétiens ou une communauté religieuse établie sur le territoire de la Confédération et reconnue comme corporation, ou les institutions ou cérémonies de ces cultes ou qui, dans une église ou un autre lieu consacré à des assemblées religieuses, aura commis des actes injurieux et scandaleux, sera puni d’un emprisonnement de trois ans au plus"

                Néanmoins, comme signalé, l’islam n’est pas reconnu comme culte officiel , ce qui limite le champs d’action dans ce cas précis, mais plus gobalement, on aurait efefctivement pu considérer cet acte non comme blasphème mais comme outrage public...

                A titre personnel, je recommance l’abolition rapide de ces vestiges du concordat en France...


              • K K 19 avril 2011 15:18

                Voltaire, je suis tout à fait d’accord avec vous concernant cette particularité de droit local. MAis je ne suis pas certain que les Alsaciens nous suivent. Ils ont un système social en équilibre, des jours fériés supplémentaires, bref quelques avantages.

                En ce qui concerne l’Islam, j’ai répondu plus bas. Dieu est à considérer au sens large selon les représentants des religions concordataires. Ces représentants soutiennent publiquement l’inclusion de l’islam et du boudisme. Lorsque ces religions seront en conformité sur tous les points du concordat en particulier sur le niveau universitaire des cadres représentants(en ce qui concerne l’islam, c’est en cours avec la création du cursus à l’université de Strasbourg), elles pourront légitimement prétendre à l’intégration dans ce concordat. Les dirigeants locaux catholiques, juifs et protestants soutiennent ce point pour éviter de voir le concordat remis en cause.

              • Catherine Segurane Catherine Segurane 19 avril 2011 17:48

                Le délit de blasphème existe bien en droit local alsacien, mais Calimero n’a pas été inculpé sur cette base, probablement parce que le Parquet a estimé que les caractéristiques requises n’étaient pas présentes.



              • jako jako 19 avril 2011 14:08

                La balle au centre, des intégristes catholiques ont détruit une « oeuvre d’art... » du christ à la pisse, décidément les intégrisme religieux...


                • K K 19 avril 2011 14:09

                  Tikhomir, ma réponse concernait l’existence du blasphème dans le code pénal. Ma réponse signifie qu’il existe. Sur le plan de l’Islam qui ne fait pas partie à l’origine du droit concordataire, les trois religions concordataires soutiennent ses demandes et un master d’ismalogie a été créé à l’université de Strasbourg dans le soucis d’équité entre les religions.

                  Les musulmans ne remplissent pas encore toutes les conditions pour obtenir tous les financements, mais ils sont déjà bien davantage aidés qu’ailleurs.
                  Il est certain que dans ce domaine, un arrêt de la cours de cassation pourrait être intéressant. 

                  La raison pour laquelle les cultes concordataires demandent l’extension du statut, c’est pour éviter qu’il ne soit totalement remis en cause.
                  Voilà pour les faits. Pour le fond, chacun peut penser ce qu’il veut.... à condition de ne pas nuire par des actes à ses voisins.


                  • Traroth Traroth 19 avril 2011 16:31

                    Petit rappel : personne n’a été condamné pour l’instant. Veuillez relire le tire de l’article posément...


                    • asterix asterix 19 avril 2011 17:15

                      Le petit con dont vous racontez la mésaventure l’a bien cherché. Je ne suis pas l’Etat, ce n’est donc pas à moi de décider s’il y a lieu de le poursuivre, à quel titre le condamner.
                      A celui de l’imbécilité et haut la main, y’a pas de doute !
                      Je me fous du Coran, de la Thora ou de l’hostie du dimanche. Dans les trois cas, je ne puis néanmoins admettre qu’on ne cherche qu’à heurter les croyances de l’autre, à s’ériger en censeur sans développer aucun autre message.
                      Votre discours très « tendance » me fait constater que le FN est un parti islamiste, il ne voit de défauts que chez l’autre.
                      Moinssage sec et net.


                      • Traroth Traroth 20 avril 2011 12:50

                        S’ériger en censeur ? La seule personne que je vois ici qui veut interdire aux autres de faire quelque chose, c’est vous !

                        L’athéisme et l’agnosticisme ont également le droit de s’exprimer. J’ai le droit de penser que la croyance en des amis imaginaires dotés de super-pouvoir, c’est de la connerie, et j’ai aussi le droit de le dire ! Et de le montrer en plongeant un coran dans l’urine ou en brûlant un crucifix !


                      • Catherine Segurane Catherine Segurane 19 avril 2011 17:52

                        Moi, je commencerais par condamner ceux qui promeuvent le port du voile (tous les voiles, intégraux ou pas). Il y a là une véritable insulte, non pas à un dieu hypothétique ou à un vieux bouquin pourri, mais à des personnes réelles, les femmes, qui se voient traitées comme devanty se cacher.


                        Il ne faudrait pas oublier ce genre de fondamentaux : les vraies insultes sont celles qui visent de vraies personnes et elles devraient recevoir de vraies punitions.



                      • tikhomir 19 avril 2011 17:58

                        Erf, tous les voiles ? Mais là je dis non, sinon les religieuses catholiques et orthodoxes ne pourront plus le porter...


                      • OMAR 19 avril 2011 21:09

                        Omar 3« 

                        Salut Juluch :faut que ces gens là soient aussi condamnés...

                        D’accord avec vous..

                        Mais il faut parler et condamner ceux qui provoquent, humilient et profanent les croyances, Livres Sacrés, symboles,et cimetières de ceux qui n’ont pas la même religion qu’eux.

                        Comme celui qui a plongé un crucifix dans de l’urine.

                        Ou comme ces inconnus (...) qui ont profané le site oû doit s’ouvrir une mosquée à Charleroi en Belgique, en enterrant une tête de porc surmontée d’une croix frappée de l’inscription »Ici repose Mahomet".


                      • njama njama 19 avril 2011 22:00

                        @ tilhomir

                        « Erf, tous les voiles ? Mais là je dis non, sinon les religieuses catholiques et orthodoxes ne pourront plus le porter... »

                        Des trois grandes religions monothéistes, le christianisme a été la première à imposer le voile aux femmes en avançant des arguments strictement religieux.
                        Le voile, les femmes le doivent à (saint) Paul de Tarse
                        première lettre de Paul aux Corinthiens (11/2-16) :
                        Mais toute femme qui prie ou prophétise tête nue fait affront à son chef ; car c’est exactement comme si elle était rasée. 6 Si la femme ne porte pas de voile, qu’elle se fasse tondre ! Mais si c’est une honte pour une femme d’être tondue ou rasée, qu’elle porte un voile ! 7 L’homme, lui, ne doit pas se voiler la tête : il est l’image et la gloire de Dieu ; mais la femme est la gloire de l’homme.
                        8 Car ce n’est pas l’homme qui a été tiré de la femme, mais la femme de l’homme, 9 Et l’homme n’a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l’homme. 10 Voilà pourquoi la femme doit porter sur la tête la marque de sa dépendance, à cause des anges.

                        Brûlons les épîtres aux Corinthiens smiley


                      • tikhomir 19 avril 2011 22:32

                        Tout à fait @njama, il faudra un jour évoluer et sortir de votre lecture fondamentaliste de la Bible. Plus fondamentaliste que les chrétiens de la Bible belt aux USA, on a njama... Bravo. Pour faire pénitence, vous irez dans une église un dimanche et vous compterez le nombre de femmes voilées sur les bancs... 


                      • Traroth Traroth 20 avril 2011 12:53

                        « Moi, je commencerais par condamner ceux qui promeuvent le port du voile » : Amusant d’entendre les gens d’extrême-droite faire leur liste de voeux pour savoir qui pendre en premier ! Ou à envoyer dans des camps, peut-être...

                        Il y aura quelques coups de feu tirés avant que ça arrive, je vous le garantis !


                      • Loatse Loatse 19 avril 2011 18:11

                        Allez donc expliquer catherine, aux proches de ceux qui ont été assassinés en représaille de l’autodafé du pasteur Jones, que leur père ou frère sont morts pour la « liberté d’expression »...

                        S’il faut en venir à un effet dissuasif (1000 euros d’amende) pour éviter de se retrouver avec un monde à feu et à sang le prix n’est pas cher payé...

                        Vous n’allez pas changer le monde en heurtant la conscience des gens, en bafouant leurs croyances, c’est bien d’une forme de violence qu’il s’agit, et ce n’est pas un acte anodin puisqu’il produit un déchainement de violence en retour...





                        • Catherine Segurane Catherine Segurane 19 avril 2011 18:25

                          Loatse, vous pratiquez sans vergogne l’inversion accusatoire. Ceux qui sont responsables des assassinats sont ceux qui les ont commis.


                          Quant à heurter la conscience des gens et à bafouer leurs croyances, c’est ce que l’islam fait tous les jours : je mange de la viande halal sans être informée de son caractère sacrificiel, on me l’impose sans égard pour mes croyances non-musulmanes ; et je dois tous les jours supporter de croiser des voiles, qui sont l’affirmation de ma supposée infériorité en tant que femme. Les violences, c’est là qu’elles sont. Et elles ne sont pas anodines. Mais elles ne provoquent pas de déchainement de violence parce que nous les femmes n’y sommes pas incitées. On nous dresse à tout supporter, alors que, dans le cas de l’islam, le musulman qui commet des violences est excusé par avance. Il a soi disant été victime de provocations, le pauvre chéri !


                        •  C BARRATIER C BARRATIER 19 avril 2011 18:35

                          La République est laïque, et à ce titre garantit à la fois la liberté de pensée et d’expression, et interdit de s’en prendre à la liberté des autres. Un membre d’une communauté religieuse qui critique publiquement une autre communauté que la sienne peut voir la République le punir d’avoir attenté à la liberté de pensée d’autrui.

                          Tout le monde n’est pas obligé d’être laïque, certes, mais la République l’est !

                          SARKOZY dans son discours de LATRAN, s’en prenant à l’instituteur « non curé ou non pasteur » a porté atteinte à l’égalité républicaine et a trahi la constitution. Il a ouvert la porte à tous les manques de respect. Ses comparses, du pape à Marine LE PEN, continuent à maltraiter la laïcité en l’appelant laïcisme :

                          http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=192

                          Je pense que les poursuites à l’encontre de ce qui est, en plus, un blasphème, dans le seul droit concordataire d’Alsace Moselle sont parfaitement justifiées, et j’en appelle à tous ceux qui sont l’objet d’une quelconque vindicte en raison de leur pensée ou de leur façon de vivre poursuivent en justice ces abus.


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