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Accueil du site > Actualités > Religions > Un athée peut-il être fanatique ?

Un athée peut-il être fanatique ?

Suivant la définition que nous avons donnée au fanatisme dans notre article sur la manifestation du fanatisme dans les trois grandes religions monothéismes, nous osons poser la question de savoir si l’athée peut être fanatique. Cela revient à se demander si l’athéisme est compatible avec le fanatisme ; si on peut trouver des athées qui sont devenus fanatiques.

Rafraîchissons-nous d’abord la mémoire en rappelant la définition que nous avons donnée au fanatisme. Nous avons dis que le fanatisme se dit plus ordinairement d'un zèle outré, et souvent cruel, pour une religion, ou d'un attachement opiniâtre et violent à un parti, à une opinion, etc. Pour Voltaire, le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère[1].

Nous sommes conscients que pour entreprendre une telle tâche, il faut une connaissance profonde de l’athéisme. N’étant pas athée ou ne l’ayant pas été un moment de notre vie, nous allons nous contenter de ce que disent les athées eux-mêmes de leur doctrine. Sur ce, nous allons voir dans un premier temps le contenu de l’athéisme, ensuite sa spiritualité et aborder enfin la relation entre l’athéisme et le fanatisme.

 Le contenu de l’athéisme

Athéisme vient du grec a, « non » et theos, « dieu », une doctrine qui nie l’existence de Dieu. Théorie polémique par excellence, fondée sur une négation, l’athéisme est condamné par les croyants qui l’identifient au « mal moral », et récusé par de nombreux penseurs rationalistes qui préférèrent adopter le terme d’agnosticisme. Désignant d’abord l’appartenance à une autre religion — les Romains du Ier siècle qualifiaient les chrétiens d’« athées », entendant par là que ceux-ci rejetaient le culte polythéiste traditionnel —, il constitue une théorie nourrie par la philosophie matérialiste et l’esprit libertin.

En réaction à la vision religieuse qui affirme, à la manière de Pascal, le caractère tragique de l’existence, l’athéisme développe l’image d’une humanité lucide et courageuse, représentée par le personnage mythologique de Prométhée et par la figure littéraire du libertin Don Juan. Comme eux, les athées rejettent l’ordre divin et refusent de se laisser dominer par la peur de la mort.

Résistant à l’angoisse suscitée par la perspective d’un anéantissement, la philosophie athée conçoit sereinement la condition humaine, sans se réfugier dans l’illusion d’un passage vers une autre vie. Pour ce courant de pensée, Dieu n’existe pas et, par conséquent, selon l’expression de Jean-Paul Sartre, l’Homme est « condamné à la liberté »[2]. L’athéisme est une option. Dieu n’est évident pour personne. Cela devrait faire comprendre aux croyants l’athéisme des athées. Le point de départ de l’athéisme n’est pas la raison. C’est un acte fondamental de choix moral, une libre détermination cruciale. L’athée ne devient tel qu’en vertu d’un acte de liberté dans la production duquel il engage sa personnalité tout entière. « L’athéisme est une prise de position qui engage la vie, une attitude de toute la personne, et non seulement une pensée : il implique donc des facteurs extra-intellectuels et au moins dans plusieurs cas, un choix libre »[3]

Croire, c’est tenir pour vraie une proposition. Du point de vue psychologique, l’action de tenir pour vrai peut se manifester diversement, par des conduites ou des déclarations. Logiquement, il y a deux façons (au moins) de nier une croyance : « ne pas croire » ou « croire que ne… pas ». En outre, la phrase « je crois en Dieu » est l’expression d’une confiance globale qui, pour ne pas rester une simple effusion, doit inclure un « je crois que Dieu existe  ». Mais la phrase « Dieu existe » n’a que les apparences d’une proposition existentielle, car on ne peut pas désigner un quelque chose qui aurait pour prédicat « être-Dieu ». Le « je crois » n’est pas éliminable par une démonstration ostensive, mais il doit être rendu raisonnablement acceptable par des arguments (tels que l’ordre du monde ou les événements de l’histoire sainte, etc.). Alors, que nie l’incroyant ? Il nie la crédibilité de ces arguments. Sa négation porte essentiellement sur les motifs de crédibilité. L’incroyant ou l’athée ne nie pas que les traditions religieuses puissent être porteuses de valeurs authentiques dont les êtres divins sont le symbole et qui méritent de passer dans l’héritage commun, mais il nie que l’on puisse prendre au sens littéral les jugements de réalité qui définissent la croyance comme telle. De plus, prendre cette croyance comme une vérité peut faire tomber dans le fanatisme. On peut suspendre son jugement, mais, par définition celui qui suspend son jugement ne croit pas[4].

D’après André Comte-Sponville, il y a six arguments principaux qui l’amènent à ne pas croire en Dieu et à ne pas croire qu’il existe :

« la faiblesse des arguments opposés (les prétendues « preuves » de l’existence de Dieu) ; l’expérience commune (si Dieu existait, cela devrait se voir et se sentir davantage) ; mon refus d’expliquer ce que je ne comprends pas par quelque chose que je comprends encore moins ; la démesure du mal ; la médiocrité de l’homme ; enfin le fait que Dieu corresponde tellement bien à nos désirs qu’il y a tout lieu de penser qu’il a été inventé pour les satisfaire, au moins fanatiquement (ce qui fait de la religion une illusion, au sens freudien du terme)[5] ».

Voilà en bref le contenu de l’athéisme, ce que nous pouvons appeler athée. On peut se demander s’il peut y avoir une spiritualité pour les athées. Selon André Comte-Sponville, les athées ont une spiritualité.

La spiritualité des athées

Après la question de l’existence de Dieu, une nouvelle surgit : celle de la spiritualité des athées, question qui, plus que Dieu, la religion ou même l’athéisme, est la « plus importante[6] » selon Comte-Sponville. Sachant que concilier spiritualité et athéisme étonne plus d’uns, il commence par justifier son postulat : « que je ne croie pas en Dieu, cela ne m’empêche pas d’avoir un esprit, ni ne me dispense de m’en servir[7] », de même ne pas avoir de religion, ce n’est pas une raison pour renoncer à toute vie spirituelle, puisque l’esprit est la plus haute fonction de l’homme, qui fait de nous autre chose que des bêtes[8].

Après avoir posé ce postulat, Comte-Sponville revient maintenant au problème de la spiritualité sans Dieu. Pour lui, la spiritualité, c’est la vie de l’esprit et l’esprit selon Descartes est une chose qui pense. C’est une « chose qui doute, qui conçoit, qui affirme, qui nie, qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi, et qui sent » [9] . À Comte-Sponville de compléter la liste, « qui aime, qui n’aime pas, qui contemple, qui se souvient, qui se moque ou plaisante[10] » peu importe ce que cette chose peut être. Mais l’esprit n’est pas une substance ; c’est une fonction, c’est une puissance, c’est un acte (l’acte de penser, de vouloir, d’imaginer, de faire de l’humour…), et cet acte au moins est incontestable- puisque toute contestation le suppose.

Etre athée n’empêche guère de poser l’existence de l’absolu entendu comme « ce qui existe indépendamment de toute condition, de toute relation ou de tout point de vue[11] », sinon ce serait tomber dans les pièges du naturalisme, l’immanentisme ou du matérialisme qui récuse tout surnaturel, toute transcendance, tout esprit immatériel y compris Dieu. Il faut aussi reconnaître qu’il existe d’immenses spiritualités qui ne sont en rien des religions, et que si tout est naturel, la spiritualité l’est aussi et que l’esprit fait partie de la nature. Il n’est guère là question de consolation, mais plutôt de libération. L’expérience de la nature, dans son immensité, « aide l’esprit à se libérer, au moins en partie, de la petite prison du moi[12] ». Cela est d’autant plus vrai que, en même temps que tout nous angoisse ou du moins peut nous angoisser, c’est paradoxalement le Tout lui-même qui nous apaise en nous sortant de nous-mêmes de sorte qu’il n’y a plus personne en nous pour avoir peur, ni même pour être rassuré, ou du moins plus personne, en cet instant là, en ce corps-là pour se soucier de la peur ou de la sécurité, de l’angoisse ou du danger[13].

Ainsi se présente ce qu’André Comte-Sponville appelle la spiritualité des athées sans rentrer dans les grands détails. Il parle du mystique et mystère, de l’immanence, le sentiment océanique de Nietzsche et autres choses encore dans son livre L’esprit de l’athéisme, introduction d’une spiritualité sans Dieu. Après cette présentation, ne serait il pas bon de voir quelle relation peut exister entre l’athéisme et le fanatisme d’autant plus que l’athéisme semble prendre l’allure d’un groupe voire une religion ?

Le fanatisme religieux et l'athéisme

La vogue que connurent au XVIIIe siècle les termes de « fanatisme » et de « fanatique » n’a pas laissé d’imprégner les esprits d’une réprobation qui, jusqu’à nos jours, s’est attachée à la défense intransigeante et outrancière d’une communauté, d’un parti, d’une idée, d’une opinion. En dépit de son acception péjorative, la notion même de fanatisme est restée fidèle à son sens initial, dépourvu de malveillance. Que désigne en effet le mot « fanatique », dérivé de fanum (temple) ? Un devin inspiré, chargé d’interpréter les augures. Plus particulièrement, un prêtre du culte de Bellone, qu’un délire sacré pousse à se mutiler et à verser son sang. Que Bellone, plus tard confondue avec Cybèle, soit la déesse du sol, de la patrie, de la guerre laisse entendre assez clairement comment le furieux qui pratique l’automutilation se mue en forcené qui mutile les autres. Ce fut pendant longtemps et pour bien des sociétés une vertu. L’évolution des mœurs, plus de douceur et moins de gloire militaire ou militante, ont fait du fanatisme un vice, qui ne dédaigne pas, à l’occasion, de se dissimuler sous les signifiés plus avenants de fidélité à une cause, d’esprit d’entreprise, de forte personnalité ou de martyre d’un juste combat[14].

Outre qu’elle s’accorde avec le sens original du mot, l’idée qu’il n’y a de fanatisme que religieux trouverait aisément à se confirmer dans le fait que la religion est partout présente où règne le pouvoir de l’esprit sur le corps et l’autorité d’un homme sur ses semblables. Séparer de la jouissance d’une vie qu’il sacrifie au nom d’une vie désincarnée et parfaite idéale, le fanatique en appelle rageusement à l’unité, unité avec Dieu, unité avec l’Eglise, avec l’Etat avec l’Esprit saint. Et il se montre d’autant plus forcené que lui manque l’unité fondamentale, celle qui le réconcilierait avec son corps, avec le plaisir du vivant[15]. Les fanatiques sont souvent des gens à qui il peut y avoir un manque de plaisir sexuel, une solitude affective induisant un dessèchement du cœur et de l'âme, qui les conduisent à privilégier la mort. Tout amour - amour rime avec toujours - a pour but de prolonger la vie, parfois de la donner[16].

De ce qui précède, nous voyons que le fanatique est un fou, un fou de sa doctrine. Il cherche à l’étendre partout peu importe ce que cela va lui coûter. Il est près à mourir et à se donner la mort. C’est ce que nous remarquons dans l’Islam par exemple et dans le Judaïsme de nos jours.

Contrairement au fanatisme, l’athéisme est une doctrine de liberté. L’adhésion n’est pas contraignante. C’est une conviction personnelle. Même si dans le temps il y a eu des moments où les gens ont été forcés à renoncer à leur foi. Cela est dû au fait que l’athéisme de Staline est devenu une religion d’Etat plus encore un savoir. Là on peut parler du fanatisme mais pas de fanatisme au sens religieux. Vouloir établir un lien entre l’athéisme et le fanatisme serait un peu difficile. Mais quand nous considérons l’athéisme comme une religion, on pourra dire que l’athée peut devenir aussi fanatique du moment où il cherchera à imposer sa doctrine aux autres. La religion étant définie comme relation de transcendance divine sans confusion de nature pour ne pas reprendre la définition d’Emile Durkheim, nous pouvons dire simplement que l’athéisme n’est pas une religion quoique la conception de la spiritualité de Comte-Sponville semble un peu tirer sur celle de la religion. Mais lui-même a pris le soin de préciser que c’est une spiritualité sans Dieu donc sans un être transcendant. Etant donné que l’athéisme ne s’impose pas, ce n’est pas au bout d’un raisonnement qu’on devient athée mais plutôt après une expérience personnelle et une conviction personnelle.

Somme toute, l’athéisme n’étant pas une religion mais une doctrine ou une croyance à l’inexistence de Dieu, un esprit libertin, nous pouvons dire qu’il n’a rien de commun avec le fanatisme au point où un athée qui devient fanatique sera considéré comme quelqu’un qui a perdu sa doctrine ou ignore sa doctrine. L’esprit libertin que les athées possèdent est une chose que tout le monde peut bien vouloir avoir. Devant les obligations que les religions monothéistes imposent à leurs fidèles et la façon dont elles manifestent leur fanatisme, bien qu’ayant foi en un Dieu patient et miséricordieux, n’amène-t-il pas à ne plus croire en rien et vivre librement comme les athées sans obligations religieuses ?



[1] Voltaire, Dictionnaire Philosophique, article « Fanatisme », 1764.

[2] Cf. Encyclopédie Microsoft Encarta 2005.

[3] J. Girardi, dialogue et révolution, op.cit. p. 153.

[4] Edmond Ortigues, Athéisme in « Encyclopaedia Universalis », Paris, Editeur, 1996, p326, col. 3.

[5] André Comte-Sponville, L’esprit de l’athéisme, France, Albin Michel, 2007, p142.

[6] André Comte-Sponville, idem, p145.

[7] Ibidem, p145.

[8] Idem, p146.

[9] Idem, p146.

[10] Ibidem, p146.

[11]Idem, p148.

[12]Idem, p159.

[13] Idem, p160.

[14]Raoul Vane gem, fanatisme, in «  Encyclopaedia Universalis », Paris, Editeur, 1996, pp273-275.

[15]Idem

[16] Odon Valet op.cit.


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94 réactions à cet article    


  • Radix Radix 24 décembre 2010 11:58

    Bonjour

    Comme la spiritualité a précédée la création d’une déité destinée à la symbolisée, il me parait plutôt stupide de la dénier à l’athée.

    Vous faites dire à Comte-Sponville : "Etant donné que l’athéisme ne s’impose pas, ce n’est pas au bout d’un raisonnement qu’on devient athée mais plutôt après une expérience personnelle et une conviction personnelle.« heureusement il ne s’agit pas de conviction mais bel et bien d’un raisonnement ou plutôt d’une analyse au bout de laquelle on aboutit à la conclusion que les dieux sont des inventions humaines.

    Si c’était une »conviction" nous retomberions dans une croyance aussi infondée que les autres et qui dit croyance dit aussi possibilité de fanatisme.

    C’est parce-qu’il s’agit bien d’une analyse et non pas d’une conviction que le prosélytisme de la part d’un athée est une contradiction totale !

    Radix


    • Rounga Roungalashinga 24 décembre 2010 13:46

      C’est parce-qu’il s’agit bien d’une analyse et non pas d’une conviction que le prosélytisme de la part d’un athée est une contradiction totale !

      D’une je crois que vous avez confondu « prosélytisme » avec « fanatisme ».
      De deux, si je vous comprends bien, les croyants le sont uniquement faute d’analyse ?


    • 2102kcnarF 24 décembre 2010 14:53

      De deux, si je vous comprends bien, les croyants le sont uniquement faute d’analyse ?

      oui *****


    • Radix Radix 24 décembre 2010 15:24

      Bonjour Roungla...

      « De deux, si je vous comprends bien, les croyants le sont uniquement faute d’analyse ? »

      Exactement !

      Disons une certaine paresse intellectuelle visant à ne pas remettre en cause le petit nid douillet que d’autres ont construit pour vous.

      Mais c’est vous qui voyez !

      Radix 


    • Cocasse cocasse 24 décembre 2010 17:24

      sinon forçément ils ne croiraient plus

      Chacun n’est pas capable de faire face au grand mystère par sa seule liberté de conscience, et se raccroche désespérément aux babioles pré-machées proposées par les religions, qui proposent une alternative douillette permettant d’éviter le risque et la peur d’exercer sa liberté.


    • Rounga Roungalashinga 25 décembre 2010 19:44

      « De deux, si je vous comprends bien, les croyants le sont uniquement faute d’analyse ? »

      Exactement !

      Disons une certaine paresse intellectuelle visant à ne pas remettre en cause le petit nid douillet que d’autres ont construit pour vous.

      Mais c’est vous qui voyez !

      En effet, c’est moi qui vois, et je pense exactement l’inverse de vous, étant donné que j’ai commencé à comprendre l’intérêt des religions, et particulièrement du christianisme, assez tard, après avoir été athée d’une famille athée, puis agnostique intéressé par les philosophies orientales.
      En fait il ne s’agit nullement d’analyse, étant donné que la raison seule ne peut nous donner aucune certitude dans ce domaine, mais d’accepter de lâcher prise ou pas, et de s’accomoder franchement du vide qui entoure l’existence.
      Je m’étonne toujours de la soi-disant « liberté de penser » dont se réclament les athées, et de leur supposée capacité supérieure à faire face à la réalité. Je ne sais pas vous, mais quelqu’un qui prétendrait connaître les arts martiaux en les ayant appris tout seul dans son coin et qui mépriserait les pratiquants de karaté ou de judo sous prétexte qu’ils auraient sacrifié leur liberté pour se limiter à un seul style de combat, eh bien ce genre de personne, il mérite qu’on se foute de sa gueule. En réalité, il est rare que les gens qui se tiennent à l’écart des orthodoxies par prudence arrivent à quoi que ce soit, et souvent ils s’illusionnent de plus en plus. L’orthodoxie dans une religion ne doit pas faire fuir, mais il faut bien se rendre compte que c’est un cadre qui donne au contraire la liberté (pas de liberté sans cadre), et qui est fait au final pour être dépassé. C’est pour cela qu’avaler des dogmes est bénéfique. Enfin, tout cela est, je trouve, beaucoup plus intéressant que le petit confort conformiste athée.


    • Radix Radix 25 décembre 2010 23:46

      Bonsoir Roungla...

      Vous êtes un âne !

      « Enfin, tout cela est, je trouve, beaucoup plus intéressant que le petit confort conformiste athée. »

      Quand on se raccroche à des branches si basse, on doit avoir le cul endolorit !

      Radix


    • Rounga Roungalashinga 26 décembre 2010 12:11

      Vous êtes un âne !

      « Enfin, tout cela est, je trouve, beaucoup plus intéressant que le petit confort conformiste athée. »

      Quand on se raccroche à des branches si basse, on doit avoir le cul endolorit !

      C’est vous qui le dites. En tout cas, moi je ne rencontre que des athées, ou au pire des « agnostiques », qui en fait adoptent la mode du moment. Se déclarer chrétien, au contraire, et véritablement chrétien (croire à la résurrection du Christ et tout) c’est vraiment, en France, faire preuve d’originalité. Originalité qu’on paie généralement par un mépris mal caché.


    • Rounga Roungalashinga 24 décembre 2010 12:01

      Le fanatisme naît du fait de mettre une chose au-dessus de toutes les autres. A chaque grande Idée on trouvera des défenseurs dont le zèle disproportionné ne sera qu’un alibi pour donner libre cours à leurs inclinations peu avouables. Il n’est pas étonnant que Dieu, qui est finalement un concept assez fourre-tout et qui comprend donc les conceptions les plus élevées du Bien et de la Justice, indépendamment de la manière dont chacun envisage ces conceptions, il n’est pas étonnant, dis-je que Dieu , et donc la religion soit le ferment le plus propice aux débordements les plus exaltés. Mais on peut également développer le même genre de comportement à cause de notions n’ayant rien à voir avec Dieu, mais potentiellement incitatrices aux élans les plus démesurés, comme la Nation, le Progrès, la Justice, ou encore l’amour envers une femme. Mais l’idée de l’inexistence de Dieu en elle-même ne contient aucun de ces germes qui pourraient faire glisser un individu vers le fanatisme. Par conséquent, si un athée est fanatique, ce n’est pas au nom de son athéisme qu’il l’est, mais au nom d’une Idée qu’il juge supérieure à tout le reste, mais n’ayant rien à voir avec l’existence ou l’inexistence de Dieu.


      • Wàng 25 décembre 2010 19:46

        Je suis d’accord avec presque tout, mais il y a une faille.


      • Rounga Roungalashinga 26 décembre 2010 12:07

        Ah ? Vous pouvez me dire laquelle ?

        Je pense avoir omis un fanatisme athée qui serait un fanatisme de l’antireligion, un fanatisme par réaction, et qui aurait donc pour base un athéisme militant.


      • Wàng 26 décembre 2010 18:07

        La faille c’est que, derrière une apparente incohérence des actes posés, tout homme ordonne son action en vue d’une fin. Les athées ne font pas exception, et ce qui a tué dans ce cas là, ce n’est pas l’athéisme qui est inintelligible par lui même, mais les idoles que les hommes se sont donnés. Je pense notamment aux messianismes politiques qui ont remplacé l’espérance théologale ces 200 dernières années : l’argent (l’avarice et l’envie : communisme), la gloire ( par exemple le culte de la nation ou de la race), le plaisir (avortement).


      • Emile Red Emile Red 24 décembre 2010 12:57

        Comment employer le mot « doctrine » concernant l’athéisme ?

        C’est non seulement une aberration sémantique mais une profonde bêtise.
        Ca revient à peu près à vouloir faire une analyse chimique du vide....


        • Radix Radix 24 décembre 2010 13:34

          Bonjour Emile

          Dis donc, ce n’est pas très gentil de donner des coup de pieds dans les béquilles qui font tenir debout notre auteur !

          Ce n’est pas pas digne d’un athée, j’y suis allé plus mollement !

          Radix


        • cob 24 décembre 2010 16:43

          C’est vrai que « Dieu n’existe pas » c’est quand même un peu léger comme doctrine.
          Est-ce que « La théière de Russel n’existe pas » est aussi une doctrine ?
          Est-ce que « Les pâtes, c’est quand même vachement meilleur avec du parmesan » est aussi une doctrine ?

          Si c’est une doctrine, comment reconnait-on un athée orthodoxe d’un athée hétérodoxe ?

        • Nomade 24 décembre 2010 13:06

          D’ici à ce que l’athée sombre dans le fanatisme il y a encore de la marge.
          Moi qui le suis ,athée, je dois subir l’intolérance des croyants et d’une socièté entièrement axée sur des superstitions moyennageuses.
          Personne ne défend l’athéisme comme sont défendus la liberté de culte, la tolérance, l’intégration ect ect...
          Tu peux être athée, mais en fermant ta gueule, sinon tu es au choix un anti-clérical, un intolérant, voir un raciste.
          Quand à la spiritualité évidemment qu’elle existe chez les athées, peut-être même plus réfléchie car elle n’est pas soumise à des dogmes forcément limitatifs.


          • Rounga Roungalashinga 24 décembre 2010 13:15

            Tu peux être athée, mais en fermant ta gueule

            Alors ça, ça m’étonne ! Je ne sais pas où vous vivez, mais j’ai été un peu partout en France, et selon mon expérience personnelle c’est quand on dit qu’on est rattaché à une religion qu’on se fait regarder d’un drôle d’air. Que ce soit à l’école, pendant mes études, dans ma famille ou bien au travail, j’ai connu majoritairement des athées convaincus.

            je dois subir l’intolérance des croyants et d’une socièté entièrement axée sur des superstitions moyennageuses.

            J’aimerais bien savoir ce qui vous fait dire que notre société est « entièrement axée sur des superstitions moyennageuses ».


          • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 24 décembre 2010 14:24

            « des superstitions moyenâgeuses »

            Et même quasiment préhistoriques pour ce qui concerne les sacrifices animaux (islam) et la distinction entre animaux purs et animaux impurs (islam et judaïsme).

            Mais notre société n’est pas « entièrement axée » là-dessus, fort heureusement, nous vivons encore dans une société ouverte à la science et au pluralisme.


          • Crab2 10 septembre 2013 09:19

            L’objet du débat

            Dès qu’il s’agit de nourrir le débat sur la neutralité laïque, au lieu continuellement de voir la population de notre pays à travers le prisme des religions sans tenir compte de la conscience des incroyants, il serait juste par le biais de l’école et c’est aussi de la responsabilité des médias de redonner à l’anthropologie la place qu’elle mérite dans notre société, ce serait, probablement, la décision la plus importante que prendraient les humains pour mieux vivre ensemble et donnerait tout son sens à la laïcité et aux ’’ droits de l’humain ’’ piliers de notre société

            Suite :

            http://laiciteetsociete.hautetfort.com/archive/2013/09/10/la-transmission-des-savoirs-5160803.html


          • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 24 décembre 2010 14:19

            « l’athéisme n’étant pas une religion mais une doctrine ou une croyance à l’inexistence de Dieu »

            Je crois que Dieu existe

            Je crois que Dieu n’existe pas

            Je ne crois pas que Dieu existe

            Je pense que Dieu n’existe pas

            Je pense qu’il n’existe rien dans l’Univers qui ressemble de près ou de loin à ce que les croyants appellent « dieu »

            Cette dernière formulation est la meilleure que l’on puisse faire de la position philosophique qu’est l’athéisme, position qui n’est ni une croyance, ni une doctrine.


            • Rounga Roungalashinga 24 décembre 2010 14:21

              Je pense qu’il n’existe rien dans l’Univers qui ressemble de près ou de loin à ce que les croyants appellent « dieu »

              Cette dernière formulation est la meilleure que l’on puisse faire de la position philosophique qu’est l’athéisme, position qui n’est ni une croyance, ni une doctrine.

              Ce n’est pas une croyance ? C’est un savoir, alors ?


            • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 24 décembre 2010 14:27

              Peut-on dire que l’on sait que le père Noël est une invention humaine ?


            • Rounga Roungalashinga 24 décembre 2010 14:39

              Peut-on dire que l’on sait que le père Noël est une invention humaine ?

              On peut raisonablement le dire.
              Mais il n’y a aucun rapport entre Dieu et le Père Noël. En fait, les athées qui comparent Dieu et le Père Noël croient qu’ils ont tout compris, alors qu’en fait ils savent très peu de choses sur le Dieu auquel croient la plupart des croyants. Ils s’imaginent que les croyants se représentent un bonhomme barbu qui t’envoie au Paradis si tu es gentil et en Enfer si tu es méchant. C’est infiniment réducteur comme vision, et ce n’est pas celle d’une immense partie des croyants. 


            • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 24 décembre 2010 14:51

              « C’est infiniment réducteur comme vision, et ce n’est pas celle d’une immense partie des croyants. »

              Cela ne l’est plus en Occident pour les chrétiens, mais cela l’est ailleurs.

              La question portait sur « savoir » ; je pense que l’on peut dire que l’on sait que les religions, polythéisme grec ou monothéismes, sont des inventions humaines.


            • 2102kcnarF 24 décembre 2010 14:54

              C’est infiniment réducteur comme vision, et ce n’est pas celle d’une immense partie des croyants. 

              non *****


            • Cocasse cocasse 24 décembre 2010 17:18

              Il n’y a pas besoin de croyance pour savoir que la réalité repose sur un mystère métaphysique insoluble.


            • Abou Antoun Abou Antoun 24 décembre 2010 20:55

              Citation :
              Dieu est le nom que les hommes ont toujours donné à leur ignorance.

              Bantil , je trouve cette formule épatante, je crois que ça va resservir (vous l’avez fait breveter ?).


            • Aafrit Aafrit 24 décembre 2010 14:33

              un athée peut il être fanatique ?

              Ben tout dépend du vide.
              Si le vide est méchant, ben il peut l’être facilement.
              Si le vide est gentil, il y a une forte chance qu’il ne le soit pas... smiley


              • Cocasse cocasse 24 décembre 2010 17:17

                Le vide, ou principe de vacuité, est l’essence spirituelle indéterminée, et donc de libre arbitre.


              • Nometon Nometon 24 décembre 2010 14:57

                L’athéisme est une voie difficile, exigeante qui repose sur le courage de penser.
                La religion est une voie conformiste, dogmatique, qui repose sur la lâcheté de croire.

                Dans une démocratie, les deux voies sont ouvertes.
                A chacun de faire son choix (ou pas).

                Mais personnellement, le premier religieux qui vient me chatouiller les neurones en prendra gentiment pour son grade.


                • Cocasse cocasse 24 décembre 2010 17:13

                  Crôa crôa, le croyant crôa et décroit.


                • Castel Castel 24 décembre 2010 23:30

                  L’athéisme est une voie difficile, exigeante qui repose sur le courage de penser.

                  C’est faux car l’athée est obligé de fuire dans du matérialisme sans imagination pour conforter son athéïsme (je parle pour la plupart des athées)


                • Rounga Roungalashinga 25 décembre 2010 19:47

                  L’athéisme est une voie difficile, exigeante qui repose sur le courage de penser.
                  La religion est une voie conformiste, dogmatique, qui repose sur la lâcheté de croire

                  Peut-on énoncer de telles idées toutes faites quand on a le « courage de penser » ?
                  J’ai la « lâcheté de croire » que vous êtes plein de préjugés.


                • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 24 décembre 2010 15:05

                  Voltaire a considérablement développé son article « Fanatisme » du Dictionnaire philosophique (1764) dans ses « Questions sur l’Encyclopédie » (1770-1774)

                  Voir
                  http://www.voltaire-integral.com/Html/19/fanatisme.htm


                  • Aafrit Aafrit 24 décembre 2010 15:09

                    C’est grâce à eux que je cours de temps à autres.
                    Ca fait du bien, faire du sport, je veux dire de croiser un croyant qui veut me parler des dernières (ou des premières, je ne m’en souviens plus) nouvelles de son dieu. pipippppppppppppppppp !
                    Merci qui ? smiley


                    • zelectron zelectron 24 décembre 2010 15:32

                      A l’auteur : vous répondez vous-même à la question
                      Je me demande si la voie que vous avez choisie est la bonne.
                      Il en est de l’athéisme comme bien d’autres théories religieuses, politiques, scientifiques et autres : tout cela peut être assorti de fanatisme à des degrés plus ou moins aveugles et divers.
                      Je me demande ce qui peut vous faire penser à la « si grande pureté intellectuelle » de l’athéisme pour nous faire accroire qu’il s’exclurait de tout emprise déraisonnable et de vociférations à l’instar d’un nombre d’opinions humaines qui peuvent dépasser l’excessif.


                      • zelectron zelectron 24 décembre 2010 19:24

                        A l’attention des « moinsseurs » :
                         - vous prouvez ainsi votre intolérance fanatique....cqfd


                      • xray 24 décembre 2010 15:33


                        Il sera toujours plus facile de fabriquer des cohortes de croyants que quelques penseurs. 

                        Sur un sujet donné, la pensée nécessite les moyens de la réflexion du sujet. En revanche, croire évite de réfléchir sur tout sujet. Y a qu’à répéter. 

                        - L’hypocrisie religieuse 
                        http://echo-athees.over-blog.com/ 


                        La secte 
                        http://la-secte.over-blog.com/  

                        - DEPUIS 5 000 ANS ! QUOI DE NEUF ? 
                        http://echo-agnostiques.over-blog.com/article-depuis-5-000-ans-quoi-de-neuf-55838469.html 



                        • OMAR 24 décembre 2010 16:22

                          Omar 33

                          Egosum : Allons, allons, vous ne vous connaissez même pas...

                          Vous n’étes pas athée, mais islamophobe...
                          Relisez les posts que vous adressez à Agora...
                          Mais vous pouvez guérir...


                        • pastori 24 décembre 2010 16:25

                          les croyants sont des agnostiques qui on préféré finalement croire en quelque chose.


                          en effet ils doutent puisqu’ils croient. sinon ils seraient sûrs et n’auraient plus besoin de croire !

                          - Va t-il pleuvoir demain ?
                          - je crois ! (sous entendu : je n’en suis pas sûr, mais je crois !)

                          c’est différent de : 

                          - Va t-il pleuvoir demain ?
                          - OUI !  ( j’en suis sûr)     pas la peine de croire !

                          bon d’accord c’est fête, mais on n’a pas encore tutoyé les bouteilles !
                          alors bonne fête à tous. smiley



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