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BRF : trois lettres qui vont révolutionner l’agriculture

Demain sera-t-il possible de cultiver sans arroser, et mieux de cultiver sans labourer ? Les promoteurs du BRF (bois raméal fragmenté) le prétendent.

Les écoles d’agriculture disent pourtant dans les manuels qu’il n’est pas nécessaire de labourer à plus de 17 cm, et que les labourages à grande profondeur, pratiqués couramment chez nous ne sont pas justifiés, les paysans n’en ont pas tenu compte. Pourtant en labourant à grande profondeur, on enterre la partie fertile du sol, et le plus souvent on attaque la couche argileuse.

Mais les gros fabricants américains d’engins agricoles ont su se montrer convaincants, et nos agriculteurs se sont endettés pour longtemps en achetant des tracteurs géants, qui ont saccagé en quelques dizaines d’années le sol de nos régions.

 

Quant à l’arrosage, il est devenu quasi obligatoire pour les céréales, surtout pour le maïs, car on a préféré réduire l’espace entre les rangées, ce qui aurait évité d’autant les arrosages.

 

Alors la solution de demain s’appelle : le Bois Raméal Fragmenté (BRF pour les intimes).

 

Le principe est simple : reconstituer rapidement de l’humus, et pour ce faire, on broie des branches en évitant les conifères, dont l’acidité ne convient pas vraiment à la culture.

 

N’avez vous jamais remarqué en vous promenant dans une forêt de sapins, à la recherche peut-être du fameux bolet des pins, que la végétation y était quasi inexistante ?

 

Le diamètre des branches à broyer doit être inférieur à 7 cm, et les chênes, hêtres, ou érables conviennent parfaitement.

 

Il faut broyer ces branches de fin octobre à fin mars, et mettre ce broyat tout de suite (il faut que le bois soit frais) en couche de 2 cm sur le sol de votre jardin. Il est important de ne pas laisser ce broyat en tas sur le sol, et surtout de l’étaler tout de suite, afin d’éviter qu’il ne chauffe (ce qui arrive très rapidement).

 

Puis fin avril, vous griffez le sol de façon à incorporer le BRF à la terre.

 

Et c’est tout.

 

Vous semez au printemps, vous ne labourez, ni arrosez, et vous aurez la surprise de votre vie comme Jacky Dupetty, qui a été le premier, à ma connaissance, à tester cette façon de cultiver en été 2005.

 

Cette année-là, il n’avait presque pas plu sur son terrain (Causses du Quercy), et il avait planté des tomates, des courgettes... autant de légumes qui ont besoin d’eau.

 

Mais Jacky Dupetty n’a pas arrosé une seule fois, même devant l’incrédulité des cultivateurs voisins.

 

Et la récolte a été magnifique, des fruits splendides, chargés de goût, et non plus d’eau.

 

Le rendement aussi est très important : en Afrique il va même jusqu’à 800 %, et les Canadiens obtiennent jusqu’à 300 % avec les fraises. Jacques Dupetty avait mené une véritable enquête pour avoir par le détail la manière de procéder.

 

Grâce au groupe « Jean Pain »*, en Belgique, il avait réussi à se procurer une documentation auprès de l’université de LAVAL, au Quebec. (Le professeur Lemieux travaillait avec d’autres chercheurs sur ce concept depuis trente ans.) Documentation que vous pourrez à votre tour trouver à : http://users.skynet.be/BRFinfo/

 

(*C’est ce même Jean Pain qui, dans les années soixante-dix, faisait rouler une 2CV avec du méthane issu de broussailles broyées.)

 

Dans ces temps où l’eau se fait de plus en plus rare, et sa consommation de plus en plus importante, ne serait-ce pas l’occasion d’en gaspiller un peu moins ?

 

Et puis c’est une bonne solution pour les résidus de travaux forestiers qui encombrent nos forêts.

 

D’autant que le 20 octobre, l’association nouvellement créée vous invite à un forum gratuit, c’est à Figeac.

 

par olivier cabanel (son site) lundi 1er octobre 2007 - 96 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Totor (xxx.xxx.xxx.253) 1er octobre 2007 12:53

    Merci pour cet article.

    A noter que le BRF permet aussi de réhabiliter les haies dans nos campagnes qui ont été mise à mal par le remembrement et l’agriculture intensive... Les haies permettent en plus de la production de BRF de limiter le lessivage de la couche fertile de la terre par ruissellement, brisent les vent et sont l’habitat naturel de nombreux animaux.

  • Par olivier cabanel (xxx.xxx.xxx.177) 1er octobre 2007 14:25
    olivier cabanel

    merci de vos commentaires.

    les haies meriteraient un article.

    cela va plus loin que le fait d’empecher le lessivage des sols, mais aussi de proteger du vent, du froid, d’abriter de nombreux oiseaux, lesquels sont les prédateurs les plus subtils des insectes...

    merci encore.

  • Par Fabien (xxx.xxx.xxx.221) 1er octobre 2007 16:30

    Bonjour,

    Utilisateur moi-même de BRF depuis un an, je me dois de tempérer un peu l’enthousiasme de l’auteur. Non pas sur l’effet du BRF, qui est potentiellement très favorable au sol, mais sur son utilisation, qui peut être dans certains cas catastrophique.

    A vous lire, le BRF, c’est simple, infaillible et universel. Ce n’est malheureusement pas vrai.

    En fonction du type de sol, il faudra peut-être moduler le mode d’utilisation. Sur un sol calcique, enfouir le BRF peut se révéler catastrophique : le calcium peut cristalliser autour des copeaux et littéralement les fossiliser.

    Sur sol argileux, l’enfouissement aura de même potentiellement des conséquences défavorables, la décomposition par les champignons nécessitant un milieu bien oxygéné.

    Toujours concernant l’enfouissement, celui-ci a de fortes chances, si on échappe aux deux points précédents, de causer une importante faim d’azote le premier printemps (les organismes décomposeurs mobilisant une bonne part de l’azote du sol). Une bonne première année n’est ainsi pas évidente.

    Cette décomposition n’est elle-même pas si évidente. Mal utilisé, votre BRF pourra passer plusieurs mois, voire près d’une année, avant que les fameux champignons n’apparaissent. Notamment si votre sol n’a plus les caractéristiques d’un sol forestier.

    La qualité du BRF est elle aussi fondamentale. Il y a bien sûr des essences meilleures que d’autres, mais la taille du broyat, la rapidité d’épandage, la mise en oeuvre d’un précompostage réussi, conditionnent aussi la réussite.

    L’impact environnemental n’est lui non plus pas forcément positif : dépense d’énergie pour obtenir le broyat (largement justifiée cependant si le BRF est un succès), mais aussi risque de surexploitation. Une forêt à laquelle on tirerait régulièrement de la substance pour l’exporter dans les champs serait soumise à rude épreuve. Même si elle possède effectivement une part d’autofertilité, il reste que les exportations de matière ne doivent pas dépasser son niveau d’autofertilité. Et évaluer ce niveau est très délicat. Il faut donc être relativement prudent.

    Il ne faut donc pas que l’enthousiasme pour le BRF (auquel nous croyons beaucoup puisque nous expérimentons nous-mêmes dessus) mène à l’idéaliser outre mesure. Le BRF peut effectivement révolutionner l’agriculture, à condition qu’il soit correctement utilisé. Et comme tous les outils puissants, il possède ses précautions d’utilisation et nécessite d’être maîtrisé.

  • Par olivier cabanel (xxx.xxx.xxx.177) 1er octobre 2007 14:38
    olivier cabanel

    cela est du a l’accroissement très rapide de la quantité d’humus.

    normalement le BrF permet d’augmenter l’accroissement du taux d’humus d’un pour cent en moins de dix ans, alors que 50 ans sont nessaires pour avoir le meme résultat avec du compost, et 80 ans avec du fumier, ou du lisier.

    vous devriez vous rendre a leur forum du mois d’octobre. il devrait y avoir beaucoup plus d’informations.

    et sur le net, sur les moteurs de recherche aussi.

    j’ai entendu parler de çà la première fois sur france culture, dans l’emission terre à terre, il y a un an, environ.

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