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20.000 médecins et chercheurs au chevet du diabète

Le congrès de l’American Diabetes Association est un événement dans le calendrier sanitaire mondial. Les études, nouveautés et recommandations qui y présentées servent souvent de référence à l’OMS, ce qui en situe le niveau scientifique. Du 4 au 9 juin, 20.000 spécialistes se penchent au chevet des quelque 200 millions de diabétiques que compte la planète, dans la chaleur lourde de la Nouvelle-Orléans. Objectif : faire échec à ce « tueur invisible ».


 Le problème du diabète, c’est qu’on le le voit pas. Beaucoup de diabétiques s’ignorent parce qu’ils ne ressentent pas de symptômes clairs et invalidants. Et lorsqu’on pose enfin le diagnostic, la maladie est souvent fort avancée et les difficultés se multiplient. Ce caractère invisible explique que dans nos contrées, les statistiques officielles doivent être multipliées par deux pour donner une idée plus exacte de qu’il faut bien qualifier aujourd’hui d’épidémie. 

Le diabète, qui connaît une croissance sans précédent, est un dysfonctionnement de la fonction distributrice des sucres énergétiques dans l’organisme. Un déséquilibre entre deux hormones sécrétées dans le pancréas, l’insuline qui limite l’effet du sucre et le glucagon qui le stimule, crée une surcharge en sucres (hyperglycémie) à laquelle il faut remédier par un traitement adapté, en fonction du type de diabète dont il s’agit. 

Obésité, malbouffe et sédentarité

Le diabète représente un enjeu de santé publique majeur. Selon l’OMS, 177 millions de personnes étaient diabétiques en 2000 ; et les estimations font état de 366 millions de personnes atteintes à l’horizon 2030. La maladie est essentiellement connue sous deux formes : le type 1 (10% des cas) et le type 2 (90% des cas). C’est le diabète de type 2 qui concentre actuellement l’attention des médecins et chercheurs, car au-delà de la pléthore des cas, c’est sa montée en puissance qui a de quoi inquiéter. La cause principale de cette explosion est connue : l’obésité et, derrière celle-ci, la sédentarité et la « malbouffe ». L’OMS précise que 70 à 90% des diabétiques de type 2 sont obèses, et que chaque augmentation du poids de 20% par rapport au poids idéal multiple par 2 le risque de contracter un diabète de ce type. Si la maladie préoccupe autant les autorités sanitaires, c’est qu’en dehors de l’inconfort de vie qu’il impose aux malades, il produit des complications à long terme qui ont de quoi effrayer. Au premier rang de celles-ci, citons les maladies cardiovasculaires (chez 30% des patients), à l’origine de 50% à 80% des décès liés au diabète. L’oeil subit lui aussi des atteintes au niveau de la rétine (35% des patients), à tel point que le diabète est la première cause de handicap visuel, voire de cécité. Les reins peuvent se retrouver en insuffisance chronique (35% des patients) exigeant que le patient soit sous dialyse à vie ou subisse une transplantation. Enfin, 38% des malades subissent des troubles du système nerveux.

Maladie mortelle incurable

Les statistiques épidémiologiques belges sont inquiétantes. En tout cas si l’on se réfère aux données épidémiologiques de la Fédération internationale du diabète (IDF), qui établissent que la maladie toucherait 7,9% de la population belge de 20 à 79 ans, soit 598.000 personnes (2007). Un chiffre toujours hypothétique compte tenu du nombre de cas encore non identifiés. L’indice de croissance de la maladie correspond aux données mondiales de l’OMS, l’IDF prévoyant 756.700 cas en 2025. L’espérance de vie des patients âgés de 40 à 50 ans souffrant d’un diabète de type 2 est inférieure de 10 ans à celle des patients non diabétiques. Oui, le diabète est une maladie mortelle et et incurable. En Belgique, le diabète a tué 6376 personnes en 2007 selon l’IDF ; 3117 hommes et 3259 femmes.  

Agir en amont

Bien entendu, le meilleur diabète est celui que l’on prévient. Pour cela, il importe que les familles, les écoles et les organismes de restauration collective prennent des mesures hygiéno-diététiques drastiques pour endiguer ce fléau. Chez les patients présentant un état « prédiabétique », on observe une perte du poids corporel et une diminution de l’incidence de diabète de type 2 après un régime, des exercices physiques ou la combinaison des deux. Le risque de développer un diabète retombe alors à 50% environ ; on mesure donc l’intérêt de ces mesures préventives ! Il est démontré qu’une intervention intensive sur le style de vie (conseils diététiques personnels et exercices physiques) chez des personnes présentant un état « prédiabétique », entraînait des changements persistants du style de vie et une diminution de l’incidence du diabète de type 2, même plusieurs années après la fin de la période d’intervention intensive. Une alimentation saine et l’exercice physique sont donc la base de la prévention. Actuellement, nous sommes loin du compte et la facture sociale ne cesse de s’alourdir. Il est grand temps que les autorités sanitaires belges prennent la mesure de cette maladie et mettent en place des stratégies pour la contrer. C’est l’un des enjeux dont débattent les 20.000 congressistes réunis dans la chaleur lourde de la Nouvelle-Orléans.


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