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Accueil du site > Actualités > Santé > Aliments irradiés : une réglementation pas respectée

Aliments irradiés : une réglementation pas respectée

Difficile de savoir si les aliments que nous achetons ont été irradiés ou non. Officiellement l’étiquetage est obligatoire, et les contrôles existent. Dans les faits, les fraudes sont courantes et l’information est rarement au rendez-vous… Technique utilisée par les industriels de l’agroalimentaire pour conserver ou même "assainir " certains produits en les soumettant à des rayons ionisants puissants avant commercialisation, l’irradiation des aliments fait officiellement l’objet de l’attention des autorités sanitaires internationales. La FAO1souligne que l’" irradiation ne doit pas se substituer aux bonnes pratiques".
 
Entre le discours et la réalité, la différence est grande. Il est tellement plus simple pour les industriels d’irradier des produits qui, autrement, du fait de mauvaises pratiques agricole, de transport, de stockage, de fabrication ou de conditionnement, ne seraient pas considérés comme consommables. D’autant plus, qu’il est très difficile ensuite de montrer que le producteur a eu recours à ce procédé.
 
En France, l’irradiation est autorisée pour de nombreux aliments ( viande de volailles, blanc d’œufs, échalotes, ail, épices, fruits secs, farine de riz, crevettes congelées décortiquées….). Ce traitement a un impact sur les produits : altération de la qualité nutritionnelle2, risque de prolifération de bactéries résistantes aux radiations faute de microbes concurrents, absence d’effet sur les toxines libérées par les bactéries, formation de radicaux libres et de produits néoformés3, ce qui pose également des problèmes de salubrité.
 
Des étiquetages assez flous
 
Les techniques d’irradiation des aliments utilisent des radiations bêta ou gamma très énergétiques. Les doses autorisées sont basées sur une valeur moyenne exprimée en KGray 4. On notera cette notion ambiguë de " moyenne ". Les produits sont convoyés sur des palettes autour d’une source de radiation fixe, ce qui implique que la partie la plus proche de la source recevra plus que la partie opposée.
 
Du point de vue de la réglementation, l’irradiation des aliments est assimilée à un "additif alimentaire". Le produit doit donc être étiqueté en conséquence et l’information doit apparaître sur l’emballage selon la terminologie "traité par ionisation" (le terme ionisation inquiète moins le consommateur que le mot irradiation). Aux Etats-Unis, on utilise même la mention "pasteurisation à froid", qui induit une confusion supplémentaire. Il existe même un logo "Radura" facultatif en France. En revanche aucune information n’est prévue sur la date du traitement et la dose reçue par l’aliment. 
 
De plus, certains composés échappent à l’étiquetage obligatoire : les fruits et légumes en vrac ainsi que les ingrédients qui entrent dans des plats composés (notamment pour les épices).
 
Trop peu de contrôles
 
Au niveau européen, il faut souligner une énorme disparité dans les contrôles destinés à détecter les irradiations non déclarées ou les défauts d’étiquetage. Certains pays ne font aucune vérification, d’autres ciblent uniquement certains produits. Ce qui complique encore les choses, c’est que tous les Etats membres de l’union européenne n’ont pas la même liste de produits autorisés. 
 
En France, quelques contrôles sont réalisés chaque année par la DGCCRF5. En 2006 par exemple, 216 échantillons ont été contrôlés, avec un taux de fraude de 14,8% et seulement 117 échantillons en 2007 pour un taux de fraude de 5,13%. Ces cas concernent surtout des importations venant d’Asie où aucune des installations d’irradiation n’est agréée par l’Europe, condition obligatoire pour l’importation de produits irradiés. 
 
Le dépistage
 
Les examens révèlent beaucoup de cas incertains et, suivant les autres traitements subis par les aliments ( froid, pression, additif chimique...), les méthodes perdent encore en fiabilité. Aucun examen ne permet de déterminer la dose reçue et la date du traitement.
En France, un seul laboratoire est habilité, ce qui est nettement insuffisant, et le prix des analyses empêche la systématisation. La DGCRF a reconnu manquer d’informations pour cibler les contrôles et s’est déclarée ouverte aux conseils du collectif contre l’irradiation des aliments pour mieux cibler ses analyses. 
 
1 - FAO : organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation.
 
2 - Plusieurs études ont démontré que certaines vitamines résistaient mal à l’irradiation (c’est le cas des vitamines A, B1, C, E….). 
 
3 – Etudes de toxicologie en cour portant sur les alkylcyclobutanones. Ces molécules se forment lors de l’irradiation des lipides (ionisation des viandes en particulier). Or, il est aujourd’hui admis que ces molécules sont cancérigènes. 
 
4 - La dose exprime la quantité d’énergie délivrée par quantité de masse. Les doses couramment utilisées pour irradier les aliments sont de l’ordre de 100 Gray à 10 KGray. Les doses les plus faibles sont utilisées pour obtenir l’inhibition de la germination des aliments type pommes de terre et oignons. Les doses les plus élevées pour la stérilisation des repas des destinés aux patients immuno-déprimés par exemple. 
 
5 - DGCCRF : direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. 
 

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21 réactions à cet article    


  • Capone13000 Capone13000 24 mars 2010 12:54

    Dans quelques années on va découvrir que cette irradiation des aliments est cancérigène.
    Alors que le bon le laisse supposer.
    Allez dire à nos grands parents que les aliments maintenant sont irradiés, vous allez voir s’ils vont trouver ca normal.
    C’est un génocide orchéstré.


    • Romain Desbois 24 mars 2010 14:15

      Quand bien même cela ne serait pas , il est inamissible que l’on ne puisse avoir l’information exacte sur ce que l’on achète.

      On ne trouve même plus l’origine des produits sur les emballages.

      Malheureusement au lieu d’augmenter les effectifs des organes de contrôle, l’état sous prétexte de faire baisser le nombre de fonctionnaire, est en train de supprimer en masse les agents de la DGCCRF, des inspecteurs du travail, des agents de la DSV.


    • krolik krolik 24 mars 2010 16:48

      Lorsque l’on visite une telle installation ce qui surprend d’abord c’est l’odeur, ça sent l’ail, les épices. Car les petites herbes qui viennent d’ne fait on ne sait d’où sont stérilisées pour être tranquille.
      Petitdétail tout de même, les produits sont mis sur des balancelles et un convoyeur fonctionne en continu, faisant passer les produits du plus près au plus loin de la source.
      Un dosimère est installé sur une balancelle, et cela servira de témoin à la dose reçu par le lot concerné.
      C’est un procédé qui a été mis au point de base pour les militaires américains.. pour qu’un militaire en opération puisse manger son T-bone steack en pleine brousse sans pour cela il y ait eu une chaîne du froid à respecter.
      Dans l’article il est regretté que la dose appliquée en grays ne soit pas indiquée sur les emballages des produits. Alors en-dessous de 10kgrays j’achète, au dessus non ?

      Il est clair que ce traitement ne rend pas plus comestible une viande déjà daubée, pas plus qu’une stérilisation à chaud. Ce qui est pourri est pourri comme d’habitude.
      Maintenant on peut faire de la stérilisation de carottes, marché hautement spéculatif, surtout en hiver lorsque l’on ne peut plus les arracher du fait du gel. Une carotte stérilisée restera fraiche pendant trois semaines au moins. Donc c’est l’aspect régulateur des prix du marché. Des stocks hivernaux sont constitués par les conserveurs du Cotentin.

      Dans les mêmes installations, il faut noter que sont stérilisés bien d’autres produits :
      - les flacons d’antibiotiques qui étaient stérilisés autrefois à l’oxyde d’éthylène (poison efficacement dangereux)
      - tout ce qui est cathétères médicaux, seringues.
      - les cosmétiques en tous genres, spécialement les shampooings, si vous vous lavez les cheveux et que des rougeurs apparaissent sur votre front, vous vous dîtes : je fais une allergie ! Et bien non, c’est simplement que le shampooing n’a pas été irradié et qu’une bactérie s’est développée..
      Les petits produits aux « extraits placentaires » dont on ne sait pas d’où ils viennent après la vache folle et autres prions, tout cela est passé à l’irradiation.

      Initialement c’est une technique qui utilisait beaucoup des sources de 2 millions de curies de cobalt 60. Mais pour produire le cobalt 60 il faut un réacteur haut flux. et avec la demande de technétium 99m pour applications médicales, la production de Co60 a baissé. Donc ce seront plutôt des accélérateurs qui seront utilisés.

      Maintenant à vouloir chasser le becquerel et le gray, le gray étant un joule d’énergie appliquée par kilogramme de matière. La question que je me pose c’est :
      - lorsque je cuis un poulet au barbecue, en fait il est cuit par des rayons infrarouges, et là aussi j’applique des joules par kilogs de poulet du fait du rayonnement. C’est effectivement dangereux, car en sus il y a des graisses qui sont transformées en produits cancérigènes.
      Dans les deux cas, que ce soit les gammas du cobalt 60 ou les infra-rouges du gril, on reste en dessous des valeurs d’activation des éléments, donc ça ne rayonnne pas (ce qui rend d’ailleurs le procédé très difficlement détectable).

      Il faudrait faire une pétition pour interdire la cuisson à la broche de la viande. je signe tout de suite. Il faut bien respecter une logique rationnelle quelques fois.
      Définitivement il n’y a que la poule bouillie qui peut être sans danger ! Ah Henri IV toujours !

      @+


      • Jean-Louis Le Blais 24 mars 2010 19:01

        C’est vrai que c’est la multiplication - à une échelle jusqu’ici encore jamais atteinte - de la cuisson à la broche qui explique l’épidémie mondiale de cancers.
        Mais non, je déconne, en fait les chiffres sont faux ! Il n’y a jamais eu aussi peu de cancer...

         smiley smiley


      • cmoy patou 24 mars 2010 17:36

        Bonjour et merci au CRIIRAD,

        Bien que ce commentaire ne concerne pas l’alimentation il me semble important de faire savoir que la rétention d’informations concernant la santé humaine n’est pas aussi rare que l’on veut nous le faire croire.
        Au cas ou nous l’aurions oublié, gardons que l’argent est ici le seul but de la « recherche », à égalité avec l’attrait du Pouvoir s’agissant des recherches nucléaires passées, longtemps maintenues sous le sceau du Secret Défense. De la téléréalité à la réalité sur le Passé, l’être humain demeure le cobaye permanent de la grande et de la petite Histoire.

        Comment appelle t-on un pays qui se sert de ses (jeunes) citoyens pour faire des expériences ?

        http://life-in-the-dead.over-blog.com/article-en-preparation-45670649.html

        Affaire qui va encore aller aux oubliettes de l’histoire ?


        • cmoy patou 24 mars 2010 17:46

          @CRIIRAD,

          Je viens d’aller sur votre site et si j’ai bien lu un article sur les irradiés de polynésie je n’en ai point
          vu sur les irradiés du Sahara.

          Quant-est-il SVP ?


          • CRIIRAD CRIIRAD 24 mars 2010 18:22

            Dans Trait d’union de février 2010, le bulletin d’information édité par la CRIIRAD, un dossier spécial est consacré aux essais nucléaires en Algérie. Du 25 au 30 octobre 2009, Roland Desbordes, Président de l’association, a accompagné le réalisateur Larbi Benchiha (qui a réalisé notamment Le Sahara des essais nucléaires diffusé en 2008 sur France 3) et une équipe de tournage approximité des lieux des premiers essais nucléaires souterrains français. 
            Ses missions : assurer la radioprotection de l’équipe de tournage, mais aussi faire des relevés très préliminaires sur la situation radiologique du site. Le documentaire « l’Algérie, De Gaulle et la bombe » sera diffusé sur le samedi 27 mars sur France 3.  


          • cmoy patou 24 mars 2010 20:13

            Merci pour vos précieux renseignements,
            Cordialement


          • mezofine 25 mars 2010 09:49

            Le documentaire "l’Algérie, de Gaulle et la bombe passe samedi 27/03 à 15H25 sur France 3 Bretagne et Pays de Loire, et France 3 Corse. Il passera ensuite sur France 3 Corse le vendredi 2 avril à 20H45. Ces chaines peuvent être vues de partout avec la TV adsl. Voir détail des diffusions sur
            http://larbi.benchiha.chez.com.actus.html
            et présentation du documentaire : http://larbi.benchiha.chez.com/l_algerie_de_gaulle_et_la_bombe.html


            • HELIOS HELIOS 24 mars 2010 21:23

              Il y a une autre bonne raison, que la bonne conservation des produits, qui entraine une irradiation des produits importés du sud du monde..... c’est la sterilité !

              Non pas la sterilité qu’on associe au milieu medical, non, la sterilité qui veut qu’une graine ne puisse germer ou une queue, une feuille ne puise servir de bouture. Et là, plus question de preserver quoi que ce soit autre que le portefeuille des grainetiers et autres marchands de plantes de culture. 


              Importer un avocat Haas et s’en servir pour importer la variété, c’est un peu comme la musique, il y a les droits d’auteurs a payer. Si on etait sur internet, il s’agirait d’hadopi, là c’est simplement une machine a irradier....

              et vous ne savez pas tout ! attendons les resultats de la convention de Doha sur la preservation des especes pour constater la marchandisation du vivant...

              Bonne nuit.


              • Didier 67 Didier 67 24 mars 2010 22:35

                M. Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture, a prévenu :
                « Attention, l’agriculture est comme l’industrie, délocalisable ».
                Ceux qui souhaitent la souveraineté alimentaire, parmi lesquels les petits producteurs de nos régions, seraient bien inspirés de soutenir la Criirad pour « évaluer » cette technique (et tant pis pour les carottes).

                Témoignage : J’ai acheté des poires Rochas du Portugal au supermarché, il y a plus d’un mois, conditionnées dans une boîte en plastique. Elles n’étaient pas mûres et ne le sont toujours pas, elles semblent totalement figées. Alors, irradiées ? Comment le saurais-je ?


                • Gemini Gemini 24 mars 2010 22:42

                  Finalement, je crois qu’on en revient toujours au même : le seul moyen d’être à peu près sûr de ce qu’on mange et d’éviter de manger du poison qui va nous tuer à petit feu est de se fournir en fruits et légumes chez nos petits paysans du coins, de préférence ceux qui respectent en plus leur environnement – agriculture biologique ou bio dynamique notamment – permettant ainsi de maintenir en meilleur état notre cadre de vie.

                  Non seulement c’est bien meilleur pour notre santé, mais en plus, c’est profitable économiquement à notre tissu local. Je n’y vois que des avantages.


                  • boris boris 25 mars 2010 08:28

                    Tout à fait d’accord Gemini, je me nourris comme ça depuis plus de vingt ans et je me porte à merveille.


                  • boris boris 25 mars 2010 08:26

                    Merci au CRIIRAD, petite question :

                    Est ce qu’en agrobiologie l’iradiation est autorisée ?


                    • Gemini Gemini 25 mars 2010 09:55

                      J’ose espérer que non … Je tomberai de haut.

                      Ceci étant dit, c’est sur ce genre de question que l’on comprend mieux les enjeux des labels. En effet, comme on a pu le voir au niveau européen, tout a été fait pour mettre en place un label Agriculture biologique à minima, autorisant notamment 0,1% d’OGM. Bref, ça n’est pas du bio, ça, pour moi, et j’en veux pas. D’un autre côté, nous avons des labels tels que «  Nature & Progrès  » qui sont bien plus fiables et dans l’esprit de la véritable agriculture biologique.

                      Je déplore une fois encore que tout est fait pour enfumer le grand public, afin qu’il ne sache pas séparer le bon grain de l’ivraie.

                      Mais attendons la réponses du CRIIRAD, nous aurons peut-être des surprises.


                    • no_move no_move 25 mars 2010 10:06

                      surtout n’oublions pas de manger 5 fruits et légumes par jour !


                      • CRIIRAD CRIIRAD 25 mars 2010 10:09

                        En France, les légumes frais ne sont pas soumis à un traitement par ionisation à l’exception de certaines plantes potagères à bulbes (ail, échalotes, oignons) et les condiments végétaux . En revanche les légumes secs et fruits secs notamment sont irradiables. 
                        Au sein de l’Union Européenne, la Belgique et la Grande Bretagne autorisent l’irradiation des légumes, y compris, comme pour la Hollande, des légumes à cosse. 


                        • boris boris 25 mars 2010 10:21

                          D’accord mais pour les légumes secs bio, mention AB , Nature et Progrés qu’en est il ?


                        • no_move no_move 25 mars 2010 11:09

                          "En France, les légumes frais ne sont pas soumis à un traitement par ionisation..."

                          Pouvez-vous confirmer vos dires avec des sources svp ?


                          • Germinal 10 mai 2010 05:42
                            PIN (Price-Look Up) : code de quatre ou cinq chiffre sur les fruits et légumes.
                            Un code de quatre chiffres débutant par 4 signifie issue de l’agriculture conventionnelle.
                            Un code de cinq chiffres débutant par 9 signifie issue de l’agriculture biologique.
                            Un code de cinq chiffres débutant par 8 signifie issue d’ OGM !
                            Est ce qu’il existe un code PIN pour identifier les produits irradié ?

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