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Accueil du site > Actualités > Santé > Antidépresseurs : le fond du problème

Antidépresseurs : le fond du problème

Le 27 Juillet, Clojea publiait sur AgoraVox un article sur les antidépresseurs : Les antidépresseurs : Drogues légales ?L’auteur y déplorait l’usage excessif d’antidépresseurs en France, blâmant les laboratoires, les médecins et la société. Cependant, j’estime que l’article était trop tranché, négligeant quelques facteurs.

A quoi sert un antidépresseur ?

Un antidépresseur ne sert pas à guérir de la dépression. Un antidépresseur sert seulement à empêcher le patient de trop ruminer ses idées noires, à l’empêcher de se suicider. Ca ne marche pas toujours, et chez certains patients, l’effet est même inverse : Cymbalta, Prozac, Zoloft, Paxil ou encore Lexapro (« étrangement », c’est pas écrit sur Wikipedia) sont autant de produits qui ont provoqué des suicides. Ceux-ci restent rares, et bien plus de suicides ont pu être évités.

Comment ça marche ? Un antidépresseur joue sur la chimie du cerveau. Il modifie les concentrations de certains composés chimiques pour que le cerveau fonctionne à peu près comme celui d’une personne qui n’est pas dépressive. Les réactions physiques et instinctives du patient redeviennent celles d’une personne dite saine. En revanche, ils n’ont aucun effet sur la psyché.

Une définition que j’aime, c’est que les antidépresseur ne sont que des soins palliatifs : ils maintiennent le patient en vie. Jamais un antidépresseur ne guérira quelqu’un de sa dépression. Et contrairement à ce que l’on dit, un antidépresseur n’est pas une drogue. On ne se sent pas bien quand on est sous antidépresseur. On subit des effets secondaires très désagréables.

Un de ces effets est l’oblitération émotionnelle : le patient ne ressent plus, ni ne communique d’émotion. S’il ne soufre plus d’émotions négatives, il ne bénéficie pas non plus des émotions positives, et se coupe progressivement de son entourage, qui ne comprend pas ses réactions, ou plutôt son absence de réaction.

Comment guérir de la dépression ?

Pourtant, beaucoup de patients guérissent après un traitement antidépresseur.

En fait, il faut d’une part distinguer différents types de « dépression ». Il y a l’épisode dépressif. Un passage à vide (ce qui n’empêche pas que cela peut être très sévère), souvent provoqué par un élément extérieur (ou plus souvent encore une succession d'évènements) : un décès, un divorce, un échec, du harcèlement… L’élément déclencheur heurte alors la personnalité du patient, qui perd pied. Le temps ayant permis à cette situation de perdre de sa charge émotionnelle, ou l’élément déclencheur ayant disparu du paysage, le patient peut se reconstruire de lui-même et surmonter sa dépression. C'est ainsi que l'on voit des patients sous antidépresseur se remettre et guérir.

Il y a aussi la dépression chronique. Celle-ci est ancrée beaucoup plus profondément dans la personnalité du patient, et il faut des années de travail pour en venir à bout. Il faut la force de changer sa personnalité, ce qui est déjà très dur pour une personne solide, beaucoup plus encore pour un patient dépressif.

Dans les deux cas de figure, le seul véritable traitement est la psychothérapie. C’est elle qui amène le patient à remettre en question les fondements de sa personnalité.

Pourquoi en est-on là ?

Les études ont démontré que ce qui était le plus efficace, c’était de combiner un traitement antidépresseur à une thérapie non-médicamenteuse, psychothérapie ou thérapie comportementale.

Seulement, on constate que les gens se précipitent sur les pilules et évitent le thérapeute. Il y a cela plusieurs raisons :

  • Il est très difficile de trouver un psy qui nous convient. Un psy qui ne convient pas ne sert à rien. Heureusement, ceux-ci savent eux-mêmes reconnaître ce cas de figure, et c’est leur rôle d’aiguiller le patient vers un de leur collègue.
  • On n’aime pas déballer sa vie à un inconnu. Surtout pas son enfance. Et surtout pas ses angoisses, ses peurs, ses erreurs, ses péchés, ses crimes, ses fantasmes, ses frustrations. Mais surtout, on ne dévoile pas ses blessures, tous ces évènements qui ont fait de l’enfant innocent une victime, une victime persuadée qu’elle est seule responsable de son malheur.
  • On n’a pas de temps à lui consacrer. 1 à 3 séance par semaines, ce sont 2 à 6 heures par semaine qui s’envolent, entre la séance proprement dite, le trajet et le temps en salle d’attente. Du temps pris sur le temps libre, pas le temps de travail. Et ce serait tellement plus déprimant de ne pas avoir les résultats de la 10ème journée du tournoi inter-école de badmington en piscine à balle dès ce soir…
  • C’est cher. Et oui. Compter 80€ la séance. Non remboursés.

En revanche, les antidépresseurs, eux, sont remboursés par l’assurance maladie. Que d’avantages : on garde son malheur pour soi, on a le temps d’appeler son ex pour se faire traiter de vieille morue et en plus on ne débourse pas un centime.

Alors voilà, les gens préfèrent être « drogués » à vie que se donner les chances de ressortir plus fort, plus solide. L’Assurance Maladie préfère rembourser du Prozac pendant 20 ans que 3 mois chez le psy.

La France en pointe ?

La France est championne du monde des prescriptions d’antidépresseurs, oui. Mais cela veut-il dire que les Français sont plus « drogués » que les autres ? Non. En effet, il d’autres médicaments, autrement plus addictifs, qui jouent à l’étranger le rôle que l’on impute aux antidépresseurs.

Il y a les anxiolytiques, pour commencer. Ces fameuses benzodiazépines : Xanax, Tranxène, Rohypnol… Les Benzos comme l’on dit dans les séries policières américaines, c’est le truc qu’on a retrouvé dans le sang d’un cadavre, généralement injecté par le tueur pour faire croire à un suicide. De véritables poisons dont on a d’autant plus de mal à décrocher que les symptômes de sevrage sont dévastateurs.

Ensuite, il a les opiacés, ces cousins de l’opium, Oxycodine en tête. Dans la série médicale américaine, c’est le patient qui vient hurler sur le médecin qui refuse de lui donner son médicament alors qu’il a mal.

Alors voilà. En France, on évite au maximum ce genre de saletés. Ce sont les antidépresseurs qui prennent une place laissée libre.

Changer la société

Si l’on veut vraiment mettre fin à la hausse continue des prescriptions d’antidépresseurs, il convient :

  • Que l’Assurance Maladie ne rembourse le médicament que moyennant une participation à une psychothérapie (quitte à prendre aussi cette dernière en partie en charge) ;
  • De modifier la perception de la dépression et de ses traitements dans la société (point sur lequel je rejoins Clojea).

Pour cela, il faudra probablement censurer les dialogues d’un nombre considérable de films et séries… Pour ceux qui ont vu La revanche d’une blonde, avec Reese Witherspoon, sa meilleure amie lui dit dans un moment de déprime, qu’elle l’admire, qu’à sa place, elle prendrait du Prozac pour tout oublier… Le même film où l’on voit les étudiantes entrer dans le bâtiment de Harvard appelé Wyeth… De là à penser qu’il a été sponsorisé par l’industrie pharmaceutique, il n’y a qu’un pas.


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20 réactions à cet article    


  • Lorelei Lorelei 29 septembre 2011 21:23

    http://antidepresseurs.wordpress.com/

     Presque tous les antidépresseurs, y compris les ISRS et les tricycliques ont des effets stimulants analogues aux amphétamines »

    « Effets Principaux : stimulants principalement, similaires à ceux des amphétamines , aggravant les Symptômes de la dépression«  professeur breggin

    http://amphete.wordpress.com/2011/04/23/principes-des-addictions-psychiatriques/

    « L’effet des antidépresseurs peut se rapprocher de celui de l’ecstasy qui provoque le relâchement de grandes quantités de sérotonine aux terminaisons nerveuses des neurones »

     

    antidépresseurs : « Toutefois, nous maintenons que les effets positifs que les patients rapportent proviennent de l’effet stimulant, semblable à l’amphétamine, la nature de ces médicaments psychotropes.


  • gaijin gaijin 29 septembre 2011 12:20

    juste pour rigoler ..... :
    http://www.leparisien.fr/laparisienne/sante/l-abus-de-tranquillisants-augmente-le-risque-d-alzheimer-29-09-2011-1630647.php
    "N’abusez plus des somnifères ou des tranquillisants : ils augmenteraient le risque d’Alzheimer. C’est ce qu’a indiqué hier une étude française qui estime que, chaque année en France, 16000 à 31000 cas de cette maladie incurable seraient liés aux médicaments Valium, Xanax ou encore Lexomil. Les scientifiques ont réalisé une enquête sur 3777 personnes de plus de 65 ans qui ont pris pendant plusieurs années des anxiolytiques.

    Le professeur Bernard Bégaud, responsable de l’étude, tire le signal d’alarme et affirme que « les autorités doivent réagir ». Huit études ont déjà été réalisées sur ce sujet auparavant, sans que personne n’en tienne compte."


    • Spip Spip 29 septembre 2011 12:57

      Bonjour pharmafox

      Tout d’abord, merci d’avoir renseigné votre profil, les choses sont plus claires désormais. Sur le fond de votre article (de fond), je suis tout à fait d’accord.

      Entre la réticence à s’attaquer à son problème avec un psy, l’offre du tout médicament (un problème = une molécule, point-barre) par les labos et le choix de l’Assurance Maladie de rembourser un médicament dont le prix a été (plus ou moins bien) négocié, plutôt qu’une thérapie vue comme incertaine, nous en sommes là, c.a.d., en haut du podium pour la consommation des AD.

      On voit arriver maintenant, aux Urgences, de plus en plus de cas dont l’origine évidente est fortement psycho-sociale et là, autant la médecine que la chimie touchent à leurs limites. Elles n’ont pas le pouvoir de changer des conditions de travail ou d’entourage, par exemple.

      @ kerjean : tout dépend des doses et surtout du temps pendant lequel on le prend. On ne devrait JAMAIS prendre ce genre de produit ad vitam. Trouveriez-vous normal, qu’après une fracture de la jambe, votre médecin vous renouvelle votre plâtre pendant des années ? C’est la même chose.

      http://www.doctissimo.fr/medicament-LEXOMIL.htm


      @ gaijin
       : il y a longtemps que les professionnels de base ont constaté que les benzo ne sont pas bonnes pour la mémoire. Restait à obtenir des études pas biaisées, à les faire sortir et à en tenir compte, effectivement...


      • Renaud Séchiant 29 septembre 2011 13:26

        Je connais bien le sujet. Sauf qui si je prends pas ces cochonneries inutiles et qui empire mon état, mon entourage et le monde médical me culpabilise : mais Monsieur comment voulez vous guérir si vous ne prenez pas correctement votre traitement.

        Bref c’est gober ces cochonneries et faire semblant d’aller bien ou direction HP à la demande d’un tiers.

        Et si je continu à aller mal en prenant ces cachets (ce qui est le cas) on me propose les gentils électrochocs !

        Bref on en vient à ne même plus parler de son mal être à son entourage. Quant aux psy... 3/4 sont des charlatans et les bons se payent à prix d’or... hors de ma bourse...

        Parfois la dernière option face au mal être semble s’imposer... Mais cette solution est in-envisageable depuis que ma fille est venu au monde. Fille que je ne vois plus ou sous-conditions car repéré par le monde de la psychiatrie.

        En attendant le pédophile qui m’a marqué à vie continue à vaquer à ses petites occupations... malgrés des centaines de témoignages, plaintes...

        Vive la France !


      • gaijin gaijin 29 septembre 2011 13:44

        spip
        « en tenir compte »
        c’est bien le problème tout le monde ( dans le milieu médical ) sait que ces médocs sont des saloperies a ne pas prendre a long terme
        mais alors comment se fait t’ il qu’il y a ait des gens qui prennent des somnifères et des anxiolitiques pendant des années ?
        sans parler du cocktail somnifères le soir exitants le matin et anxiolitiques le weekend .....


      • ZenZoe ZenZoe 29 septembre 2011 13:58

        Pour ceux que ça intéresse : si vous vous sentez quasiment au dernier carat, pas juste un coup de blues, essayez de prendre rendez-vous avec le CMP de votre secteur (pas en IDF malheureusement, ils sont surchargés). Ca peut prendre des semaines, mais vous y trouverez gratuitement une écoute, et selon votre état psychique, votre situation financière et le CMP en question, l’accès à : une assistante sociale, une infirmière, des groupes de parole, des thérapies de groupe, un psychiatre (pour qq euros seulement), un psychologue avec psychothérapie possible.


        • Spip Spip 29 septembre 2011 15:16

          @ gaijin

          « comment se fait-il... » Le fond du problème est bien pointé par l’article ( éviter de se colleter de front à son problème, etc.). Les responsabilités sont aussi partagées.

          La « bonne pratique » et le Vidal encadrent précisément les prescriptions de médicaments psycho-actifs, mais dans les faits, il y deux personnes face à face : le patient et le médecin (souvent un généraliste, on évite le psy, tant qu’on peut...)

          - le 1er veut une solution déjà connue, qui ne l’implique pas trop.
          - le 2ème le sait, et sait aussi que s’il ne répond pas exactement à ça, le 1er ira voir ailleurs pour obtenir ce qu’il veut.

          Pour ce qui est de l’aspect financier, comme le signale ZenZoe, une thérapie peut être abordable en service public, par les CMP.

          Il existe aussi, en cas d’urgence, dans beaucoup d’hôpitaux, un service d’Urgence Psy consultable à toute heure.


          • gaijin gaijin 30 septembre 2011 09:28

            spip
            le patient veut évidemment une pilule magique mais ça c’est normal il ne connait que ça on lui en vend a la télé et en plus il ne va déjà pas bien ......
            le second pose plus de questions les médecins ne sont pas censés être responsables ?
            le patient ira voir ailleurs ?
            et après ?

            d’où vient cette culture de l’antidépresseur qui semble spécifique a la france ?
            des patients ? probablement pas
            des médecins ? mais alors quoi ? problème de formation ? de déontologie ? les deux ?

            pourquoi la france est elle un pays de drogués ?
            records en consommation d’alcool de cannabis et de médocs ça questionne un peu non ?


          • Illel Kieser ’l Baz 29 septembre 2011 15:27

            Avant de faire plusieurs remarques, tout d’abors dire qu’il est intéressant d’avoir l’avis d’un professionnel de l’industrie pharmaceutique. C’est peu commun.
            Donc, merci à l’auteur.
            D’un point de vue pratique, concernant la psychothérapie, son prix, ses modalités...
            Il n’est pas nécessaire de faire trois séances hebdomadaires. Une seule suffit largement dans le cas d’une dépression accompagnée d’une prise de médicaments prescrits par un médecin spécialisé (psychiatre ou généraliste formé)
            La psychothérapie ne consiste pas seulement à parler ou à exposer ses problèmes. Nous disposons maintenant d’un arsenal de techniques différenciées et il appartient au thérapeute de les utiliser au bon moment et avec la bonne personne. Cela va des thérapie par l’art, par le mouvement, voire des thérapies cognitives.
            80€ la séance, c’est excessif ! Si un psy propose d’emblée 3 séances par semaine et à ce prix, aller voir ailleurs !
            Choisir un/e psy, c’est d’abord choisir quelqu’un qui vous accompagnera durant 6 à 12 mois.
            La relation de confiance est primordiale. Il ne faut donc pas hésiter à poser le maximum de questions qui permettront de fonder cette relation sur un minimum de clarté. Ne pas hésiter non plus à poser des questions sur le protocole du suivi à venir. Les questions directes et personnelles à l’adresse du psy ne sont pas inconvenantes, elles sont même recommandées.
            Dans ce registre du routard de la psy, zenzoe évoque les CMP. Ce qu’il/elle dit est vrai, sur le papier. Dans les faits, les files d’attente sont très longues, à moins d’habiter une petite ville où les restrictions budgétaires n’ont pas encore fait de dégâts. Le personnel y est souvent débordé et la secrétaire est parfois celle qui a la meilleure écoute des patients.
            Voilà pour un premier commentaire pratique.


            • Illel Kieser ’l Baz 29 septembre 2011 15:49

              L’hypothèse de « déséquilibre chimique » pour parler des causes physiologiques de la dépression n’est plus vraiment adéquate.
              Cette hypothèse du « déséquilibre chimique » date des années 1960 avec les succès des premiers antidépresseurs découverts - tricycliques et les inhibiteurs de la MAO. Ces molécules, en plus d’améliorer les symptômes de la dépression chez nombre de patients, sont reconnues pour augmenter d’une manière ou d’une autre les taux de dopamine, de noradrénaline et de sérotonine. D’où l’hypothèse d’un déséquilibre au niveau de ces neurotransmetteurs.
              Cependant les efforts pour identifier plus précisément le déséquilibre en question ont donné des résultats assez décevants et contradictoires. Si bien que l’hypothèse retenue maintenant concerne davantage les récepteurs des neurotransmetteurs plutôt que les neurotransmetteurs eux-mêmes, ainsi que les événements moléculaires qui participent à la régulation des gènes. De plus le délai thérapeutique de deux à trois semaines entre l’effet des médicaments antidépresseurs sur les neurotransmetteurs et leurs effets sur l’humeur n’est toujours pas bien compris.
              Hypothèses non stables pour l’instant.
              D’où, incidemment une question à l’auteur sur ceci :
              « Les réactions physiques et instinctives du patient redeviennent celles d’une personne dite saine. En revanche, ils n’ont aucun effet sur la psyché. »
              Réactions physiques, instinctives, effet sur la psyché... J’aimerais plus de précisions. Il me semble que c’est beaucoup moins simple.


              • Pharmafox 29 septembre 2011 18:21

                @kerjean : Oui le Bromazepan est du même acabit. Mais si votre médecin vous l’a prescrit, c’est que vous devez vraiment en avoir besoin. Pour le reste, comme le dit Spip, tout dépend.


                @Renaud Séchiant : Le problème des psy avait été abordé par Clojea (le lien que je donne en introduction), et ne n’ai pas cru utile d’en reparler. La réaction de votre entourage montre le problème de perception de la dépression dans la société. Quant aux médecins, vous devriez leur parler des effets secondaires et demander un traitement moins lourd. Depuis quelques temps, on essaie en effet de mettre au point des antidépresseurs plus faciles à supporter. La contrepartie est qu’ils sont considérés comme moins efficaces. Ce vous citerai des produits à base de Millepertuis, la Vilazodone (un ISRS « doux ») et les mélatonergiques. Quant à votre histoire, je ne peux qu’espérer que vous trouverez la sortie du tunnel (et je crois que cela vous aidera que justice soit faite), et votre fille saura vous donner des forces nouvelles. Ne survivez pas parce que vous sentez une responsabilité envers elle, mais vivez pour elle, pour les moments que vous passerez ensemble, pour ce que vous lui apprendrez, pour le soutien que vous lui apporterez.


                @Illel Kieser ’I Baz : Pour le tarif du psy, c’est un témoignage direct. Le thérapeute était apparemment très bon, mais oui, il était cher. Pour la théorie de la dépression, j’ai simplifié volontairement. Quand aux réactions du patients, mes connaissances scientifiques atteignent leurs limites, je l’avoue. On observe qu’un animal « dépressif » recommence à se comporter normalement lorsqu’il prend des antidépresseurs (il essaie tout-de-suite de nager lorsqu’on le met dans l’eau, il se débat lorsqu’on le suspend par la queue, il se montre curieux face à un élément nouveau…). J’ai observé souvent chez des connaissances qui trainaient une dépression non-diagnostiquée des comportements anormaux, comme par exemple des mises en danger inconscientes, ou une négligence de l’hygiène (au-delà du seul souci de leur apparence). Un traitement antidépresseur, lorsqu’il commence à agir, corrige ces éléments. En revanche, une personne qui se remet d’un épisode dépressif à la seule aide d’antidépresseur est très exposée aux rechutes, car sa personnalité n’a pas changé. L’industrie pharmaceutique a publié de nombreuses études pour dire qu’une personne guérie devait continuer à prendre son antidépresseur pendant plusieurs mois (attitude que je condamne, puisque la vraie guérison n’est pas là). J’espère avoir répondu à votre question, et je m’excuse si j’ai mal manipulé les termes.



                • Clojea Clojea 29 septembre 2011 19:21

                  Bonjour. Merci d’avoir repris mon article sur les anti dépresseurs. C’est vrai que je suis un peu tranché sur le sujet, j’en avais débattu avec Spip, car j’ai un peu une « dent » contre ses produits ayant vu ma mère complètement accroc aux pilules du « bonheur ». 
                  Le problème aujourd’hui est que beaucoup de gens sont accrocs à ce genre de médocs, et ce pour un oui ou pour un non. Mal quelque part, on ne supporte plus et hop... un cachet et tout va mieux. Cela ne résoud rien.
                  Pour le reste, il est vrai que ponctuellement, un anti dépresseur peut aider, mais vraiment ponctuellement, pas sur un long terme. Les labos ont une politique inverse, plus un médicament se vend, plus ils touchent de l’argent. Les anti dépresseurs font malheureusement parti de ce système. 


                  • Jean Eymard-Descons 29 septembre 2011 22:46

                    Ca m’a déprimé votre article... Tellement tout cela est vrai.


                    • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 30 septembre 2011 01:00

                      Connerie tout ça. On parle ici de crise existentielle de parisiens urbains et névrosés.

                      Buvez du vin ! Mangez du pain ! Achetez du Camembert ! Fumez du tabac ! Et vive le saucisson !


                      • Spip Spip 30 septembre 2011 11:53

                        Dans le genre complètement à côté de la plaque, bravo Peachy Carnehan !


                      • aliceines 30 septembre 2011 08:14

                        je ne suis ni pariisienne, ni urbaine, ni névrosée... pourtant suite à une grave depression (j’ai été débarquée comme une « merde » de mon boulot, entre autre,) un psy a eu la super idée de me prescrire des binzodiazépines....ce qui m’a couté trois mois d’hospitalisation en HP pour décrocher, j’étais une loque, en état de manque permanent, trafiquant les ordonnances, courant les pharmacies, suppliant a genoux de me vendre ma dose...ce fut extrèmement dur !!!dorénavant je vais bien mieux, j’ai un traitement de « fond », un antidépresseur qui j’estime ma sauvé la vie !!! quand aux « psy »je préfère même pas en parler ....


                        • Lorelei Lorelei 30 septembre 2011 09:54

                          vous verrez que c’est un leurre car il y a un effet de drogue c’est de l’amphet....


                        • schuss 3 octobre 2011 00:19

                          bonjour,
                          J aimerais apporter ma pierre à l édifice.
                          Il m’est arrivé de prendre en consultation des personnes brusquement dépressives. c est à dire qu ’elles ne l était pas quelques jours ou semaines avant leur visite (aux dire de leur entourage). L interrogatoire fait ressortir pour ces cas un évènement traumatique sur le plan émotionnel ou physique quelques mois auparavant ; chute grave en ski, décès d un proche, licenciement abusif, etc... En dehors du fait qu ’elles sont épuisées, qu ’elles manquent de jus, les personnes peuvent être complètement différentes dans leur comportement dépressif ; l une est très fatiguée mais peut encore agir ,l autre ressasse continuellement un évènement qui la marquée, ou encore la personne montre une inhibition totale de l action.
                          Pour ces trois cas cités, des manipulations précises, ciblées correctement , ont permis de restaurer un niveau énergétique normale pour chacune d elles ainsi que la restauration à plus longue échéance de toute leur capacité physiques, psychiques et intellectuelles (fin de la dépression) . Dans l ordre des exemples il s agissait des reins, de la rate, du foie. Les effets ont été spectaculaires immédiatement après les traitements manipulatoires. Le psy et la diminution programmée des médicaments ont fait le reste sur le long terme (1 an). Si la personne somatise alors le corps exprime lui aussi le mal être de la personne. Du coup une intervention sur le corps physique peut débloquer une situation coincée sur le plan analytique ou médicamenteux. Ne pas oublier l ostéopathie dans le traitement de certaines dépressions, ça vaut le coup pour les patients...

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