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AP-HP : les gestionnaires décident des actes médicaux d’urgence

Un citoyen américain récemment diagnostiqué d’un cancer du pancréas métastasé se voit refuser des soins par l’administration d’un hôpital parisien, au détriment de toute humanité, car il ne peut pas payer la facture. Un témoignage sur la disparition du service public de la santé en France.

Comme nous le « savons », notre système de santé publique est le meilleur au monde, surtout si on le compare au système de santé américain « qui ne soigne que les malades qui payent ». L’expérience actuelle d’un senior américain résidant à Paris met du plomb dans l’aile de ce qui n’est plus qu’un mythe. France, ton système de santé fout le camp !

Tom souffre de douleurs constantes au ventre et se résout à consulter dans les urgences d’un grand hôpital parisien. Son état est jugé suffisamment grave pour qu’on l’hospitalise afin de lui faire subir une batterie d’examens. L’administration des admissions découvre qu’il n’a pas de couverture santé et qu’il ne peut prétendre ni à la CMU, ni à l’AME car son revenu déclaré est légèrement supérieur aux plafonds, respectivement 627 et 660 euros/mois. Il n’a pas les moyens de régler la facture hospitalière et ne peut bénéficier d’aides sociales. Il n’a ni famille en France ou aux USA. Qui va payer pour lui ? Cette question va devenir l’enjeu essentiel de sa prise en charge médicale et déteindre sur le comportement de certains médecins et personnels hospitaliers. Tom est régulièrement harcelé par une noria de personnes qui lui demandent de quitter l’hôpital et d’aller se faire soigner aux USA. Contactée, l’ambassade américaine envisage de lui prêter de l’argent pour régler son rapatriement sanitaire, à condition qu’un transfert ne lui soit pas fatal.

 Pendant la période qui précède le diagnostic, les examens et les résultats de ses examens sont freinés par l’administration qui, dans le même temps, proteste contre l’accroissement de la facture hospitalière dont elle est en partie responsable puisqu’elle empêche les médecins d’agir avec célérité en posant son véto sur chaque acte. La direction multicéphale de l’hôpital ralentit impitoyablement la marche des soins et l’établissement du diagnostic.au détriment du patient qui se dégrade à vue d’œil. Le médecin qui le suit perd un temps précieux en négociations avec les comptables.

Au bout d’une vingtaine de jours d’hospitalisation, Tom apprend qu’il est atteint d’un cancer du pancréas métastasé. L’activité des cellules cancéreuses a déclenché une embolie pulmonaire responsable d’une grande difficulté respiratoire. Tom est amoindri, il souffre, il éprouve de grandes difficultés à bouger pour accomplir le moindre acte de vie quotidienne. Il n’a plus d’appétit et se trouve dans un état de grande faiblesse. Finalement et contre l’avis du médecin responsable, Tom est renvoyé chez lui avec un rendez-vous quatre jours plus tard pour la pause d’un Pac (port à cathéter). Il devra rentrer chez lui puis revenir lendemain pour le début d’une chimiothérapie qui devrait améliorer son état afin d’assumer ses besoins essentiels.

Tom est réceptionné chez lui par une amie qui est stupéfaite de constater que l’hôpital l’a fait sortir alors qu’il est absolument incapable de se débrouiller tout seul. D’ailleurs, à peine arrivé, il chute de tout son long sur le parquet et doit ramper à quatre pattes afin de rechercher un appui propice à retrouver la station debout. Pendant les quatre jours suivants, Tom reste alité. Il souffre, geint, somnole, n’absorbe que de l’eau coupée d’un peu de jus de fruits ou un yaourt. 15 mn lui sont nécessaires pour se lever afin de se rendre aux toilettes. Il est tellement faible qu’il est incapable de s’asseoir à son ordinateur pour prendre les contacts que l’administration hospitalière lui a enjoint de prendre avec une redoutable et cruelle constance.

Lorsque Tom retourne à l’hôpital pour la pause du Pac, la personne qui l’accompagne souhaite expliquer à l’infirmière X qu’il ne peut pas se débrouiller tout seul et qu’elle a du l’habiller. X lui coupe la parole en disant « je sais, je sais puisque je me suis occupée de lui » et elle ajoute : « Nous ne pourrons pas lui poser le Pac, l’administration s’y oppose ». En effet, l’accompagnatrice est informée par X deux heures plus tard qui lui dit que Tom doit quitter l’hôpital. Heureusement, il n’en sera rien car le chef de clinique a eu gain de cause pour la pause du Pac et comme il n’y a personne chez lui pour l’accueillir, Tom passe la nuit à l’hôpital.

Le lendemain l’administration s’oppose catégoriquement au démarrage de la chimiothérapie. Bien que Tom soit dans un état de faiblesse extrême, son état ne cessant de s’aggraver, des administratifs le harcèlent pour qu’il appelle son ambassade et lui demandent de les suivre dans leur bureau. C’en est trop pour l’aide soignante qui est présente dans la chambre : « Mais comment voulez-vous qu’il se lève, je viens de le laver sur son lit ! ».

 

Commentaires :

 On comprend le souci des gestionnaires : l’argent sort, il faut le faire rentrer. Mais l’AP-HP n’est pas une usine de charcuterie, c’est un service public de santé et il est stupéfiant de constater que les décisions administratives inhumaines priment sur les décisions médicales, que les gestionnaires ont le pouvoir de s’opposer à la mise en œuvre des prescriptions médicales ordonnées par les médecins hospitaliers. Un véritable service public de la santé se devrait de soigner d’abord et récupérer le coût de ses services ensuite, quitte à utiliser des méthodes sévères.

 Que signifie La circulaire DHOS/DSS/DGAS N°141 du 16 mars 2005 qui s’applique aux malades nécessitant des soins urgents ? Pourquoi la direction de l’hôpital n’a-t-elle pas saisi la CPAM d’une demande d’AME qui s’applique à son cas : résidence en France de plus de trois mois, situation irrégulière, nécessité de soins urgents. Certes, Tom est condamné car, statistiquement, il n’a que quelques mois à vivre mais l’administration en le harcelant abrège ces quelques mois en aggravant son état physique, accroissant ses souffrances physiques et psychologiques.

D’un côté on martyrise un patient, de l’autre l’administration dépense des fortunes pour éliminer la douleur, une campagne qui rapporte beaucoup aux laboratoires pharmaceutiques qui fournissent les hôpitaux en dispositifs spécifiques et antalgiques.

Si la loi l’y autorisait, on se dit qu’elle n’hésiterait pas à abréger ses souffrances, à l’euthanasier pour qu’il ne coûte pas à la société. Les nazis le faisaient.

On peut reprocher à Tom de ne pas avoir pris ses précautions en contractant une assurance santé mais c’est très coûteux. Il avait pour habitude de se soigner en consommant des compléments alimentaires et de la nourriture équilibrée. Comme lui, ils sont de plus en plus nombreux ces Français qui renoncent à consulter les médecins parce que la sécurité sociale se désengage, que le patient doit de plus en plus donner de sa poche et que en conséquence, les mutuelles doivent augmenter leurs cotisations, plus de 100 euros mensuels pour les personnes dont l’entreprise ne participe pas à la prise en charge de la complémentaire santé à travers les contrats collectifs.

Les retraités sont aux premières loges car en quittant l’entreprise ils perdent le bénéfice du contrat collectif en même temps qu’ils doivent payer un risque santé plus élevé avec l’âge alors que leur revenu a baissé au moins d’un tiers (sauf pour les fonctionnaires). Nombre d’entre eux renoncent au complément santé. Le résultat pour les français est que le poste budgétaire qui a le plus baissé ces dernières années est le poste santé.

 Les dirigeants français qui ont l’habitude de se vanter d’avoir « le meilleur système de santé au monde contrairement aux américains qui ne sont soignés que s’ils payent » devraient réaliser qu’en France aussi, on ne peut être soigné que si on paye…même dans le cas d’un cancer généralisé, comme Tom et malgré des textes de loi qui ne sont pas appliqués car aucune sanction n’est prévue pour les gestionnaires qui les ignorent. Notre société sanctionne la maltraitance aux animaux mais pas aux patients des hôpitaux.

 France, Fraternité, Égalité et Solidarité se sont taillées avec l’Humanité...

par pigripi jeudi 18 février 2010 - 23 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Bardamu (xxx.xxx.xxx.109) 18 février 2010 11:16

    Juste un constat... une blague que m’a rapportée un ami... radiologue arabe !... à l’AP !... et sous-payé !

    Désolé, d’être franc l’ami !... je ne voulais pas blesser le tartufe qui s’agite fébrilement en toi !

    Avec pareil faux humanisme, ne t’étonne pas si tu l’as dans l’os plus tard, alors !

    Le combat n’est pas l’affaire des autruches !... l’arène, c’est sur le sable qu’on y joute... pas la tête enfouie dedans !

  • Par Bardamu (xxx.xxx.xxx.109) 18 février 2010 15:44

    Pigripi me censure -lui, ou un autre ici !-, mais ma blague figure dans son commentaire !... puisqu’il la cite !

    Donc, une censure qui avorte en somme !
    Merci, messieurs les censeurs !

  • Par Bardamu (xxx.xxx.xxx.109) 18 février 2010 14:40

    Tiens !... les censeurs ont sévi... pour rien !... comme à leur habitude !

    Ils creusent leur tombe à grandes pelletées, ceux-ci... annonçant la fin de tout débat possible !... et le font de bon coeur !

    Déjà morts, peu leur importe de s’enterrer plus profondément !

    Et Agora, déjà passée à l’ennemi... qui suit !... "l’agora ment", "l’agora ment"... on connaît la suite !

    Vous allez vous ennuyer plus tard, condamnés à ne débattre qu’entre bien-pensants !

    Vous devrez alors vous inventer d’autres ennemis !... des virtuels !... pour continuer vos combats de pacotille.

    Ce qui a gêné en mon commentaire ?
    Qu’il fut celui qui recueillit le maximum de suffrages !... tiens pardi !

    Les bien-pensants se voyant démasqués, il ne leur reste que la censure, à ces pitres-là !

    Bien pauvres garçons, en fait ! 

  • Par Lulu de Pantin (xxx.xxx.xxx.131) 18 février 2010 14:08


    Bandes de pleureuses !!!!

    On parle des soins trop chers, du stress au travail ou au chômage et on oublie le principal !!!

    les efforts surhumains de mon banquier pour mériter son bonus annuel

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