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Accueil du site > Actualités > Santé > Autisme : Québec et Belgique au secours de la France

Autisme : Québec et Belgique au secours de la France

Ce n’est pas qu’en France on affecte peu, ou moins, de crédits aux établissements supposés traiter le syndrome : on le fait à tort et à travers. Un peu comme si, au lieu d’enseigner aux sourds-muets le langage des signes, on persistait à les parquer en psychiatrie - "à l’asile, comme avant l’abbé de l’Epée*.

Alors que les chamailleries du PS occupaient hier le devant de la scène, à Paris se retrouvaient, à l’initiative d’Autisme France, des professionnels décidés, quant à eux, à ne plus perdre de temps à décrier l’ancienne école, mais à agir pour tirer d’affaire ceux qui seraient en France quelques 100 000 atteints par le syndrome - dont un maigre dixième bénéficie des “pratiques innovantes” présentées à cette occasion.

Ceux qui en sortent 
 
Canadiens et Belges nous en auront appris, qu’ils enseignent ou aient bénéficié desdites pratiques. Aussi passionnant que dédramatisant, le témoignage d’un informaticien québecois d’une quarantaine d’années atteint du syndrome dit d’Asperger (de haut niveau) aura permis de comprendre les obstacles, phobies, sentiment d’injustice et “surcharges sensorielles” de ceux que leur difficulté à communiquer jette souvent dans des crises de fureur. “Bon, maintenant, j’ai encore envie d’en piquer, a admis Georges Huard, par exemple sur le périph en cas de bouchon… Mais j’ai appris à me contenir.” Plus ou moins “aveugle au contexte”, l’autiste serait attiré, parfois jusqu’à la fascination, par des détails secondaires pour les autres, susceptibles d’entraîner des malentendus, de lui coûter des amitiés : “Quand je regarde l’heure au cours d’une discussion que j’apprécie, dit encore Georges, c’est mal perçu ; alors que je la regarde pour le plaisir d’un temps qui s’écoule aussi agréablement…”
 
Un exil payé par la France
 
Faute de places sur notre territoire (!), 3000 jeunes autistes ont été évacués ces dernières années en Belgique, dans des centres payés par la France, et dont certains n’ont peut-être ouvert que pour l’aubaine d’un profit inespéré. D’autres, refusés partout, restent chez leurs parents jusqu’à la mort de ces derniers, sans aucune issue par-delà…
 
Si les “neurotypiques” (non-autistes, ainsi nommés par les autres, comme les “moldus” par les sorciers d’Harry Potter) comprenaient l’intérêt général qu’il y a à éduquer vers l’autonomie des enfants destinés, sinon, à demeurer une charge pour la société (charge d’autant plus lourde que leur nombre augmente chaque année) ; s’ils savaient que le coût en serait moindre - le “prix de journée” en garderie atteignant des sommets -, il est probable que notre pays cesserait en la matière d’être lanterne rouge. La solution viendra peut-être de cette prise de conscience.
 
J. de P.
 
*1712-1789. Inventeur du langage des signes

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7 réactions à cet article    


  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 17 novembre 2008 12:51

    C’est effarant de devoir reconnaitre comment un constat de l’abbé de l’Epée ( 1712 / 1789 ) est non encore assimilé malgré toutes les révolutions...Une expérience américaine avait constaté que les disques de Nolwenn Leroy, avaient le pouvoir d’aucune autre musique pour capter l’attention des autistes. Et d’ailleurs, j’avoue que moi-même, je ...

    Une autre expérience montrait comment, un jeune autiste qui dessinait magnifiquement les chevaux en pleine course, après guérison, faisait des maisons carrées avec des toits rouges vifs...Les autistes sont des êtres à la sensibilité ultra-exacerbée, et en fait, ne nous comportons nous pas envers eux comme des brutes maladroites...


    • Julie Dep Dep 17 novembre 2008 13:58

      1e ligne, veuillez lire : "Ce n’est pas qu’en France on affecte peu..." (Le qu’ ajouté avant on change le sens de la phrase. Merci.


      • asap 17 novembre 2008 21:16

        ben voyons, les belges utiliseraient l’argent français pour parquer chez eux par pur opportunisme les patients souffrant d’autisme.
        Et je suis sûr qu’ils sont encore plus incompétents que nouzautres par dessus le marché et comme il se doit paradiguement.
        Comme quoi, il faut se méfier de ses voisins et à défaut les considéréer avec dédain et condescendance. En option (bien qu’intégré de plus en plus en série), un peu de goguenardise triviale renforce notre identité délétère.
        Qu’un sang impure nous enivre et nous fasse oublier notre honte...
        ah oui, next time, un peu d’info dans le papier svp


        • dumber52 17 novembre 2008 21:55

          Il n’y a pas que des autistes que nous nous occupons ! Les enfants et adolescents qui présentent des troubles de comportement (caractériels) viennent aussi en internat et acquérir une formation !


          • Julie Dep Dep 18 novembre 2008 06:46

            @Assap. Je me suis mal fait comprendre. "Les" Belges dans leur ensemble ont à nous apprendre sur bien des plans : courtoisie, esprit d’entreprise, humour... Les parents qui ont affaire à eux en l’occurrence n’ont qu’à s’en féliciter. Mais pourquoi un pays n’engendrerait-il que des petits saints ? Pourquoi certains - rares à ma connaissance - ne profiteraient-ils pas, comme pourrait le faire n’importe qui n’importe où, de cette absurdité : un pays voisin qui vous refile une partie de sa population faute d’accepter de s’en occuper ? D’autant que l’Etat français (autre absurdité) est meilleur payeur que le belge. Certains centres sont entièrement consacrés aux jeunes Français, ce qui agace à juste titre les familles locales concernées, dont certaines restent sur le carreau faute de places restantes pour leurs rejetons.

            Cela n’étant qu’un infime détail de mon billet, dont le propos est de rappeller à nos élites leurs reponsabilités.


            • asap 18 novembre 2008 12:52

              @dep,
              Merci pour votre précision qui met je dois l’admettre en relief le ridicule de mon mouvement d’humeur. C’était de la polémique sans fondement.
              Mais votre réponse informe d’avantage sur la situation créée par notre carence en prestations d’accueil et en compétences . Il est d’autant plus regrettable que l’état se dédouanne de sa responsabilité par un saupoudrage financier qui n’est malheureusement pas au service du développement de nos propres structures. Quant au dévoyement des aides françaises, elles devraient moins nous préoccuper que l’impératif de répondre aux besoins de notre propre population et de lui assurer un bien-être décent.


              • dumber52 18 novembre 2008 21:08

                Les paramètres de subventions varient de 1 pour nos internes belges à 1,5 voire 3 pour les internes français mais rien pour l’école.

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