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Accueil du site > Actualités > Santé > Cigarette électronique : un marché qui échappe aux lobbies anti (...)

Cigarette électronique : un marché qui échappe aux lobbies anti tabac

Marisol Touraine, ministre de la Santé, vient d'interdire la cigarette électronique dans les lieux publics et aux moins de 16 ans. Selon les déclarations de la ministre, la cigarette électronique ne serait pas un produit banal, et elle exposerait aux mêmes dangers que ceux procurés par une cigarette « normale ». Marisol Touraine aurait-elle agi par précaution, face aux risques potentiels d’une nocivité encore non démontrée, ou bien suite à des pressions menées par les groupes pharmaceutiques soucieux de protéger leur monopole antitabac ?

Pour bon nombre d’experts en tabacologie, sans avoir les vertus d’un médicament la cigarette électronique représente le plus efficace substitut qu’on ait jamais trouvé jusque là. Selon le médecin William Lowenstein, spécialiste des addictions et président de l’association SOS addictions, les bénéfices de ce gadget pour les « vapoteurs » – nom donné à ces nouveaux fumeurs – sont indéniables. Selon ces experts, « dans la cigarette électronique vous n’avez plus toutes les substances cancérigènes qui sont promues par la combustion. Remplacer la cigarette classique par celle-ci, c’est déjà se sevrer de cette cochonnerie cancérigène » (France 5, le 16 mai dernier dans l’émission « C à dire »).

Un autre expert, le professeur Robert Molimard, pionnier dans la recherche sur la tabacologie, n’hésite pas à pointer du doigt de probables arrangements entre lobbies pharmaceutiques et gouvernements européens dans les prises de décisions sur la cigarette électronique : « Comment ne pas s'interroger quand la plupart des experts du rapport de l'OFT, dont Bertrand Dautzenberg, Béatrice Le Maître, Gérard Mathern, déclare avoir des liens, voire des contrats, avec des groupes pharmaceutiques ! Il y a évidemment conflit d'intérêts ! ».

Un marché juteux convoité sans aucun doute par l’industrie pharmaceutique :

Il faut le reconnaitre, l'engouement pour la cigarette électronique ne cesse de croître. De plus en plus de fumeurs – ou plutôt ex-fumeurs – « vapotent ». Plus de 500 000 personnes en France, selon la dernière estimation de l'Euro baromètre (mai 2012). Le nombre d'utilisateurs se situerait à un million de personnes, selon le professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue et président de l'Office français de prévention du tabagisme (OFT), qui a piloté un rapport remis mardi 28 mai au ministère de la Santé.

La commercialisation de la cigarette électronique est particulièrement lucrative, et en constante croissance depuis quelques années. Selon l'OFT, le chiffre d'affaires en France de cette nouvelle cigarette représentait 40 millions d'euros en 2012, et devrait atteindre 100 millions d'euros à la fin de 2013, soit l'équivalent du marché des substituts nicotiniques.

Bien que sceptique face aux allégations de son confrère, Jean-François Etter n’exclut pas l’idée d’une possible connivence entre l'État et les groupes industriels. « Si parler ouvertement de collusion entre pouvoir politique et industries pharmaceutiques relève encore de la spéculation politico-médiatique, personne ne peut nier que la mort de la cigarette électronique ferait incontestablement les beaux jours des groupes pharmaceutiques », conclut-il. On peut ajouter à ça que la récupération de ce marché ferait leurs choux gras.

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e-cigarette
la e-cigarette fait un tabac

Chez nos voisins allemands :

La santé fait partie des domaines de compétence des Länder. La réglementation n'est donc pas la même dans les 16 régions allemandes.

Le succès auprès des consommateurs allemands a très vite provoqué des réactions politiques. Le gouvernement allemand considère que les cigarettes électroniques sont des médicaments, et ce en raison de leur teneur élevée en nicotine (option proposée dans les cartouches). Les responsables politiques réclament en conséquence qu’elles soient vendues dans des pharmacies, comme les patchs à la nicotine.

En Bavière, les cigarettes sont vendues dans les pharmacies. Elles y sont considérées comme des cigarettes normales. Il est ainsi interdit de les fumer dans les restaurants ou dans la plupart des bars.

D'autres Länder ont également réfléchi à restreindre la vente et la consommation. Parmi eux : la ministre de la Santé de la Rhénanie du Nord-Westphalie, Barbara Steffens, dénonce les effets nocifs des cigarettes. Mais la ministre n'a pas réussi à imposer que la vente se fasse uniquement dans des pharmacies. Le Tribunal administratif de Cologne a décidé, l'an dernier, qu'il ne fallait pas considérer les cigarettes électroniques comme des médicaments, contredisant ainsi le gouvernement allemand.

Selon le professeur Robert Loddenkemper, membre de l'association des pneumologues allemands « ce qu'il nous faut, c'est une réglementation universelle, valable dans toute l'Allemagne, voire dans toute l'Europe ». D'ailleurs, les pneumologues français revendiquent la même chose. Avant de mettre en place une telle politique, il faudrait cependant réaliser une étude approfondie sur les risques liés à la consommation des cigarettes électronique. À l'heure actuelle, une telle étude n'existe pas. Ni en Allemagne ni en France.

On peut d’or et déjà pointer les deux grands ennemis de la cigarette électronique : l’industrie du tabac, et celle de la santé. Et pourquoi pas, assister à une alliance entre ces deux comparses dont les intérêts sont intimement liés, de façon analogue à ceux du marchant d’armes et des pourvoyeurs de guerres.

Au risque de me faire condamner et incarcérer par les magnats de la santé, j’affirme qu’il serait temps de prendre conscience que les experts à l’œuvre dans l’empire médico-pharmaceutique étant ceux-là mêmes qui s’enrichissent sur le dos des malades, le conflit d’intérêts qui en découle est la plus monstrueuse escroquerie jamais inventée à l’échelle planétaire. Le cas de la cigarette électronique pourrait bien donner un grand coup de pied dans cette odieuse fourmilière, hypocrite et criminelle. 
 


En lien avec ce billet :
Libération 1e juin 2013 : Guerre contre le tabac relancée, chasse à la cigarette électronique déclarée 
AgoraVox 7 juin 2013 : Cigarette électronique : petits arrangements entre amis 
20minutes.fr 5 mars 2013 : Cigarette électronique, comment ça marche ? 


Crédit photos :
20minute.fr
affaires.lapresse.ca 
 


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62 réactions à cet article    


  • reneegate 15 juin 2013 09:56

    Sachez que Marisol Touraine, et de nombreux médecins ont des idées tellement préconçues sur tous les sujets que les lobbies n’ont même pas eu à se lever. Dites tout simplement « retraite » et Touraine vous régurgite un rapport Moral qui tourne autour du « il faut bosser plus ».
    Et bien en matière de toxicologie les médecins régurgitent le « il faut souffrir c’est pas si facile », etc. Nous avons eu l’exemple typique du chef de clinique en pneumo dans « ce soir ou jamais » et je peux vous dire que ceux qui font une chimio avec la dame, n’ont pas droit à la parole. Elle sait, elle est médecin, elle à tous les droits. D’après mon expérience (j’en parle un peu + loin) ces gens là, ne réfléchissent jamais et ne font donc pas de miracles.
    Car sur le domaine, je suis habilité à parler car après 30 ans (et oui le temps passe vite) au régime 30 cigarettes/jour, je suis là (étonnant vous trouvez pas) et je suis passé au vapoteur direct sans aucun effort. Depuis je respire et mon niveau de vie jumpe. Et là encore, la Touraine elle déteste, elle aime beaucoup les taxes même si c’est l’impot le plus injuste. Mais là c’est une autre histoire que vous avez d’ailleurs commencé à raconter dans votre article, merci.


    • Loup Rebel Loup Rebel 15 juin 2013 11:17

      Merci pour votre réaction, Reneegate.

      La disparition du marché de la cigarette classique en France priverait ipso facto l’État d’environ 15 milliards d’euros.

      En face de ce chiffre inscrit dans la colonne recette, il convient d’en mettre un autre dans les dépenses : 

      Le coût social généré par la consommation du tabac, c’est-à-dire la somme des coûts directs et indirects attribuable au tabac (soin, décès, perte de productivité, de salaire, d’impôts...) a été évalué à 47 milliards d’euros. Soit trois fois plus que les recettes dont on sait qu’elles ne sont pas reversées à la sécurité sociale.

      La forte préférence du décideur public pour des recettes immédiates, sans considération projective, laisse penser à des alliances scélérates avec l’industrie du tabac. À moins que les politiques n’aient troqué ce qui leur tenait lieu de cerveau contre un poids chiche...
       
      Quelques liens :
      http://www.bfmtv.com/economie/tabac-coute-47-milliards-deuros-a-collectivite-rapporte-15-milliards-a-letat-403940.html
      http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-etat-dependant-du-tabac-4257
      http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/Le_tabac_en_France_entre_couts_et_benefice s.pdf
       


    • Amada 15 juin 2013 16:02

      A lou rebel et aux autres.

      Question : des divers rapports lus de-ci, de-là, il ressort que fumer réduit l’espérance de vie de 7 ou 10 ans. Exact ?

      Cordialement
      Amada


    • Amada 15 juin 2013 16:05

      Bon, je n’attends pas les réponses, c’est oui.

      Donc cela fait économiser 7 à 10 de retraite par fumeur...

      C’est juste pour compléter les calculs ci-dessus....

      Cordialement
      Amada


    • myDragoon myDragoon 15 juin 2013 18:32

      Votre raisonnement est certes cartésien mais , en sachant que le tabac coûte 48 milliards par an, car un fumeur sur deux va mourir de son tabagisme, la balance est-elle à l’équilibre ?
      myDragOOn


    • Loup Rebel Loup Rebel 15 juin 2013 18:46

      @ Amada,

      7 à 10 ans de vie en moins, c’est une statistique qui pourrait laisser croire que le fumeur mourra 7 à 10 ans plus tôt que l’espérance de vie... Les 84 ans pour une femme et 79 pour un homme seraient ainsi ramené à 75 et 70 environ.

      Mais cette interprétation est aussi abstraite que celle de la natalité qui ferait naitre 1,8 enfant par couple !

      En revanche, dire que le tabac tue plus de la moitié de ses consommateurs devrait dissuader plus efficacement le fumeur :
      si je fume, j’ai plus d’une chance sur deux d’en mourir
      .

      Après on peut affiner à quel âge le tabac vous tuera... C’est un peu la roulette russe.

      La question fondamentale au cœur du débat est celle de la perversion du système de santé : tant que ce système repose sur un cartel dont les profits sont inversement proportionnels à la bonne santé des consommateurs de soins, plus nombreux seront les gens à soigner, plus cet oligopole sera prospère.

      Imaginez un instant : demain plus personne n’est malade. C’est la faillite du seul secteur économique en pleine croissance (+15 % sur les dix dernières années) soit 180 milliards de chiffre d’affaires en moins sur les 2000 milliards de PIB (en euros). C’est plus d’un million de professionnels de la santé au chômage, plus les salariés des laboratoires, des hôpitaux et cliniques, plus les salariés de la sécu, des mutuelles, plus...

      Comment peut-on croire que l’industrie de la santé... qui vit et prospère sur le dos des malades... a intérêt à améliorer la santé des consommateurs de soins ?

      Une médecine préventive efficace qui entrainerait la décroissance d’une industrie prospère ? Vous y croyez vraiment ?

      Autrefois en Chine le médecin passait un contrat avec son client pour lui assurer une bonne santé, en échange du versement d’une pension. Quand le client tombait malade, le versement de la pension était suspendu jusqu’à la guérison. Les médecins les plus fortunés étaient ceux qui avaient le moins de malades à soigner (car la meilleure prévention).

      En France, c’est le contraire : le plus riche médecin sera celui qui a le plus de malades à soigner.


    • appoline appoline 15 juin 2013 20:05

      @ Reneegate,


      Idem, depuis un mois je suis passée à la cigarette électronique sans aucune difficulté. 

      Je respire nettement mieux, 
      Je n’ai plus les cheveux qui sentent le tabac,
      Je n’ai plus les fringues qui sentent le tabac,
      je récupère une peau de bb
      plus d’odeur de tabac dans ma voiture,
      plus de corvée pour aller chercher mes cigarettes
      plus de doigts jaunis
      La cerise sur le gâteau est évidemment le prix : 12 euros pour 3 semaines

      Alors Marisol, arrête veux tu, d’essayer de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, pour un ministre de la santé, tu as belle gueule pour un peu, si nous étions aussi bredins que tu sembles le penser, nous repartirions vers le tabac illico. Donc à toi les taxes et autres impôts que ton collègue prélève prestamment. N’essaie pas de nous faire croire que nos santés t’inquiètent et t’empêchent de dormir ; à ce propos si vous mettiez dans la balance ce que coûte les fumeurs style cancer du poumon, de la bouche, de l’oesophage enfin tout quoi et ce que rapporte le tabac, je pense que de ce côté là, on nous prend largement pour des cons.
      Alors Marisol, s’il te plaît, lâche nous les baskets et va emmerder quelqu’un d’autre, à moins que tu te mettes à bosser, tiens par exemple sur les hôpitaux, tu sais ceux qui sont si bien organisés qu’ils nous coûtent la peau des fesses mais cela t’importe peu visiblement


    • jjwaDal jjwaDal 15 juin 2013 11:01

      Sans procès d’intention il est patent que la cigarette électronique se substitue en tout ou en partie au tabac qui est fumé (donc avec combustion) et donc les adeptes inhalent quelques milliers de substances chimiques en moins dont de nombreux cancérigènes et au moins une substance « accoutumante » en plus de la nicotine. Il reste la nicotine, une drogue connue (un récepteur dans le cerveau), dont les effets semblent gérables et poser peu de problèmes sociaux (style troubles de comportement). Moins de taxes perçues mais aussi moins de cancers à la clef et a priori seule l’industrie du cancer (du producteur de tabac au cancérologue) y perdrait vraiment. A priori la volonté de contrôle de l’Etat vient du fait que ce serait la première fois qu’une drogue serait en libre accès (l’alcool peut être une drogue aussi mais est bien taxé) sans taxation majeure (juste la TVA). Sinon la collusion entre les Etats et la « grande entreprise » est bien documentée et qu’ils veuillent garantir une « rente de situation » à leurs amis se comprend aisément. Ils anticipent que ce marché de niche pourrait en fait atteindre une taille respectable (les fumeurs sont pas fous non plus et s’ils ont le choix entre nicotine avec ou sans cancers le choix est pas bien dur...).
      Dossier intéressant à suivre mais l’issue semble prévisible.


      • Loup Rebel Loup Rebel 15 juin 2013 11:39

        Votre analyse est très pertinente, jjwaDal

        Concernant la nicotine et sa consommation pour ses effets psychotropes, il est important de préciser que de nombreuses cartouches proposées pour alimenter la e-cigarette n’en contiennent pas, ou en quantité dosée selon le but recherché par l’utilisateur.

        Il est donc possible à un fumeur qui souhaite un sevrage évolutif de ce composant d’utiliser des doses progressivement réduites en nicotine, comme pour les patchs actuellement proposés par l’industrie pharmaceutique.


      • myDragoon myDragoon 15 juin 2013 13:05

        Cela fait des années que je ne comprends pas pourquoi l’Etat ne mène pas une vraie politique de lutte contre le tabac.
        La seule justification rationnelle que je m’autorisais était la préservation des emplois.
        Aujourd’hui la cigarette électronique génère des emplois. De surcroit nous avons la chance d’avoir en France des entreprises qui produisent de l’Eliquide. Ce qui est un gage de garantie.
        Alors comme vous le dites dans votre réaction, je ne comprends plus du tout pourquoi s’évertuer à conserver cette balance défavorable (15 milliards de taxes / 47 milliards de dépenses)
        myDragOOn


      • Luc le Raz Luc le Raz 15 juin 2013 11:30

        Je « vapote » depuis 5 ans. Ce qui m’agace le plus c’est d’entendre le « rabachage » du mot « nicotine ». Or en ce qui me concerne j’ai des cartouches menthe + 0% nicotine. Pourquoi ne pas dire que ça existe ?
        En ce qui me concerne, j’ai remarqué que le geste « machinal » de porter à ses lèvres la cigarette est plus addictif que la nicotine. Donc...
        Que les industriels du « médoc » veuillent récupérer ce manque à distribuer à leurs actionnaires ne m’étonnerait pas. Les PDG/CEO doivent justifier, auprès d’eux, de leurs salaires, non ?


        • Loup Rebel Loup Rebel 15 juin 2013 11:46

          Luc le Raz, votre commentaire s’est croisé avec le mien...

          Vous avez raison, il faut le dire et le répéter, l’addiction au geste est la principale cause d’échec du patch et autres produits sur le marché.

          Et la nicotine n’est qu’une option proposée dans les cartouches pour l’e-cigarette.


        • SylvainF SylvainF 17 juin 2013 14:00

          De nombreux autre utilisateurs témoignent en ce sens sur le rôle de la nicotine. J’en avais parlé il y a quelques mois sur mon blog, voir ici pour plus de détails.

          Plusieurs spécialistes doutent du rôle prépondérant que l’on donne traditionnellement à la nicotine pour expliquer l’addiction à la cigarette. Le neurobilogiste Jean-Pol Tassin a montré que la nicotine seule ne rendait pas dépendant et le Professeur Molimard, père fondateur de la tabacologie n’a jamais réussi à rendre des rats de laboratoire dépendants à la nicotine malgré ses nombreuses expériences.

          Reste la question du « hit » si cher à certains vapoteurs (raccourci de l’expression anglaise « throat hit » qui vise le picotement et la contraction qui découle du passage de la nicotine dans la bouche et la gorge). Comme je l’explique, il me semble que c’est surtout un stimulus que le fumeur ressentait lorsqu’il fumait et dont il a du mal à se passer par la suite. Une sorte d’annonce qu’il va recevoir les substances réellement addictives de la cigarette.

          Tout cela reste à prouver empiriquement bien entendu mais cela semble corroboré par les expériences de pas mal de vapoteurs.


        • Loup Rebel Loup Rebel 17 juin 2013 17:32

          Bonjour Sylvain, et bienvenue sur AgoraVox smiley

          Très intéressant votre lien. Merci.

          Au cours de ma carrière, j’ai reçu à mainte reprise des demandes de fumeurs aspirant au sevrage.

          On est bien d’accord, la nicotine n’est pas l’addiction majeure. Tous les tests cliniques démontrent qu’elle disparait en quelques jours, moins d’une dizaine maximum. D’où le grand succès des plans de cinq jours... sauf que le taux de rechute reste énorme dans les trois mois qui suivent.

          Pour comprendre l’addiction à la cigarette (je souligne le mot) il faut retrouver l’encrage psychologique et social, dans le contexte des toutes premières cigarettes fumées « en groupe », le plus souvent à l’occasion de situations à caractère « initiatique ». Voilà pourquoi j’ai parlé d’addiction au geste.

          C’est du Pavlov pur : une restimulation émotionnelle, donc avec toutes les réactions endocriniennes qui l’accompagnent. Au même titre que le son de la cloche de Pavlov déclenchait le processus de digestion de ses chiens.

          Cette gestuelle étant sauvegardée avec la e-cigarette, plus le goût et les sensations (le hit en est une), le succès est au rendez-vous. Le sevrage de la nicotine sera plus ou moins rapide selon que le vapoteur souhaite un arrêt immédiat ou progressif.

           Selon mes retours d’expériences, la réduction progressive serait moins efficace que l’utilisation immédiate d’un e-liquide à 0 %. Environ un vapoteur sur trois n’a pas abandonné la nicotine après un an. Parmi ceux qui sont sevrés, deux sur trois l’ont fait sans (ou quasi sans) phase transitoire : 0 % dès les premières e-cigarettes. Sans doute que l’accompagnement psy joue aussi un rôle.

          C’est très empirique et avec peu de recul, mais au regard des autres techniques de sevrage utilisées avant, c’est sans comparaison.
          Merci de votre contribution smiley

           


        • JL JL 17 juin 2013 18:02

          Loup Rebel,

          vous dites : « Pour comprendre l’addiction à la cigarette (je souligne le mot) il faut retrouver l’encrage psychologique et social, »

          pouvez vous expliquer ce qu’est l’encrage ? Une marque à l’encre indélébile ?

          Question de fond : avez-vous été gros fumeur et arrêté de fumer ? Quand vous dites que ’’Tous les tests cliniques démontrent qu’elle (l’addiction à la nicotine ?) disparait en quelques jours, moins d’une dizaine maximum. ’’ je suis plus que dubitatif. Personnellement, des mois, voire des années après le sevrage, j’ai ressenti comme des bouffée, des relents, des retours, des besoins - je ne sais pas quel mot convient le mieux pour décrire ça - de nicotine.


        • Loup Rebel Loup Rebel 17 juin 2013 19:08

          JL

          Vous avez pointé une dysorthographie : il s’agit d’ancrage, ça va de soi. Ce qui devrait vous permettre une lecture plus pertinente de mon commentaire.

          L’article Wikipédia sur la nicotine semble pour une fois assez bien documenté. Vous pouvez y lire ceci :

          *Les recherches de l’équipe du neurobiologiste français Jean-Pol Tassin (INSERM, Collège de France) ont toutefois montré que la nicotine seule ne suffit pas à induire une dépendance chez l’animal : « L’administration de nicotine chez l’animal ne produit pas les effets prédits par le modèle courant de l’addiction. Pour que la nicotine produise effectivement l’addiction, il faut lui associer soit des inhibiteurs de la monoamine-oxydase, soit des produits qui ont la même action ».*

           


        • JL JL 18 juin 2013 08:20

          Loup Rebel,

          si je comprends bien, vous prétendez parler en maître de quelque chose que vous ne connaissez pas autrement que par Wikipedia ?


        • eVapoteuse eVapoteuse 13 juin 2014 15:39
          Arfff quel dommage de voir encore l’article de Wikipédia cité pour la définition de la nicotine ... Non le fumeur n’est pas dépendant à la nicotine. Le fumeur est dépendant à la cigarette : nous le savons depuis que Fagerstrom a rebaptisé son propre test A lire : la nicotine, une drogue ? . D’autre part, la nicotine n’est pas un psychotrope. comme on peut le lire ici ou là. 

        • Loup Rebel Loup Rebel 13 juin 2014 21:25

          Par eVapoteuse (---.---.219.13) 13 juin 15:39 « D’autre part, la nicotine n’est pas un psychotrope... »

          C’est bien d’affirmer, mais ce serait mieux d’apporter des preuves.

          Et en plus, utiliser Agoravox pour faire ta pub perso, c’est vraiment « petit ». 


        • myDragoon myDragoon 15 juin 2013 12:51

          Un bien bel article, qui synthétise la situation actuelle avec beaucoup de pragmatisme.
          Un seul bémol. Vous précisez que les ennemis déclarés sont : l’industrie du tabac ainsi que celle de la santé.
          Les cigarettiers ne sont plus les ennemis du premier jour. Les trois plus grands industriels achètent les usines de SHENZEN à prix d’or et sont à la veille de la mise sur le marché de leur propre E-cig à grand renfort de publicité.
          Donc dans le monde du tabac les seuls véhéments, au même titre que les pharmaciens, sont les buralistes.
          D’autre part, même si cela lui coûte 48 milliards d’euros par an, l’Etat ne veut pas se priver de ses 15 milliards de prélèvements sur la cigarette. C’est pourquoi sans avoir de boule de cristal il semble inéluctable qu’une taxation va voir le jour.
          Notre avis est ici : création d’une taxe sur les produits destinés à être inhalés
          myDragOOn


          • Bilou32 Bilou32 15 juin 2013 13:16

            La cigarette électronique n’est qu’un nouveau produit de consommation. Un truc supplémentaire qu’il vaut mieux éviter de toucher si on ne fume pas... Même si à la limite çà ne fait pas de mal, çà ne doit pas faire du bien ces substances chimiques...


            • Loup Rebel Loup Rebel 15 juin 2013 13:46

              La e-cigarette est en effet formellement déconseillée à un non-fumeur.

              Mais c’est à double tranchant, car cet argument conforte l’idée de son usage thérapeutique... d’où la tentation d’une mainmise par l’industrie de la santé.

              Dans le camp d’en face, des producteurs de cigarettes ont louché sur ce nouveau marché en rachetant des fabricants de e-cigarettes (déjà en vente dans chez les buralistes qui en revendique l’exclusivité).

              On peut s’attendre à des luttes de marchés féroces... mais si la cigarette électronique devait remplacer à 100 % le tabagisme qui tue 200 Français par jours, personne ne s’en plaindrait (sauf les pompes funèbres, et les barons de la lutte antitabac).


            • Loup Rebel Loup Rebel 15 juin 2013 13:23

              Je rebondis sur le commentaire de myDragoon ; même si c’est un pub, c’est pour la bonne cause.

              Sur le lien, chacun trouvera la confirmation que toutes les cartouches sont proposées en six dosages différents en nicotine, de 0 mg à 19 mg.

              Ainsi, la cigarette électronique permet une désaccoutumance progressive à la nicotine. Son efficacité pour arrêter de fumer vient de ce que l’addiction la plus tenace à la cigarette n’est pas liée à la nicotine, mais au geste et à l’inhalation qui l’accompagne. C’est une addiction psychologique, plus que toxicophile.


              • myDragoon myDragoon 15 juin 2013 13:48

                Je ne peux pas vous laissez dire ça.
                La gestuelle a son importance certes, mais c’est le produit qui est addictif avant tout. Toutes les études toxicologiques le montrent.
                myDragOOn


              • Loup Rebel Loup Rebel 15 juin 2013 14:11

                Moi non plus je ne peux pas vous laisser dire ça smiley

                Les études addictologiques ne démontrent rien du tout... et surtout, penchez-vous sur leur origine : par qui sont-elles produites ? Les mêmes qui s’engraissent sur le dos des malades en général, et des fumeurs en particulier. Le conflit d’intérêts vous échapperait-il ?

                L’inefficacité des patchs et autres produits qui saturent de nicotine le corps du fumeur candidat au sevrage démontre que là n’est pas l’addiction déterminante.

                La nicotine est peu addictive, comparée à d’autres agents psychotropes, comme l’alcool en tête.
                 
                 


              • myDragoon myDragoon 15 juin 2013 18:24

                Je pense que sur le fond nous sommes bien d’accord. Il y a des conflits d’intérêts énormes pour tous ces lobbies et les Etats.
                Mais concernant les addictions, il y a des études indépendantes et contradictoires (universitaires notamment) qui ont été réalisées. L’addiction à la nicotine est un état de fait.
                L’avantage de l’E-cig est de se passer de toutes les substances provoquant des maladies.
                Le monoxyde de carbone pour les maladies cardio-vasculaires.
                Les goudrons, particules et métaux lourds pour les cancers.
                La nicotine, au-delà de créer des stimulus cérébraux (générant l’addiction justement ), n’est à l’origine d’aucune maladie.
                J’attire juste attention sur le fait qu’étant vendeur de cigarettes électroniques et d’E-liquides j’aurais tout intérêt à utiliser un argument comme celui-ci.
                Je constate sur mon site, que les fumeurs passant à la cigarette électronique ont une réelle volonté d’arrêter leur addiction et c’est pour cette raison qu’ils diminuent progressivement la concentration de nicotine. Il n’y a pas un fumeur qui fait la transition vers l’E-cig sans prendre de nicotine. Ce n’est d’ailleurs pas conseillé car les vapoteurs continueraient à fumer en parallèle pour avoir de la nicotine.
                Je ne dis pas qu’il n’y a pas d’addiction psychologique, je dis simplement que la nicotine est addictive.
                myDragOOn


              • Loup Rebel Loup Rebel 15 juin 2013 18:39

                Oui je crois que nous sommes d’accord sur le fond.


              • Philv 15 juin 2013 14:58

                Depuis quelques jours, suite à un article sur AV je m’intéresse au vaporiseur. J’ai commencé la cigarette à 15 ans un bref arrêt puis un an de Havanes et depuis 10 ans la pipe. J’ai l’impression que de vapoter me conviendrait bien. Je vis actuellement en Malaisie ou le tabac n’est pas cher mais on y trouve quand même des fournisseur de e-cigarette.

                Leur approche est de laisser ce produit entièrement libre mais sans nicotine.
                La nicotine devrait être vendue en pharmacie. En pratique les vendeurs fournissent le liquide avec nicotine.
                Je trouve cette approche intéressante. Laisser le marché libre ce qui permet au matériel d’évoluer et aux prix de bénéficier de la concurrence, De laisser les producteur de e-liquide faire preuve de créativité dans leurs arômes et d’avoir un produit 100% inoffensif en circulation et en vente libre.
                Les personnes ayant comme moi besoin de leur dose de nicotine pourraient acheter le concentré de nicotine en pharmacie et l’ajouter au e-liquide.
                Le pharmacien est dans son rôle en vendant un produit ayant un impact sur la santé et ne devient pas le nouveau buraliste et le produit libre de nicotine dans les rayon de super marché ou dans les magasins de luxe pour les modèle en or de marques qui ne manquerons pas de voir le jour si la pratique ce généralise.
                Les fabriquant d’e cigarette ont sans doute fait une erreur stratégique en vendant des e-cigarettes.
                En ayant vendu le produit dés le départ en tant que vaporisateur d’arôme ( fraise, mente, melon moka etc) avec la possibilité d’intégrer la nicotine marketé séparément les autorités auraient eu plus de mal à l’interdire dans les lieux publics.
                Au fait le vaporiseur ne pourrait il pas aider les personnes au régime ? Un arôme gâteau au chocolat sans nicotine ni calorie ? miam  

                • Loup Rebel Loup Rebel 15 juin 2013 16:13

                  Dans son N° du 14 juin 2013, Le Figaro.fr a publié une interview avec Bertrand Dautzenberg qui a dirigé le rapport d’expert remis au gouvernement.

                  Question : Confirmez-vous le risque quasi zéro ?

                  Bertrand Dautzenberg – Pour les fumeurs, il est clair que passer à l’e-cigarette revient à une considérable réduction des risques. Jusqu’en 2009, c’était un produit nouveau qui ne marchait pas bien, qui sentait parfois le cramé, la plupart de ceux qui l’essayaient le rejetaient, tout comme ils ont rejeté les cigarettes smokeless américaines fabriquées pour réduire les cancérogènes, mais qui ne plaisaient pas, car les utilisateurs n’y retrouvaient pas le plaisir qu’ils avaient avec les cigarettes classiques. La révolution date de 2010, quand l’e-cigarette se perfectionne et devient attractive, le débutant n’ayant plus à passer du temps à trouver le bon réglage – car ce sont les premières secondes qui comptent ! La satisfaction passe par le choc sur la gorge de la première bouffée et par la dose de nicotine qui permet de se sevrer progressivement. Le tabac en France, c’est 200 morts par jour, 73 000 par an. C’est le seul produit de consommation courante qui tue la moitié de ses consommateurs. Lorsqu’on explique cela aux enfants, ils demandent : « Mais pourquoi c’est vendu ? » Les enfants ont souvent raison... Face à cela, on a avec l’e-cigarette un produit qui ne libère pas de monoxyde de carbone, qui n’est pas plus cancérogène que les médicaments, qui ne libère pas de particules et ne provoque probablement pas de problèmes cardiaques. S’il fallait résumer, je dirais que fumer, c’est l’autoroute à contresens, alors que vapoter revient à circuler à 140 ou 150 kilomètres à l’heure. Aussi bien sur le papier que dans les faits, on est dans un autre monde en termes de danger... C’est un produit tout à fait intéressant pour les fumeurs qui veulent se désintoxiquer, mais il existe un risque sérieux qu’il le devienne aussi pour les non-fumeurs, surtout avec l’arrivée massive des industriels du tabac qui ont constaté le succès grandissant de l’e-cigarette et qui, depuis environ un an, se positionnent sur le marché avec toute la puissance de feu des grands groupes.

                  Pour lire l’interview intégral : Faut-il craindre l’e-cigarette ? 


                  • Luc DUSSART Luc DUSSART 15 juin 2013 17:29

                    On peut penser à une triple alliance :

                    * l’État qui perçoit des taxes sur un produit rendu indispensable
                    * les fabricants de cigarette qui initient les jeunes et captent un marché pour quelques décennies (le plus souvent)
                    * l’industrie pharmaceutique qui gagne beaucoup avec les traitements des maladies induites par le tabagisme et qui n’a pas intérêt à tuer la poule aux oeufs d’or. Ces traitements sont 50 fois plus générateurs de CA que les aides médicamenteuses que l’on sait inefficaces (et qui doivent le rester !)

                    La cigarette électronique a le potentiel pour faire exploser ce système, donc ces trois parties prenantes feront tout pour le maintenir. 


                    • Loup Rebel Loup Rebel 15 juin 2013 18:58

                      Oui, c’est en écoutant l’émission de Mathieu Vidard que l’idée de mon billet m’est venue.

                      Je remets le lien, car le vôtre semble rompu : UnAirNeuf.org


                    • Serpico Serpico 15 juin 2013 19:47

                      En quoi la nicotine présenterait-elle un danger plus grand que la caféine ? en quoi provoquerait-elle du tabagisme passif ?

                      Le seul reproche qu’on puisse faire à la nicotine c’est de vous rendre accroc. C’est tout.

                      D’ailleurs, plusieurs légumes contiennent de la nicotine et de toutes façons, les labos vendent bien des substituts à la nicotine.

                      La déduction est limpide : il y a un marchand de nicotine qui veut garder le monopole.

                      Sinon, fumeur depuis 1971, je vapote depuis 2010 avec grand plaisir et j’emmerde les magouilleurs du gouvernement et les lobbyistes.


                      • exocet exocet 15 juin 2013 19:47

                        Le pire est que les bureaux de tabac vendent pour la plupart aussi des bonbons et friandises.
                        Ainsi les enfants s’habituent à y aller, font connaissance avec le buraliste, voient des adultes acheter des cigarettes.
                        Ce qui leur est interdit enfant, le tabac, devient pour eux une composante de l’état d’adulte, le « droit d’acheter du tabac ».
                        Cette industrie a tous les vices....


                        • antyreac 15 juin 2013 21:08

                          Je commence à vopoter

                          ce n’est pas désagréable

                          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 15 juin 2013 21:25

                            J’ai revu des vieux « Popeye » ,déjà y vapotait.....


                            • loxias loxias 18 juin 2013 02:17

                              Tout à fait d’accord, bravo et merci pour cet article. On aimerait bien qu’on nous dise ce qui peut etre dangereux dans la vapeur d’eau ... et quand bien même, cela sera toujours moins nocif que le tabac. La nicotine n’est pas dangereuse pour la santé, et franchement, même avec des cartouches nicotinées, mieux vaut etre accroc a la cig elec jusqu’à la fin de nos jours que d’innaler de la fumée. 


                              • Ronny75 19 août 2013 18:51

                                La cigarette électronique est un produit diabolisé à tort par les autorités sanitaires dont la majorité des membres sont à la solde de l’industrie pharmaceutique, à commencer par le Professeur Dautzenberg. Heureusement, il y a des scientifiques qui font preuve de probité et de déontologie à l’instar du Professeur Etter cité dans l’article. Il a dernièrement fait une remarquable intervention sur la radio suisse : http://www.ecig-arrete.fr/blog/avis-tests-et-temoignages/16-08-2013-235341-debat-sur-la-ecig-sur-la-radio-suisse-rts.html


                                • pomme 23 août 2013 12:56

                                  Malheureusement l’Europe va légiférer à ce sujet début septembre afin de savoir si la vente de cigarette électronique doit être contrôlé et donc devenir un monopole des pharmacies.

                                  Cela pourrait être louable si il n’y avait derrière cela le lobbying des pharmaciens qui ne veulent que simplement récupérer cette manne financière.
                                  Fort à parier que si cela passe et que l’on souhaite acheter une cigarette électronique par la suite on ne se retrouvera qu’avec 3 ou 4 malheureux parfums (bonde, brune, menthol) sous forme de recharge avec un prix exhorbitant !
                                  Heureusement les vapoteurs sont actifs et vois bien le manège qui est en train de se jouer et ne se laisseront pas faire.
                                   

                                  • mimisuisse 21 octobre 2013 17:19

                                    Venez essayer gratuitement la cigarette électronique en Suisse à Lausanne, nous répondons à toutes vos questions. http://www.cigarette-electronique-suisse.ch


                                    • ancienfumeurheureux 18 novembre 2013 22:18

                                      Salut a tous,

                                      Je suis entierement d accord avec Luc le raz car j ai eu la meme experience. Ancien fumeur, maintenant je vapote que des liquide a 0% de la marque "vincent dans les vapes que j achete sur ce site. Je n en suis pas totalement satisfait au niveau du gout mais je recherche des liquides aux aromes naturel et fabriqué en france. Donc je suis ouvert a tous conseil de votre part si vous connaissez des marques. Merci Dave ;)

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