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Accueil du site > Actualités > Santé > Comment on tue 40 000 fous, au minimum

Comment on tue 40 000 fous, au minimum

Le gouvernement de Vichy n’a pas fait dans le « détail » ; il est directement responsable de la mort de 40 000 décès de malades mentaux. Au minimum, car le chiffre de 50 000 est parfois donné. Au minimum, car cette politique d’extermination ne lui coûta rien : il lui a suffi de les laisser mourir de faim.

L’Histoire n’a jamais fini de se réécrire. On a d’abord cru que Vichy avait appliqué une sorte de "solution finale à la française" aux aliénés de l’Hexagone, on a pensé à un complot du silence sur cette page de l’Histoire. Aujourd’hui, on penche plutôt pour un délaissement plus ou moins délibéré qui a condamné ces malades mentaux à une mort certaine.

D’abord les faits : ils sont indiscutables ! L’Allemagne nazie conduira 70 273 malades mentaux à la mort par le gaz dans six asiles spécialement aménagés pour l’exécution de ces basses oeuvres. En France, entre 1940 et 1945, près de 50 000 malades mentaux sont morts de faim ou de froid dans les hôpitaux psychiatriques français. Point culminant en 1941 avec 23 577. Autre certitude : il était fréquent à l’époque en France d’affirmer que les fous coûtaient cher et dégénéraient la race. Edouard Herriot, lui-même, disait en 1937 : "il vaut bien mieux laisser mourir un aliéné et sauver un enfant". Le Pr Rochaix, titulaire de la chaire d’hygiène de la faculté de Lyon, dit partager cette position et déplore "l’augmentation du nombre des tarés, des dégénérés, en un mot des déchets sociaux, qui, par suite de la suppression artificielle de la sélection naturelle, contribuent à la dégénérescence de la race et deviennent une lourde charge pour la collectivité." Devant ces chiffres assez parlants, au vu du contexte outre-Rhin et de la politique de collaboration, de même qu’à la lecture de ces propos, on pouvait être tenté de soutenir la thèse d’une extermination volontaire par le gouvernement de Vichy.

En 1987, la thèse de l’extermination volontaire a été soutenue par un étudiant en médecine, Max Lafont. Publiée par une petite maison d’édition qui lui donne le titre de L’Extermination douce, cette thèse affirme que cette extermination fut planifiée comme en Allemagne et accuse les psychiatres d’avoir été complices ou d’avoir laissé faire. L’éditeur, qui a choisi ce titre et qui profite de l’ouverture du procès de Klaus Barbie le 4 juillet 1987 pour publier le même jour cet ouvrage à sensation, semble vouloir produire le maximum d’effet. Le journal Le Monde amplifiera le retentissement donné à cet événement en faisant paraître le 10 juin 1987 dans ses colonnes un papier, "Les asiles de la mort" signé du Dr Escoffier-Lambiotte. L’auteur de l’article dresse une diatribe contre les psychiatres de cette période trouble. Dès lors les choses s’emballent : deux romans sortent opportunément (Le Train des fous en 1988, et Droits d’asile en 1998), une pétition ("Pour que la douleur s’achève") est lancée en 2001 pour demander un devoir de mémoire. Certains voudraient même que soit reconnu le "génocide" bien qu’il n’y ait pas eu de décrets exterminatoires.

En 2000, Isabelle von Buelzingsloewen vient apporter un éclairage très différent des faits : maître de conférence à l’université lyon II, elle se voit confier, par le conseil scientifique de l’hôpital de Vinatier (à Bron, près de Lyon), un projet de recherche sur la famine dans cet hôpital entre 1940 et 1945. A la tête d’un groupe d’historiens, elle vient affirmer que l’hécatombe ne fut pas provoquée intentionnellement par le gouvernemnt de Vichy, mais due à la malnutrition généralisée qui sévissait à l’époque dans notre pays, avec des conditions aggravées pour les fous enfermés : approvisionnement des hôpitaux paralysé (camions réquisitionnés par l’armée), imposibilité de constituer des stocks par crainte de réquisition à l’improviste, impossibilité pour les aliénés de se débrouiller par eux-mêmes pour aller chercher au-dehors leur nourriture. Il n’empêche que les psychiatres de l’époque auront des comportements variés. Certains chefs de service en profitent pour étudier les signes de la famine chez les patients mourants, pensant de cette façon servir la science ! D’autres, heureusement se mobilisent, ce qui aboutira à la circulaire Bonnafous du 4 décembre 1942 qui viendra apporter aux malades mentaux des suppléments de ration.

L’explication de la manultrition est évidente. Le ministre de la Santé de 1945 déclare que "beaucoup des internés dans les asiles d’aliénés sont morts littéralement de faim". Cela peut rendre crédible la thèse de l’hécatombe involontaire. Il n’empêche qu’on peut s’interroger sur la grande inertie de Vichy qui laisse planer un soupçon sur les causes de ce drame. L’Histoire ici n’a peut-être pas fini de se réécrire si les historiens apportent d’autres analyses des faits.

La Libération ne fait pas disparaître les problèmes d’approvisionnement. Le Dr Scherrer, démobilisé, reprend la tête de son hôpital d’Auxerre et se trouve obligé d’écrire au préfet que pour nourrir décemment ses patients, il va devoir recourir au marché noir ! Par ce moyen extrême, il parvient à se faire entendre de l’administration !

De nos jours, ceci nous paraît comme un lointain souvenir, un mauvais souvenir. Et pourtant la prise en charge de la santé mentale aujourd’hui n’est pas exempte de critiques. Par exemple, la Commisson européenne a présenté en octobre 2005 un "livre vert" sur la santé mentale qui pointe la France comme un mauvais élève, avec 5 % seulement de ses dépenses consacrées aux maladies mentales contre 10 % au Royaume-Uni, au Luxembourg, en Suède. Mais c’est l’Europe tout entière qui est défaillante selon le rapport. Cela pèche aussi dans les prisons françaises. En décembre 2006, le comité consultatif d’éthique rend un avis qui "en appelle de manière urgente aux pouvoirs publics, aux élus, au législateur et aux autorités sanitaires pour qu’ils prennent toutes les dispositions nécessaires afin que la prison ne se subsitue plus à l’hôpital psychiatrique et que tout détenu ait accès au respect de ses droits fondamentaux". La prison n’est pas un lieu de soin et pourtant elle devient une sorte d’annexe de la psychiatrie ! Déjà en 2001, l’IGAS et l’IGSJ (inspection des services judiciaires) dénonçaient "une augmentation de patients lourds dans la file active de psychiatrie en milieu pénitentiaire". Il semble qu’aucun effort n’ait donc été fait depuis pour améliorer cette situation. Une tendance à la responsabilisation des malades mentaux revient en vogue : d’abord sous le prétexte que le malade mental a droit lui aussi à un jugement, les années 70 virent fleurir la théorie selon laquelle il faut admettre leur responsablité pénale. Aujourd’hui, c’est pour satisfaire les victimes et surtout l’opinion publique que le gouvernement a voulu traiter cet aspect sous le seul angle de sa politique pénale (projet de loi de prévention de la délinquance qui a soulevé une forte contestation chez les psychiatres et conduit le gouvernement à reculer sur le dangereux amalgame entre maladie mentale et délinquance).

Cette initiative n’a fait que stigmatiser les malades mentaux. Dommage ! Une campagne sur le thème "Accepter les différences, ça vaut aussi pour les troubles psychiques" avait justement été financée et menée en décembre 2006 dans la presse, par spots TV et par voie d’affichage. Mais sensibiliser à quoi bon si le populisme reprend toujours le dessus ?


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68 réactions à cet article    


  • La Taverne des Poètes 24 octobre 2007 11:17

    C’est vous qui sombrez dans le plus stupide des raccourcis. Normal ! vous ne lisez que la première phrase et la dernière !


  • bahr 24 octobre 2007 12:21

    « L’Allemagne nazie conduira 70 273 malades mentaux à la mort par le gaz dans six asiles spécialement aménagés pour l’exécution de ces basses oeuvres. »

    Puisque les faits sont indiscutables (donc prouvés je suppose), peux-tu nous dire de QUEL GAZ il s’agit ?


    • La Taverne des Poètes 24 octobre 2007 12:26

      Quelle serait pour vous l’utilité de cette précision ?


    • bahr 24 octobre 2007 12:33

      L’utilité d’une histoire vraisemblable.


    • La Taverne des Poètes 24 octobre 2007 12:36

      Si vous voulez des détails croustillants pour régaler votre conscience négationniste, débrouillez-vous tout seul. Point bahr !


    • bahr 24 octobre 2007 12:56

      Cette ’réponse’ est fantastique ! Un crime odieux est commis, l’accusé déclaré coupable sans que jamais personne ne puisse chercher à savoir COMMENT ni SI le crime a pu se commettre physiquement ; de plus toute personne posant une telle question est traîtée de ’négationniste’ !! Mais suis-je bête, ce sont des FAITS et c’est INDISCUTABLE !....


    • La Taverne des Poètes 24 octobre 2007 13:08

      L’historienne Isabelle von Bueltzingsloewen déclare dans Le Monde du 17 octobre 2007 que « le génocide des malades mentaux sous Hitler produit des archives considérables »...« C’est vrai. L’opération d’extermination s’appelait »T4". Elle était pilotée depuis le n°4 de la Tiegartenstrasse où on a retrouvé de nombreuses archives. On piquait d’abord les fous avant de les gazer. Au moins 71 000 morts et il y en aurait eu beaucoup plus si de nombreuses protestations, notamment celles de l’évêque de Münster, ne s’étaient élevées. Hitler supsendit l’opération l’été 1941 pour ne pas perdre ce soutien utile en prévision de l’attaque cotnre l’URSS.


    • Gazi BORAT 24 octobre 2007 13:09

      @ BAHR

      Quel souci de précision dans les « détails » :

      Pour des informations générales sur ces euthanasies :

      http://www.1939-45.org/articles/aktion/aktt4.htm

      Cette « Aktion » fut une opération planifiée de grande envergure qui préfigurait la Shoah. A mon sens, elle donne un autre éclairage au nazisme, celui de l’influence des théories hygiénistes du XIX° siècle sur cette idéologie.

      En effet, étaient visés ici des « inutiles » de toutes races, y compris des Aryens.

      Un fait important est à connaître : le groupe socio-professionnel qui comptait le plus grand pourcentage d’adhérents au NSDAP était la Médecine.

      Par comparaison, avant 1914, les partisans du nationalisme extrème (le pangermanisme) se retrouvaient en majorité dans l’enseignement supérieur..

      Ce qui explique un autre phénomène troublant : le très faible nombre de mutilés en Allemagne après 1945.

      L’Allemagne de la république de weimar avait été très traumatisée par les « cohortes » de soldats blessés réduits à la mendicité durant la période de la crise.. souvent représentés pour leur forte charge émotionnelle par les peintres expressionistes :

      http://www.griseldaonline.it/foto/delia/delia_pages2.htm

      http://www.uni-oldenburg.de/geschichte/12737.html

      .. que les Nazis classèrent comme décadents.

      Il en résulta que, durant le conflit, une vague éclatée d’euthanasies généralisées se pratiqua sur ces blessés sur toute l’étendue du pays..

      Ces actes étaient le fait de médecins agissant individuellement et supprimant de leur propre chef des « bouches inutiles » selon la morale de l’époque et qui pratiquèrent une euthanasie dite « passive », s’abstenant de soins et laissant la maladie ou l’infection remplir cet office.

      De même, hors de l’Aktion T4, on a ainsi imputé aux mêmes types d’actes et aux mêmes motivations idéologiques des morts de malades mentaux jugées suspectes par leurs familles dont on sait aujourd’hui qu’elles furent effectuées par piqûres..

      gAZi bORAt


    • La Taverne des Poètes 24 octobre 2007 13:15

      GazitBorat : je vois que vous connaissez déjà bien la question. Mais je pense que cet article est loin d’être inutile pour beaucoup de lecteurs qui n’avaient connaissance de toute cette affaire.

      Merci pour ces précisions.


    • 5A3N5D 24 octobre 2007 13:59

      De gaz carbonique (CO2). Le « Zyklon B » sera utilisé pour la première fois sur des ukrainiens.

      Au demeurant, quel est l’intérêt de cette curiosité sordide ?


    • bahr 24 octobre 2007 14:39

      Ca commence où la ’curiosité sordide’ ? Lire un bouquin de chimie, est-ce aussi de la curiosité sordide ? D’ailleurs je te signale que l’article en question ne parle pas de CO2 mais de monoxyde de carbone, CO. Quant au Zyklon B, renseigne-toi un petit peu, quitte à faire preuve de curiosité sordide..


    • 5A3N5D 24 octobre 2007 15:04

      Monsieur a l’air de tous savoir. Mais il invite les autres à « s’informer » car il est incapable lui-même de donner un quelconque renseignement. Où veut-il en venir ? A nous faire croire que le Zyklon B n’était utilisé que pour lutter contre le typhus ?


    • casp casp 24 octobre 2007 16:09

      Bahr .. pourrais tu expliquer clairement la ou tu veux en venir ? très bien de vouloir apporter des précisions à un article... Sauf que de savoir de quel Gaz il s’agis dans l’aboslu n’avance pas beaucoup les lecteurs...

      Alors j’imagine que si tu cherches la petite bête comme ca c’est parceque tu as une idée derrière la tête.. Dis la clairement au lieue de tourner autour du pot... Et au passage apporte une argumentation détaillé puisceque tu sembles pointilleux sur le sujet.


    • T.A.L.L 24 octobre 2007 22:24

      Avant le Zircon, c’étaient tout simplement les gaz d’échappement de camions qui étaient utilisés. Mais on les a abandonnés car trop lents.


    • T.A.L.L 24 octobre 2007 22:25

      c’était ...


    • T.A.L.L 25 octobre 2007 08:16

      all right smiley


    • La Taverne des Poètes 25 octobre 2007 09:08

      Mais « all right » n’est pas correct.


    • haddock 27 octobre 2007 13:22

      ça dépend du nombre de gaz


    • CAMBRONNE CAMBRONNE 27 octobre 2007 16:45

      SALUT GAZI

      J’ai toujours été frappé par l’attitude des médecins allemands (de cette époque )et je pense qu’il doit s’agir d’une cause profonde dans leur formation de base . On trouve des salauds partout mais là il ne s’agit pas de salauds mais de gens « normaux » qui ont un autre côde moral .

      Staline après « la grande guerre patriotique » a fait ramasser tous les blessés de guerre qui trainaient dans les villes et les a fait déporter .

      Pour la France , il est certain qu’à l’époque les théories eugénistes avaient aussi leurs partisans et que ce n’est pas à mettre au passif du régime de Vichy particulièrement .

      Salut et fraternité .


    • Gazi BORAT 29 octobre 2007 09:23

      @ CAMBRONNE

      L’eugenisme a eu effectivement ses partisans partout en Europe, toutes opinions politiques confondues.

      Des pays n’ayant pas connus de régimes fascistes ou autoritaires ont pratiqué à grande échelle des stérilisation de catégories considérées « associales » et ce, bien après le deuxième conflit mondial.

      Je pense ici à la Suisse et à la Scandinavie, que l’on considère souvent comme des cultures plutôt enclines à la modération..

      gAZi bORAt


    • LE CHAT LE CHAT 24 octobre 2007 13:10

      article passionant , l’eugénisme à la française ....

      On continue en supprimant les établissements pour raisons budgétaires , les dingues se retrouvent soi en univers carcéral inadapté ou dans la nature et on s’étonne ensuite que certains fous dangereux commetent des crimes odieux..... smiley


      • La Taverne des Poètes 24 octobre 2007 13:17

        Parfaitement Le Chat : cette négligence dans la prise en charge et le suivi alimente ainsi la délinquance. L’Europe a raison d’alerter là-dessus.


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 25 octobre 2007 04:42

        @ Le chat : Je vous félicite pour votre intervention qui a arrêté ce qui semblait une inévitable dérive vers Faurisson et les sempiternels mêmes arguments

        PJCA


      • biztoback 24 octobre 2007 13:46

        Je crois qu’il est arrivé la même chose dans un hopitâl psychiatrique à Paris pendant l’occupation, les patients étaient laissé à eux mêmes. Mais c’est à vérifier.


        • Icks PEY Icks PEY 24 octobre 2007 14:17

          @ l’auteur

          Croyez vous donc que la France actuelle soit si éloignée de cela ?

          Lorsque vous apprenez que l’assassinat d’une personne handicapée n’est punie que d’un an avec sursis ...

          http://tf1.lci.fr/infos/france/justice/0,,3559914,00-avait-tue-epouse-atteinte-alzheimer-sursis-.html

          Le procureur est même allé jusqu’à parler d’acte de délivrance et d’amour ...

          Il n’y a qu’un pas pour penser que laisser vivre une personne handicapée serait un geste de non-amour.

          Triste monde. Les malades ne sont pas toujours ceux que l’on pense.

          Icks PEY


          • La Taverne des Poètes 24 octobre 2007 14:38

            C’est la présentation « TF1 » de l’info...


          • Gazi BORAT 24 octobre 2007 15:18

            @ la taverne des poêtes

            On peut rapprocher ce type de logique de l’idéal nietschéen dévoyé, lorsque celui ci déplorait le remplacement par la morale chrétienne du « vae victis » de l’Antiquité par un « gloria victis »..

            Et aussi du thême central du film « Allemagne année zéro » de Rosselini, lorsque l’enfant influencé par l’idéal nazi supprime son grand-pêre inutile..

            Et aussi encore de ces deux faits divers qui défrayèrent la chronique en Autriche d’infirmières qui liquidaient (contre leur gré) les grabataires dont elles avaient la charge..

            gAZi bORAt


          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 25 octobre 2007 04:48

            @ Leon : D’accord avec vous. Ce n’est pas un sujet simple.

            http://nouvellesociete.org/120.html http://nouvellesociete.org/5036.html http://nouvellesociete.org/5112.html

            Pierre JC Allard


          • Servais-Jean 24 octobre 2007 15:47

            Il est vrai que les « fous » sont morts de faim pendant la guerre de 39-45, et je le sais directement par « effet inverse » de la bouche de l’ancien Directeur,décédé maintenant, de cet hôpital.

            Les religieuses de Sainte Marie qui s’occupaient de l’asile psychiatrique du Puy en Velay (Haute-Loire) ont réussi à se procurer un cargot de provisions au début de la guerre. Il semble que ce soit un cargot de riz. Comment on-t-ells fait,je ne sais pas mais je pense que leurs archives le diraient à un enquéteur.

            De ce fait dans cet asile d’aliénés il n’y a eu aucun mort de faim pendant la guerre ce qui n’était pas le cas dans les autres asiles français.


            • Gazi BORAT 26 octobre 2007 06:53

              « Cargo de riz »

              Par contre, le nombre de victimes de la constipation doit être conséquent..

              gAZi bORAt


            • Gazi BORAT 24 octobre 2007 15:55

              @ la taverne des poêtes

              Fait troublant concernant la surmortalité des malades mentaux durant la guerre et son déni dans les années qui suivirent :

              Dans les ouvrages scolaires de biologie (programme des années 50 à 70) au chapitre « alcoolisme » on citait comme argument sur les méfaits de l’alcool le fait que, durant la période 1940-1944, le nombre d’internés en psychiatrie fut extrèmement bas et que la courbe des admissions remonte peu à peu après la Libération pour accélerer son ascension ensuite..

              L’explication donnée ?

              La fin des restrictions voit le retour de l’alcool sur le marché et donc de l’alcoolisme, grand pourvoyeur des institutions psychiatriques..

              gAZi bORAt


              • biztoback 24 octobre 2007 16:06

                Héhé, les explications officielles sont souvent amusante. Et on a pas fini de se marrer smiley


              • 5A3N5D 24 octobre 2007 18:17

                N’exagérons pas quand même ! Personne, à l’heure actuelle, ne connaît le nombre de victime de l’ « Holodomor ». Le chiffre les plus probable avancé à l’heure actuelle serait de 4 millions. Malheureusement, toutes les archives soviétiques ne sont pas disponibles.


              • 5A3N5D 25 octobre 2007 10:22

                Pas grave smiley En fait, on ne sait malheureusement pas grand-chose de cet épisode, qui fait d’ailleurs polémique, les historiens se livrant une bataille de chiffres, pour des raisons idéologiques.

                Il y a eu plusieurs épisodes de famine en Ukraine. En 1921 (réquisitions de guerre), dans les années 1930 (dékoulakisation), puis en 1945-46.)

                La famine a également sévi dans d’autres régions agricoles (Kouban, basse-Volga.) C’est donc un sujet à aborder avec beaucoup de précautions.


              • maxim maxim 28 octobre 2007 18:03

                et en ne nourrissant pas les fous ,on fait une sacrée economie de vaisselle ......on use pas d’eau chaude ni de liquide vaisselle ...... pas d’achat de bouffe,pas d’assiettes ,pas de couverts ,pas de cuisine ,ni de personnel ,faites le compte ,une sacrée économie ...... finalement ,moi,j’ai réussi à m’évader de Ste Anne ,au heures de repas ,c’était le néant total ,on s’est évadés avec un copain .....lui il se prenait pour une poule et il ne trouvait plus de graines pour se nourrir .... bref, on arrive devant un grand mur ,je lui fait la courte échelle ,et je lui demande « qu’est ce qu’il y a de l’autre côté de ce mur » mon copain me répond : ah la vache,c’est un camp de nudistes !!!!" je lui demande « c’est des hommes ou des femmes ???? »

                il me répond « j’sais pas ils sont pas habillés ! »


              • Mango Mango 24 octobre 2007 18:21

                Merci de rappeler cet événement qui n’est pas passé inaperçu pour tout le monde, puisqu’il a déclenché une prise de conscience chez certains (Tosquelles et Jean Oury, entre autres) , qui à mené à la construction du concept de « psychothérapie institutionnelle », puis à celui de « pédagogie institutionnelle » (Fernand Oury, frère de Jean, qqs années plus tard) .

                Pour ceux que ça intéresse mais qui craignent les « gros mots » comme « Marx », « Freud » ou « Lacan », de grâce, ne zappez pas ! Mais replacez les choses dans leur contexte d’après-guerre et, si vous avez un peu de curiosité intellectuelle, si vous vous sentez assez sûr de vous pour accepter d’être bousculé dans vos représentations de la « folie », visionnez cette excellente vidéo du réalisateur d’ « Etre et Avoir », sur la clinique de La Borde. « La moindre des choses », de Nicolas Philibert.

                Vous serez bluffé de voir de quoi les « fous » sont capables. Lors du « conseil », ou sur la scène du théâtre, il est parfois difficile de distinguer le patient du soignant. Emouvant et dérangeant, au point de se demander où se situe la frontière et qu’est-ce qui pourrait faire que l’on bascule , ou pas, de l’autre côté.

                Allez, courage !


                • Gazi BORAT 24 octobre 2007 18:29

                  @ MANGO

                  « A propos de Lacan.. »

                  .. ou plutôt d’une de ses disciples bien connue :

                  Françoise DOLTO...

                  Madame Dolto, durant la funeste période qu’évoque cet article, travailla au Commissariat à la Famille, institution pétainiste, comme assistante d’Alexis Carrel, dont on commence à débaptiser certaines rues (cela a été le cas à Lyon l’an passé dans le 8°arrdt) en raison de ses positions EUGENISTES..

                  Françoise Dolto entama une analyse juste après la Libération mais resta toute sa vie une fervente militante catholique.

                  gAZi bORAt


                • La Taverne des Poètes 24 octobre 2007 18:49

                  Et maintenant, si je vous dis : Crétin, imbécile, abruti, idiot, débile mental...Sauriez-vous faire le tri dans ces appellations et reconnaître celles qui se rangent dans les termes scientifiques du dictionnaire médical et celles qui relèvent de la pure offense à autrui ? Dans la Revue philanthropique de 1904 - citée dans un autre de mes articles (« Une odieuse réclame ») - on lit ces mots : « Il faut pour les fous, les idiots, les crétins, les imbéciles, les arriérés, des asiles-écoles...” A première vue, on imagine que l’auteur de ces paroles est passablement agacé voire haineux envers les individus désignés. Pas du tout ! Il s’agit d’un bon docteur qui voulait réviser la loi de 1838 sur les aliénés pour la rendre plus humaine. Il faut savoir que les aliénés et grands déficients mentaux étaient au XIXème siècle mélangés et traités comme de dangereux détenus. (Enchaînés notamment)

                  Extrait de mon article « Blanche-Neige et les Sept Personnes de petite taille » http://www.agoravox.fr/auteur.php3?id_auteur=7719&debut_article=130

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