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Accueil du site > Actualités > Santé > Connais-toi toi-même et tu t’aideras

Connais-toi toi-même et tu t’aideras

Serions-nous tous des malades ?.
Quand on voit le succès des psys et autres "thérapeutes", on peut se poser la question !.

.

Non mais...t'es normal ? et t'as même pas de psy !.

Comment peut-on expliquer qu'alors que la société se développe, s'informe, s'interconnecte, il n'y ait jamais eu autant d'individus, malades en puissance, à se rendre chez les psys ?.

A se demander comment, soit, au siècle passé, les gens pouvaient se dire heureux et en affichaient les apparences sans avoir systématiquement besoin de se confier à un psy, soit, pourquoi cette société actuelle en use voire en abuse sans que cela redresse les chiffres mesurant le sentiment de bonheur qui sombre petit à petit dans un pessimisme ambiant, presque tendance !, qui parait contraire à toutes les avancées sociales, médicales et opportunités de déplacements ou d'améliorations de la qualité de vie.

Jamais depuis que l'homme est apparu sur terre, la vie en société n'a offert une palette aussi large de protections sociales, de facilités de contacts, faut-il le rappeler en ces temps objectivement plus difficiles pour un grand nombre de personnes aux prises avec les récentes débâcles financières d'organismes privés et publics et qui, il n'y a pas si longtemps encore, auraient été tout simplement oubliés, réduits à la réelle mendicité avec la violence qui y était attachée sans la moindre possibilité d'accéder à la plus petite aide alimentaire, financière ou de logement de la part d'associations privées et publiques.

D'ailleurs et il faut le souligner, les plus assidus auprès des psys ne font généralement pas partie de ces couches dites défavorisées, probablement trop occupées à tenter de se sortir au plus vite d'une situation plus que délicate pourtant réellement bien plus stressante que nombre de personnes sans véritables problèmes mais juste en quête d'un hypothétique soi en perte de repères.

Alors doc, pourquoi tant de spleen ?!.

Comme presque toujours en matière de santé, plusieurs facteurs contribuent à ce sentiment de spleen, de dépression.

Une idéalisation de l'image de soi cultivée, entretenue à grands frais de "relooking" passant par une panoplie de régimes alimentaires que l'on accumule, faute de résultats probants ou surtout durables, des séances de fitness toujours plus intenses avec les indispensables et très conseillées boissons chimiques survitaminées que des corps fatigués encaissent plus ou moins bien mais que beaucoup, victimes des publicités et des modes commerciales savamment orchestrées, ingurgitent le temps de passer à autre chose car rien n'est plus éphémère que ces "techniques" vouées à la sculpture rapide et surgonflée d'un corps loin d'être sain pour un esprit que l'on croit sain.
Paradoxe affigeant lorsque ceux-là mêmes qui se soumettent à ces pratiques et mixtures "revitalisantes" prônent à qui veut l'entendre que la nourriture bio est la seule que leur précieux corps peut absorber ou qui, pour se rendre à l'incontournable marché matinal distant de 200 mètres, s'y déplacent en voiture !.

Autant la pratique d'un sport et le respect d'une alimentation saine sont essentielles à l'individu qui veut garder une enveloppe charnelle digne et conforme à l'image de quelqu'un qui se respecte en voulant constamment donner une apparence tant aux autres que surtout à lui-même d'une personne en pleine forme bien taillée sans les formes exagérées du body-buildé ou de celle qui collectionne les bourrelets en chapelets.
Autant l'inévitable mise en scène de "sa" vie au travers du prisme virtuel que sont les réseaux sociaux sur lesquels certains se croient obligés d'étaler avec force photos leurs corps dégoulinants de sueurs tout en n'étant pas, absolument pas, des modèles-photos ou professionnels du sport, les poussent et incitent (c'est souvent le but) leurs ami(e)s à en faire autant pour ne pas se sentir exclus de ce groupe qui semble ne vivre que pour partager de soi-disantes images de bonheur, de rêves éveillés soumis au screening facebookien qui, la plupart du temps, cache la misère de la quotidienneté d'une vie "métro-boulot-dodo" assez banale.

Cette scénarisation d'une partie de soi agrémentée des habituelles photos de bonheur intense que l'on affiche lors de sorties en boîte entre "amis" d'un jour, d'un soir...qui souvent se ressemblent au point qu'il convient de les classer par albums pour que les facebookiens puissent vivre en spectateur ces vies qu'ils/elles décrivent comme exceptionnelles sauf que, pc éteint, revient la dure réalité plutôt ennuyeuse que mènent ces gens qui, vivant jour après jour cette dichotomie, finissent par craquer et se voient contraints de suivre l'un ou l'autre traitement médical.

Une société qui, interconnectée, mondialisée, ne permet plus à cette nouvelle majorité d'individus souvent en manque de personnalité et/ou de capacités physiques, intellectuelles qui leur aurait permis de construire une vie intéressante, riche de relations et d'intérêts diversifiés harmonieusement construits au fil du temps, finit par les pousser, afin de se faire remarquer, de sortir du lot, de l'anonymat et d'accéder à cette fameuse minute de gloire rapide, à cet affichage plus ou moins voyeuriste d'une vie supposée, inventée.
Comment voulez-vous que dans de telles conditions, le réveil de certains ne finisse pas par s'avérer quelquefois assez pénible... !.

Alors doc, dites-moi (au fond) ce que je sais déjà (mais que je ne veux pas voir).

Quelle démarche la plus facile peut-on imaginer si ce n'est celle d'avoir recours à une personne inconnue (qui ne connait pas votre vraie vie et qui risquerait de vous juger) bienveillante, à votre écoute que vous consulterez soit en fonction de votre mal-être, soit en fonction de votre portefeuille et qui est censée vous éclairer, vous guérir, vous révéler ce que vous saviez déjà mais refusiez d'admettre car cela aurait détruit cette image renversée, factice construite de bric et de broc.

Encore estimez-vous heureux si cette plongée en vous-mêmes ne vous noie durablement au prix d'hospitalisation et de traitements à vie dévolus à "soigner" une pathologie aussi claire que la vase au fond du marais.

Il est vrai que tout nous conduirait presque à franchir, au moins une fois, la porte d'un cabinet de psys.
Est-on d'ailleurs vraiment "in", digne d'intérêt si on n'a pas eu la chance de fréquenter ces thérapeutes de l'esprit et de pouvoir en parler lors de soirées ou inévitablement sur les réseaux sociaux, nos nouveaux psys virtuels.
Mais aussi, qui n'a ou sera confronté un jour comme victime mais aussi simple témoin d'un attentat, un accident, un événement quelconque sans que la société ne lui octroie, tous frais payés, une batterie de psys.
Depuis la tendre enfance, la scolarité "difficile", le rapport "conflictuel" avec les parents (homos et/ou hétéros), beaux-parents, copains...tout est potentiellement digne d'un passage par "le" professionnel de l'esprit censé détecter le mal-être qui en résulterait.
A force d'asistance plus ou moins forcée en toutes occasions et pour à peu près n'importe quel sujet, on aura fini par rendre l'être humain incapable d'affronter ses propres faiblesses, de jauger ses propres forces avec pour conséquence, et les tribunaux et/ou prisons en regorgent, d'individus de tous âges qui sont ou se disent sur conseils "avisés" totalement incapables d'assumer leurs actes, fussent-ils criminels.
Notons d'ailleurs, à ce propos, que le domaine où l'on serait en droit d'attendre l'efficacité d'une analyse psychique se révèle bien trop souvent manquer totalement de l'approche scientifiquement exacte qui, dans ces cas, serait bien précieuse en évitant des conclusions que tel ou tel criminel est totalement réinsérable après des séances de psy-reconstruction du moi et qui, les faits divers en témoignent, se précipitent immédiatement dans les mêmes délits et crimes que ceux qui leur avaient valu passage en prison et analyse psy...

Alors, si dans les cas avérés, pathologiques graves et presque visibles par tous, ils se permettent autant d'erreurs voire de légèreté d'analyse avec les conséquences pour de malheureuses victimes prises au hasard mais, au demeurant, bien plus victimes de ces "professionnels" complices par défaut d'objectivité voire de légèreté analytique qui ont offert à ces délinquants la possibilité de commettre ces nouveaux crimes, comment croire qu'ils soient les mieux placés pour soigner des individus traversant un moment certes difficile mais dont on a expliqué plus haut dans l'article que la société incitatrice de surprotection et d'assistance à outrance les a, de facto, conduit à la déresponsabilisation individuelle et donc à cette nouvelle forme de dépendance à l'instar des effets constatés dans l'usage de drogues dites douces.

En conclusion, ce n'aurait jamais dû être, pour l'immense majorité des individus, ni le ciel ni les psys qui auraient dû régir la vie des humains et pourtant, le constat est affligeant lorsque l'on examine la vie en société au XXIè siécle.
Et l'article a évité, afin de ne pas subir (trop) de critiques, de parler des pseudos-psys, charlatans de tout poil, marabouts, sorcières, diseuses de bonne aventure et autres guides "inspirés" aux pratiques physiques à connotations sexuelles plus que répréhensibles surtout à l'encontre de personnes fragiles malheureusement plus prêtes à croire n'importe qui plutôt que de puiser en elles la force bien présente mais qu'elles ignorent et que ces profiteurs se gardent bien de révéler tant que leur pouvoir de nuisance leur offre la possibilité de soumettre ces victimes à leurs désirs, volontés en les dépouillant financièrement sans parler des ravages, pour le coup, psychologiques que cela entraîne pour la personne crédule lorsque celle-ci sera détruite et rejetée, ne fût-ce que par manque de fonds.


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5 réactions à cet article    


  • devphil30 devphil30 15 octobre 2013 13:17

    Etre malade dans un monde de malade est normal par contre le contraire n’est pas normal.


    Dans ce monde de fou , pris par le gain , la vitesse , la communication comment rester soi même sans être emporté par cette déferlante de stress ? 

    Il faut être normal mais cette représentation est justement décrié par les autres alors comment faire pour vivre sa vie sans la détruire au travail , ni dans le consumérisme absolu ? 

    Comment trouver un coin tranquille pour être pénard ? 

    Merci de vos idées et solutions car je cherche toujours 

    Philippe 

    • bibou1324 bibou1324 15 octobre 2013 13:45

      Pas évident. Il faut avoir de la détermination et ne pas perdre ses objectifs de vue. Et avec un peu de chance, on peut y arriver. Si les « autres » ne vous trouvent pas normal, changer de milieu. Je vous assure qu’il existe des communautés sans appât du gain, sans stress. Il suffit de chercher.


    • L'enfoiré L’enfoiré 15 octobre 2013 14:04

      Un vieil article qui exprimait cela de façon inverse.

      Rien ne sert de se connaître si les autres ne vous reconnaissent pas dans le jeu de quilles.
       smiley

      • Rincevent Rincevent 15 octobre 2013 15:05

        @ l’auteur.

        D’un point de vue strictement psy, votre article, à un moment, me semble amalgamer deux choses bien distinctes. 1) Les situations de névrose (en gros). 2) Les pathologies beaucoup plus lourdes, et en tirer des conclusions générales.

        Pour la première, comme vous le dites vous-même « tout nous conduirait… ». Ça, c’est du mal-être et plus il est indéfini, plus il est difficile à combattre. En France, il semblerait qu’on règle la question en consommateur en avalant des psychotropes (150 millions de boites/an, champions du monde !). http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/mag_2003/mag1121/ps_7222_psychotr opes_consommation_francais.htm Prescrits en grande majorité par des généralistes n’ayant pas eu de formation sérieuse sur ces molécules (on ne va pas se les faire prescrire par un psy, lui c’est pour les fous…) avec des résultats médiocres puisque ça ne vise que le symptôme, laissant de côté la (les) cause(s).

        Pour la seconde, il s’agit d’un tout autre monde : l’expertise psychiatrique judiciaire que vous dénoncez est un problème réel. Il faut savoir aussi que c’est fait, en général, en vingt minutes chrono, je l’ai vu faire et plusieurs fois…

        Quand aux thérapies, il faut savoir ce qu’on va y chercher et il n’y a pas que la psychanalyse (qui peut se révéler interminable) il en existe d’autres : thérapies systémiques brèves, entre autre.

        Ceci dit, ça ne résous pas vraiment le fond de votre préoccupation, à savoir le besoin presque systématique d’une béquille psy au moindre problème.


        • sommelier 16 octobre 2013 11:42

          Thomas Szaasz écrivait que la psychiatrie est à la maladie mentale ce que l’inquisition fut à l’héresie, autrement dit il s’agit avant tout d’un mécanisme de contrôle social.

          Car à manifestations égales, le diagnostic ne sera jamais le même suivant les origines sociales et le pouvoir économique des « patients » l’un des exemples les plus frappants de cette diference de traitement est le diagnostic de « trouble de la personalité Antisociale » ou sociopathie,le jour oû des gens comme jamie Dimon, Steve jobs ou Lloyd Blankfein se verrons confisquer leurs droits civiques, je reverrais peut être mon jugement.

          En fait depuis l’inquisition, la SEULE institution qui peut se permettre de confisquer, liberté, propriété etc. sans un procès équitable est bien la psychiatrie.

          En effet que penser d’une institution qui opère à la jonction de l’industrie pharmaceutique de la justice et du complexe carcéro-industriel, il n’y a qu’a voir l’exemple des USA, leur pouvoir est tel qu’il ne se passe pas une semaine sans qu’une nouvelle affaire de viol ou cotrainte sexuelle n’éclate, d’ailleurs la difference entre le nombre de dénonciations et le nombre de condamnations pour ces délits illustre parfaitement mon propos. 

          En France par exemple, le simple fait de remettre en question un diagnostic peut vous valoir l’asile pour une durée indéfinie.

          Quand au fait que de plus en plus de personnes y ait recours parmi la population générale
           la réponse tient en deux mots : Dissonance cognitive. 

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