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D’ici 10 ans, le nombre de médecins en France diminuera de moitié

Le serpent se mord la queue, linogravure de ®Benjamin Baret

 

Les médecins vieillissent ! Leur moyenne d'âge est passée de 50 à 51,4 ans entre 2009 et 2010. Et après ? Et bien, environ les ¾ des médecins ont plus de 52 ans. Ces "papi-boomer" atteindront l'âge légal de la retraite d'ici très peu. Attendons-nous donc à une diminution drastique du nombre de médecins en France !
 
Pourtant, le besoin d'assistance médicale ne cesse de croître, car la population vieillit et augmente (grâce à la prolongation de l'espérance de vie et à la natalité en hausse). Nous avons donc cruellement besoin de médecins en France !
 
Oui, mais tout est question d'argent aujourd'hui :
 
1-La formation des médecins coûte cher
Pour résoudre ce problème, l'Etat français réagit : « Nous avons trop longtemps laissé les professions de santé gérer seules leur démographie. Il est temps d'agir et de faire des choix. » Nicolas Sarkozy, le 18 septembre 2008.
Donc le numerus clausus, nombre fixé d'étudiants admis dans le cursus médical, stagnera pendant son mandat : de 2008 à 2012, il est passé de 7400 places par an à 7500, alors que de 2002 à 2008, il était passé de 4700 à 7400.
En outre, le nombre de médecins non-diplômés en France augmente de 20,6% de 2007 à 2010 (en tout, 10 165 au 1er janvier 2010, selon le tableau de l’Ordre, dont 15,4% de ces Roumains que Sarkozy a tant chassé...). (source)
 
l'État français a donc volontairement diminué l'accès aux soins que nous possédions en France ainsi que leur qualité (6 ans d'études pour un doctorat en médecine en Roumanie, sans concours, contre de 8 à 14 ans, voir plus en France, avec un concours à 10% de réussite en moyenne.)
 
2-Travailler plus pour gagner plus
Les médecins gagnent trés bien leur vie, c'est vrai : 6830 euros mensuels en moyenne dans la médecine libérale. Mais ils travaillent énormément ! De 53 à 60 heures hebdomadaires en moyenne. Nous sommes bien loin des 35 heures !
Les conditions de travail ne cessent d'empirer, également : le nombre de médecins diminue, mais les malades sont toujours de plus en plus nombreux car la population vieillit et démographie augmente. Donc pour pouvoir tous les soigner, les médecins doivent travailler beaucoup plus vite, souvent au détriment de la qualité des soins. De plus, cette cadence est épuisante, et beaucoup de nos docteurs sont fatigués, ce qui diminue encore un peu plus la qualité de leurs services.
 
3-Nous ne pourrons jamais payer les retraites de la génération du papi-boom
Et c'est à ce moment-là que la tragédie commence :
 
Faisons un petit calcul simple : départ en retraite de 3/4 de médecins moins arrivée de nouveaux médecins sur 10 ans (par les facultés françaises ou par importation) :
(3/4 de 264 466) - (6800(moyenne des numerus clausus de 2002 à 2012)x10 + 2000(nombre de "médecins importés" en 2010)x10)=110349 médecins de moins en 2022 qu'en 2012.
 
Je ne voudrais alarmer personne, mais si rien n'est fait, d'ici 10 ans, au moins la moitié de nos médecins actuels sera à la retraite. Ils sont déja dépassés aujourd'hui (cf les attentes aux urgences). Alors que se passera t-il avec moitié moins de médecins ? Nous courons droit vers une catastrophe sanitaire qui risque d'être fatale à de nombreux français.

Conclusion : La génération de 1947 à 1977 est sacrifiée sur l'autel de la cupidité. Les médecins auront beau travailler encore plus, on aura beau recruter de plus en plus de docteurs étrangers, ils ne pourront jamais répondre aux demandes du papi-boom.
Et tout cela a été causé par une politique absurde, qui a soit été assez stupide pour ne pas voir son futur proche, ou bien qui a délibérément laissé la situation s'aggraver. En cette période de crise qui démontre que ce système nous rend aussi fluctuants que le vent, sauront-ils choisir de ne pas se faire emporter par la tornade, auront-ils les crampons suffisamment ancrés ? Se battront-ils pour nous ?
En étant un peu cyniques, nous pourrions dire que cette catastrophe qui nous pend au nez est prévue. Quel est son but ? Avoir moins de retraites à payer. Comment ? En diminuant l’accès aux soins.
 
Message à tous les candidats à la présidentielle : Que comptez-vous faire pour éviter cette catastrophe imminente ?
 
Un article de Benjamin Baret issu d'Actualinos

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9 réactions à cet article    


  • jef88 jef88 1er mars 2012 10:46

    Il faut limiter le numérus clausus qui n’a pour objet que le maintien d’une caste.....

    Nous ne pourrons jamais payer les retraites de la génération du papi-boom

    Maintenant si on veut continuer à déconner on peut faire comme Hittler : euthanasier les vieux et les malades incurables ...... Mais la je ne suis pas d’accord


    • MKT 1er mars 2012 10:57

      Monsieur l’auteur,

      Je vous engage à lire ce billet écrit par un médecin qui ne partage pas vos craintes.

       voici le lien : http://www.atoute.org/n/article221.html

      L’avenir n’est écrit nulle part, il se construit au présent.
      Bien à vous.


      • docdory docdory 1er mars 2012 13:01

        @ Benj

        Effectivement, dans ma ville ( Rouen, une capitale régionale ), très peu de généralistes ont moins de 50 ans.
        A ce problème démographique médical va s’ajouter dans 3 ans ( en 2015 ) un problème beaucoup plus crucial : la loi d’accessibilité des cabinets médicaux aux handicapés ne sera plus sujette aux dérogations dont bénéficiaient jusqu’à présent les médecins déjà installés.
        Concrètement, si je veux satisfaire aux obligations de cette loi, je serais obligé de changer entièrement l’ascenseur qui mène à mon cabinet ( trop petit et pas aux normes de taille pour les fauteuils roulants, ), je devrais changer entièrement l’emplacement des toilettes ( trop petites pour un fauteuil roulant ) , et donc remplacer une pièce dont je me sers par des toilettes, je devrais installer un accès incliné entre le trottoir et la porte cochère. Le coût exorbitant de ces investissements excéderait certainement la totalité du chiffre d’affaire de mon cabinet d’ici à ma retraite dans 11 ans. Il en est de même pour 95% des médecins de ville, partout en France. 
        Très peu de locaux en ville satisfaisant aux normes d’accès aux handicapés, j’aurais deux solutions : soit m’installer dans un quartier périphérique plus moderne, soit m’acquitter de l’amende punitive et exorbitante qui sera, n’en doutons pas, infligée aux médecins ne respectant pas les normes, en espérant qu’aucun « inspecteur de l’accessibilité aux handicapés » ne viennent fourrer le nez dans mes affaires d’ici ma retraite.
        A noter que, dans ma ville, la quasi totalité des ophtalmo ont quitté le centre-ville pour s’installer dans une clinique très excentrée, qui satisfait aux normes d’accessibilité. Le résultat de l’opération, c’est que mes vieux patients râlent car ils sont obligés de prendre le métro ou leur voiture pour aller chez l’ophtalmo, alors qu’auparavant ils s’y rendaient à pied.
        En tout état de cause, du fait de cette loi, lorsque les médecins actuels auront pris leur retraite, les nouveaux médecins ne pourront plus du tout s’installer dans le centre des villes, qui deviendront ainsi des déserts médicaux.
        Je n’ai pas l’impression que les handicapés y gagneront quoi que ce soit : en effet, je me déplace volontiers à domicile pour eux, ce que je ne pourrai plus faire si je suis relégué dans un quartier périphérique !

        • jymb 1er mars 2012 13:17

          Depuis des années ( voire des décennies, soit le début d’un numerus clausus féroce) des milliers d’étudiants ont été éjectés lors du concours de première année, brillants mais pas encore assez pour être admis en deuxième année d’études médicales.
          Que peuvent -ils penser aujourdhui ces ex-futurs praticiens en constatant la pénurie évidente, le recrutement de médecins à diplômes étrangers notamment extra européens, les cursus parallèles roumains et autres ?


          • JEAN LE PEREGRIN JEAN LE PEREGRIN 1er mars 2012 17:08

            Bonjour, 


            La solution c’est de casser définitivement les numérus clausus, de ramener le niveau de formation « médecine générale »à ce qu’il est en Algérie ou en Roumanie (puisque de toute façon si nous ne faisons rien, les médecins viendront de la bas au détriment des populations de ces pays), enfin de revoir nos pratiques médicales (consommation médicaments et autres).

            Autres soucis : la répartition des médecins (zones rurales mal ou pas desservies) ; les coûts ...





            • 1984 1er mars 2012 20:55


              « D’ici 10 ans, le nombre de médecins en France diminuera de moitié »

              Merde on va vivre plus longtemps !


              • Gégé 1er mars 2012 21:45

                "Donc le numerus clausus, nombre fixé d’étudiants admis dans le cursus médical, stagnera pendant son mandat : de 2008 à 2012, il est passé de 7400 places par an à 7500, alors que de 2002 à 2008, il était passé de 4700 à 7400." peut être que le président à peur de faire diminuer le chômage en augmentant le numérus clausus et en partageant le travail.

                Au sujet de la formation, je ne suis pas partisan d’une formation au rabais, que l’on réduise la durée d’étude minimale à 7 ans pour les généralistes d’accord, mais une formation tronquée non.

                Pour les handicapés, il est vrai que le choix des visites à domicile est plus pertinent, et plus avantageux pour la personne ou le médecin, que des investissements colossaux pour le médecin.


                • lulupipistrelle 1er mars 2012 23:54

                  C’est pas grave... Aujourd’hui déjà on ne leur fais plus confiance...


                  On revient aux médecines douces... mieux vaut une tisane, que s’empoisonner avec les derniers bijoux de l’industrie pharmaceutique, dont on ne connait pas les effets secondaires...

                  D’ici 10 ans, on verra débarquer des médecins de toute l’UE... 

                  • lulupipistrelle 2 mars 2012 00:02

                    PS : ne pas me répondre que le cancer ne se soigne pas avec des tisanes, je le sais, mais le cancer ne se soigne-t-il ?. parce qu’avant guerre on guérissait 35% des cancers par chirurgie, et aujourd’hui avec tout le fric dépensé dans la pseudo-recherche suelement 55% chirurgie, chimio, et radio-thérapie comprises (chiffres entendus sur France Inter , une nuit, dans la bouche d’une vedette parisienne de la cancérologie)... et ce sont plus ou moins toujours les mêmes cancers qui sont maîtrisés... 

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