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Accueil du site > Actualités > Santé > Dépistage de l’Alzheimer : fichez-nous la paix

Dépistage de l’Alzheimer : fichez-nous la paix

La chasse au malade qui s’ignore est commencée. Dépister l’Alzheimer ? On marche sur la tête et ce n’est pas ainsi que l’on va améliorer son fonctionnement.

La presse écrite, internet, bruissent de la nécessité impérieuse de poser précocement le diagnostic de maladie d’Alzheimer (MA) voire de celle de chercher à la dépister.

Les chercheurs s’y mettent : "Les nouveaux critères diagnostiques proposés permettraient de reconnaître la maladie trois à quatre ans plus tôt qu’actuellement" disait le Pr Dubois sur France-Info en juillet 2007. Il continue à prôner le diagnostic précoce dans un des derniers FigMag et dans le n° 26 (mars-avril 2008) de Cerveau et psycho.

Alors, cool, revenons à nos basiques et regardons le principal critère auquel doit répondre une maladie que l’on cherche à dépister précocement : elle doit avoir un traitement.

Et c’est là que le bât blesse : à ce jour l’efficacité des traitements est extrêmement limitée. Les médicaments spécifiques de la maladie ne retardent l’évolution que de quelques mois et, encore, pas chez tous les patients. Le Pr Dubois l’admet implicitement quand il déclare : "Dans les années qui viennent, dans les mois peut-être même, on va avoir des médicaments qui devraient ralentir le processus de la maladie". Alors attendons, non ? A mon sens, proposer dès aujourd’hui le dépistage au nom d’un avenir qui pourrait être favorable est rendre un bien mauvais service à son patient. Primum non nocere semble avoir été effacé du fronton des facultés.

Durant mon exercice, j’ai vu certains de mes patients se dégrader, oublier leurs clés puis la date, puis fuguer, devenir agressifs, démentir, épuisant leur entourage. Enfermés de plus en plus profondément dans une prison psychique terrifiante. Et c’est la preuve de cet avenir que vous venez, Messieurs les diagnostiqueurs précoces, proposer ? Vous venez offrir aux vieux, et aux moins vieux, les moyens d’avoir la joie de se savoir promis à l’agonie psychique, sans la moindre certitude thérapeutique tangible.

Merci, sans moi, je préfère vivre ces trois ou quatre ans dans l’ignorance, pestant simplement contre les lacunes qui émaillent mon vieillissement.


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31 réactions à cet article    


  • Emile Red Emile Red 22 avril 2008 13:44

    Ce ne doit pas être un hasard, bientôt ils offriront le colt avec le diagnostic, autant de travail libéré pour les chomeurs...


      • melanie 22 avril 2008 16:19

        Oui,

         

        Il en est de même pour certaines "pathologies rares", génétiques nucléaires ou plus encore mitochondriales :

        A quoi bon savoir qu’un est suceptible de ...-car rien, n’est jamais qu’une probabilité et le mileu un révélateur ou non- développer une cytopathie mitochondriale pour laquelle il n’existe aucun traitement si ce n’est pallier aux déficiences des organes atteints, idem pour une chorée de Huntington .. Alors même qu’aucun traitement n’existe ?

        ça sert à quoi à part se gacher les années à venir et se mettre une épée de Damoclès sur la tête ?

        ça permet quoi : D’augmenter les tarifs des complémentaires santé ? De faire pister par la sécurité sociale les futurs malades de ...

        De plus scientifiquement ces tests sont ineptes :

        Le milieu et la curiosité, l’éveil et l’apprentissage de choses nouvelles est correlée selon de nombreuses études avec une occurence moindre de maladie d’Alzheimer. Donc le milieu- la stimulation intellectuelle - est un facteur favorisant ou non .

        Quant à l’Aluminium, on sait qu’il est neurotoxique mais la correlation avec la constitution de plaques beta-amyloïdes - qui à l’autopsie signent la maladie d’Alzheimer- n’est pas aussi patente que le prétend l’intervenant .


        • lepetibonom 22 avril 2008 16:50

          Bonjour confrère,

          Je suis en accord avec votre analyse sur le fond. mais savez vous que les sels de lithium, qui ne coutent rien et qui, donc, n’intéressent pas l’industrie pharmaceutique, sont d’excellents candidats pour prévenir ou au mois retarder la neurodégénérescence, non seulement dans les DTA mais aussi dans la SLA pour laquelle il n’existe a priori aucun traitement efficace.

          Je ne suis qu’un modeste chercheur qui a cru pouvoir enfoncer ces portes hermétiquement fermées. J’ai raté mon coup. Pourtant il y a toujours matière à chercher-trouver-montrer que ce qu’a subi mon père n’est pas une nécessaire fatalité.

          Merci

           


          • 5A3N5D 22 avril 2008 17:58

            Pouvez-vous dire combien il y a eu de malades victimes des sels de lithium lorsque ceux-ci ont été employés en médecine ?

            Parler d’un métal "qui ne coûte rien" et qui "n’intéresse pas l’industrie pharmaceutique" n’enlève rien à sa toxicité (notamment sur le rein.)


          • Méric de Saint-Cyr Méric de Saint-Cyr 22 avril 2008 19:40

            Un jour on découvrira que l’humanité toute entière véhicule une maladie génétique incurable : la mort.

            Il y a déjà des signes visibles de cette épidémie : les cimetières !

            Rendez-vous compte, il y en a partout !

            On ne nous dit pas tout, mais je suis sûr qu’il y a des gens qui meurent…

            Et tôt ou tard, ce sera notre tour, je vous le dis !

            (et pour ceux qui veulent moinser mon commentaire, je leur signale juste que c’est de l’humour du second degré)


            • ptrik 22 avril 2008 20:01

              Texte diffusé le dimanche 25 novembre 2007 de 12 heures à 13 heures, dans l’excellente émission « La Planète Bleue » sur la chaîne de radio suisse romande « Couleur 3 », qui est une chaîne de radio très fiable à tous niveaux.

              Quand la fameuse affaire de l’Arche de Zoé a éclaté, curieusement, le Président Sarkozy n’est pas venu au secours des enfants victimes, ni des familles abusées, mais des voleurs d’enfants.
              Pourquoi ? Pour protéger qui ? Pourquoi Nicolas Sarkozy est-il allé au Tchad chercher les journalistes français et les hôtesses espagnoles ? Pourquoi le président français a-t-il annoncé, haut et fort, qu’il irait chercher lui-même les membres de l’association « Arche de Zoé », quoi qu’ils aient fait, mettant ainsi le feu à un baril qui n’avait pas besoin d’arrogance pour s’enflammer.
              S’agit-il d’une maladresse due à la précipitation, ou l’affaire des illuminés de l’Arche de Zoé cacherait t-elle une autre affaire autrement grave, bien plus glauque, qui aurait conduit le président français à la gaffe internationale ?
              Y aurait-il des imbrications entre l’exfiltration d’enfants tchadiens vers l’Europe, l’industrie pharmaceutique, et les milieux d’affaire ?
              Chaque jour qui passe voit apparaître de nouvelles questions. Pourquoi et comment l’association l’Arche de Zoé, a-t-elle bénéficié de passe-droits au ministère des affaires étrangères, au ministère de la défense, voire au ministère de l’intérieur ? Pourquoi et comment l’association l’Arche de Zoé, a-t-elle pu utiliser les avions Transal de l’armée française, pour transporter son matériel de N’Djaména à Abéché ? Pourquoi les services du ministère français de la défense, connaissaient-ils le plan de vol du Boeing affrété par Eric Breteau, le président de l’Arche de Zoé ?
              Le Boeing atterrit à Abéché, un aérodrome sous contrôle militaire tchadien … et français, certains gradés français étant présents dans la tour de contrôle. C’est depuis Abéché, que, grimés en blessés, les gamins devaient embarquer dans l’avion garé en bout de piste.
              Est-ce que les moyens tout à fait étonnants dont a profité l’Arche de Zoé, est-ce que la précipitation maladroite du président Sarkozy, à s’impliquer personnellement dans l’affaire, aurait un rapport avec le financement trouble de l’association l’Arche de Zoé ? Cette affaire, qui est tout le contraire d’une histoire de pieds nickelés, soulève tellement de questions, que certains se demandent aujourd’hui, si derrière cette bavure humanitaire, ne se cache pas une affaire d’une toute autre ampleur, une affaire d’expérimentations thérapeutiques sur des patients pas du tout volontaires.
              L’association l’Arche de Zoé est une initiative d’un organisme français Paris Biotech Santé. Elle est financée par une société de développement de produits pharmaceutiques BioAlliance Pharma, dont le propre frère du président, François Sarkozy, est vice-président du conseil de surveillance. Certains observateurs se demandent si BioAlliance Pharma, qui mène des recherches sur le sida et pratique des essais thérapeutiques, n’aurait pas un lien avec l’affaire des infirmières bulgares, dont la libération avait déjà été négociée par la famille Sarkozy. Quelles sont les réelles activités de BioAlliance Pharma, dont fait partie le frère du président Sarkozy ?
              La compagnie développe des médicaments pour traiter des maladies décrites comme mille fois plus virulentes en Asie du Sud-Est et dans l’Afrique subsaharienne que chez nous. Pour développer ces traitements la société pratique des expérimentations sur des patients, comme par exemple pour le Loramic, cinq cent quarante patients répartis sur quarante sites différents à travers le monde. Stéphanie Lefèvre, la secrétaire générale de l’Arche de Zoé, est directrice adjointe de Paris Biotech Santé. Et François Sarkozy, le frère du président, figure avec elle parmi les membres du comité d’évaluation de cet organisme spécialisé dans la recherche bio-médicale. D’où les questions qui enflent sur le web. Y aurait-il un rapport entre ces sociétés pharmacologiques, et l’intervention du président Sarkozy au Tchad. C’est comme la maladie d’Alzheimer, devenue grande cause nationale française, aussitôt après l’élection de Nicolas Sarkozy. Cette déclaration surprise aurait-elle un rapport avec le fait que son frère, François Sarkozy, siège à AEC Partners, dont le principal client est l’américain Pfeizer, leader mondial de l’industrie pharmaceutique, et spécialiste du traitement de la maladie … d’Alzheimer.
              Au printemps dernier, le Nigéria a attaqué devant la justice internationale le géant Pfeizer, qui aurait je cite : « effectué en 1996, de façon illégale, l’essai clinique d’un médicament, le Trovan, sur deux cents enfants » fin de citation. L’inventeur du Viagra aurait secrètement utilisé des enfants comme cobayes, pour tester de nouvelles molécules, sous couvert d’aides humanitaires. Onze enfants sont morts lors de ces tests. D’autres ont subi de graves séquelles : surdités, paralysies, lésions cérébrales, cécités. Le Nigéria réclame dix milliards de dollars à Pfeizer. C’est le Washington Post qui a révélé le scandale.
              Le journal belge sept sur sept s’interroge lui aussi sur le rôle de Paris Biotech Santé, où travaille Stéphanie Lefèvre, la secrétaire générale de l’Arche de Zoé, et François Sarkozy le frère du président. Je cite « L’Arche de Zoé n’est pas une histoire d’amateurs. Ils sont très professionnellement organisés, et ne manquent pas de fonds et de soutiens, en tout genre. La soit disant « petite » association semble avoir préparé cette opération au Tchad, avec beaucoup de relations d’influence, et de moyens techniques et financiers. » Fin de citation.
              Pourquoi le président Sarkozy veut-il aller récupérer les militants de l’Arche de Zoé au Tchad ? Pourquoi a-t-il voulu aller récupérer les infirmières bulgares en Lybie ? Est-ce que c’est juste pour faire le beau, pour parader devant les caméras du monde entier, ou est-ce que tout en haut de l’état français, on redouterait que des choses finissent par se dire dans les geôles africaines. On évoque notamment des expérimentations humaines financées par de puissants labos de biotechnologie, sous couvert d’aide humanitaire.
              Non, non, bien sûr, çà se serait de la science fiction ! 
              Fin de citation
               


              • JL JL 24 avril 2008 09:21

                ptick, votre post est intéressant mais sa longueur, et l’accroche doivent rebuter des lecteurs. Pourquoi n’est-il pas actualisé au vu de dernies éléments connus ? Pourriez-vous en faire un article ? 


              • 5A3N5D 22 avril 2008 20:35

                "Qui craint de souffrir, il souffre déjà de ce qu’il craint." Montaigne.


              • Rosemarie Fanfan1204 22 avril 2008 20:48

                Bodidharma, bonsoir à vous


                • JL JL 22 avril 2008 21:15

                  Bien. Rien de nouveau sous le soleil donc, depuis les découvertes géniales de Knock. Pardon, je veux dire Jules Romain. 


                  • Pascal GILBERT Pascal GILBERT 22 avril 2008 23:16

                    En effet, on peut penser à Knock.

                    Mais ici, ça ne me chatouille pas, ça ne me gratouille pas et je lui dénie toute légitimité pour fourer son nez dans mes processus cognitifs.

                    Leriche (chirurgien du siècle dernier) disait que la santé était "la vie dans le silence des organes". Tout dépistage cherche à me renseigner sur ce que ces derniers complotent à voix basse, le jeu n’en vaut la chandelle que si j’en retire un bénéfice en terme de quantité ou de qualité de vie. Là ce n’est pas le cas.

                     

                     

                    PS : le correcteur orthographique m’a joué un mauvais tour : ce n’est pas se démentir que j’avais écrit mais se démentifier, la moulinette a fait n’importe quoi et je ne m’en suis pas aperçu.


                  • JL JL 23 avril 2008 08:48

                    Pascal Gilbert, vous aurez compris que ce n’est pas vous qui étiez visé par ma remarque, mais tous ces diagnostiqueurs pécoces. Cela va mieux en le disant. J’ai aimé votre court article.


                  • docdory docdory 23 avril 2008 00:29

                     @ Pasccal Gilbert 

                    Cher confrère ,

                     

                    Entièrement d’accord avec vous . Les " traitements " anti-Alzheimériens dont nous disposons sont , d’après mon expérience et celle de nombreux de mes confrères généralistes , la poudre de perlimpimpin la plus coûteuse jamais mise sur le marché . En supprimer le remboursement serait l’économie la moins nocive pour la santé publique que pourrait faire la sécurité sociale , vu le prix exorbitant de ces " médicaments " .

                    Quand au " dépistage " je suppose qu’il ne servirait qu’à remplir les poches de marchands de tests de dépistage inutiles ...


                    • Lisa SION 2 Lisa SION 23 avril 2008 00:58

                      Que c’est agréable d’entendre un docteur s’exprimer ainsi.

                      Les choux sont les meilleurs éléments permettant d’éliminer les sources de la maladie contenues dans les organes humains. Mais, dans ma famille, nous avons un exemple de menteur professionnel qui, à cinquante cinq ans, donne des signes flagrants de trouble de la mémoire...Cela peut, peut-être, expliquer le terrain favorable à l’expansion du trouble dans l’esprit...


                    • dalat-1945 23 avril 2008 08:11

                      @ l’auteur

                      Je suis sidéré qu"un médecin puisse écrire des choses pareilles.

                      Pour lutter contre une maladie, il faut bien sûr posséder le traitement adéquate. Mais rien n’interdit de faire des recherches pour un dépistage précoce de cette maladie. On a prouvé qu’un dépistage précoce pour de nombreuses maladies permettait d’avoir de bien meilleurs résultats avec le traitement approprié, voire même d’éliminer complètement le risque (la maladie).

                      Votre raisonnement est complètement faux. Rien n’interdit de faire des recherches sur le traitement et le dépistage précoce en même temps.Il y en a toujours l’un des 2 qui sera en avance sur l’autre, bien sûr ! On n’est pas obligé bien sûr de recommander/généraliser le dépistage si l’on n’a pas pas encore le traitement, mais on ne va pas l’interdire. En plus,il y a des gens qui n’ont pas peur de la vérité.

                      Il est clair que ce n’est pas avec des gens comme vous que l’on va faire beaucoup (et rapidement) avancer les choses. Heureusement que d’autres que vous, ont su prendre des initiatives (et souvent des risques pour le bien de l’humanité) pour faire avancer les sciences médicales.

                      J’ai 2 exemples à l’esprit, l’un concerne un de mes fils et l’autre me concerne personnellement. Il ne s’agit pas d’Alzheimer, mais quelchose de grave. Je sais de quoi je parle. Je ne suis pas Médecin , je simplement Ingénieur.

                      Je ne félicite pas non plus les gens qui soutiennent votre texte.Dans la vie courante , vous ne devez probablement pas vous sentir bien dans vos chaussures ! Je n’aimerais pas vous avoir comme toubib !

                      C’est lamentable.

                       


                      • docdory docdory 23 avril 2008 12:03

                         @ Dalat 1945

                         

                        Le dépistage précoce n’est pas toujours utile , loin s’en faut .

                        Pour le dépistage du cancer de la prostate , par exemple , aucune preuve sérieuse de son intérêt n’a pu être fournie , il aboutirait , s’il était pratiqué , à ôter la prostate de gens qui ne se plaignaient de rien et à les rendre impuissants et parfois incontinents , pour un cancer qui pouvait très bien ne se manifester que 20 ans plus tard .

                        Les scandinaves seraient en train de remettre en question le dépistage du cancer du sein ( ces théories arriveraiennt bientôt en France et devraient faire du bruit dans le Landerneau ! ) .


                      • Pascal GILBERT Pascal GILBERT 23 avril 2008 20:39

                        Bonjour,

                        Je n’ai pas inventé les règles qui président au dépistage, elles sont nées de l’expérience et du bon sens. Je vous les donne :

                        • la maladie doit poser un problème de santé individuelle et/ou public
                        • les suites du dépistage : les examens nécessaires pour arriver au diagnostic évoqué par le test ainsi que le traitement qui en résultent doivent être accessibles à tous les sujets dépistés,
                        • le test de dépistage doit être simple, non dangereux, fiable et peu coûteux.
                        • on peut envisager d’imposer le dépistage d’une maladie contagieuse pour éviter sa propagation. Ce fut fait pour la tuberculose dans les années d’après-guerre. On peut aussi le proposer comme c’est fait pour le test HIV lors l’examen prénuptial.
                        • l’information des patients doit être honnête et leur accord obtenu hormis s’il existe une obligation légale.
                        • la maladie que l’on cherche à mettre en évidence doit avoir un traitement. Le mot traitement doit être pris au sens large. Traiter par ailleurs ne veut forcément dire guérir, faire disparaître la maladie chez le sujet. Il peut s’agir de rallonger l’évolution, d’améliorer le confort.

                        Il ressort de ces règles que, malgré votre opinion, l’on ne peut pas proposer un dépistage tant que l’on n’a pas de traitement efficace.
                        Par ailleurs l’information que l’on peut lire est à mon sens trop monolithique trop pro, raison pour laquelle j’ai posté cet article.

                        Cordialement


                      • dalat-1945 25 avril 2008 06:09

                        @ Voulez-vous dire que le PSA pour la prostate ne veut rien dire. Ah bon !


                      • Pascal GILBERT Pascal GILBERT 25 avril 2008 21:36

                        On peut dire que, à la louche, les PSA ne sont un mauvais test de dépistage du cancer de la prostate.
                        Mais le problème n’est pas avec les PSA mais autre part : à ce jour il apparait que la durée de vie des patients chez lesquels on a dépisté, puis traité, un cancer de la prostate n’est pas supérieure à celle des personnes chez lesquelles on a attendu que ce cancer se manifeste pour les traiter. Le cancer de la prostate fait, lui aussi, mentir l’adage qui dit que, plus on traite tôt une maladie, mieux le malade se porte. Par ailleurs la qualité de vie des patients traités est souvent altérée du fait de complications liées aux traitements. Si bien que, au bout du compte, les patients dépistés puis traités ne gagnent rien, au contraire.
                        Ces notions déjà anciennes résultent, essentiellement, d’études scandinaves. Actuellement depuis plus de dix ans se déroule une étude européenne multicentrique (ERSPC - European Study of Screening for Prostate Cancer ) qui veut faire un point récent sur cette question. On attend les résultats mais, devant l’absence de publications intermédiaires, on peut penser que cette étude ne va pas, fondamentalement, révolutionner l’approche.


                      • Jules 23 avril 2008 11:58

                        Merci docteur pour ce témoignage tout simple, mais qui a le mérite de venir d’une personne sur le terrain. Et merci à Agoravox de nous donner ce mode d’expression et d’information.


                        • LilianeBourdin 23 avril 2008 19:25

                          Votre texte me fait penser à ce petit livre très instructif : "Les inventeurs de maladie" de Jorg Blech. La thèse de l’auteur, c’est qu’il existe un mouvement global des instances du monde de la santé visant à rétrécir le champ de la normalité, afin d’augmenter le nombre de patients bénéficiant d’un traitement "préventif". Ce mouvement étant favorisé par les grands groupes pharmaceutiques. 

                          C’est une hypothèse intéressante. Et, dans le domaine que je connais, la psychiatrie, les critères diagnostiques ont été effectivement modifiés selon un standard international, qui étend à chaque version (du DSM 3, 4, etc...) le champ de la pathologie. Ainsi, on voit fleurir actuellement le diagnostic de bipolarité. Cela serait sans trop de conséquences si l’on s’en tenait à prendre ce diagnostic pour un équivalent de la cyclothymie ancienne. Mais en fait, il s’agit d’épingler des gens qui auraient un terrain bipolaire, et auraient besoin, A VIE, d’un traitement thymorégulateur ! Et les gens qui élaborent ces classifications, ne sont pas tous sans lien direct avec l’industrie pharmaceutique.

                          Quant à la prévention, on évalue rarement les conséquences sur la qualité de vie, d’un diagnostic précocissime de maladie grave, surtout si elle est incurable. J’ai tendance à penser aussi que cela ne vaut le coup de faire un diagnostic précoce que si l’on a la possibilité d’apporter un traitement efficace. Sinon, à quoi bon tant de douleurs ? Il sera toujours temps de s’adapter à la survenue de la maladie. D’autant plus que l’annonce d’une maladie grave est beaucoup plus traumatisante quand elle survient "à froid" sans que l’on n’en ait aucun signe, que "à chaud", quand on commence à en souffrir, et que l’on se doute de ce qui est en train de se produire. Ces critères ne sont en général pas pris en compte. Au nom de quoi ? La vérité ? Mais quelques années plus tôt, la vérité aurait été l’ignorance... Attention, je ne veux pas dire que je suis contre le dépistage, mais seulement pour un dépistage de maladies soignables.


                          • Pascal GILBERT Pascal GILBERT 23 avril 2008 20:50

                            Tout a fait en phase.
                            Dans le même genre que J. Bleich il y a le livre de Marcia ANGELL : La vérité sur les compagnies pharmaceutiques. (Les Editions le Mieux-Etre.)
                            Ouvrage canadien rédigé par une ancienne rédactrice en chef du NewEngland Journal of Medicine, où elle démonte les turpitudes et coups tordus de Big Pharma.
                            Et si j’osais, je citerai mon travail, qui va dans le même sens et dont on peut trouver la présentation sur mon site.


                          • Krokodilo Krokodilo 23 avril 2008 23:45

                            Sans oublier la revue Prescrire, totalement indpéendante de la publicité des laboratoires pharmaceutiques, qui contribue depuis longtemps à démonter les mille et une méthodes des labos pour fabriquer des concepts, jouer sur les mots (utiliser dysérection à la place d’impuissance augmente ipso facto le nombre de "malades" potentiels !), ou comme avec le sujet de l’article, peser de tout son poids pour faire un dépistage précoce d’une maladie sans aucun traitement, ou dont les seuls traitements, très chers, comme dit plus haut par Docdory, n’amélioreraient les symptômes, dans le meilleur des cas, que quelques mois, en sachant qu’il est ensuite très difficile moralement de proposer d’arrêter un tel traitement... surtout s’il a été auparavant recommandé par un spécialiste, un neurologue.


                            • docdory docdory 24 avril 2008 00:11

                               @ krokodilo

                              En fait , il n’est pas si difficile que ça d’arrêter des traitements prescrits par un neurologue : il suffit de demander à l’entourage " vous ne trouvez pas qu’il n’y a aucune amélioration " ? En général , l’entourage en convient et on arrête le " traitement " sans problème !


                            • brieli67 24 avril 2008 06:57

                              les ex-hôtesses du Dr Servier sise à Neuilly... avec leur Duxil et leurs tests aux gerbilles de l’Atlas et leurs jupettes ras la foufou.... leur générosité. PAS VRAI les confrères ?

                              Doctory les a connues à l’âge bourrin de retour sous THS Tina Turner like mais encore instrumentables. Elles doivent être sous pessaire actuellement..... Paix à leurs âmes.

                              Bref j’ai jamais prescrit des vitamines des vasodilateurs des fluidifiants sanguins et bronchiques et autres merveilles je prône encore le Bismuth et la contraception en continu chez la femme. Des AINS toujours et que l’Aspirine à bonnes doses. Dans les benzos je manipule très bien le valium..... 

                              J’emmerde personne pour leur choléstérol sauf les congénitaux. Je fais maigrir mes goutteux et mes diabètes. J’engueule mon beau monde pour diminuer leur consommation de sucres et de sel dans saucisses fromages pains......

                              La clille se porte bien ... je ne retiens personne ... ça part et ça revient plus gentil ... étonnant ! mais aucune remarque personnelle de ma part sur le nomadisme.

                              aH oui ! ce cas des Démences. Très bling-bling  ! Neuneu d’abord ... mais aussi le frérot de NS. Un ex des écuries de Romainville - décidément c’est épique et hippique... qui s’est lancé dans l’officine libérale et franchisée. La pharmaco et les sciences ne sont toujours pas son fort comm’ ki diraient ses collègues . Et question comm’ l’Hypocromégale le bat en long et en large..... Quelle famille !

                              bref ... de mes anciens collègues Internes des Hôpitaux Spécialisés ... certains hésitent déjà entre Aloïs et Auguste pour http://de.wikipedia.org/wiki/Alois_Alzheimer ! à l’occasion faudra donner un peu de chi-deux ou du Poisson pour voir s’il n’y a pas du contagieux la-dessous.

                              Démences Cancers Handicaps Myothon... sont depuis trente ans les gros pourvoyeurs des programmes "alimentaires " des centres de recherches aux Usa. Du strass pour les politiques... i.e. en doses évolutives ou cumulatives à 85 ans c’est comme pour les varices fifty-fifty. Bah c’est mieux que la prostate : tout chien mâle de 13 ans fait son cancer de la prostate tout vieil homme de plus de 73 ans porte des cellules atypiques dans son verrou urêtre singulier/uretères pluriel

                              Espoir ? Non... chaque jour dès le premier jour nous claquent des neurones. Chez les AD il semblerait que ce ne soient pas les bons.... allez savoir porque ... ces pbs de sanibroyeurs.

                              Une étude en double aveugle US sur le ginko biloba se fait attendre

                              http://www.nature.com/emboj/journal/v26/n6/abs/7601616a.html

                              Longtemps le ginko se vendait remboursé Secsoc en alcoolature ersatz de l’Absinthe.

                              "Docteur vous m’en remettez 6 de ces apéros svp. Que le dimanche avec ma femme."

                              Efficace ....... tant qu’ils s’en souviennent....

                               

                               

                              "Moi, lorsque je n’ai rien à dire, je veux qu’on le sache." R. Devos

                               

                               

                               


                            • docdory docdory 24 avril 2008 09:54

                               

                              @ Briel67

                               

                              Il n’y a presque plus de belles visiteuses médicales depuis les génériques . Les labos savent très bien que je prescrit des génériques quand il y en a , je ne suis donc pas un " client " rentable pour eux .J’en vois maintenant moins d’une par semaine . La seule qui soit encore vraiment ultra sexy , c’est celle qui présente un produit pour les injections intra-caverneuses destinées aux impuissants . Elle vient systématiquement avec son pénis de démonstration en plastique , pour montrer l’endroit où il faut piquer ! Elle ressemble aux célèbres filles des BD de Pichard , en à peine plus vêtue ... Woow !

                               

                               

                              http://bd-girls.mon-oueb.com/belles/Pichard/index.phtml

                               


                              • Bof 18 mai 2008 21:53

                                Dépistage...mais il s’agit de fric et c’est tout ! Personne ne connait encore à ce jour le rôle exact de notre cerveau et ce n’est pas pour demain au train où se prélassent nos " spécialistes auto déclarés" que cela va arriver !

                                 


                                • bisane bisane 15 juillet 2008 22:18

                                  La question est effectivement de savoir à quoi et à qui profiteait ce dépistage...
                                  En attendant, ce serait déjà bien d’être un tant soit peu accompagné quand on y est confronté !

                                  Quant aux médicaments, il me semble que vous êtes gentils sur leurs effets !
                                  Un de vos confrères est beaucoup plus tranché !
                                  Conflit entre confrères, sur Alzheimer

                                  cité dans cet article : Alzheimer n’oublie pas les Industries Pharmaceutiques


                                  • Pascal GILBERT Pascal GILBERT 15 juillet 2008 22:44

                                     Je maintiens : les résultats des médicaments antiAlz ont une efficacité extrêmement limitée (pas beaucoup de patients répondeurs et pendant pas longtemps).

                                    Ils ont néanmoins un effet négatif notable : l’argent employé à leur remboursement n’est plus disponible pour d’autres mesures d’accompagnement des malades et des familles.

                                    A qui profite le dépistage ? Au complexe médecins/industrie du médicament et à tous ceux qui, surfant sur l’idéologie de la peur veulent consolider leur pouvoir.


                                  • benoodle 18 octobre 2011 18:23

                                    Ayez le courage d’affronter l’avenir au lieu de vous accrocher au passé !

                                    Tout le monde sait que chacun va mourir, de savoir comment ne change rien aux faits. Seuls les idiots font un drame de ce qui est naturel.

                                    La population est vieillissante et il faudra trouver des solutions efficaces pour éviter une prise en charge de la vieillesse inaccessible aux plus grand nombre en raison des coûts.

                                    Il n’y a ni sauveur, ni berger ni diable dans cette histoire, il n’y a que des gens qui ont peur et s’offusquent du progrès que pourrait avoir réalisé un jour leur société.

                                    Quant aux expériences de chacun elles ne concernent que chacune des personnes concernées, elles n’en font ni des vérités, ni des faits vérifiables.

                                    Mais au fond la médiocrité à la côte en ces temps d’hypercommunication sur internet, même ceux qui sont censés informés ne savent plus quoi faire d’autre que de partager leurs craintes et névroses...

                                    à vous la ségrégation des commentaires !

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