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Accueil du site > Actualités > Santé > Dis moi comment tu traites tes fous...

Dis moi comment tu traites tes fous...

Analyse et commentaires du discours de Nicolas Sarkozy lors de sa visite dans un hopital psychiatrique suite à un fait divers ayant impliqué un interné dans un meurtre...
Lapsus et annonce de politiques sécuritaires...

Extrait :

Discours de M. le Président de la République l’hospitalisation en milieu psychiatrique
Antony – Mardi 2 décembre 2008

Commentaire :

A la suite d’un fait divers à Grenoble, voici la réaction quasi-immédiate d’un Président qui essaye de prendre de la hauteur avec sa manière inimitable.

Extrait :

C’est la première fois, qu’un Président de la République rend visite au personnel d’un hôpital psychiatrique. Je n’en tire aucune fierté personnelle. Je considère que faisant cela, je ne fais que mon devoir.

Commentaire :

Phrase incompréhensible, sauf à penser que M. Sarkozy pense qu’il faut du courage à rentrer dans un hopital, lui qui est si sain d’esprit craint peut-être la contagion ou l’agression.
Et pense de ce fait avoir fait preuve de courage en rentrant dans la cage aux fauves...

Extrait :

Comme notre société a besoin de vous, nous devons nous engager pour que l’on parle de vos établissements autrement qu’à l’occasion de faits divers qui mettent en cause les patients qui vous sont confiés. A mes yeux, ces faits divers ne remettent nullement en question votre compétence, votre dévouement, et les services que vous rendez à la société. Mais ces faits divers doivent nous interroger tous, moi compris, sur les lacunes que peut révéler notre système d’organisation et de fonctionnement de la prise en charge.

Commentaire :

En deux mouvements et en deux phrases, comment dire une chose - engager un débat de fond - et son contraire - réagir à la supposé pression médiatique .
Ce qui commence à poindre c’est une ostracisation : notre société d’un côté, vos établissements de l’autre.
Et donc les moyens de maintenir étanche ces "deux mondes" en laissant les "fous" à leur place dans un hopital, voire une chambre sécurisé comme "nous" l’allons voir...

Extrait :

Vous vous souvenez tous du meurtre, dont on me parlait il y a quelques instants, commis il y a quelques jours à Grenoble sur une personne de 26 ans par un malade qui avait fugué de l’hôpital psychiatrique de Saint-Egrève...
Et j’ai été choqué de ne pas entendre beaucoup de mots pour la famille de la victime.

Commentaire :

Mise en accusation des personnels soignants de ne pas avoir réagi à l’actualité, ou plutôt de ne pas avoir réagi comme le Président aurait souhaité qu’ils le fassent.
En pleurant peut-être, en s’accusant eux-mêmes de négligence, en ne permettant pas de ce fait que le "travail de deuil" requis par les médias puisse commencer...

Extrait :

Il faut trouver un équilibre, que nous n’avons pas trouvé, entre la réinsertion du patient absolument nécessaire et la protection de la société.
Dire cela ce n’est bafouer personne. Mon devoir c’est de protéger la société et nos compatriotes, de la même façon que les personnels. Parce que vous êtes les premiers au contact de cette violence éruptive, imprévisible et soudaine.
L’espérance, parfois ténue, d’un retour à la vie normale, - j’ose le dire ici - ne peut pas primer en toutes circonstances sur la protection de nos concitoyens.
Mettez-vous aussi à ma place. Je dois répondre à l’interrogation des familles des victimes que je reçois.
Les malades potentiellement dangereux doivent être soumis à une surveillance particulière afin d’empêcher un éventuel passage à l’acte.
Et vous savez fort bien, mieux que moi, que des patients dont l’état s’est stabilisé pendant un certain temps peuvent soudainement devenir dangereux.

Commentaire :

Il faut trouver un équilibre, le mot est bien choisi.
Ce discours est farci de lapsus et surtout de rappel à l’ordre, dont M. Sarkozy est le garant.
Il s’agit de ranger les éléments dans des cases si possible fermées à clé.
C’est son devoir, et il faut que les personnels soignants se mettent à sa place.
C’est que M. Sarkozy ne veut pas prendre de risques pour sa réélection, et pour cela ses décisions ne seront guidées que par l’accusation de "laxisme" dont il pourrait faire l’objet.
Présupposé qui ne va pas permettre de traiter de façon sereine et objective un sujet qui aurait mérité une hauteur de vue dont ce monsieur est bien incapable, lui qui n’a toujours qu’une réponse quel que soit le problème posé : la répression et la mise à l’écart par transformation en prison de tout espace clos fut-il un hopital...
Le mot espérance ressort ici mais pour être disqualifié, M. Sarkozy en 2004 avait commis un livre ou il était question d’espérance, mais à l’époque il s’agissait surement de son "espérance" de remporter les élections.
L’espérance qui sous-tend le travail psychiatrique ne lui sert en rien pour se maintenir au pouvoir, alors "il faut le comprendre"...

Extrait :

Et la Ministre de la santé a dégagé 30 millions d’euros. Ces investissements serviront à mieux contrôler les entrées et les sorties des établissements et à prévenir les fugues. Quand un patient hospitalisé d’office sort du périmètre autorisé par son médecin, l’équipe soignante doit en être informée tout de suite. Certains patients hospitalisés sans leur consentement seront équipés d’un dispositif de géo-localisation qui, si cela se produit, déclenche automatiquement une alerte.

Commentaire :

Bizarre, la description faite ressemble bien à une prison.
Des problèmes, une solution : le maton ( et matons ces fous... ).
Et par la même occasion ces personnels qui avaient l’espoir de faire un métier humain.

Extrait :

Par ailleurs, au moins une unité fermée va être installée dans chaque établissement qui le nécessite. Ces unités seront équipées de portes et de systèmes de vidéosurveillance pour que les allées et venues y soient contrôlées. Enfin, nous allons aménager 200 chambres d’isolement. Ces chambres à la sécurité renforcée sont destinées aux patients qui peuvent avoir des accès de violence envers le personnel. La création d’unités fermées et de chambres d’isolement supplémentaires est une mesure dont je veux souligner l’importance.

Commentaire :

Le délire est décliné, il est détaillé, il est central.
Mais je pense que M. Sarkozy ne parle plus aux personnels, mais aux médias, en les engageant à reprendre ces "mesures choc" dans les journaux télévisés.

Extrait :

Nous allons d’abord instaurer une obligation de soins en milieu psychiatrique. 80% de vos patients sont pris en charge en ville. De même qu’il existe l’hospitalisation sans consentement, il faut qu’il y ait des soins ambulatoires sans consentement. C’est l’intérêt même du patient et de sa famille. L’obligation de soins doit être effective même en cas d’absence ou de défaut de la famille. On ne peut pas laisser seul un patient qui a un besoin manifeste de soins et qui peut, parfois, refuser de s’y soumettre.

Commentaire :

Comme s’il s’agissait de deux pays, les "fous" en France devront être reconduits à la frontière sans leur consentement.
Qui va définir le fou ?
C’est une question qui n’est pas abordée.
Mais il me semble que l’Etat pointe le bout de son nez, comme on va le voir plus loin.
En attendant le corps social "sain" va expulser les éléments potentiellement déviants ( qui menacent la veuve et l’orphelin, la victime - ou l’on voit que le principe de précaution ne sert pas qu’en écologie ).

Extrait :

Les sorties de patients, absolument indispensables, doivent être davantage encadrées... ...Je réfléchis à un système ou le préfet doit prendre ses responsabilités. Pourquoi le préfet ? Parce que c’est le représentant de l’Etat. En cas de sortie d’essai ou définitive, il doit y avoir un avis rendu par un collège de trois soignants : le psychiatre qui suit le patient, le cadre infirmier qui connaît la personne, ses habitudes et un psychiatre qui ne suit pas le patient. Et les psychiatres libéraux doivent pouvoir en faire partie. L’exercice collégial est la clé de la réforme. L’avis des experts est indispensable, mais je veux poser la question les experts. Les experts donnent leur avis mais la décision, ce doit être l’Etat, ou dans certains cas la justice, mais pas l’expert. Je ne suis pas pour une société d’experts : les experts en comptabilité, les experts en bâtiment, les experts en médecine, les experts encore toujours.

Commentaire :

Et voila l’Etat qui arrive, expression de la volonté populaire par l’élection de M. Sarkozy qui donne des ordres aux préfets.
Et les personnels soignants, ravalés au rôle d’experts, dont la décision semble n’être que consultative et collégiale, devront se soumettre à la seule personne qui décidera : le préfet.
Dans d’autres domaines, ce gouvernement et M. Sarkozy se soumettent bien volontiers à des avis d’experts : en économie, en justice, en sécurité, en informatique, en géopolitique.
Mais pas en psychiatrie, la on ne plaisante pas, il s’agit d’experts de basse extraction, qui pourraient analyser oh insulte suprême, le pourquoi des décisions présidentielles comme la pétition ( appel des 39 ) le souligne.
Le roi est nu mais il ne veut pas le savoir, son délire doit pouvoir continuer à s’étendre...

Extrait :

Enfin, le Gouvernement s’assurera que les informations administratives sur les hospitalisations d’office soient partagées entre tous les départements avec un secret médical respecté de la façon la plus stricte.

Commentaire :

Et hop, un fichier supplémentaire, dont les accèdants seront surement les préfets.
Société de contrôle ou le problème ne sont pas les sans-papiers, mais l’équivalent informatique des papiers : les fichiers.

Extrait :

Il est enfin important, essentiel, d’accroître l’attractivité de vos métiers et de vos carrières. C’est un problème majeur dans notre pays.
Vous avez un pays passionnant mais extrêmement exigeant.

Commentaire :

Une petite cerise sans chiffrage, une sorte d’ajout oratoire passe-partout qui n’engage à rien car, osons le mot : "les promesses rendent les fous joyeux".
Je note aussi le plus beau lapsus du discours ou le métier des personnels psychiatriques est remplacé par le pays comme vous pouvez le voir.

Extrait :

Et enfin, je comprends parfaitement que le malade est une personne dans toute sa dignité et que sa maladie ne fait que le rendre plus humain encore, qu’un hôpital ne sera jamais une prison.
Mais en même temps, des malades en prison, c’est un scandale.
Mais des gens dangereux dans la rue, c’est un scandale aussi.

Commentaire :

C’est beau un président qui a conscience de tous les aspects d’un problème, qui tente de désamorcer un débat qu’il est censé venir initier, mais qui est déjà clos puisqu’il a parlé.
Définition du mot scandale : Terme qui vient du grec "scandalon", signifiant : obstacle placé sur un chemin pour faire tomber celui qui l’empruntera.

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24 réactions à cet article    


  • jako jako 31 décembre 2008 11:45

    Excellent ! merci


    • Halman Halman 31 décembre 2008 13:28

      Vos interprétations sont des plus personneles, démagogiques.

      La plupart de ces mesures annoncées répondent à une réalité, à un besoin urgent, réclamées par les soignants eux mêmes.



      • maxim maxim 31 décembre 2008 13:42

        que vous ayez choisi comme pseudo Pasdesarkozy me fait comprendre votre interprêtation personnelle des réactions de Sarkozy ...

        mais vous ,en ce qui concerne l’hospitalisation psychiatrique ,quelles sont vos solutions ?,vos compétences en ce domaine ?

        il ne s’agit pas que de critiquer ,c’est à la portée de tout le monde .....


        • pasdesarkozy pasdesarkozy 31 décembre 2008 13:47

          Je vous renvoie ( si je puis dire ) à la pétition lancée par des personnels soignants appelant à la désobéissance civile à la suite de ce discours  :

          Lien vers position de personnels soignants

          J’aimerais bien que ma réaction ne soit qu’épidermique et le fait d’un béotien, mais voyez vous je me sens quand même concerné par ce qui se prépare en hopital psychiatrique et je suis dans mon droit en faisant cela, ne vous ne déplaise.


          • Pie 3,14 31 décembre 2008 14:50

            Un bon article qui met en relief l’incapacité de ce gouvernement à répondre aux problèmes des soins psychiatriques.

            Enfermé dans l’idéologie sécuritaire et la politique de l’empathie émotionnelle, Sarkozy conçoit les malades uniquement comme un danger potentiel et n’apporte que des réponses improvisées en réponse aux faits divers.

            Il s’adresse à l’électeur et non aux professionnels.


          • maxim maxim 31 décembre 2008 17:34

            excusez moi ,mais dans la deuxiéme partie de votre commentaire vous vous dites concerné ...

            que dois je comprendre par là ?....


          • norbert gabriel norbert gabriel 31 décembre 2008 16:41

            c’est un des travers récurrents du système Sarkosy, la fuite en avant en débusquant de nouveaux sujets pour faire oublier tous les anciens sujets sur lesquels on avait promis-juré de trouver la solution rapidement ; cochon qui s’en dédit !
            De la com’ à outrance ; bien relayée par les médias pour la plupart très complaisants, et le tour est joué.
            Mais depuis un an combien de mesures avec rétrogradage immédiat ? la dernière étant Darcos qui vient de s’apercevoir qu’une concertation serait utile... et si on avait commencé par là ? un peu de bon sens au lieu des agitations permanentes ferait surement avancer le char de l’état dans la bonne direction...
            Heureusement, dans quelques jours, 2009 arrive... avec la récession, il doit y avoir encore quelques lapins à faire sortir du chapeau pour maintenir l’illusion, c’est pour ce soir, bonne année quand même !


            • jeanclaude 31 décembre 2008 16:51

              J’ai soigneusement lu l’article - discours et commentaire. Je connais bien la psychiatrie publique.
              Il y a de la naïveté dans certains passages du discours de NS, insuffisament préparé (?).

              N’empêche qu’il pose une question légitime, celle de la protection du citoyen vis à vis de cas extrêmes de dangerosité potentielle.
              Les médecins et autres intervenants qui ont pétitionné, on peut comprendre leur réaction. Leur position, traditionnelle, est qu’ils sont là pour soigner le patient, pas pour protéger la société.
              Cette question est sous-jacente en permanence entre le pays réel et la communauté du service public en charge des patients. La réponse a longtemps pu être reportée.
              De 1838 à 1950 environ, elle n’avait pas vraiment d’importance, les malades les plus dangereux étant hospitalisés au long cours, voire à vie.
              La question resurgit suite à la véritable révolution qu’a constitué le mouvement de réforme de notre service public national, sous l’impulsion de médecins humanistes engagés dans la résistance. Evitons aux malades l’enfermement à vie et sa chronicisation.
              Les 3/4 au moins de la population "enfermée" jusqu’en 1950 est "dehors" aujourd’hui, avec des aller-retours.

              Est-ce qu’on est allé trop loin ? La tolérance d’une majorité de la population, informée immédiatement de chaque drame, a-t-elle diminué ?

              La pétition citée, écrite dans un mouvement de protestation compréhensible, estime implicitement que tout a été fait au mieux, et qu’il faut faire avec les risques inhérents à ce choix. Risques statistiquement infimes - mais chaque passage à l’acte est amplifié par les médias et avalé par la population.

              C’est pourquoi tous les propos de NS ne sont pas à rejeter sans débat. Ainsi :

              - l’obligation de soins pour un patient "dehors" ( en suivi ambulatoire ).

              - la participation d’un cadre infirmier à la décision de "libérer" - il connait le patient sous un autre angle.

              - la décision prise par le préfet. Là @pasdesarkosy ne connait pas bien la procédure existante ( il suffit de lire le code de la santé publique ). Pour le moment c’est un inspecteur de la DASS qui confirme l’autorisation de sortie posé comme diagnostic par les psychiatres (je ne détaille pas). Il est vrai que c’est devenu une procédure de routine. Si c’est un plus proche collaborateur du préfet, il y aura peut-être plus de vigilance. Mais sur le fond, il se rangera aussi le plus souvent derrière les experts. Il y aura probablement des refus de les suivre, ce qui entraînera des recours administratifs de la part du patient....

              Le passage de NS dans un établissement ne mérite pas un commentaire aussi négatif. Pour le reste, l’essentiel c’est une question de moyens, on a limité les budgets de la psychiatrie depuis 20 ans. Et le numérus clausus des psychiatres à former. Fermeture de robinet commencé sous la gauche. Avec l’idée que les psychologues pouvaient en partie faire le même boulot.

              Si on fait plus, il faut plus de sous. Les français sont-ils prêts - contribuables ou cotisants - à mettre la main au porte-monnaie ?


              • Philou017 Philou017 31 décembre 2008 21:02

                Jean Claude : "Est-ce qu’on est allé trop loin ? La tolérance d’une majorité de la population, informée immédiatement de chaque drame, a-t-elle diminué ?"

                Le probleme à mon avis vient de l’augmentation de problemes psychologiques dans la société. Cette augmentation est en partie due à des conditions de vie plus difficiles, à l’augmentation du chomage et de la marginalisation parfaois rapide de gens ayant des problemes. Et à d’autres choses aussi.
                Le probleme, c’est que le budget hospitalier a suivi la pente inverse, accompagné de plus d’une médicalisation excessive et servant souvent de seule thérapeutique, ce qui ne guérit pas beaucoup de gens et amene de nombreuses récidives et chronicisations.


                La pétition citée, écrite dans un mouvement de protestation compréhensible, estime implicitement que tout a été fait au mieux, et qu’il faut faire avec les risques inhérents à ce choix. Risques statistiquement infimes - mais chaque passage à l’acte est amplifié par les médias et avalé par la population.


                Effectivement, je pense que les cas dramatiques sont surmédiatisés et de plus exploités politiquement. Les médias d’aujourd’hui sont friands de drames qui émotionnent facilement la population. Ces dernieres années, il y avait les pédophiles, mais les cas scandaleux se font rares. et apres Outreau...Alors que le malade psy qui tue (crime pourtant tres peu fréquent par rapport à d’autres), ca vend bien....

                C’est pourquoi tous les propos de NS ne sont pas à rejeter sans débat. Ainsi :

                l’obligation de soins pour un patient "dehors" ( en suivi ambulatoire ).
                Ca me parait peu réaliste, qui controlera que les patients prennent bien leurs médicaments ? A moins de dégarnir les effectifs en place, pourtant déja tres insuffisants...

                - la participation d’un cadre infirmier à la décision de "libérer" - il connait le patient sous un autre angle.
                C’est ce qui se faisait avant, quand les psys avaient du temps pour organiser des réunions avec leurs équipes infirmieres, afin de parler de l’évolution des patients. De plus, aujourd’hui, dans bien des services, les infirmier(e)s sont mal formés et se contentent de jouer le role de garde malade.

                "Le passage de NS dans un établissement ne mérite pas un commentaire aussi négatif."
                Ses motivations détestables et la volonté évidente d’instrumentaliser le drame, ne méritent guere autre chose que le mépris le plus profond.


              • ZEN ZEN 31 décembre 2008 16:55

                Le problème est plus que jamais d’actualité

                " La psychiatrie publique va mal. Délaissée, ballottée au gré des faits divers. En vingt ans, elle a perdu plus de 100 000 lits, sans qu’ils soient, le plus souvent, remplacés par des structures intermédiaires. Pendant ce temps-là, les malades sont pris en charge, parfois avec chaleur, d’autres fois avec des pratiques inhumaines. Souvent, ils attendent des semaines avant d’obtenir une consultation. Et nombre d’entre eux sont renvoyés dans la rue ou en prison."

                Les psys appellent à un électrochoc :


                • ZEN ZEN 31 décembre 2008 17:05

                  Je me permets de reproduire partiellement un article récent de Médiapart , qui n’est pas en accès libre, et qui fait assez bien le point

                  Psychiatrie : vers un front du refus contre la politique sécuritaire de Sarkozy | Mediapart
                  " Douze jours après l’infâme discours de Sarkozy à l’hôpital d’Antony devant des professionnels de la psychiatrie publique, la résistance s’organise. Ce discours est sur www.ldh-toulon.net/spip.php ?article2996. Peut- on approuver ce discours ? L’article du Figaro, titré "Psychiatrie : Sarkozy veut sécuriser les hôpitaux" place l’exigence sécuritaire de Sarkozy comme simplement une "urgence" dans le cadre "des réformes gobales de la psychiatrie"qui devraient s’inspirer d’une commission, dite commission Couty, qui doit rendre prochainement ses avis au Ministre. Certaines interventions de syndicats de psychiatres, de syndicats d’infirmiers, d’associations de familles et d’associations de patients tentent de croire en la possibilité d’un dialogue avec ce pouvoir, avec la ministre de la santé , avec ce Président. Mais l’analyse du discours de Sarkozy, ce que j’ai tenté sur le site "contes de la folie ordinaire" de Mediapart, www.mediapart.fr/club/edition/contes-de-la-folie-ordinaire/, montre que ce discours est sans ambiguité, qu’il n’ y a aucun malentendu possible : Sarkozy est venu dire aux professionnels de la psychiatrie publique que leur coeur de métier était l’enfermement illimité des personnes dangereuses, et que sa "conviction" est que ces personnes dangereuses sont folles. Tel un colonel devant ses troupes rassemblées, il a donné ses consignes. Rien n’annonce la possibilité d’un dialogue dans ce discours.Des réactions virulentes se sont multipliées. Plusieurs articles sur cette édition "contes de la folie ordinaire"ont paru,www.mediapart.fr/club/edition/contes-de-la-folie-ordinaire . Hervé Bokobza a rappelé que "la psychiatrie n’est pas une discipline sécuritaire", il écrit"enfermer les fous, les mettre en prison, les cacher du regard des autres "humains"est un "crime social dont le prix à payer est et sera au prix fort, celui d’un retour à l’ancien régime". Puis un texte collectif fut mis en ligne par Yves Gigou, "la folie est redevenue, à la demande d’un président l’objet de la vindicte populaire".
                  Héritiers de la psychiatrie désaliéniste et de ce qui fut le courant de la psychothérapie institutionnelle, ils dénoncent "une décision d’une gravité exceptionnelle", car "jamais la stimatisation n’avait atteint ce niveau". Ils appellent "dans les plus brefs délais", à défendre notre société, ses malades", "dans la rue". Paul Machto, dans un article, "après la nuit de Bicêtre, les ténèbres d’Antony"se situe dans la même lignée, insiste sur les effets délétères que va avoir ce discours de Sarkozy dans la population, sur les patients et leurs familles, sur les soignants. "Des excuses faites aux patients devraient être exigées". Il conclut : "un ordre nouveau est en train de se mettre en place".Une lettre ouverte au président a beaucoup circulé, ecrite par Mickael Guyader, où il écrit à Sarkozy : "vous avez donc contribué à la destruction du lien social en désignant des malades à la vindicte(...) J’affirme ici mon ardente obligation à ne pas mettre en oeuvre vos propositions dégradantes d’exclure du paysage social les plus vulnérables".Cette lettre ouverte, comme nombreuses autres réactions ont été recensées sur http://serpsy.org/nouveautés/Nouveautés. Le syndicat SUD, l’association "Croix Marine", les CEMEA, le syndicat de psychiatres privés SNPP s’y expriment avec force. Le SNPP se déclare scandalisé par "tant de déni, de démagogie et d’ignorance" dans ces "propos intolérables du chef de l’Etat". Les communiqués du PCF et de la LCR sont virulents eux aussi.Un dépassement collectif de ces réactions dispersées est proposé par un texte qui a paru dans la rubrique "opinions" du Monde du 12 décembre, "Politique de la peur", lisible sur http://uspsy.org . Il regroupe le président de la Ligue des droits de l’homme, des membres du Syndicat de la magistrature, de l’Union syndicale de la psychiatrie, des associations CEDEP et Serpsy, de SUD santés-sociaux, et aussi des Verts, du PCF et de la LCR. Il met en série la loi de prévention de la délinquance de Sarkozy ministre de l’Intérieur, la récente loi de rétention de sûreté, le fichier Edvige et ce discours de Sarkozy. Et aussi la façon insupportable dont sont traités les sans-papiers, les collégiens, certains journalistes, les SDF. "Un ensemble liberticide" utilisant "un bulldozzer administratif et comptable". Ce sont les prémisses d’une logique totalitaire au sens de Hanna Arendt qui sont dénoncées, "un système dans lequel les hommes sont superflus".Contre cette "idéologie populiste" et cette "dérive sécuritaire" : "nous déclarons que nous continuerons d’y résister concrètement et solidairement. Nous appelons tous ceux qui agissent à élaborer un manifeste constituant d’un front du refus." C’est entendu.(Pascal Boissel)


                  Psychiatrie : Sarkozy veut "sécuriser"

                  Les professionnels de la psychiatrie appellent à "garder la raison"

                  Psychiatrie : le coup de colère des professionnels

                  Face à la grande misère de la psychiatrie française


                  • maxim maxim 31 décembre 2008 17:32

                    salut Calmos ...

                    ceux là ,on les enferme dans leur gourbi de la rue de Solférino ,j’ai acheté un gros cadenas pour bloquer le grille ,aprés on les enfume !


                    • Philou017 Philou017 31 décembre 2008 19:29

                      Les interventions de maxim et calmos sont du niveau de la politique de Sarkosy : d’une bêtise méchante, en dessous de la ceinture, aigries, haineuses, . Vous avez bien le président que vous méritez...


                    • maxim maxim 1er janvier 2009 11:14

                      et ben oui Philou ..

                      on est bêtes et méchants ,c’est pour ça qu’on essaie de se soigner en venant sur Avox ,mais finalement ,c’est encore pire de la part de ceux qui ne pensent pas comme nous !

                      comment voulez vous que l’on s’humanise ?


                    • jeanclaude 31 décembre 2008 17:43

                      @ Zen - Ceux qui ont le pouvoir (dans l’ordre le psychiatre, le psychanalyste, certains psychologues) ne sont en général pas là quand l’infirmier se fait agresser. Bien sûr c’est rare, mais l’infirmier, lampiste potentiel, aimerait aussi qu’on ne le mette pas parfois dans la quadrature du cercle : le patient doit se sentir libre, mais il ne faut pas qu’il se sauve..., etc.

                      Comme le note @Halman, une partie des professionnels n’est pas aussi opposée à certaines propositions de NS. Mais c’est la majorité silencieuse. Ceux qui parlent, c’est aussi des gens ancrés à gauche. Ils en font parfois trop ou ne prennent pas en compte les interrogations de la population.
                      Un discours trop fermé, trop professionnel ne parle pas au citoyen de base. C’est depuis quinze ans que les responsables de la profession protestent régulièrement. Le pays profond est indifférent. Problème.



                      • ZEN ZEN 31 décembre 2008 17:52

                        Jeanclaude

                        Je n’oublie pas l’infirmier .
                         J’en connais plusieurs dans mon voisinage. L’HP du Pas de Calais se trouve non loin de chez moi
                        Son travail est essentiel et difficile, d’autant plus qu’il n’est maintenant plus formé spécifiquement à des tâches de plus en plus complexes et à risques
                        Je crois que les documents que je livre y font allusion.


                      • Philou017 Philou017 31 décembre 2008 21:18

                        Jean-Claude :
                        Il est vrai que les infirmier(e)s psy, dont on a supprimé la formation spécifique, servent plus de garde-malades qu’autre chose dans beaucoup de services. Leur role thérapeutique est de plus en plus limité ;
                        Dans ce cadre, ils servent souvent de "tampons", d’amortisseurs aux patients trop souvent peu pris en charge et livrés à eux-même.
                        Il n’est pas étonnant que certains demandent plus de sécurité. mais cela ne résoudra strictement rien sur le fond.


                      • anny paule 31 décembre 2008 18:09

                        Voilà bien des années, j’avais écouté, sur France Culture, un discours d’un psychiâtre espagnol, un Bracelonnais dont j’ai oublié le nom. Cet homme tentait de proposer une défintion de "la folie" et de faire la distinction entre "folie" et "maladie mentale".
                        De son propos, je retiendrai deux choses qui peuvent nous être utiles (en ces temps troubles du "tout sécuritaire" :
                        La première, c’est que parler de la folie de l’autre, c’est faire référence à une "norme" comportementale. Dans ce cas, qui peut être habilité à définir cette norme ? La même norme comporte-t-elle des constantes (mesurables scientifiquement) , et sur quels critères (fixes ou liés à un moment particulier de l’évolution de nos sociétés) ?
                        La seconde, c’est la distinction qu’il établissait entre "la folie" et la "maladie mentale".
                        Ce qu’il disait, à ce propos, c’est que la "norme" n’existant pas, n’ayant ni consistance, ni constance, pour lui, chacun de nous pouvait être considéré comme un peu "fou" ! "Nous sommes donc tous un peu fous !"

                        Par contre, la définition qu’il donnait du "malade mental" coïncidait avec celle d’une "folie non assumée comme telle" . Le malade mental est celui qui ne reconnaît ni n’assume sa folie !
                        Ceci me semble intéressant en ce moment où les "normes sociétales et comportementales" fluctuent avec l’état d’esprit de notre gouvernement.
                        Ceci peut laisser penser que tous ceux qui ne "vont pas rentrer dans le rang" pourront être mis à l’index, car dérangeants. De là à imaginer que tout mouvement protestataire ou contestataire peut être le fruit d’une maladie mentale dangereuse, il n’y a qu’un pas !
                        Je dis donc, danger pour chacun de nous qui dispose encore d’une once d’esprit critique ! Nous risquons, à terme, l’enfermement au nom de la "sécurité" !


                        • maxim maxim 31 décembre 2008 19:00

                          d’accord avec vous Annie Paul ...

                          tout le monde a un petit grain !

                          là comme je vous parle ,je suis moi même échappé de Sainte Anne ,mais ne dites sutout rien ,c’est strictement entre nous que ça se passe ...

                          je suis allé essayer un nouvel entonnoir ,vous savez,ce truc que les dingos se collent sur le carafon en guise de chapeau ,et ce soir comme je me prends parfois pour Napoléon 1er et que j’habite Fontainebleau ,ce soir donc,je vais aller réveillonner avec Joséphine de Beauharnais ,entouré de ma fidèle Garde ! au palais ! il y aura un grand bal ,et j’ai rencard avec Marie Louise d’Autriche ,mais chuuuuuuttttt !
                          faut rien dire !!!!!!

                          bon là il est temps de prendre mes cachets de Tranxène et mon Gardénal !

                          demain ,c’est la bataille d’Austerlitz qui m’attend !

                          sur ce ,vive l’Empire !

                          et bonne année à tous !


                        • jeanclaude 31 décembre 2008 18:23

                          @ ZEN - OK - Difficile de (pour moi) de ne pas simplifier trop.
                          Là où je vous rejoins entièrement, c’est qu’un président ne devrait pas prendre la moyenne de l’opinion. Mais être le garant de notre humanisme. Et donc peser ses paroles par rapport aux restrictions de liberté à l’encontre d’un malade mental.
                          Et çà NS n’en est pas capable. Pour x raisons. Mais encore une fois, toutes ses propositions ne sont pas négatives.


                          • Philou017 Philou017 31 décembre 2008 20:30

                            Cet intervention est proprement scandaleuse. C’est la premiere fois que je vois un politique instrumentaliser la psychiatrie de cette façon, avec un cynisme absolu.

                            Je vais aussi décortiquer cette intervention pour en montrer toute l’absurdité et la stupidité.

                            A mes yeux, ces faits divers ne remettent nullement en question votre compétence, votre dévouement, et les services que vous rendez à la société. Mais ces faits divers doivent nous interroger tous, moi compris, sur les lacunes que peut révéler notre système d’organisation et de fonctionnement de la prise en charge.

                            Passage de pommade sur le personnel. Pour faire avaler le reste de son discours ?

                            Vous vous souvenez tous du meurtre, dont on me parlait il y a quelques instants, commis il y a quelques jours à Grenoble sur une personne de 26 ans par un malade qui avait fugué de l’hôpital psychiatrique de Saint-Egrève...
                            Et j’ai été choqué de ne pas entendre beaucoup de mots pour la famille de la victime.


                            Toujours insister sur les victimes, le malheur des familles, etc...Cette ritournelle sur le manque d’égard aux vixtimes est une manipulation utilisée par Sarkosy depuis de nombreuses années. Pas un mot sur les victimes de l’hopital psychiatrique qui, faute de moyen, reduit souvent ses malades en zombies bourrés de médicaments, comme la soeur de Sandrine Bonnaire et bien d’autres. Mais ceux-là ne votent pas. Il est plus intéréssant de faire peur à la masse des gens que de s’occuper réellement des problemes de plus en plus criants de l’Hopital.

                            Il faut trouver un équilibre, que nous n’avons pas trouvé, entre la réinsertion du patient absolument nécessaire et la protection de la société.
                            Dire cela ce n’est bafouer personne. Mon devoir c’est de protéger la société et nos compatriotes, de la même façon que les personnels. Parce que vous êtes les premiers au contact de cette violence éruptive, imprévisible et soudaine.

                            Mr Sarkosy ne s’interesse qu’aux dangers des malades, que les personnels connaissent bien. De nombreuses infirmieres sont victimes de coups et d’arret de travail qui s’ensuivent dans un milieu difficile et surchargé de patients dont on ne s’occupe pas vraiment. Pas besoin qu’on leur rapelle.
                            Mais Sarkosy joue constamment sur la peur et le besoin de protection. Cette réthorique est abjecte


                            L’espérance, parfois ténue, d’un retour à la vie normale, - j’ose le dire ici - ne peut pas primer en toutes circonstances sur la protection de nos concitoyens.
                            Mettez-vous aussi à ma place. Je dois répondre à l’interrogation des familles des victimes que je reçois.


                            Toujours les victimes. Pourtant la population psychiatrique est statistiquement moins "délinquante" que le reste de la population.

                            Les malades potentiellement dangereux doivent être soumis à une surveillance particulière afin d’empêcher un éventuel passage à l’acte.
                            Et vous savez fort bien, mieux que moi, que des patients dont l’état s’est stabilisé pendant un certain temps peuvent soudainement devenir dangereux.


                            N’importe qui peut (re)devenir dangereux. Même un pere de famille dont personne n’a jamais entendu parler et qui tue toute sa famille. Parce qu’il vient de perdre son travail. Mais ces victimes de la société voulue par Sarkosy entre autre n’intéressent pas Sarkosy, il n’y a pas de coupable à désigner.

                            D’une maniere générale, de tels problemes sont délicats à gerer et nécéssitent d’agir avec discernement et pertinence. Se précipiter dans un hopital psychiatrique comme le fait Sarkosy apres un drame afin de désigner des coupables faciles est indigne d’un homme politique digne de ce nom.
                            mais Sarkosy a-t-il une quelconque dignité ?


                            Et la Ministre de la santé a dégagé 30 millions d’euros. Ces investissements serviront à mieux contrôler les entrées et les sorties des établissements et à prévenir les fugues. Quand un patient hospitalisé d’office sort du périmètre autorisé par son médecin, l’équipe soignante doit en être informée tout de suite. Certains patients hospitalisés sans leur consentement seront équipés d’un dispositif de géo-localisation qui, si cela se produit, déclenche automatiquement une alerte.

                            Seule réponse de Sarkosy : flicage, renforcement de l’hopital prison. Aucune réponse thérapeutique, aucune solution aux graves problemes de budget de l’hopital. La seule réponse est de dépenser quelques millions afin d’enfermer profondément les quelques malades pouvant poser probleme.
                            Le degré zéro de la politique.


                            Par ailleurs, au moins une unité fermée va être installée dans chaque établissement qui le nécessite. Ces unités seront équipées de portes et de systèmes de vidéosurveillance pour que les allées et venues y soient contrôlées. Enfin, nous allons aménager 200 chambres d’isolement. Ces chambres à la sécurité renforcée sont destinées aux patients qui peuvent avoir des accès de violence envers le personnel. La création d’unités fermées et de chambres d’isolement supplémentaires est une mesure dont je veux souligner l’importance.
                            Toujours plus de vidéo, de flicage, d’enfermement, de sécurité. aucune réponse sur le fond.
                            Toujours jouer sur la peur, sur la sécurité.

                            Nous allons d’abord instaurer une obligation de soins en milieu psychiatrique. 80% de vos patients sont pris en charge en ville. De même qu’il existe l’hospitalisation sans consentement, il faut qu’il y ait des soins ambulatoires sans consentement. C’est l’intérêt même du patient et de sa famille. L’obligation de soins doit être effective même en cas d’absence ou de défaut de la famille. On ne peut pas laisser seul un patient qui a un besoin manifeste de soins et qui peut, parfois, refuser de s’y soumettre.

                            Les soins sans consentement du patient, c’est la camisole chimique et rien d’autre. Sarkosy utilise des arguments primaires jouant et martelant sans cesse sur les mêmes sentiments primaires.
                            La prise en charge de malades psychiatriques est infiniment plus compliquée et technique que cela.

                            Comme s’il suffisait de décréter "une obligation de soins" pour résoudre des problemes psychologiques.
                            En fait, il s’agit toujours d’appliquer la camisole chimique, pourtant déjà largement employée dans l’hopital psy de nos jours.
                            Pitoyable.


                            Les sorties de patients, absolument indispensables, doivent être davantage encadrées... ...Je réfléchis à un système ou le préfet doit prendre ses responsabilités. Pourquoi le préfet ? Parce que c’est le représentant de l’Etat. En cas de sortie d’essai ou définitive, il doit y avoir un avis rendu par un collège de trois soignants : le psychiatre qui suit le patient, le cadre infirmier qui connaît la personne, ses habitudes et un psychiatre qui ne suit pas le patient. Et les psychiatres libéraux doivent pouvoir en faire partie. L’exercice collégial est la clé de la réforme. L’avis des experts est indispensable, mais je veux poser la question les experts. Les experts donnent leur avis mais la décision, ce doit être l’Etat, ou dans certains cas la justice, mais pas l’expert. Je ne suis pas pour une société d’experts : les experts en comptabilité, les experts en bâtiment, les experts en médecine, les experts encore toujours.

                            Une décision collégiale ? Pourquoi pas. Mais elle ne peut être décidée que par des psy qui connaissent le patient. Chaque cas est différent.
                            Comment organiser cela ? Déja que les praticiens hospitaliers sont surchargés parce que trop peu nombreux, il faudra encore qu’ils organisent des réunions collégiales. Avec des psy extérieurs qu’il faudra payer. Mais pour cela, il y a de l’argent...
                            Ceci dit, c’est le seul argument présentant un quelconque intérêt de l’ensemble de l’intervention./ Les psys débordés travaillent de moins en moins en équipe et ont tendance à décider seuls. Mais encore une fois, c’est le manque de moyens qui est en cause.

                            Enfin, le Gouvernement s’assurera que les informations administratives sur les hospitalisations d’office soient partagées entre tous les départements avec un secret médical respecté de la façon la plus stricte.

                            Encore du flicage pour seul réponse. A quoi ca sert que d’autres départements aient des renseignements sur un malade hospitalisé.... Flicage, enfermement, camisole chimique, la reponse du 21eme siecle aux problemes de l’hopital psy. Consternant.

                            Il est enfin important, essentiel, d’accroître l’attractivité de vos métiers et de vos carrières. C’est un problème majeur dans notre pays.
                            Vous avez un pays passionnant mais extrêmement exigeant.


                            Un peu de cirage de pompes pour faire avaler le reste. Indécent.

                            Et enfin, je comprends parfaitement que le malade est une personne dans toute sa dignité et que sa maladie ne fait que le rendre plus humain encore, qu’un hôpital ne sera jamais une prison.
                            Mais en même temps, des malades en prison, c’est un scandale.
                            Mais des gens dangereux dans la rue, c’est un scandale aussi.


                            Des gens potentiellement dangereux dans la rue, il y en a toujours eu. Prétendre les éradiquer de facon totale est démagogique, stupide, dangereux. Que ne fera-t-on pas demain au nom de la ritournelle sécuritaire obsessionnelle de mr Sarkosy ?

                            Ceci dit, mr Sarkosy parle d’un vrai probleme. La réinsertion de malades en milieu ouvert a commencé dans les années 60-70. Mais en ce temps-là, il y avait des moyens, des structures extérieures pour acceuillir des patients, des possibilités de suivi. Cette capacité n’existe plus que tres partiellement aujourd’hui.

                            La réponse du gouernement Sarkosy, l’enfermement ultra-sécurisé, le flicage, la camisole chimique, le chantage constant aux victimes est consternante de petitesse, de cynisme et d’opportunisme. Tout en exploitant sans vergogne la peur encore tres répandue de l’hopital psychiatrique chez l’ensemble de la population.

                            J’aurais honte pour cette facon de faire de la politique si je me sentais en quoi que ce soit responsable des agissements de ce gouvernement.
                            Heureusement, ce n’est pas le cas.

                            Mes voeux, en cette fin d’année, vont aux infirmiers et infirmieres qui assument leur service jour et nuit dans des conditions tres dégradées. Ainsi qu’à l’ensemble des malades qui servent tres opportunément de boucs émissaires.
                            			 		 	


                            • pasdesarkozy pasdesarkozy 1er janvier 2009 17:35

                              Merci pour ce beau commentaire.
                              Bien que la stratégie médias de M. Sarkozy soit de faire indéfiniment réagir sur des énormités en présentant ses réformes comme des évidences, il est nécessaire de montrer ce qui devrait être le coeur d’un discours politique, à savoir une hauteur de vue qui permette à chacun de s’approprier au dela de sa spécialité le pourquoi d’une réforme et comment elle s’insère et est acceptée par le corps social.
                              L’absence, que je ne peux qualifier de méprisante, de toute prise en compte d’un débat quel que soit le sujet abordé, dans les discours sarkozien pose problème.
                              Or comme la prise de décision n’a jamais été aussi centralisée, il nous faudrait une lisibilité autre que celle proposée par la forme des discours assénés.
                              Il serait bon que les contempteurs sarkozien décortiquent aussi ces discours.
                              S’ils ne le font pas, je ne peux que supposer que ce qui leur plait c’est cette réduction extrême.
                              J’avais qualifié dans un autre billet M. Sarkozy de Grand Yaka, aujourd’hui cette appréciation semble d’une gentillesse quasiment déplacée...


                            • jeanclaude 1er janvier 2009 10:15

                              @ Calmos - Miaou, miaou, pour 2009. J’espère que vos patrons vous donnent du frais à manger aujourd’hui.


                              • Christoff_M Christoff_M 4 janvier 2009 01:51

                                 les chomeurs doivent travailler...

                                les fous doivent etre traités....

                                les enfants agités doivent etre calmés !!

                                a t on eu un couple de gens déphasés à ce point la au pouvoir depuis les rois ???

                                Quand la tete de l’état est malade, le corps ne eput pas aller bien...

                                le dirigeant doit animer et motiver, le dirigeant sanction style père fouettard est une catastrophe, un retour deux cent ans en arrière...

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