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Accueil du site > Actualités > Santé > Don de rein dit « post-mortem » ou don de rein de son vivant : où est le (...)

Don de rein dit « post-mortem » ou don de rein de son vivant : où est le bazar bioéthique ?

Le Docteur Véronique Fournier dirige le Centre d’Ethique Clinique à l’hôpital Cochin, Paris. Elle est l’auteure du « Bazar bioéthique : Quand les histoires de vie bouleversent la morale publique » (Robert Laffont, collection « Le Monde comme il va », 2010). Pour elle, la bioéthique est « affaire d’hommes et de femmes, d’histoires singulières, plutôt que de principes désincarnés. (...) Vouloir un enfant alors que l’on est stérile, malade ou mourant, vouloir sauver la vie de celui que l’on aime au risque de perdre la sienne, vouloir être un homme quand on est né femme ou l’inverse sont autant d’épreuves de vie qui façonnent, au sens où elles détruisent mais construisent à la fois les individus qui les affrontent. Les histoires racontées ici ont été recueillies par le Centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin à Paris, où docteurs, philosophes, juristes et sociologues accompagnent patients et médecins dans leurs interrogations, jusqu’à ce que soit prise la moins mauvaise des décisions. C’est une plongée passionnante dans le concret de la médecine, au carrefour entre progrès scientifique et lutte pour la vie. Ces histoires véhiculent aussi des dilemmes éthiques dramatiques qui remettent en cause nos certitudes morales. Certains dénoncent le ’bazar bioéthique’ qui pourrait s’ensuivre. Pour Véronique Foumier, c’est en osant au contraire se porter solidaire de ces hommes et ces femmes que l’on pourra dessiner les voies d’une nouvelle bioéthique. » A l’heure de la révision des lois bioéthiques, ce livre lève le voile sur des enjeux peu connus du grand public. Lors de la parution de ce livre, je félicite son auteur. Sa réponse : « Ce livre ne servira à rien. » Comment peut-on écrire un livre qui défend avec tant d’efficacité des histoires individuelles dont la fin tient plus du « happy end » qu’autre chose : don de rein de son vivant, don de lobe de foie de son vivant, pour n’en nommer que quelques unes, et dire que cela ne sert à rien ?? Petit décryptage en cinq pavés dans la mare ...

Docteur Véronique Fournier, auteure du "Bazar bioéthique".

Premier pavé dans la mare, un entretien en 2010 avec un professeur de médecine de la Harvard Medical School aux USA - le berceau de la "mort encéphalique", puisque c’est là que cette nouvelle définition de la mort a connu sa première validation sur le plan médical et légal, à la fin des années 60, pour permettre les transplantations d’organes dites "post-mortem". "La mort encéphalique n’a jamais convaincu tout le monde", me dit ce professeur, malheureux de ses conflits avec ses homologues médecins réanimateurs français. La pomme de la discorde, c’est cette "règle du donneur mort" : pour que le prélèvement "post-mortem" soit possible, le donneur doit être mort. Or pour ce médecin qui cumule plus de 20 ans d’expérience en matière de "mort encéphalique" dans le contexte du "don" d’organes, la mort encéphalique n’est pas la mort. C’est un état qui permet d’aller au prélèvement d’organes, mais ce n’est pas la mort. Or du fait que la "règle du donneur mort" a force de loi en France (plus que dans les pays où on a légiféré sur l’euthanasie), on assène dans la communication publique que le donneur d’organes est mort au préalable du prélèvement de ses organes. Ce n’est pas vrai. Le donneur meurt au bloc. Ce médecin américain se montre malheureux du peu de dialogue avec ses homologues français, dont certains d’ailleurs ne parlent anglais que sous la torture. D’un côté, des spécialistes américains qui disent que la "règle du donneur mort" est hypocrite ; de l’autre, des spécialistes français qui affirment que la "règle du donneur mort" a force de loi et est respectée dans le don d’organes volontaire, anonyme et gratuit en France. En prenant congé de ce prestigieux médecin, très chaleureux au demeurant, il me lance : "Bon courage pour ce que vous faites, mais honnêtement, je ne pense pas que ça serve à grand-chose ..."

Second pavé dans la mare : OPTIDO, l’enquête d’opinion sur le don d’organes, lancée le 02/09/2010 auprès des personnels de santé :

"Selon vous, lorsque les critères légaux actuellement en vigueur pour définir la mort encéphalique sont remplis, le patient est-il vraiment mort ?"

"La France, et en particulier l’Agence de la biomédecine, a choisi de ne pas privilégier le donneur vivant, en considérant que le risque pris chez le donneur n’était pas justifié au regard de la non-exhaustivité atteinte des prélèvements chez le patient décédé, à coeur battant (état de ’mort encéphalique’) ou à coeur arrêté (’état d’arrêt cardio-respiratoire persistant’)."

Question : qu’est-ce qu’un mort "à coeur battant", ou encore (ce sont là deux états distincts) un mort sur lequel on va arrêter une réanimation entreprise dans l’intérêt d’un patient qui avait fait un arrêt cardiaque, pour entamer une autre réanimation, invasive celle-ci, au seul profit des organes à prélever ? Réponse : dans les deux cas, le prélèvement d’organes dit "post-mortem" oblige à considérer comme simple commodité, ou réservoir d’organes, un patient en fin de vie ou diagnostiqué comme tel, qui perd ainsi les droits de la personne, contrairement à ce que prévoit la loi Leonetti sur les droits des malades en fin de vie (loi d’avril 2005). Le conflit d’intérêts est évident : d’une part il faut récupérer des organes afin de répondre au douloureux problème de pénurie d’organes à greffer (15.000 patients en attente de greffe en France, les deux tiers attendent un rein), d’autre part il est impératif de ne pas nuire en accompagnant un patient jusqu’au bout de sa vie, jusqu’à son décès, en préservant ses intérêts et ses seuls intérêts. Le voilà, le grand secret, jalousement conservé par le pouvoir médical qui est un pouvoir sur la mort : la mort du donneur d’organes n’est pas une mort comme une autre. Il y a des prélèvements "post-mortem" qui sont éthiques, d’autres moins. Que les gynécologues puissent programmer l’heure d’un accouchement (pour ne pas rater leur golf), voilà qui ne choque pas grand monde, mais si on vous dit qu’on va programmer l’heure de votre décès - il ne sera pas question de rater une séance de golf sur le green, mais d’un don d’organes qui va peut-être je dis bien peut-être prolonger une ou des vies ... Le don de rein de son vivant est très peu développé en France : à peine 9 pour cent des greffes en France en 2009 (source : Agence de la biomédecine), alors que dans les pays scandinaves, les USA et l’Espagne, le don de rein de son vivant constitue près de la moitié (voire plus) des ressources en reins à greffer. Je reçois des messages sur Facebook de la part de chirurgiens français qui me proposent de relayer auprès du grand public l’activité de prélèvement de rein (donneur vivant) grâce à la chirurgie mini-invasive. Cette activité a débuté au début des années 2000, elle est aujourd’hui opérationnelle mais reste marginale en France. Je reçois également des messages d’épouses s’étant portées volontaires pour donner un rein à leur époux mais éconduites par un chirurgien disant qu’il ne prenait pas le risque d’opérer un donneur vivant et ne "faisait que du donneur mort". Après une conversation en particulier avec une de ces épouses, qui s’est fait "jeter" par le chirurgien (je cite de mémoire), je propose de relayer le témoignage sur mon blog : "Non merci. Vous êtes gentille, mais ça ne servirait à rien."

Troisième pavé dans la mare : Paris, 26 Octobre 2010, colloque au Sénat sur le sang de cordon dans la révision des lois bioéthiques, organisé par la sénatrice Marie-Thérèse Hermange. Lors d’une pause, je suis abordée par une dame charmante, qui s’avère être la directrice du comité de bioéthique monégasque. Elle me confirme ce que j’avais déjà entendu dire à l’hôpital Princesse Grace à Monaco : "Aucun prélèvement d’organe ’post-mortem’, aucune greffe n’ont lieu à l’hôpital Princesse Grace de Monaco. Tout cela se fait à Nice, à l’hôpital Cimiez, ou à l’Archet, ou à Pasteur, ou encore à Saint-Roch, mais pas sur Monaco." Je lui demande la raison de cette absence d’activité en prélèvements d’organes "post-mortem" sur Monaco : "Il y a des problèmes d’éthique avec les prélèvements ’post-mortem’. La religion catholique est inscrite dans la constitution monégasque. Elle ne permet pas les prélèvements d’organes." A Monaco, plus activement qu’ailleurs, on recherche des alternatives au don d’organes "post-mortem" : don de rein de son vivant, le sang de cordon ombilical et le cordon ombilical comme ressources thérapeutiques (médecine régénératrice). Vous me direz sans doute : vu comment le Pape nous embrouille avec ses histoires de préservatif en ce moment (il doit en rêver la nuit), votre histoire de don d’organes sur Monaco, ça ne sert à rien ...

Quatrième pavé dans la mare :

26 octobre 2010, entretien au Sénat avec le Professeur Eliane Gluckman, pionnière de la greffe du sang de cordon ombilical pour guérir certaines formes de leucémie. Je lui parle de ce livre écrit par un sociologue de la Sorbonne, Philippe Steiner : "La transplantation d’organes. Un commerce nouveau entre les êtres humains". Gallimard Nrf, 2010. A contre-courant, ce sociologue dénonce ce qu’il appelle un "marketing social du don" : le discours sur le don d’organes dit "post-mortem" est biaisé : on parle de don alors qu’il faudrait parler de sacrifice. "Il y a dans le ’don’ d’organes ’post-mortem’ une violence à laquelle je ne m’habitue pas, dit Philippe Steiner, et ce n’est pas de la sensiblerie. On peut s’y habituer, à cette violence, mais moi, je ne m’y habitue pas." Je lève les yeux du livre et dis au Professeur Eliane Gluckman : c’est ce même marketing social du don qui a freiné le développement de la greffe de sang de cordon par rapport à celui du "don" de moelle osseuse, ou encore la généralisation de la micro-turbine pour assister un coeur défaillant, car cela voudrait dire qu’il n’y a plus besoin de greffe cardiaque, ou encore les recherches sur le cordon et le sang de cordon afin de pouvoir, un jour, reconstituer des organes grâce au potentiel thérapeutique du cordon, du sang de cordon et de placenta. Au lieu de pédaler comme des fous pour trouver des alternatives à une pratique qui pose des problèmes de déontologie médicale ("d’abord ne pas nuire"), à savoir la greffe d’organes grâce au prélèvement d’organes vitaux "post-mortem", on a préféré mettre en place un "marketing social du don" visant à ressasser un discours public sur la générosité du Don (de moelle osseuse - contraignant, nécessitant une anesthésie -, d’organes "après-sa-mort", etc.). Dire que le sang de cordon et le cordon, le placenta ont été considérés comme des déchets opératoires et jetés à la poubelle jusqu’à tout récemment, au lieu d’être considérés comme une fabuleuse boîte à outils capable d’aider à réparer l’homme ! ...

Le Professeur Eliane Gluckman m’observe avec un sourire amusé, on dirait qu’elle découvre un sympathique mais éphémère petit écureuil qui évolue gracieusement dans un arbre de la forêt, elle qui s’ennuie dans un paysage de grisaille et d’autoroute : "Pour le sang de cordon, cela fait 30 ans qu’il ne se passe rien (voir). Tout à coup, le sang de cordon et le cordon vont être pris en compte dans la révision des lois bioéthiques, au lieu d’avoir le statut légal de simple déchet opératoire, comme dans les lois bioéthiques de 2004 et celles d’avant ..." La sénatrice Marie-Thérèse Hermange confirme : "Le don d’organes constitue l’élément le plus complexe dans la révision des lois bioéthiques, le grand public est loin de s’en douter. Le don de sang de cordon ombilical à la naissance d’un bébé ne pose pas de problème d’éthique et est anodin. Ce n’est pas le cas du don d’organes dit ’post-mortem’. Il est donc hors de question d’assimiler le don d’organes avec le don de sang de cordon." Je dis à Mme Hermange que je fais mon possible pour attirer l’attention de consultants en entreprise et autres décideurs, de politiques (législateurs, députés), des acteurs des transplantations et des usagers de la santé sur les effets délétères de ce "marketing social du don", notamment pour les familles confrontées à la question du don d’organes, mais que cela ne sert pas à grand-chose ...

Cinquième pavé dans la mare : un article de presse anglo-saxon, de novembre 2010 : Moins de dons de rein de son vivant dans un système légal de "consentement présumé", comme en France. (Lire)

Que dit cet article ? Dans les pays à "consentement présumé" (la France), on prélève essentiellement des reins sur des donneurs dits "décédés" - par opposition aux donneurs vivants. Dans les pays à "consentement explicite", comme les USA, les pays scandinaves, la GB, la Suisse, etc., on prélève bien plus de reins provenant de donneurs vivants. L’éclairage "éthique" n’est pas le même : dans le premier cas (pays à consentement présumé), il y a une volonté politique (cf. l’enquête OPTIDO) de prélever au maximum des reins à partir de donneurs dits "post-mortem" (la médecine se réservant le pouvoir de définir la mort en fonction du prélèvement d’organes) ; dans le second cas (pays à consentement explicite), il y a une volonté politique de reconnaître que le don dit "post-mortem" pose des problèmes d’éthique et qu’il faut donc recourir aussi à d’autres formes de prélèvement, comme le don de rein de son vivant, pour faire face à la pénurie de reins à greffer.

Précisons qu’un rein prélevé sur un patient dit "décédé" a une durée de vie moyenne de 9 à 12 ans (source : Agence de la biomédecine), tandis qu’un rein prélevé sur un patient vivant (don de rein de son vivant) a une durée de vie nettement supérieure : parfois près de 20 ans, voire plus, d’après ce que m’avait dit une femme chirurgien lors d’un congrès de chirurgie laparoscopique en Suède en 2002.

Alors pourquoi privilégier le don de rein dit "post-mortem" en France ? Je vous propose de finir par un peu de mathématiques mais n’ayez crainte, l’équation est toute simple : à part le rein, peu d’organes peuvent être prélevés sur un donneur vivant. Un lobe de foie, c’est possible, quoiqu’en moyenne plus risqué pour le donneur que le rein, mais à part le rein et le foie ... Or les besoins en foie, en poumons et en coeurs à transplanter sont importants. Privilégier la "règle du donneur mort" (on ne prélève des organes que sur des personnes mortes et archi-mortes - question : les organes d’un mort peuvent-ils soigner qui que ce soit ?) permet de mettre en place le "consentement présumé" (on est tous présumés consentir au don de nos organes après notre mort, c’est la loi), qui à son tour permet de prélever l’ensemble des organes vitaux et autres tissus à des fins de transplantations. Reconnaître les problèmes éthiques du prélèvement d’organes vitaux dit "post-mortem", c’est rendre le "consentement présumé" problématique (sur quel fondement éthique reposerait-il ?), c’est donc ouvrir la porte à une activité plus importante de don de rein de son vivant à des fins de greffe, mais les patients en attente de foie, de poumons ou de coeur risqueraient d’être victimes d’une pénurie encore plus importante que celle qu’ils subissent déjà en pays de "consentement présumé".

Les alternatives à la greffe cardiaque sont, malgré un lourd retard, déjà en route : micro-turbines permettant d’assister un coeur défaillant, et même le coeur artificiel de la société Carmat née d’une collaboration entre le Pr. Carpentier et la société Matra. A mesure que des alternatives à la transplantation cardiaque, hépatique, pulmonaire seront trouvées, la nécessité de maintenir le "consentement présumé" dans la loi se fera moins ressentir. Bien sûr, avec ce système de "consentement présumé", dans lequel la norme est le prélèvement de rein "post-mortem" - le don de rein ou de foie de son vivant étant regardé comme une activité susceptible de "mettre le bazar (bioéthique)" - les deux tiers des quelque 15.000 patients en attente de rein sont problématiques : il faut leur faire croire qu’ils doivent attendre un rein d’un donneur "décédé", il faut leur faire croire que ce rein, ils l’auront à temps (avant de mourir en dialyse ou d’être trop dégradés pour que la greffe puisse réussir) et il faut leur faire croire qu’il est plus éthique pour eux d’attendre le rein d’un "cadavre" que d’aller demander un rein à un membre de leur famille ... Grâce au marketing social du Don, c’est là mission accomplie. Ceux et celles qui ne croient pas à ce marketing social du Don qui prend ses racines dans le "consentement présumé" et la "règle du donneur mort", et qui osent demander un rein à leur époux ou à leur épouse, ou la mère qui ose demander à donner un rein ou un bout de foie à son fils ou à sa fille, ceux-là sortent du cadre et fichent un sacré "bazar bioéthique". Vraiment ? A la lumière de cet article anglo-saxon, le bazar bioéthique s’avère être à géométrie variable : il peut se trouver du côté du don d’organes "post-mortem" en pays à "consentement explicite" tout comme il peut se trouver du côté du don de rein ou de foie de son vivant en pays à "consentement présumé". Il faudrait espérer que les nouvelles lois bioéthiques prennent en compte cette géométrie variable afin de permettre un développement en France de l’activité du don de rein de son vivant. Gageons que le Dr. Fournier, si elle n’avait rien de mieux à faire que de lire mon article, me dirait : "C’est gentil, mais ça ne sert à rien." Gageons aussi que les nouvelles lois bioéthiques de fin 2010 ou début 2011 lui donneront raison.


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10 réactions à cet article    


  • apami 24 novembre 2010 14:14

    Je comprends ce que vous dites, le don de son vivant est avantageux à plus d’un titre, mais je ne comprends pas bien pourquoi vous ne traitez pas clairement la question de la soi-disant « mort par arret cardiaque persistant ». Et d’ailleurs ca n’a l’air de choquer personne.

    Bien sûr ca vient de la définition légale de la mort. Excusez moi, mais dans ce domaine, la loi peut aller se faire voir ailleurs !

    Grace à cette loi, on pourrait me prèlever des organes alors que mon cerveau est en état de marche, et peut être même alors que je suis en mesure d’en avoir conscience ? On pourrait me sauver en me posant un de ces coeurs artificiels dont vous parlez, mais non, on me traite comme un vulgaire bipbipbip bip bip république populaire bip bipbip volontaire ?

    Et en plus en supposant implicitement mon accord ??? Un opt out en quelque sorte...

    ouille... c’est où qu’on se désinscrit ?


    • Catherine Coste Catherine Coste 24 novembre 2010 16:19

      Bonjour et merci pour votre message. Il y a bien un registre national des refus, géré par l’Agence de la biomédecine, qui est elle-même missionnée par l’Etat pour encadrer et promouvoir le don d’organes (organisme bicéphale). En d’autres termes : bien des professionnels de santé disent tout bas que ce registre national des refus ne sert pas à grand-chose, d’ailleurs il y a très peu d’inscrits.


    • Catherine Coste Catherine Coste 25 novembre 2010 08:53

      Les prélèvements « à coeur arrêté » (c’est beau le marketing, le terme technique est « arrêt cardio-respiratoire persistant », un tantinet moins rassurant mais un tantinet plus réaliste) ne choquent personne car personne n’est au courant. C’est un thème zappé par le discours public sur le don d’organes, ce qui choque bien des professionnels de santé disant que quand les gens s’en rendront compte, ils poseront la même question : « Ouille ... c’est où qu’on se désinscrit ? » Où est l’information (pas la promotion, l’info) permettant le consentement éclairé et ... libre ?


    • vinvin 25 novembre 2010 04:52

      Bonjour Madame Coste.


      Je viens de lire votre article, ( un peu compliqué,..) Mais passionnant.

      D’ ailleurs j’ avais par le passé lu plusieurs de vos articles concernant les don d’ organes, la recherche sur les cellules souches, etc....( Puis j’ avais fait un Break sur vos articles, car excusez-moi, mais psychologiquement cela était un peu dur pour moi,) mais je suis de retour.

      Je pense que comme l’ a écrit ci-dessus (APAMI), cette personne veux se faire désinscrire des donneur d’ organes potentiels, car si j’ ai bien compris cette personne se demande si au moment des prélèvements, si son cerveau est en état de marche, cela pourrait lui occasionné des souffrances psychique, voir physique, ( vu que les souffrance physique et psychologiques de la vie et de la mort sont régies par le fonctionnement du cerveau).

      Bon, cette personne veut se faire désinscrire des membres de donneurs d’ organes. ( Je ne jugerais pas cette personne, car après tout son corps lui appartient.

      Moi j’ ai ma carte de donneur, et ça convient comme ça, a chacun son opinion.

      Par contre il est vrai que les gens sont assez mal informé par le corps médical d’ éventuelles conséquences ou souffrances de prélèvements en cas de mort du coeur, ou une mort du cerveau, ( que vous appelez je crois mort encéphalique ).

      Je pense qu’ il faudrait que les gens soient mieux informés, et avec plus de transparence concernant la mort encéphalique et la mort a coeur arrêté, ainsi que la présence d’ éventuelles souffrances au cours des prélèvements d’ organes.

      Bien sur cela pourrait décourager certains donneurs, et compte tenu des gens de plus en plus en plus nombreux en attente de greffons, ça pourrait poser des problèmes.

      Mais il ne faut pas oublier non plus que le corps de chaque être humain lui appartient.

      Moi je me revendique donneur, ce qui est mon droit, et j’ en assumerais les conséquences le moment venu, mais libre aux autres de penser différemment !



      Après pour ce qui concerne le don d’ organes de vivants a vivants, là je crois que c’ est spécial, car faire don d’ un organe a une personne de son vivant, compte tenu des risques, il faut vraiment que le donneur et le receveur soient très très attachés et très proches les uns des autres, comme par exemple un parents a son enfant, ou l’ inverse, une épouse a son époux ou inversement, le frère a sa soeur ou inversement, ou bien a quelques-uns’ un avec qui on est ami depuis l’ enfance et de nombreuses années.

      Sinon, comment voulez-vous qu’ une personne donne ( par exemple l’ un de ses rein,) a une personne qu’ elle ne connait pas ?

      Je sait que cela se fait souvent pour des raison financières, ( mais ce compte là sa devient un problème d’ étique, car il en découle que les gens fortunés peuvent se soigner en achetant un rein a un crève la faim, et que les autres peuvent crevés, ) d’ où l’ injustice de bioéthique.



      Vous parlez aussi du sang de cordon ombilical et/ ou de placenta pour soigner certaines maladies, ( comme la leucémie, par exemple ).

      J’ aimerais en savoir plus S’ il vous plait. ( Comme par exemple, moi qui suit né en 1962, a cette époque on foutait tous les cordons ombilical et placentas a la poubelle, donc je suppose qu’ en cas un j’ aurais un jour une leucémie ou autres cancers du sang je claquerais, c’ est ça ? Ou bien pourrait-on prendre le sang du placentas ou cordon ombilical d’ une autre personne qui soit compatible évidemment ? )



      Bien cordialement a vous.





      VINVIN.


      • apami 27 novembre 2010 21:14

        Bonjour Vivin,

        Non, je ne veux pas me désinscrire par peur de souffrir... Je demande à me désinscrire car j’ai bien compris que l’on peut faire de moi un donneur mort ALORS MEME QUE JE SUIS ENCORE VIVANT, C’est à dire que mon cerveau soit parfaitement intact et fonctionnel, et que, avec une greffe de coeur (disons artificiel pour évacuer les problemes philosophiques), je puisse vivre encore longtemps et conscient.


      • apami 27 novembre 2010 21:33

        Pour etre explicite, je pense que l’essence de l’être humain se trouve essentiellement dans son cerveau. on pourrait me greffer un corps entier, à partir du cou par exemple que je continuerais à dire la même chose. C’est tellement evident. Je pense donc je suis moi même.

        Parler de la mort cardiaque est un raccourci commode du bon vieux temps. avoir ramené ce critère dans le champ des donc est juste un habile moyen d’avoir plus de bidoche à traiter.

        Je comprends que les états de mort encéphaliques soient rares et qu’il peut exister des cas ou il n’y a plus aucune chance de survie (du cerveau donc) à court terme, et ou on peut considerer comme juste et équitable de pratiquer un prelevement d’organe. Mais ce que disent les textes (et c’est cela qu’il faut regarder) c’est juste « arret définitif du coeur », et là, je ne suis pas d’accord. Si on suit ce schéma Emmanuel Vitria était un mort marchant pendant 19 ans (et le professeur Edmond Henry , son chirugien un assassin). De plus le coeur n’est pas l’organe le plus vital... Un patient sans foie... n’a plus aucune chance si je ne fais pas erreur.

        Il eut fallu définir l’état de mort comme un état de mort encéphalique, ou un état devant entraîner de manière irréversible la mort du cerveau, quel que soit les soins que l’on pourrait apporter.


      • Catherine Coste Catherine Coste 25 novembre 2010 08:48

        Bonjour Vinvin,


        Merci pour votre message. C’est toujours un plaisir de vous lire ! Vous avez compris beaucoup de choses, et vous les expliquez de manière très attachante. Si certains grands professeurs de médecine avaient votre pédagogie (hem ...)
        En fait, nous avons à décider du don « post-mortem » pour un proche, mais pas pour nous (c’est la loi qui dit que nous avons à décider pour nous, mais la réalité est autre : « Savez-vous si il/elle était pour / contre le don de ses organes à/après sa mort ? »). Moi, il me semble, maintenant que je connais un peu mieux les acteurs des transplantations en France et aux USA, qu’avec certains j’aurais plus confiance qu’avec d’autres ... Les Stakhanovistes du Don existent, je les ai rencontrés (Molière au secours !)

        Le sang de cordon ombilical est un sujet qui me passionne, je vous promets un article très complet sur la question très prochainement (je reviens d’un colloque sur le sang de cordon dans la révision des lois bioéthiques, passionnant et excellent).
        A très bientôt et merci.
        Catherine Coste

        • vinvin 25 novembre 2010 18:37

          Bonjour.



          Merci infiniment pour votre réponse a mon « post » et a mes questions.

          Lorsque votre article concernant le sang des cordons ombilical paraîtra je me ferais un plaisir d’ en prendre connaissance.

          Justement, d’ailleurs pour ce qui concerne le sang j’ ai eu des échos, ( bon on dit tellement de chose sur les stars, que on ne sait plus très bien ce qui est vrai ou faux,...) mais j’ ai entendu dire que le chanteur J . HALLYDAY se rendait de temps en temps en Suisse pour faire renouveler son alcool, ( pardon je voulais dire son sang,) par du sang neuf, un peu comme on Fait dans les dialyses....

          Pensez vous cela médicalement réalisable, ( ou bien n’ est ce qu’ un avatar de plus concernant la Star ? ....).


          Bien cordialement.



          VINVIN.

        • Catherine Coste Catherine Coste 25 novembre 2010 18:50

          Faire renouveler son sang ? Je crois que certains sportifs le font ... Mais ne suis pas experte en la matière ...


        • vinvin 25 novembre 2010 21:22

          Si vous avez eu des échos comme quoi certains sportifs le font, ajouté aux échos que j’ ai eu concernent J.H, je pense que cela ce rejoint, et d’ après votre savoir médical, ( sans spécialiste sur ce sujet précis,) je suppose que cela doit être médicalement réalisable ?


          (Mais alors ne pourrait-on pas soigner de cette manière des leucémies, et divers cancers du sang ? )

          Le seul problème est que ce genre d’ intervention médicale soit être hors de prix, ( et non prise en charge par la sécu ?....

          Cela reste donc réservé a des gens qui un des revenus similaire aux sportifs de haut nivaux, et a des stars de cinéma, ou de la chanson comme HALLYDAY !

          Les gens comme moi vont donc devoir rester comme ils sont, ( ceux qui ont des leucémies ou divers cancers ne pourront pas se faire soigner, et moi je vais rester avec mes 596 GAMMA-GT, c’ est ça ) ?

          ( Alors sur le plan éthique, cela rejoint un peu le « trafic » d’ organe, ce n’ est pas très charmant ! )


          Bien cordialement.




          VINVIN.

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