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Et maintenant çà sent le gaz….

Depuis minuit, la région parisienne, après celle de Rouen est envahie par une forte odeur de gaz…occasionnant un encombrement historique des services de secours. Mais surtout, les habitants ainsi alertés présentent tous des symptômes de nausées et de migraines. Sans compter le stress occasionné dans un premier temps. Les autorités multiplient les communiqués pour banaliser l’affaire.

Ainsi cette nuit des dizaines de milliers d’abonnés au gaz ont connu un moment de panique. Réveillé par une forte odeur de gaz, ils ont naturellement cru en une fuite de leur installation après avoir vérifié celle-ci. Que faire ? Eviter toutes étincelles, sortir de chez soi, mais là surprise. Le gaz ne venait pas de l’intérieur mais de l’extérieure. La fuite ne pouvait qu’être monumentale et la panique encore plus forte. Plus de portes de sorties… Heureusement que les médias ont relayé rapidement la bonne information

Ce n’était pas une fuite de gaz, mais seulement une fuite d’odeur de gaz…. Ce n’est pas une plaisanterie. C’est l’usine chimique de Lubrizol, classée Seveso (présentant donc des risques majeurs), dans la périphérie de Rouen, qui fabriquant le « parfum » ajouté au gaz pour permettre de le détecter, a connu un important incident technique. La non maitrise de la fuite, ajoutée au vent dominant, à propager « l’odeur » jusqu’en région parisienne et à Paris même. La météo dominée par un plafond nuageux bas a accéléré le processus.

Cette usine a été créée en 1954 sur les bords de la seine. Elle emploie 250 salariés et est spécialisée dans la fabrication d’additifs pour lubrifiants, carburants et peintures. Elle n’en est pas à son premier incident. En 1990 la même fuite s’est produite, mais profitant de vents en direction de la côte, l’odeur est allée se perdre dans la mer. Une autre usine du même groupe est installée en France, à Mourenx près de Pau.

L’ensemble des autorités ont communiqué que ce gaz ne présentait « aucun risque pour la santé » et demandent à ne plus contacter les services de secours, pour le coup totalement encombrés et inaccessibles. Le ministère de l’intérieur a du se mobiliser pour communiquer le plus largement possible sur l’information.

Pour autant la panique a été magistrale et devra servir d’enseignement pour les services de sécurité. Les dizaines de milliers de message sur Twitter (le réseau social) indiquaient une forte odeur de boule puant. Le hastag #gaz a pris la tête des trendig topics (mot le plus populaire sur le réseau). Les témoignages sont vifs et reflètent une véritable angoisse : « "Ça y est le gaz arrive chez moi. Mon dieu mais ça passe sous les portes ! Quelle infection !". D’autres font de l’humour : « En région parisienne l'odeur incite à penser que c'est le géant vert qui a abusé de la choucroute #gaz #vapeursurlaville »

Ce gaz a un nom : le mercaptan, composé de méthaniol. Sa caractéristique principale : son odeur, il est utilisé pour la fabrication des boules puantes. Wikipedia indique une odeur de chou pourri et précise plus loin que c’est aussi la substance responsable de la mauvaise haleine.

Pour ce qui concerne les responsables de la fuite, pour l’heure ils indiquent qu’« Il y a eu une réaction qui s’est faite dans un four de l’entreprise ». Ils pensent seulement assurer la maitrise de la fuite en fin de journée. Des produits neutralisants ont été utilisés pour tenter de colmater la fuite qui s’est produite dans un bac contenant tout de même 30 tonnes du produit en cause.

Pas de danger pour la population disent les autorités. Jetons un coup d’œil sur ce qu’en pense l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Le Méthaniol est un produit classé comme « toxique par inhalation » et « dangereux pour l’environnement » l’INRS relate des cas d’intoxication aigüe chez des travailleurs exposés à des émanations. Plus loin l’institut précise qu’à faibles concentrations (ce qui est le cas actuel) il peut provoquer des irritations des yeux, des muqueuses respiratoires et de la peau. Fichtre…. Les préfets respectifs n’ont pas dû se renseigner auprès de l’INRS avant de publier leurs communiqués tranquillisants.

 




par Pelletier Jean (son site) mardi 22 janvier 2013 - 36 réactions
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