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Et pour quelques gamètes de plus

Les progrès de la médecine ont permis des avancées très importantes dans le domaine de la procréation assistée. Des couples réputés autrefois stériles peuvent maintenant avoir les enfants dont ils seraient privés si les médecins n’avaient pas développé ces techniques, qui permettent de pallier légitimement à un défaut de fonctionnement lorsque la nature prive un individu de ses capacités physiologiques normales. Cependant les problèmes touchant à la procréation assistée sont complexes. Si la plupart des difficultés techniques sont, ou vont être, résolues, son développement fait émerger des questions sur des conséquences humaines et sociales que l’on avait en partie occultées, tant l'exploit technique nous paraissait être un progrès pour l'humanité. On ne doit pas pour autant éviter de se les poser.

Aussi grand soit le désir de maternité que puisse éprouver une femme, accepterait-elle de se faire faire un enfant par un individu laid, stupide, ou tout simplement dont l'aspect créerait en elle un sentiment de rejet ? Je ne le crois pas. Alors pourquoi accepterait-elle de se faire féconder par le sperme d'un individu dont elle ignore tout, mais qui sera responsable de la moitié des gènes de son enfant et donc d’une partie de sa destinée biologique ? Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Le sperme inséminateur même anonyme et lyophilisé, ne permet pas uniquement le développement d’un oeuf à partir d'un ovocyte, mais fait bénéficier l’embryon qui en est issu, du potentiel génétique de son père. Et quel que puisse être, après l'accouchement, la qualité de l'éducation et l'amour que l'on porte à cet enfant, on ne pourra pas empêcher qu'il soit rouquin comme son père, ou diabétique comme ses grands-parents paternels, pour ne citer que ces deux exemples. Qu'en est-il également des éventuels demi-frères ou demi-soeurs inconnus avec lesquels son union pourrait faire apparaître des problèmes de consanguinité pathologique ? Vaudrait-il mieux alors, que le père soit connu ? On peut craindre hélas, que cela ne soit pire, l'enfant risque se voir reprocher des défauts, réels ou supposés, imputable à son père biologique chez qui on aura crut les déceler, et peut poser de gros problèmes d'identité à cet enfant dont le père légal serait d’autant plus adoptif que le géniteur serait connu d’avance. Identifier le père biologique revient à introduire un tiers étranger dans une relation père-mère-enfant déjà hors norme et difficile à construire, il est probable que bien peu de couples et d’enfants seraient capables d'assumer avec sérénité ce type de situation.

De même, le cas des mères porteuses n’est pas aussi simple qu’il parait. La science nous a appris récemment que les échanges mère-enfant au cours de la grossesse, sont beaucoup plus importants que ce que l'on imaginait il y a quelques années encore, qu’il existe un dialogue biologique constant entre la mère et l’enfant, et on a même pu démontrer que le sang maternel contenait de l’ADN fœtal en quantité suffisante pour pouvoir effectuer le caryotype du fœtus. Il ne s'agit donc pas d'un simple prêt d’utérus destiné à régler les problèmes d'oxygénation et de croissance d’un œuf importé, mais d'un ensemble très complexe d'interactions immunitaires entre la mère et le foetus dont l'effet perdure chez l'un comme chez l'autre, même après l'accouchement. Ces découvertes récentes doivent nous amener à réexaminer ce problème, et il faudrait être bien désinformé ou très naïf, pour penser qu’une grossesse peut se résumer au simple prêt d’un ventre. On peut bien sûr s'émouvoir du cas de ces mères porteuses obligées de se séparer de leur enfant dès la naissance, car même si génétiquement ce n'est pas le leur, cela demeure un traumatisme que certaine ont du mal à accepter. Mais ne doit-on pas surtout penser à l'enfant issu de cette fécondation, qui pendant neuf mois aura vécu en symbiose étroite avec sa mère porteuse, et qui en aura acquis certaines spécificités qu'on le veuille ou non ? Ce lien physiologique irremplaçable, existant entre la mère et l’enfant, met aussi en évidence le rôle incontournable de la mère dans l’élevage du nouveau né, et par extension celui du couple male-femelle dont la complémentarité, éprouvée au fil des siècles d’évolution du vivant, est indispensable pour la création d’un nouvel être humain. Si l’on généralisait la grossesse « par procuration » on pourrait aussi imaginer l’élevage des nouveaux nés en dehors du couple père-mère, en les confiant à des professionnels spécialisés, les privant ainsi de leur enracinement dans la filiation sexuée, et transformant les parents, les pères et les mères, en simples adultes référents parmi les autres. Cela reviendrait à nier toute implication du lien physiologique, et donc génétique, dans l’éducation des enfants, détruisant par là même le rôle de la cellule familiale, au profit d’un élevage par des structures sociales obéissant uniquement aux critères de la société du moment. L’exploit technique doit servir la thérapeutique avant d’envisager remplacer l’humain dans ce qu’il a de plus ancré au fond de lui-même : la survie de l’espèce. Tous les problèmes posés par ces fécondations semi naturelles ou artificielles sont loin d’être résolus. Ils nécessitent une longue réflexion éthique, avant d’abandonner les rôles fondamentalement physiologiques du couple male-femelle dans la conception et l’élevage des enfants, à des techniques qui risquent satisfaire davantage des modes sociétales, que répondre aux véritables besoins de la société.

Dr. J-M Lacroix


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16 réactions à cet article    


  • Mauvaisens 13 octobre 2012 22:56

    Vous avez raison.

    Mon père n’était pas mon père et si lui ne le savait pas moi je l’ai su très tôt. (annorexie à 6) ans.
    C’est une souffrance permanente qu’une vie de famille aves une personne sans aucun patrimoine génétique en commun.

    Maintenant, j’ai 2 filles et je m’amuse de leurs défauts qui sont les miens et ceux de leur père.
    Une famille n’est pas une regroupement d’individus disparatres, mais une regroupement de gênes, et c’est à partir de cette reconnaissance que l’on s’accepte mutuellement.


    • Izno 13 octobre 2012 23:42

      Faut aérer le texte, c’est illisible => j’ai pas lu.


      • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 13 octobre 2012 23:57

        « Aussi grand soit le désir de maternité que puisse éprouver une femme, accepterait-elle de se faire faire un enfant par un individu laid, stupide, ou tout simplement dont l’aspect créerait en elle un sentiment de rejet ? Je ne le crois pas.  »


        Moi non plus et je pense que seul un hypocrite le prétendrait. 

        En réalité une perversion s’introduit dans le débat dès que l’on considère qu’avoir un enfant est un droit garanti par le contrat social. 

        Non ce n’est pas un droit. C’est seulement une possibilité offerte par la nature à certains corps. En revanche, c’est un droit pour tout enfant d’avoir des conditions de vie dignes et saines, et donc d’avoir un papa et une maman.

        Et concevoir une médecine qui guérisse une infertilité en rétablissant un fonctionnement naturel de l’organisme (comme on guérit un handicap, non pas contre la nature mais en se rapprochant autant que faire se peut de la nature), ce n’est pas du tout la même chose que de concevoir une ingénierie qui se substitue à la fertilité, surtout quand il s’agit d’impliquer la vie et l’identité d’un être humain à venir. 

        Prétendre violer la nature pour se fabriquer « son bébé à soi » alors qu’il y a tant d’enfants à adopter est la marque d’un égoïsme délirant profondément malsain. Les enfants ne sont pas des jouets. 



        • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 13 octobre 2012 23:59

          Pardon pour avoir affiché involontairement mon texte en gras. Je voulais seulement mettre la citation de l’auteur de l’article en gras... et tout a été graissé !. 


        • ClairAnnEspoir 18 octobre 2012 09:14

          Alors qu’il y a tant d’enfant a adopter ??????? connaissez vous la lourdeur et la longueur des démarches ? savez vous qu’au moment meme où vous ecrivez ce genre d’abbérations de nombreux pays ferment petit a petit leur frontières aux adoptants étrangers ??? renseignez vous Monsieur avant d’écrire, renseignez vous par pitié !

          A vous lire vous ne connaissez certainement pas le désir d’enfant ! ce qu’on peut ressentir et dans son coeur et dans ses tripes !

          Non un enfant n’est pas un jouet et soyez surs que tout les couples qui deviennent parents grace au don en sont bien conscients !! ils ont eu le temps de préparer cette parentalité puisqu’ils ont souvent de nombreux années de PMA classique derrière eux... et cette parentalité ils l’ont souvent bien davantage préparée que tout ces couples qui attendent un bébé dès le premier cycle pour faire « comme les copains » et qui jouent a la poupée plutot que d’exercer leur vrai role de parents !

          Votre message est pour moi une honte, et ça me fait peur de lire qu’en 2012 certaines personnes ont encore ce discours retrograde !


        • ClairAnnEspoir 18 octobre 2012 09:33

          Pour eclairer mon propos

          « En 2011, 1995 enfants sont arrivés en France dans le cadre d’une adoption internationale, soit une baisse de 43% par rapport à 2010. »

          source : statistiques de l’adoption internationale 2011


        • emmanuel muller emmanuel muller 14 octobre 2012 17:08

          Tien, ma réponse a sauté !
          Sûrement a cause de la signature, qui visait a relever la façon curieuse d’employer le mot rouquin.
          on ne pourra pas empêcher qu’il soit rouquin comme son père

          Il suffit de remplacer par nègre, un mot encore plus chargé, pour comprendre comment dans ce contexte utiliser un mot péjoratif est absolument inadmissible !
          J’ai envoyé un pique digne de la maternelle de la part d’un rouquin, pour le mettre en évidence, mais puisqu’il faut l’expliquer ... c’est fait.


          • emmanuel muller emmanuel muller 14 octobre 2012 17:11

            Le reste de la réponse, signature mise a part, est sûrement recevable, alors je le remet :
            Que de dogmes ...

            Vouloir un enfant c’est égoïste ... mais ça fait des millénaire, depuis que la vie a inventé la mort, que la survie passe par un besoin de reproduction. Le reprocher est un non sens.

            La séduction comme vecteur obligatoire ... mais ça fait des millénaire que des enfants issue de viol et leurs mère, et parfois leurs père adoptifs, font avec, cultive la part de l’acquis avec plus ou moins de difficultés, là encore rien de nouveau sous le soleil.

            Le lien a la mère porteuse n’est pas anodin ... lol, et l’adoption, et les nounous, les mère de lait, c’est le système des anticorps qui passe par le lait, c’est pas rien non plus. La privation a un enracinement par le biais de l’oralité et de l’introjection au sens figuré comme au sens propre casse un double lien physiologique et psychologique ... on peut tout reprendre en décalé, et ainsi mettre en évidence la peur que véhicule ce texte.

            Ceci est un pseudo-texte-scientifique, non sur-volable, savonne la planche pour le sujet du l’adoption gay tout en laissant croire qu’il parle de fond.
            C’est faux, le fond n’a rien de nouveau, et ce qui est traité est la peur de l’adoption qui plane actuellement.
            Ca reste un biais pertinent pour pousser le lecteur a mieux réfléchir, et a ne pas sombrer dans le premier chausse trappe. Merci pour ça.


            • kemilein 14 octobre 2012 22:44

              vous êtes donc favorable a la surpopulation actuelle ?
              vous êtes donc favorable a l’enfantement dans les conditions actuelles (le monde en général) ?

              je m’étonne de voir encore et toujours les natalistes ne jamais se remettre en cause depuis maintenant... hmm « toujours » en fait...

              je ne dis pas que ce n’est pas un progrès, je dis que ça ne doit pas être traité avec « moral » ou « éthique », ce que vous faites.

              l’assistance a la procréation est une bonne ET une mauvaise chose tout dépend du contexte.
              aider les humains qui peuple cette planète a pondre encore et toujours plus de larbins pour nourrir le système esclavagiste qui le régit (<le monde) est selon moi d’un point de vue « éthique » très discutable
              pour autant en cas de quasi extinction, pour peu qu’on attache de l’importance a une espèce aussi primitive qu’est l’être humain, cette technique (entre autre) peut permettre de la préserver de l’extinction, et ça sera en ca cas un bonne chose

              mais hélas vous vous placez du point de vue des petites gens, du « commun » et cela donne un article très peu intéressant
              on aurait aimé un papier sur les techniques les méthodes, la génétique, peut être un questionnement philosophique (qui aurait sombrer a n’en pas douter dans le consensus général moraliste et dénué de tout fondement rationnel)


              • schuss 14 octobre 2012 22:56

                bonsoir,
                cet article fait la part belle à la science touit en apportant une modération d’ordre moral sur l’utilisation des FIV.
                Ce que l’article ne dit pas, c’est que l’industrie de la FIV rapporte gros aux laboratoires qui les proposent. Une FIV c’est environ 15000 euros je crois, remboursés par la sécu dans certaines conditions bien sûr... c’est donc le citoyen qui paie ces dépenses. Beaucoup de jeunes femmes concernées par les FIV n’ont jamais avant de démarrer les protocoles FIV fait une tentative de psychothérapie. Cela est un vrai scandale sanitaire. Certaines de ces femmes pourraient débloquer leur prétendue stérilité simplement en débutant une analyse de leur vécu émotionnel et cela ne coûte rien en comparaison d’une FIV ( sauf du temps et de l’introspection). D’autre part, les femmes qui ont recours aux FIV mettent leur santé en danger pour l’avenir , dans 15 ou 20 ans. Le protocole des fiv les rend vulnérables à certains types de cancers. Alors avant de savpoir si faire une FIV est éthique sur le plan de la morale , il vaudrait mieux prévenir ces femmes qu’elles courent un risque pour leur santé et la FIV n’est pas la seule solution pour démarrer une grossesse qui dans certains cas tarde seulement à venir.... Et ne me dites pas que toutes les solutions avant la FIV ont été explorées avant car ce n’est pas vrai. Pour certaines femmes effectivement la FIV est la seule solution mais ce n’est malheureusement pas le cas général pour toutes les FIV.
                La France est championne du monde en nombre de FIV par habitant ... sans doute parce que les labos peuvent vendre leur savoir faire en dépit du bon sens et de l’économie !


                • ClairAnnEspoir 18 octobre 2012 09:21

                  « C’est dans la tete !! » voila le discours de nombreux fertiles !

                  sachez Monsieur, que oui il existe des cas d’infertilité inexpliquée mais ce n’est pas la majorité !! pour beaucoup d’entre eux, le probleme est bel et bien connu et reconnu !

                  et quand on arrive au stade du don de gamète soyez surs que cette infertilité est belle et bien expliquée !!

                  Alors qu’il y ait un business des labo pharmaceutiques derrière tout ça n’est pas une surprise ! il existe pour toutes les maladies ! pourquoi croyez vous que ces labo font partie des donateurs des associations (diabétiques, ligue ect.) ???


                • Corinne Colas Corinne Colas 16 octobre 2012 19:10

                  Cet article intelligent effleure bien des thématiques ! 

                   

                  Le progrès technique entraîne toujours des changements dans la société. Pourquoi serait-il interdit de les évoquer ? 

                   

                  Jacques Testard, le "père technicien" d’Amandine, s’est lui aussi posé beaucoup de questions suite au succès de la FIV. Cette technique intéressante au départ pour aider des couples stériles à avoir un enfant, a quand même dérivé vers un tri des embryons qui pose problème sur le plan éthique par exemple.

                   

                  Le don de sperme, c’est un autre sujet qui mérite réflexion lorsque la technique permet à une femme de se passer d’un père pour son enfant, au prétexte qu’elle est lesbienne. Le don d’ovule qui permet lui, de procréer alors que l’on a l’âge d’être grand-mère, interpelle tout autant. Le record actuel étant une indienne de 70 ans... 

                   N’en déplaise à Mme E. Badinter qui a applaudi à la fin de l’inégalité entre hommes et femmes puisque l’obstacle de la ménopause est désormais dépassé... à moins d’avoir une bonne à sa disposition ou bien mieux, un compagnon très jeune (payé aussi ?), cela ne doit pas être facile de cavaler après son mioche après un certain âge.

                   

                  Et qu’en est-il du clonage, une attente pour ceux qui rêvent d’un mini moi ?

                   

                  Nous constatons là : une dérive pour certains, une formidable avancée pour d’autres, en tout cas un raz de marée sur le plan sociétal. Les prouesses techniques permettront bien un jour de se passer d’un utérus pour se développer et à ce moment, l’on dira que "c’est génial pour les femmes ayant subi une hystérectomie" sauf que ce ne sera pas la majorité à profiter de cette innovation. 

                   

                  Je cite l’auteur :

                  "Si l’on généralisait la grossesse « par procuration » on pourrait aussi imaginer l’élevage des nouveaux nés en dehors du couple père-mère, en les confiant à des professionnels spécialisés, les privant ainsi de leur enracinement dans la filiation sexuée, et transformant les parents, les pères et les mères, en simples adultes référents parmi les autres". 

                   

                  La science-fiction nous montre notre futur... Elle nous avait « promis » la disparition de l’Etat au profit de l’entreprise gouvernante et c’est déjà là ! Les bébés qui poussent seuls... beaucoup en salivent d’avance.

                   Pour exemple, lire l’article 

                  « Un utérus artificiel révèle les secrets du développement embryonnaire précoce » sur  http://blog.santelog.com/2012/03/05/un-uterus-artificiel-revele-les-secrets-du-developpement-embryonnaire-precoce-nature-communications/  On nous parle de ce nouveau « dispositif » qui simule cette fois les tissus mous de l’utérus (d’autres techniques existent) pour observer le développement précoce de l’embryon chez les mammifères (précision importante)… En ce domaine, rien que de très normal à tout cela car « la science a besoin de voir » mais sur un plan éthique, on présume que cela amène forcément à des applications qui méritent débat.

                  Mais revenons au fond de l’article : 

                   

                  concernant la procréation assistée sans aide médicale, elle a toujours existé à petite échelle ( mère porteuse ou amant inséminateur choisi sciemment par un couple dont l’un des partenaires est stérile). Cet état de fait n’a pas toujours engendré des drames, loin s’en faut.

                   Aujourd’hui, la réponse médicale quasi industrielle à l’augmentation de l’infertilité dans tous les pays développés, peut nous questionner quand l’environnement est un problème majeur. S’agit-il aussi d’un phénomène inconnu de régulation puisque nous n’avons jamais été aussi nombreux ? Après tout, on n’en sait strictement rien...

                   On sait aussi qu’il peut exister une incompatibilité entre les spermatozoïdes de l’homme et les secrétions vaginales de la femme. Quand donc la stérilité est d’origine immunologique, la nature n’empêche-t-elle pas une certaine combinaison pour une raison « valable » qui nous est là encore, absolument inconnue en l’état actuel de nos connaissances ?

                   Nous glissons sur un toboggan, les yeux fermés...


                  • ClairAnnEspoir 18 octobre 2012 09:25

                    Quel malheur que vous vous arretiez a ce que nous montre les médias ! oui une femme a été enceinte a 70 balais ! ne vous etes vous pas dit que ce cas bien que grave est très isolé !?!

                    quasiment toutes les cliniques ou hopitaux qui pratiquent le don ne pratiquent pas et condamnent d’ailleurs ce genre d’agissement !

                     


                  • Corinne Colas Corinne Colas 19 octobre 2012 12:57

                    Je comprends votre déchirement ClairAnnEspoir mais vous vous méprenez sur le sens du discours. 



                    Imaginez que je vienne parler des césariennes pratiquées avec facilité sur rendez-vous parce que le gynéco sera absent à telle ou telle date ou parce que la future maman a des projets qui ne collent pas avec cet emploi du temps de grossesse. Est-ce à dire que je condamne l’accouchement par césarienne ? 

                    Non bien sûr puisque celle-ci sauve des vies « en temps normal ».... Et il n’empêche que dans l’un ou l’autre cas plus légitime, ce n’est pas anodin y compris pour l’enfant puisque c’est avec un grand retard que nous avons découvert l’importance de l’accouchement non provoqué pour le cerveau du bébé. Même par césarienne programmée pour des raisons médicales, il y a dans certaines situations, la possibilité d’attendre le début du travail, c’est un plus pour le bébé. Et cela, on ne savait pas hier que c’était si important !

                    Le plus souvent, on n’a pas le temps d’attendre mais lorsque la césarienne est programmée pour des raisons de confort, il y a là des questions à se poser sur un éventuel dévoiement de la technique. 

                    Cet exemple plus consensuel témoigne donc des mêmes travers évoqués ici. 

                    En effet, je ne remettais pas en cause le principe de la procréation assistée (qui existait d’ailleurs d’une autre façon avant la FIV), je mettais l’accent dans mon message sur les mêmes dérives de son usage ainsi que sur le fait que nous ne sommes pas omniscients sous prétexte qu’une technique a été inventée pour suppléer à la nature dite déficiente....

                    "ne vous êtes vous pas dit que ce cas bien que grave est très isolé  !?!"

                     Je me suis dit : « ce cas très isolé » devrait interpeller puisqu’il témoigne du champ des possibles et qu’il démontre qu’il n’y a aucun garde-fou ! On peut toujours s’indigner après coup... l’équipe médicale a travaillé sans obstacles. 

                    L’innovation technique : 70 ans, le record, ok ! Quand est-ce que les médecins décideront d’arrêter la compétition ? Des « cobayes » bienveillantes, ils en trouveront toujours malheureusement ...

                     "quasiment toutes les cliniques ou hôpitaux qui pratiquent le don ne pratiquent pas et condamnent d’ailleurs ce genre d’agissement"

                    Au pays de « Oui Oui », certainement ! Et votre « quasiment » démontre la difficulté à présenter « un front uni ». Il y a toujours une brèche. Même en France, il y a des cliniques qui acceptent les FIV après l’âge légal sous prétexte toujours de « situations exceptionnelles ».

                    Le progrès technique permet des choses formidables. Après s’être s’extasié là-dessus, on peut aussi réfléchir à ce que l’on veut en faire. Nous avons pour habitude d’agir et de nous interroger ensuite à propos des conséquences d’une nouvelle technique au demeurant ni bonne ni mauvaise en soi. En général, c’est déjà trop tard : la société ayant muté, elle ne revient jamais en arrière. Qui arrête « l’invention du feu » ?

                    Entre condamner, empêcher ou encadrer, il y a des nuances importantes...

                    Concernant les cas moins isolés, les législations sont plus que disparates  :

                     En France, la limite d’âge est réaliste pour recevoir un don d’ovocytes, en Espagne par exemple où c’est 50 ans, on peut considérer que c’est déjà préoccupant sur le principe même... Et les Françaises ou autres, trop âgées pour l’Espagne, n’hésitent pas à aller chez les Slaves pour obtenir une FIV. Sans aller en Inde, nous avons d’autres records : l’exemple de la Suissesse de 66 ans, l’Espagnole de 67 ans etc. 

                     De plus en plus de femmes accusant la soixantaine (âge apparemment critique dans notre société) trouvent « normal » une possibilité de grossesse à leur âge. Seule une infime minorité (aisée) franchit le pas évidemment mais là encore... personne n’est en mesure de dire « stop, arrêtons-nous et réfléchissons ». Entre 40 et 55 ans, la procréation assistée est déjà devenu banale notamment aux USA. Avec en plus là-bas, le problème de la vente des ovocytes et du sperme. 

                    La chute normale de la fertilité est devenue « injuste », la ménopause naturelle tout autant. Le fonctionnement normal du corps n’est plus qu’un vulgaire obstacle technique à surmonter quand il y a désir de grossesse. Le traitement n’est pas anodin, la question du devenir de l’enfant non plus, la femme âgée se revendique telle que les médias la façonnent, ... il y a bien un changement de société. 

                    Doit-on faire n’importe quoi sous prétexte que la technique nous le permet ? Il ne nous est pas permis d’y répondre, les dés sont déjà jetés… Business is business !

                    Les femmes se sentent plus libres aujourd’hui mais nous n’avons jamais été aussi bien manipulées. L es seins se doivent d’être en silicone quand on est jeune et les mémés « attrapent » la maladie de la ménopause soignée à coups d’hormones. Le comble du modernisme, c’est désormais de faire un enfant sans père et à l’âge d’être grand-mère... telle la Suissesse de presque 70 ans qui a eu le package complet.

                    Ces cas « isolés » sont des équivalents de thermomètres de notre société. Les traiter par l’indifférence, c’est les cautionner. Ce qui est « isolé » aujourd’hui devient courant demain. (L’exemple des faux seins en témoigne rien qu’au vu du nombre de prothèses mammaires défectueuses en « circulation » et du scandale afférent, cela dépasse largement du cadre du remodelage à cause d’un cancer)

                    Dans le même temps, la réponse à l’augmentation réelle de l’infertilité pour les hommes et femmes en âge de procréer, ne devrait pas être seulement « technique de remplacement ». Outre l’aspect environnemental (par ex, personne ne s’étonne que les fleuristes femmes soient très touchées, c’est un comble), ce problème nous oblige à nous questionner... y compris sur un plan philosophique !

                    L’article ici évoquait la mémoire des gènes (sur un plan aussi symbolique car après tout, on fait dire ce que l’on veut aux gènes), du patrimoine partagé dans le cas d’un donneur, de son anonymat etc. On peut continuer sur d’autres aspects, cela ne remet pas en cause la FIV, ClairAnn !


                    • Corinne Colas Corinne Colas 19 octobre 2012 13:10

                      Et désolée d’insister, dans le même temps aussi, on demande aux gens d’arrêter de faire des bébés pour cause de surpopulation. La FIV pour les gens riches, la contraception ou la stérilité obligatoire pour les pauvres dans les pays du sud ! Il y a bien encore un questionnement philosophique à creuser sur les messages contradictoires qui nous sont adressés.


                    • ClairAnnEspoir 19 octobre 2012 21:47

                      La FIV pour les gens riches ??? Pour les gens malheureux plutôt... Savez vous ce qu’une jeune femme infertile peut ressentir au plus profond d’elle meme ?

                      Pourquoi un couple infertile devrait se priver de fonder une famille plus que tout autre couple ?

                      Alors si on suit votre discours : pourquoi continuer a soigner les malades ? On aurait dans ce cas une bonne sélection naturelle pour éviter la surpopulation !

                      Je ne peux pas comprendre votre discours, on ne peut pas mettre des obstacles et des freins a tout pour cause de « brèches » ou d’abus quel qu’ils soient... Chaque avancée, dans n’importe quel domaine a ses derive et je trouve que dans le domaine de la PMA, celles-ci sont très (trop ?) encadrées dans un soucis d’éthique datant d’une autre époque !

                      La france a ete un des premier pays a pratiqué la FIV mais a aujourd’hui des dozaines d’années de retard concernant le don de gamètes !

                      Je ne peux également pas vous laissez comparer le don de gamètes a la chirurgie esthétique et aux implants mamaires. Pensez vous qu’il s’agisse d’un luxe ? Ne pensez vous pas que chaque etre humain devrait avoir le droit de connaitre le bonheur de serrer un enfant dans ses bras sans qu’on lui reproche de faire un caprice d’habitant de pays « développés » ?

                      par contre je suis votre raisonnement concernant ces aspects environnementaux pour lesquels de vrais questionnements devraient etre posés !

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