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Accueil du site > Actualités > Santé > Euthanasie et suicide assisté : le non du Comité d’éthique

Euthanasie et suicide assisté : le non du Comité d’éthique

Si les Sages refusent de lever l’interdit de l’homicide, ils proposent en revanche de renforcer le droit des patients à finir leur vie sans souffrance en proposant un droit à la sédation qui compléterait et renforcerait la loi actuelle, mais des moyens supplémentaires sont nécessaire pour mieux former les soignants et pour garantir les soins palliatifs à tous ceux qui en auraient besoin.

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Le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) présidé par le journaliste Jean-Claude Ameisen a rendu public son avis n°121 le 1er juillet 2013 après la saisine par le Président François Hollande sur les questions de fin de vie, dans la foulée du rapport Sicard remis à l’Élysée le 18 décembre 2012.

C’est le quatrième avis du CCNE sur le sujet depuis sa création (avis n°26 du 24 juin 1991, avis n°58 du 12 juin 1998 et avis n°63 du 27 janvier 2000).

L’avis critique en particulier les nombreux sondages et enquêtes d’opinions qui sont régulièrement réalisés en France « aux questions souvent trop sommaires, dont on peut noter qu’ils ne s’adressent presque jamais aux personnes en fin de vie, et d’une présentation trop schématique des enjeux du débat par des médias ou des militants » en rappelant la double notion de la "dignité", la conception moderne voulant justement qu’elle soit intrinsèque à l’être humain en tant que tel, et pas en fonction de son état physique et mental.

Cet avis n°121 contient soixante-dix-neuf pages (qu’on peut lire ici) assez bien documentées sur les différentes expériences à l’étranger, et sur les lacunes de la loi de référence, à savoir la loi Leonetti du 22 avril 2005.


Ne pas "faire mourir" et protéger les plus vulnérables

Cette loi référence, encore trop peu connue, même dans les milieux médicaux, a eu le mérite de faire la « distinction essentielle et utile entre le laisser mourir et le faire mourir ». Elle a donné ainsi des droits nouveaux aux patients en fin de vie pour écourter les souffrances inutiles sans pour autant transgresser le tabou de la mort, le médecin étant là pour soigner et éventuellement guérir et pas pour tuer. C’est cela qui est essentiel pour Jean-Claude Ameisen : « Le maintien de l’interdiction faite aux médecins de provoquer délibérément la mort protège les personnes en fin de vie (…). Il serait dangereux pour la société que les médecins puissent participer à donner la mort. ».

Pourtant, selon une enquête réalisée en 2012 en collaboration avec l’Observatoire de la fin de vie (S. Pennec, A. Monnier, S. Pontone et R. Aubry), la seule qui a fourni des estimations récentes sur le sujet, environ 2 200 cas de décès en France auraient été causés par l’injection de produit létal par un soignant sans aucune demande de la personne et sans justification du médecin. Environ 1 100 cas auraient été causés par une telle injection sur demande de la personne.

Pour ces cas limites, le CCNE souligne : « Il est indispensable d’en savoir plus sur ce point, en conduisant, dans la durée, des études approfondies, qui tiennent compte de la qualité de l’accompagnement, du bénéfice de soins palliatifs et de la possibilité éventuelle d’obtenir en toute fin de vie une sédation profonde ; ces éléments, lorsqu’ils sont effectivement présents, devraient tendre à limiter considérablement les situations limites ».

En clair, en l’absence de statistiques fiables, les Sages insistent lourdement sur l’un des arguments mis en avant par les défenseurs de l’euthanasie : « À ce stade, il n’est donc pas possible d’affirmer que la volonté de maintenir l’intangibilité des principes se fait au prix d’une pratique ambiguë et occulte, mais acceptée, qu’une légalisation "réaliste" permettrait d’aborder de manière plus claire. » et ils remarquent d’ailleurs que « déplacer la frontière de l’interdit ne supprimerait pas cette frontière : quelle que soit la limite, il existera toujours des situations limites qui la rencontreront et qui l’interrogeront ».

Par ailleurs, le Comité d’éthique a fustigé toute législation motivée par l’émotion : « Compatir avec la souffrance de l’autre est une valeur indiscutable ; faire de la compassion un principe d’éthique ou juridique déterminant serait dangereux. La compassion seule peut conduire aux pires excès, dans une attitude fusionnelle. Elle peut être une projection de nos peurs. Elle doit être équilibrées par d’autres principes. Une morale qui, excluant de son champ les repères, se réfèrerait à la seule empathie, risquerait de se dispenser de l’appui de la raison discursive et de se détacher de la nécessité première de renforcer l’engagement solidaire envers les personnes vulnérables. ».

Car c’est cela qui est essentiel, et si le CCNE n’a pas été unanime dans ses positions, sa majorité met en garde contre « toute évolution vers une autorisation de l’aide active à mourir [qui] pourrait être vécue par des personnes vulnérables comme un risque de ne plus être accompagnées et traitées par la médecine si elle manifestaient le désir de poursuivre leur vie jusqu’à la fin ».


Des évolutions alarmantes à l’étranger

Les Sages du Comité d’éthique ont étudié les différentes expériences à l’étranger, avec un recul parfois d’une dizaine d’années et certaines évolutions sont très inquiétantes et donnent la mesure des valeurs fondamentales qui comptent dans une société.

En Belgique (loi du 28 mai 2002), le débat public se focalise aujourd’hui sur la question d’autoriser l’euthanasie de personnes considérées comme incapables de donner sereinement leur consentement, comme les enfants (moins de 12 ans) ou les malades mentaux, notamment des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Le nombre d’euthanasies pratiquées en Belgique a triplé entre 2006 et 2011. Aux Pays-Bas (loi du 12 avril 2001), le nombre d’euthanasies est en train de progresser chaque année de près de 20% (18% entre 2010 et 2011), un rythme qui était de 13% en 2009. Une douzaine de cas de démences avaient été signalés en 2009 (alors que le consentement éclairé devait être acquis). Le Luxembourg a suivi la législation de ses deux voisins du Benelux le 16 mars 2009.

Quant aux suicides assistés pratiqués surtout en Suisse (car ils y sont tolérés) par des associations sans état d’âme, un véritable business de la mort s’est développé, avec des méthodes très contestables et parfois morbides (assistance au suicide dans des parkings publics, utilisation d’hélium, matraquage publicitaire dans les espaces publics, etc.) donnant lieu à un très juteux tourisme de la mort (33% des assistances au suicide concernaient des étrangers en 2007), à des interprétations très larges de la "non-législation" et à des abus évidents (34% des assistés au suicide entre 2001 et 2004 n’étaient pas en fin de vie, ne souffraient d’aucune maladie mortelle et certains étaient même atteints de troubles psychiques). Certaines associations ont doublé leur chiffre d’affaires entre 2004 et 2008. Le nombre de suicides assistés a progressé de 52% entre 2003 et 2007 puis a connu un palier à partir de 2008, qui pourrait être le résultat d’un renforcement des soins palliatifs (que ces associations lucratives ne proposent que rarement à leurs clients).

L’État d’Oregon, aux États-Unis, a légalisé le suicide assisté le 27 octobre 1997, et pour l’appliquer, il n‘est pas fait mention de la souffrance des patients, car c’est une notion très subjective, mais du caractère terminal de leur maladie, en d’autres termes, que leur espérance de vie soit inférieure à six mois, ce qui donne à cette loi un aspect économique assez malsain dont cet État américain n’a pas hésité à tenir compte, puisque c’est dans les six derniers mois qu’un malade coûte le plus cher à la société. Même s’il semble y avoir moins d’abus qu’en Suisse, les expertises psychiatriques pour s’assurer que le patient soit dans sa totale capacité de consentement ont baissé en Oregon de 14% des cas en 2005 à seulement 1,5% en 2010, une proportion équivalente à celle de l’État de Washington (3%) qui a imité très récemment l’Oregon dans sa législation (depuis le 5 mars 2009). L’État du Montana a, lui aussi, légalisé le suicide assisté le 31 décembre 2009. Un débat public se poursuit sur le suicide assisté en Grande-Bretagne (et également au Canada).

L’avis indique que les malades réclament nettement moins l’euthanasie s’ils sont soignés dans des centres de soins palliatifs (seulement 10% de demandes en Belgique en 2010-2011, au lieu de 50% auprès de médecins généralistes ou 40% auprès de médecins spécialistes).

Dans la plupart des pays où le suicide assisté ou l’euthanasie sont autorisés (dans la loi ou par défaut de loi), ce qui est flagrant est l’absence de contrôle de la légalité des actes et le débordement des seuils vers des actes illégaux. Que ce soit sur le type de patients auxquels ces actes s’appliquent (consentement réel, stade terminal de la maladie, etc.) ou sur les procédures mises en place pour éviter les abus (consultation psychiatrique du patient, consultation d’un second médecin, pratique par des infirmières au lieu de médecins, etc.). Dans la meilleure des hypothèses en cas d’abus, des sanctions (très rares) sont décidées toujours a posteriori, donc, bien après le décès du patient.


Un droit à la sédation

Pour autant, le CCNE n’a pas souhaité défendre un statu quo inflexible dans la mesure où la situation actuelle est loin d’être satisfaisante pour la fin de vie de nombreux malades en France. La loi Leonetti a permis l’arrêt des soins et même de l’alimentation mais cela entraîne une agonie pendant de longs jours et des souffrances peu supportables.

Ce qui est proposé, du reste comme le rapport Sicard, c’est de donner à chaque patient le droit de sédation, à savoir, le droit, en phase terminale, d’être accompagné dans la douleur du non-traitement de leur maladie par des soins adaptés qui n’ont pas pour but de soigner mais de perdre la conscience de la douleur (sans pour autant autoriser le surdosage des sédatifs qui aurait pour effet d’écourter l’agonie, ce qui serait une euthanasie).

Une autre proposition des Sages est de renforcer le pouvoir des directives anticipées des malades ("déclarations anticipées de volonté"), rendant obligatoire au médecin le respect de la volonté de leurs malades (quand cette volonté a été clairement formulée en présence du médecin et en connaissance de la maladie dont ils souffrent) et, le cas échéant, les obligeant à justifier par écrit dans le dossier médical les raisons de ne pas l’avoir suivie (urgence etc.).


Encore une loi sociétale qui va diviser ?

François Hollande voudrait une loi pour la fin de l’année. Qu’il se méfie de ce sujet ultra-sensible ! Avec le "mariage pour tous", il a déjà mis des millions de Français dans la rue pour un projet que les sondages avaient pourtant plébiscité, et surtout, il a clivé la société en deux camps pour longtemps. Ses convictions éthiques ne semblent pas très assurées, vu sa capacité à promouvoir par exemple l’expérimentation sur des embryons humains (le processus législatif a heureusement été provisoirement stoppée pour une question de procédure) ou son absence de position sur la PMA, deux réformes qui pourraient contribuer à la marchandisation du corps humain.


Quelle société voulons-nous ?

Le thème de la fin de vie est une véritable vitrine du choix de la société que les citoyens veulent : veulent-ils une société où seuls les bien portants (et pourquoi pas, seuls les actifs et les enfants) pourraient avoir le droit de vivre ? Faut-il remettre au rebut humain tous les impotents, les vieillards, les malades, les dégradés de la vie, voire les personnes handicapées ? La logique économique pourrait vite remplacer l’éthique et l’humain, logique individuelle (héritage) comme logique collective (coût des soins).

Le CCNE affirme notamment que le risque « est particulièrement sensible dans une société où la place du réalisme économique peut largement empiéter sur le respect de la personne. Une prudence extrême s’impose ainsi s’agissant de l’aide active apportée à une personne pour qu’elle mette fin à ses jours ; ce, d’autant qu’il serait très difficile de borner de manière efficace la possibilité ouverte par la loi de supprimer sa vie pour vaincre une situation jugée insupportable par la personne, notamment parce qu’il est excessivement difficile de codifier de manière sérieuse les limites du supportable. ».

L’expérience de l’évolution des pratiques dans certains pays montre que légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté aboutira progressivement à une société eugéniste, où tout ce qui n’est pas parfait devra être éliminé d’une manière ou d’une autre, certes, en principe, avec le consentement plus ou moins réel des personnes.

Pourtant, certaines études ont déjà montré que des malades qui sont dans un environnement humain d’amour (famille, amis) et traités en soins palliatifs ne réclamaient pas ou plus à mourir au contraire des malades laissés à leur propre sort par le corps médical ou leur famille. Ainsi, une étude a observé en 2001 que neuf demandes d’euthanasie sur dix se rétractaient lorsque le malade était bien entouré : les demandes d’euthanasie « apparaissent être le plus souvent l’expression d’un sentiment de détresse, de solitude voire d’abandon. La présence et le dévouement de l’entourage, l’administration de soins palliatifs et le dialogue constituent alors une réponse appropriée à ces demandes et sont de nature à apaiser le patient. » (mission parlementaire, 28 novembre 2008).


Bientôt, "La mort pour tous" ?

C’est pourquoi j’ai apprécié la teneur de cet avis 121 du Comité consultatif national d’éthique, formulé de manière très raisonnable, hors des passions et des émotions, qui recommande de renoncer à toute législation visant à ouvrir la brèche définitive de la peine de mort légalisée, tout en proposant des améliorations substantielles à la loi existante comme le droit à la sédation et un meilleur respect de la volonté des malades.

Dans tous les cas, l’article 46 de la loi du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique rend obligatoire l’organisation d’un débat public sous forme d’états généraux à l’initiative du CCNE avant l’adoption de toute loi sur ces sujets très sensibles.

Espérons seulement qu’on ne nous ponde pas dans quelques mois un projet de type "La mort pour tous" !…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (2 juillet 2013)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
L’avis du CCNE sur la fin de vie à télécharger (1er juillet 2013).
Sur le rapport Sicard (18 décembre 2012).
Rapport de Didier Sicard sur la fin de vie du 18 décembre 2012 (à télécharger).
Rapport de Régis Aubry sur la fin de vie du 14 février 2012 (à télécharger).
Rapport de Jean Leonetti sur la fin de vie du 28 novembre 2008 (à télécharger).
Loi Leonetti du 22 avril 2005 (à télécharger).
Embryons humains cherchent repreneurs et expérimentateurs.
Euthanasie : les leçons de l’étranger.
Euthanasie, le bilan d’un débat.
Ne pas voter Hollande pour des raisons morales.
Alain Minc et le coût des soins des très vieux.
Lettre ouverte à Chantal Sébire.
Allocation de fin de vie.


 


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18 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 2 juillet 2013 16:49

    en GB, c’est plus de 10000 mots, voire plus, juste dans les hôpitaux


    • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 2 juillet 2013 18:20

      À Foufouille,

      Extrait du rapport (avis 121) concernant le Royaume-Uni :

      Comme l’euthanasie ne fait pas l’objet d’une incrimination particulière, la jurisprudence la qualifie d’homicide et la punit assez sévèrement. En effet, la jurisprudence ne prend en compte que l’acte et l’intention de tuer et ne s’intéresse ni à la souffrance du patient, ni à la répétition de sa demande, ni à la compassion du médecin. Dernièrement, la jurisprudence a par exemple condamné à la prison à vie avec une peine de sûreté de 9 ans, réduite à 5 ans en novembre 2010, une mère qui avait tué son fils. Celui-ci souffrait de troubles cérébraux réversibles et sa mère avait décidé de lui administrer une dose létale d’héroïne. La Cour a rappelé que « la loi sur le meurtre ne distinguait pas le meurtre commis pour des raisons malveillantes et celui commis par amour familial. L’euthanasie reste un meurtre ».

      Cordialement.


    • foufouille foufouille 2 juillet 2013 20:19

      @sylvain
      j’ai pas entendu parler de condamnations pour les médecins de ses hôpitaux


    • Furax Furax 2 juillet 2013 17:03

      Excellent article très bien documenté.
      Vous auriez pu mentionner également la fuite des retraités de Pays-Bas vers l’Allemagne par crainte de se faire euthanasier contre leur gré. Situation qui a valu aux Pays-Bas une mise en garde de la cCmmission des Droits de l"Homme des Nations Unies...


      • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 2 juillet 2013 18:12

        À Furax,

        Oui, j’avais en effet évoqué ces témoignages de médecins allemands limitrophes dans des articles précédents (en janvier 2011). Ils proviennent du rapport de la mission parlementaire chargée d’évaluer la loi Leonetti (28 novembre 2008) qu’on peut lire à l’un des liens que j’ai mis en fin d’article.

        Il existe une véritable frayeur de ne plus être soignés parce qu’on coûte cher, parce qu’on est un poids pour sa famille, son entourage... Je me demande où se trouve la dignité avec cette angoisse nouvelle (et supplémentaire).

        Cordialement.


      • bibou1324 bibou1324 2 juillet 2013 17:32

        J’ai une question simple et volontairement provoquante : en quoi c’est mal de tuer (appelons les choses par leur nom) une personne dont personne ne veut, y compris elle même ?


        Je parle ici des dépressifs isolés, même pas condamnés par des maladies, en pleine forme physique et mentale (sauf le côté dépressif).

        En quoi c’est mal de légaliser la mort pour qui le souhaite, d’en faire le commerce ?

        Dans une logique judéo-chrétienne, qui a certes inspiré notre république, c’est effectivement un pêché. Mais nous sommes dans une république laïque. Et que ces personnes disparaissent, objectivement et de manière pragmatique, est positif pour l’ensemble de la société. Je ne parle pas du côté financier (je me fiche éperdument de l’argent), je parle du bonheur collectif, avoir un dépressif comme voisin n’est guère amusant, et sa disparition n’attriste personne.

        C’est une réelle question que je me pose, et j’aimerais avoir de réelles réponses argumentés, plutôt que le flot d’insultes qui va probablement suivre.


        P.S. : Rien à voir, mais à la question Quelle société voulons nous ?", un très large majorité des français semble être pour le suicide assisté (je ne parle pas d’euthanasie).

        • L'enfoiré L’enfoiré 2 juillet 2013 18:10

          Christian de Duve a fait parler de sa décision prise un premier avril. 


        • foufouille foufouille 2 juillet 2013 18:13

          c’est simplement temporaire
          avec ton raisonnement, inutile de chercher a soigner les maladies ou accident grave que l’on sait pas soigner actuellement


        • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 2 juillet 2013 18:04

          À Bibou1324,

          Votre question est très intéressante et bien sûr pertinente.

          Vous avez raison sur le fait qu’une république laïque ne doit pas prendre en compte des références religieuses, mais il se trouve justement (c’était d’ailleurs le principe très voltairien de la morale des Lumières) que la morale républicaine rejoint les morales religieuses (il y a plusieurs religions) dans beaucoup de règles du vivre ensemble, et le « tu ne tueras point », « tu ne voleras pas ton voisin », « tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain » etc. se retrouvent autant dans les livres sacrés que dans le code civil. Ce n’est pas une question pour réglementer les moeurs, c’est simplement pour protéger l’épouse, le propriétaire d’un bien, la vie d’un homme etc. Mais cela n’est qu’une parenthèse.

          La raison principale, c’est que vous considérez la volonté (car je garde juste l’hypothèse où le consentement est donné, dans le cas contraire, cela s’apparenterait à un histoire récente) comme une position définitive, inchangeable, immuable. Combien de dépressifs ont réussi à s’en sortir et auraient regretté s’être suicidés le cas échéant ? Certains hélas ont réussi et ne sont plus là pour regretter.

          Bref, c’est être fataliste, considérer qu’il n’y a plus rien à faire, que lorsque la météo est pourrie, il n’y aura plus jamais espoir de soleil.

          Pourtant, les pensées, les impressions, les humeurs peuvent changer radicalement, évoluer, progresser, régresser (selon ses propres critères) etc. Bref, tout n’est pas figé, c’est le principe de la vie.

          Enfin, vous apportez un excellent contre-argument pour se prémunir de ces « morts provoquées » : justement, des personnes comme vous, pour ce que vous semblez montrer, pensent que la mort de certains feraient le bien commun (et vous ajoutez : pas forcément d’un point de vue économique, élément qui pourrait cyniquement se concevoir surtout en temps de crise). En gros, poussons Mémé dans sa tombe, l’héritage arrivera plus vite et surtout, on ne perdra plus son temps les dimanches à aller la visiter ?

          Eh bien, justement, la loi, l’État, est là pour protéger les plus faibles, les plus vulnérables, et en somme, c’est à peu près le principal message qu’a apporté hier le comité d’éthique, ce qui est tout à son honneur. Un jour, je ne vous le souhaite pas, vous-mêmes serez peut-être cette personne vulnérable, et ça peut venir très vite, un simple accident dont vous ne serez pas responsable.

          Je vous ai donné par ailleurs des exemples à l’étranger où l’on se moque des limites que la loi a apportées, à partir du moment où l’on donne la possibilité de tuer ou de mourir, il n’y a plus de limites, toutes seront franchies et déjà de nombreux excès ont été relevés (comme des frères orphelins schizophrènes qui ont été « euthanasiés » parce qu’on savait plus quoi en faire après la mort de leur dernier parent survivant). Ce n’est pas ma société.

          Quant aux sondages, les questions sont simplificatrices (du genre voulez-vous arrêter de souffrir ?) et des études d’opinion montrent que la loi Leonetti n’est pas connue (même des médecins) alors qu’elle résout déjà 99,0% des cas. Le rapport Sicard comme l’avis du CCNE propose de résoudre 99,9% avec ce droit à la sédation.

          Cordialement.


          • L'enfoiré L’enfoiré 2 juillet 2013 18:16

            Ne confondez pas quelqu’un qui se suicide en se jetant par la fenêtre, par exemple.

            Pour ce que vous parlez, il y a les antidépresseurs.
            Une maladie incurable, dégénérescente, c’est autre chose. 
            Par chez nous, on parle étendre la possibilité d’euthanasie aux plus jeunes.
            Là, on entre dans un domaine délicat, j’en convient.


          • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 2 juillet 2013 18:35

            À l’Enfoiré,

            Je ne confonds rien, je répondais à la question posée précédemment.
            Le problème effectivement, c’est qu’en mélangeant toutes les situations, on agrandit justement les risques d’excès en tout genre.

            À propos du débat qui existe en Belgique actuellement, est-il bien raisonnable de parler d’euthanasie pour des enfants de 6 ans ? Où est le consentement libre et éclairé ?

            Cordialement.


          • foufouille foufouille 2 juillet 2013 18:37

            http://www.telegraph.co.uk/health/healthnews/

            pour ceux qui lisent, même un peu, l’anglais
            faut pas être malade en GB


            • gege061 gege061 2 juillet 2013 21:31

              Débat complexe.
              La loi Leonetti est un réel progrès mais connaissez vous beaucoup de maisons spécialisées dans les soins palliatifs ? En région PACA il n’en existe qu’une pour des raisons évidente de budget. Curieusement lorsque les patients « graves » sont pris en charge dans ce type d’établissement quelques jours après leur entrée ils ne demandent plus leur mort.
              Que vous le vouliez ou pas nous sommes de culture chrétienne et peut être faut il avant de penser a tuer nos malades équiper notre pays de centres spécialisés.
              A l’opposé de l’Eglise nombre de militants pour l’euthanasie sont souvent issus de mouvements « discrets »

              Renseignez vous, vous verrez qu’à l’étranger on assiste à des dérives. Déjà appliquons la loi Leonetti ensuite on verra .

              Et le bons sens alors ! http://papyencolere.over-blog.com/


              • soi même 3 juillet 2013 09:32

                Une autre question, que reste t’ il de la dignité humaine d’accorder le droit à l’ Euthanasie, n’est ’ il pas une nouvelle porte ouverte pour le trafic d’organe ?


                • lulupipistrelle 3 juillet 2013 16:02

                  Exactement... mais pas seulement...

                  Tous les gens qui seront dans un état végétatif apparent, et oui apparent parce que des personnes se sont déjà réveillées de comas présumés dépassés, seront éliminés sans que personne ne puisse protester. Des économies en perspective, sans aucun doute... mais une vraie terreur de l’hospitalisation désormais. 

                • Kookaburra Kookaburra 3 juillet 2013 15:04

                  Très bon article, bien que opposé à mes propres convictions. Sur ce sujet je pense qu’il faut préciser les diverses formes de l’euthanasie. Déjà le mot fait froid dans le dos, raison pour laquelle je préfère l’expression aide à mourir.

                  Toutefois, il y a trois formes deuthanasie quil faut distinguer parce que lon peut être en faveur dune forme et contre une autre  :

                  Linjection mortelle leuthanasie active

                  Linterruption du traitement de survie leuthanasie passive

                  La mise à la disposition du patient des substances nécessaires pour se suicider laide au suicide.

                  Si j’ai doit à ma propre vie, j’aimerais croire que j’ai droit aussi à ma mort, en tant qu’elle soit volontaire. Il est vrai que je pense surtout à moi-même. S’il m’arrive, à un âge avancé, de me trouver totalement dépendant, diminué au point de ne pouvoir rien faire sans aide, tétraplégique par exemple, j’aimerais avoir la possibilité de tirer ma révérence. La possibilité, dis-je. Je ne peux pas savoir si le ferai. Mais la possibilité de me procurer les substances nécessaires pour partir. Aide au suicide. J’aimerais avoir la possibilité pour moi-même, personne d’autre n’est obligé de s’en servir. Le seul argument contre qui me convainc est l’argument religieux. Valable pour les croyants. Tous les autres arguments ne me convainc pas - la pente savonneuse etc. Je ne dirais pas plus, puisque on est majoritairement contre sur ce fil. Et dans la population en générale ?


                  • lulupipistrelle 3 juillet 2013 16:04

                    L’euthanasie passive consiste à laisser quelqu’un mourir de faim.. je ne trouve pas ça si passif. 


                  • franc 5 juillet 2013 17:03

                    je suis favorable au principe de l’euthanasie et du suicide assisté

                    le comité d’éthique est composé de médecins ou d’experts qui ne sont pas neutres et impartiaux mais agissent par corporatisme pour garder le statu quo d’une société qui conserve les privilèges des gens de pouvoir et d’argent qui la dirigent ;

                    Il est à rappeler que le comité d’éthique et l’Ordre de s médecins à l’époque avaient émis des avis contre la légalisation de l’avortement ,les politiques ont passé outre ces avis ,et m^me les socialistes miterrandiens de 1981 avit le projet de disssoudre l’Ordre des médecins

                     

                    j’en profite de l’accasion pour raconter cette histoire que j ’ai pris connaissance dans un reportage où un ouvrier athée ,plus précisément un camioneur d’une quarantaine d’années se sachant condamné par un cancer de cerveau a pris la décision de recourir au suicide assisté en Suisse ;j’ai été frappé par son calme et sa sérénité ,on voyait , juste avant d ’accomplir son acte par la prise d’un produit qui le fait mourir sans aucune souffrance comme s’il s’était endormi ,qu’il prenait un pot avec une dizaine de personnes comme si c’était entre amis .Une leçon de courage , de sérénité et d’humilité de la part d’un athée alors que j’avais vu le pape Jean Paul II en chaise roulante incapable d’articuler un mot sur le balcon de son palais essayer de s’accrocher à son pouvoir de pape , faire des gesticulation et des protestations pathéthiques pendant les cardinaux le ramenaient contre son gré à l’intérieur ;pathétique et indigne de la part d’un religieux et pape qui plus est ;heureusement le pape Benoit XVI a donné une autre image de la papauté en courage et dignité par sa démission de sa propre initiative à cause de son grand âge .

                     

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