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Accueil du site > Actualités > Santé > Evidences inaudibles

Evidences inaudibles

C'est un interview de Marcel Rufo qui inspire ce tout petit billet. Beaucoup définisse le pédopsychiatre comme un "atypique". Marcel Rufo pratique avec facilité la communication et son slogan préféré est « je ne sais rien ». Figure de style, fausse modestie ? Peu importe. En dépit d’une liste impressionnante de titres et travaux, ce professeur agrégé avoue finalement ses tâtonnements, ses hésitations. N’est-ce pas là le premier pas vers la recherche d’une véritable connaissance, le secret d’une intelligence en prise sur le réel ?

Dans une émission très « grand public » à l’occasion de la parution de son dernier livre « Grands –Parents : à vous de jouer » ; il a été amené à répondre à une question annexe concernant l’exercice de la médecine générale, les urgences en crise et la quête laborieuse des patients pour être simplement examinés à l'occasion de pathologies banales, souvent mineures.
Avec une simplicité déroutante Rufo, en quelques mots, décrit la situation. Les médecins libéraux signent des feuilles de sécurité sociale. En conséquence ils appartiennent, bien que libéraux, à un système public qui contribue beaucoup à les nourrir. Ils devraient donc honorer jusqu’au bout la main qui les abreuve en participant à une partie de la charge publique représentée en particulier par l’organisation des gardes de nuit ou du week end ; ce qu'il est convenu d'appeler la permanence des soins.
Prenons un exemple récurrent. Comment comprendre que dans une petite ville de province dans laquelle 12 médecins libéraux sont installés, il n’y ait aucun médecin de garde les fins de semaine ? Le patient grippé ou simplement inquiet est obligé d’en passer par la case des urgences du grand centre le plus proche complétement débordé par ces « vraies-fausses urgences »
Cet exemple est très fréquent, l’évidence du propos aveuglante. Il est grand temps d’en revenir à ces constatations simples avec des mots simples. Grand temps d’arrêter de complexifier des problèmes simples pour éviter d’y répondre efficacement.
Celui qui vit en partie par les biens faits de l’argent public doit accepter de participer à ce service public, quel que soit par ailleurs son statut. S’il ne l’accepte pas, il faut devenir coercitif et supprimer pour lui les bien faits de la manne issue de la solidarité. Il doit avoir le droit d’être entièrement libre, mais il ne peut en aucun cas réclamer « le beurre et l’argent du beurre »

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12 réactions à cet article    


  • Aldous Aldous 31 janvier 2013 12:10

    Rufo a bouffé son chapeau sur le besoin d’alterité parentale des enfants.


    On lui a fait comprendre que s’il ne se repentait pas publiquement, il serait privé de télé.

    Ca fait pas trop mal au cul Marcel ?

    • Matthieu Stelvio Matthieu Stelvio 31 janvier 2013 19:55

      L’Etat a le devoir d’assurer des urgences médicales dignes de ce nom. Reporter entièrement la faute sur les médecins libéraux ne me semble pas être une idée très juste.


      Il ne faut pas oublier que beaucoup de médecins sont surchargés de travail. Les accuser de ne pas être disponibles 24 heures sur 24, c’est tout de même un peu excessif. N’auraient-ils pas le droit, eux aussi, d’avoir une vie en dehors du travail ?

      Je cherche à élargir le débat, et je ne suis pas insensible aux arguments développés dans cet article : je souhaite simplement apporter des nuances. Reprocher à un médecin de ne pas être disponible après 19 heures me semble un peu excessif. Si on impose trop de contraintes aux généralistes, il y aura moins de vocations : à mon sens, il faut trouver le juste équilibre.

    • jymb 31 janvier 2013 13:15

      Les gardes sont gérées par l’ARS, l’Ordre, voire le préfet en cas de carence. Les tours de garde disparaissent lorsqu’il y a trop peu de praticiens en état de faire des gardes ( la moyenne d’âge est élevée, beaucoup ont -aussi- des maladies chroniques)
      Etre examiné par un médecin ayant 12 h de cabinet derrière lui et 12 h de cabinet devant lui, c’est prendre un risque majeur d’erreur.
      Accepteriez vous de monter dans un avion, sachant que le commandant de bord est en manque de sommeil et a pulvérisé les limites professionnelles légales ?
      En suivant votre raisonnement, tout fonctionnaire ou prof ( vivant des « bienfaits de l’argent public ») devrait logiquement assurer une continuité de service, par exemple une remise à niveau estivale pour les élèves en difficultés ...


      • antonio 31 janvier 2013 17:56

        Effectivement, Marcel Ruffo parle avec beaucoup de bon sens.


        • Fifi Brind_acier Pilou Camomille 31 janvier 2013 18:52

          Ruffo a oublié de dire que les contribuables payent aux médecins les études les plus longues des cursus universitaires, sans contrepartie. Par exemple, de s’installer 4 ou 5 ans dans des zones déficitaires.... Les avantages sans les inconvénients ; le beurre, le prix du beurre et vous avez oublié la crémière !


          • lulupipistrelle 31 janvier 2013 23:30

            Oui, alors si vous allez dans ce sens... je vous rappelle qu’à partir de la 3ème année les étudiants vont travailler dans les services du CHU pour des clopinettes... 


            Et puis allons un peu plus loin, la plupart des étudiants ont des parents contribuables, qui contribuent beaucoup... qui pourraient même leur payer des études dans une Université américaine avec ce qu’ils contribuent ... et qui continuent à contribuer bien au delà de la fin d’étude de leurs lardons. 
            Pour mémoire : n’importe quel crétin qui a été maintenu jusqu’à 18 ans dans le système scolaire, a coûté plus de 100 000 euros. Avec les résultats qu’on sait pour beaucoup. 



          • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 1er février 2013 11:05

            @Lulupistrelle


            C’est quoi « des clopinettes » ? Les mêmes émoluments que les « stagiaires » en entreprise ?

          • lulupipistrelle 1er février 2013 12:10

            Je ne connais pas le tarif actuel.. je dirais de mémoire, si les conditions ne se sont pas améliorées... un quart à un tiers du smic, pour de longues matinées et des gardes de 24h.. mais pour un vrai boulot, et pas des plus simples ni des plus ragoûtants. Avec déjà de grosses responsabilités, de fait. 


          • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 31 janvier 2013 18:59

            Ce qu’écris jymb ne peut pas être balayé d’un revers de la main.

            Il est vrai que les médecins de ville devraient prendre comme autrefois leur part des urgences.
            Il est aussi vrai que de moins en moins de jeunes médecins acceptent la médecine de ville, et encore moins la médecine de campagne. C’est comme pour le « mariage pour tous » : une question de « confort ». Trop de jeunes médecins veulent « le beurre et l’argent du beurre ».
            Si bien que les médecins généralistes encore en service sont surchargés et ne peuvent effectivement pas, en plus de leur travail habituel, être disponible pour les urgences.

            Quant aux enseignants, ils devraient effectivement accepter de temps en temps une remise à niveau en dehors de leurs heures de service. Ce que font d’ailleurs un certain nombre d’entre eux (de même que des médecins vont assister par exemple aux entretiens de Bichat pour se tenir au courant).

            • lulupipistrelle 1er février 2013 12:14

              Ce ne sont pas les seuls problèmes... aujourd’hui plus un médecin ne se livre à des actes de petite chirurgie... aller poireauter 3 h aux urgences pour se faire recoudre trois points... je trouve ça insupportable. 


            • srobyl srobyl 31 janvier 2013 21:06

              Entièrement d’accord ! Et ce cercle des pseudo-fonctionnarisés est plus large qu’on pense, car il en est d’autres,(contrôles automobiles, agriculteurs...) et leur imposer des règles qui prévalent dans la fonction publique.
              Attention toutefois : le corps médical englobe des personnes qui ne sont vraiment pas logées à la même enseigne ! Il conviendrait de dépoussiérer tout ça, de gommer les inégalités. Ca va pas être facile, L’ordre des médecins...Et nous tous, qui sommes prêts à accepter n’importe quoi dès lors qu’on à affaire à des personnes qui sont censées s’occuper de notre santé !


              • ricoxy ricoxy 1er février 2013 10:18

                « son slogan préféré est « je ne sais rien ». »

                Ah ! La maïeutique socratique ?

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