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Accueil du site > Actualités > Santé > Food Inc : le braquage n’a pas eu lieu

Food Inc : le braquage n’a pas eu lieu

Le documentaire Food Inc de Robert Kenner (sorti le 2 décembre 2009) révèle les dessous de l’alimentation aux Etats-Unis. Le film se voulait explosif, hélas, c’est un pétard mouillé qui laisse indifférents les drogués de la « malbouffe ».

C’est un film de plus sur les méfaits perpétrés par l’industrie agro-alimentaire. Rien de nouveau sous le soleil : nous mangeons de la merde. Nous ne nous nourrissons même que de cela. Food Inc nous raconte avec quelle genre de viande sont fabriqués nos burgers préférés, la drôle de chimie qui prélude à la fabrication de nos hot-dogs , avec quelle poudre de perlimpinpin on assaisonne les crackers de l’apéritif… Voici l’envers du décor des supermarchés où nous aimons tant faire nos emplettes : abattoirs-usines où 400 bœufs couverts d’excréments sont débités à l’heure, immigrés clandestins trimant au beau milieu des carcasses fumantes, bactéries E-coli 0157H7 à tous les étages, sirop de maïs sorti d’obscurs labos inondant tous nos mets jusqu’aux plus improbables, quelques salauds de Monsanto copains comme cochons avec l’administration politique qui bidouillent de l’OGM et pour finir la complaisance de la FDA (Food and Drug Administraion) qui depuis bien longtemps ne protège plus les citoyens.
 
Morale du documentaire : nous n’en finirons pas comme ça avec le capitalisme donc autant lui mettre le couteau sous la gorge en boycottant les « mauvais » produits qu’il veut nous refiler et en réclamant des produits sains. Chaque-citoyen-a-le-pouvoir-de-voter nous serine l’éternelle chanson…
O.K. Maintenant passons aux choses sérieuses : qui ira voir un tel film ?
Absolument personne.
 
Non parce qu’il n’est diffusé nulle part et qu’un complot s’ourdit contre la propagation de la vérité. Le problème est ailleurs : sitôt vu ce documentaire, sitôt oublié. Food inc en soi n’est pas un mauvais film, loin de là, mais il ne convainc personne.
 
Il est vrai que la plupart des Occidentaux n’ont absolument aucune idée de ce qu’ils ingurgitent (de quoi est-ce vraiment fait, d’ou cette nourriture provient-elle, qui la prépare, etc.) mais les réalisateurs de Food Inc ont oublié l’essentiel : absolument personne ne souhaite le savoir. La réalité de notre société est devenu un tel cauchemar que nous nous employons tous non seulement à l’oublier mais surtout à la nier. La dénégation est devenue générale. Alors tant que le couvert est dressé, qu’un joyeux fumet se répand dans la salle à manger, il est hors de question d’aller fouiner dans l’horreur des arrières-cuisines.
 
Les conditions d’existence du bétail, la mort d’un petit garçon contaminé par un steak haché, les magouilles des entreprises peuvent peut-être coller la frousse à quelques « innocents » mais pas beaucoup plus qu’un épisode du Docteur House. Rien de bien méchant. Pas le genre d’angoisse qui résisterait très longtemps au réconfort d’un petit Sundae caramel
 
Food Inc fait gentiment la leçon aux spectateurs sans comprendre qu’il s’en contrefout, sans réaliser une seule seconde qu’en matière d’argumentation le glutamate (Glutamate Monosodique de Sodium) a plusieurs longueurs d’avance. Seul un braquage avait une chance de faire mouche. Prendre le spectateur en otage, lui vider l’estomac, lui montrer l’horrible réalité de ses burgers adorés et l’état de délabrement auquel il voue son corps. Quant à l’éternelle bande de mollasses qui compareraient ces méthodes à de la « propagande », je rappelle que la partie adverse n’utilise, elle, que cela : propagande permanente et manipulation pure et simple.*
 
Si les « innocents » spectateurs passent à côté, Food inc ne convainc pas non plus les « spécialistes » de l’alimentation moderne, ceux qui se coltinent chaque jour avec le cauchemar. Le film ferait presque figure de rabâchage tant on y apprend rien de neuf. Le documentaire emprunte la plupart de ses thèmes au (très bon) livre d’Eric Shlosser Fast Food Nation (2001) et on papillonne de dénonciation en dénonciation, de plan en plan sans trame précise. La structure est inexistante, on cherche la trame historique et surtout le sens politique du documentaire…
 
A la longue, on trouverait même agaçantes les perpétuelles attaques contre le Grand Méchant Monsanto quand on doit supporter au quotidien des hordes de citoyens prêts à toutes les compromissions pour peu que leurs pizzas Mc Truc soient livrées à l’heure…
 
A-S BENOIT
 
 * Voir mon article sur la réalité du contenu d’un Big Mac®.
Food Inc
Date de sortie : 2 décembre 2009
Réalisé par Robert Kenner
Avec Michael Pollan, Eric Schlosser,
Long-métrage américain. Genre : Documentaire
Durée : 1h34 min Année de production : 2008
Distributeur : CTV International
 

Moyenne des avis sur cet article :  4.37/5   (19 votes)




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4 réactions à cet article    


  • jondegre jondegre 18 janvier 2010 11:45

    Vous êtes bien cynique, bien sûr on fait pas boire un âne qui n’a pas soif, mais la société n’est pas faite que d’ânes...
    Ce documentaire a au moins le mérite d’exister.


    • Cogno2 18 janvier 2010 12:47

      Cynique mais réaliste, car toutes les dénonciations n’aboutissent exactement à rien.
      Sans quoi mosanto n’existerai plus depuis longtemps par exemple, de même que plein d’autres empoisonneurs, les cas se comptent par dizaines... au lieu de ça, ils progressent.

      Faire du fric en empoisonnant les gens, voila ou est tombé la race humaine.

      Donc oui, c’est a désespérer de l’espèce humaine, endormie par son indifférence.
      Quand elle se réveillera, il y a fort à parier qu’il sera trop tard, et qu’elle assistera à sa propre fin en s’en mordant les couilles d’avoir été aussi con.


      • terrienhope3 terrienhope3 18 janvier 2010 13:42

        ouais bientôt on fera caca fluo
        hihihihihi !!!
        bien sur que personne ne fais rien
        par ou commencer hein ????
        tu règle d’un coté et bien il t’enc..... de l’autre
        une personne qui bouffe mal est une personne qui est en mauvaise santé donc moins dispo a faire la revolucionnnnnne
        interesser vous au codex alimentarius vous aurez un début de réponse


        • ZEN ZEN 18 janvier 2010 17:15

          Comme l’auteur n’a pas daigné participer au débat lors de la parution de son dernier article, je ne commenterai pas...

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Auteur de l'article

A.S BENOIT


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