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Foulard, tomate... Attention aux jeux dangereux

NDLR LPLM : L’association [Les Papas=Les Mamans] contribue de par ses statuts à la défense et l’assistance à l’enfance en danger... des parents nous ont récemment contactés pour nous demander de relayer l’information concernant l’existence de jeux dangereux pour les enfants, notamment dans les cours d’école à l’instar du jeu du foulard ou du jeu de la tomate.

Foulard, tomate... Attention aux jeux dangereux Chaque année, des enfants se retrouvent aux urgences, et certains meurent, pour avoir mené un simple jeu un peu trop loin. Foulard, tomate, canette... ces pratiques dangereuses portent de nombreux noms. Quels sont les conduites à risque ? Comment protéger ses bambins ? Peut-on prévenir ces comportements ? Tour d’horizon.

De la conduite à risque au jeu dangereux Il est normal pour les jeunes de tester les limites, et d’adopter des conduites à risques. Mais parfois, ils peuvent se faire entraîner et ne pas connaître les dangers réels de leurs activités. C’est le cas de certains jeux dangereux, qu’il s’agisse de violence gratuite ou de pratiques d’étranglement pour rechercher des sensations. Le point pour mieux comprendre ce phénomène.

Les conduites à risque sont indissociables de la jeunesse. Elles correspondent à des besoins précis : il s’agit de rechercher des sensations, de connaître ses limites, de défier l’autorité... Il peut s’agir d’un besoin identitaire, de la recherche de sa place par rapport au monde des adultes. Mais ce n’est pas toujours un choix éclairé : . Il peut y avoir une émulation de groupe, une sorte de rite initiatique pour se faire accepter.

Il existe plusieurs sortes de conduites à risque chez l’enfant et l’adolescent :

– Conduites accidentelles (sur la route, dans le sport)
– Prise de toxiques (drogues) ;
– Conduites auto-mutilatoires
– Jeux dangereux.

Dans cette dernière catégorie, il faut distinguer deux types de jeux dangereux : les agressions et les jeux par asphyxie

Agression et violence gratuite Les jeux par agression ont généralement la forme de violences gratuites perpétrées par un groupe de jeunes envers un enfant. On peut distinguer les violences :

Contraintes : l’enfant subit le jeu sans en être l’instigateur. On peut citer par exemple le jeu de la ronde : les agresseurs créent une fausse bagarre pour attirer la victime. Dès que celui-ci vient voir ce qui se passe, il est pris dans la ronde et roué de coup. Il y a aussi la mort subite : le groupe désigne une couleur, et l’enfant dans la cour qui porte le plus de cette couleur est frappé. Enfin, le "happy slapping" est un jeu venu d’outre-Manche. Il s’agit de gifler une victime par surprise pendant que des complices filment avec leur téléphone portable.

Intentionnelles : l’enfant participe à un jeu dont il sait que la règle implique des violences. Par exemple, le cercle infernal : un groupe d’enfant se passe le ballon, celui qui rate est frappé. Il existe également le jeu de la canette, ou du pont massacreur : les enfants font un cercle jambes écartées, et celui qui laisse passer la canette ou le ballon a perdu.

Les victimes de ces jeux sont généralement des enfants plus faibles, anxieux ou timides. Mais parfois, il s’agit au contraire de jeunes qui attisent la jalousie (qui ont de bonnes notes...).

Quant aux agresseurs, ce sont toujours des dominateurs, avec du charisme, et qui souffrent parfois de troubles des conduites.

Pourquoi les jeux d’asphyxie ? Les jeux d’asphyxie consistent à ralentir l’irrigation du cerveau (avec un foulard, les pouces ou par compression du sternum) afin d’obtenir des hallucinations. Il y a généralement un étrangleur qui va agir jusqu’à ce que l’autre enfant perde connaissance. Il va alors le réveiller pour qu’il raconte. Le jeu est bien sûr extrêmement dangereux : il y aurait eu entre 65 et 200 morts depuis une dizaine d’années. Les victimes ont entre 11 et 15 ans (des collégiens). Ce sont essentiellement des garçons, qui essaient ces pratiques de manière occasionnelle et n’ont pas d’idées suicidaires.

Comment prévenir ? Et si vous pensez que votre enfant n’a sûrement jamais participé à ce type d’activités, détrompez-vous. Les jeux violents sont loin d’être rares. Car selon une enquête menée en 2004, 7 % des collégiens pratiquent le jeu du foulard et 11 % jouent à des jeux dangereux.

Comment prévenir ces comportements ? C’est certes difficile, car en voulant prévenir, les parents risquent d’inciter les enfants, leur donnant l’idée d’essayer. Le meilleur moyen d’aider l’enfant à éviter les risques est de le responsabiliser, de dialoguer avec lui et l’inciter à se poser des questions sur les conséquences de ce qu’on peut lui proposer.. Et le point essentiel est de lui apprendre à savoir dire non, surtout lorsque ses autres camarades le poussent avec un "t’es pas cap" !

Alain Sousa

Source : Présentation du Dr Grégory Michel, service de psychopathologie de l’enfant, Hôpital Robert Debré, Medec 2006.


Jeux d’étranglement : un danger de mort Vous avez certainement entendu parler du jeu du foulard, que les jeunes pratiquent à l’école, et qui peut tourner au drame. Mais ces pratiques sont-elles répandues ? Comment savoir si son enfant essaie ces jeux d’étranglement ? Quels sont les véritables dangers ? Pour tout savoir sur un phénomène inquiétant.

Cela fait plus de 50 ans que les jeux d’étranglements tel que celui du foulard sont pratiqués. Souvent, les jeunes à la recherche de sensations ne se rendent pas compte du danger qu’ils courent.

Des jeux qui se développent On dénombre plus de 90 appellations pour ces jeux d’étranglement : Le rodéo, le jeu du foulard, les solvants, le jeu de l’autoroute, le taureau, le métro, le train, le jeu de la tomate, l’AVC (action vérité chiche...). Les principales victimes sont les collégiens (de 11 à 15 ans). Mais la pratique semble être de plus en plus précoce. Selon les études, environ 10 % des enfants pratiquent des jeux dangereux. Mais ce pourcentage dépasserait les 50 % dans certains établissements ! Et si l’expérience reste généralement isolée, certains jeunes pratiquent 2 à 3 fois par jour le jeu du foulard !

Quelles conséquences ? Dans les jeux d’étranglement, le principe est généralement de couper l’arrivée de sang au cerveau, par la pression sur les deux carotides. Cela provoque d’abord un malaise, avec éventuellement des hallucinations, puis une perte de connaissance. Il peut alors se produire des convulsions. C’est en général le moment choisi par les camarades pour arrêter l’étranglement et réveiller le cobaye. Le problème survient si l’étranglement est poursuivi, ou que l’enfant a voulu faire cela tout seul, avec un lien accroché à quelque chose et qu’il se retrouve pendu (même en gardant les pieds au sol : son poids suffit à l’étrangler). Alors le manque d’oxygène peut provoquer des séquelles nombreuses et graves : paralysie d’un ou plusieurs membres, voire de la moitié du corps, surdité, cécité, épilepsie sévère, troubles cognitifs... ou la mort en 3 à 4 minutes.

Quels signes d’alerte ? Comment savoir si son enfant pratique des jeux dangereux ? Difficile souvent de le faire parler de ses activités. Mais certains signes et symptômes doivent attirer votre attention :

– Joues rouges, manque de concentration ;
– Violents maux de tête, marques sur le cou ;
– Attachement à une corde ou un lien ;
– Repli sur soi ;
– Phobie scolaire.

Si votre enfant présente plusieurs de ces signes, il faut essayer de vous renseigner sur les pratiques auprès de ses amis et de l’école. N’hésitez pas à demander l’aide d’un spécialiste.

Alain Sousa

Source : Présentation de Magali Duwelz, présidente de l’association SOS benjamin, Medec 2006.

Présentation du Dr Jean Lavaud, urgences pédiatriques de l’Hôpital Necker Enfants-malades, Medec 2006


Agir contre les jeux mortels Le jeu du foulard a envahi les cours de récréation. Pourtant, les parents ne sont pas informés de ces pratiques dangereuses. Après avoir perdu son fils, Magali Duwelz a décidé de réagir en créant l’association SOS Benjamin. Elle tire la sonnette d’alarme.

Doctissimo : Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste ces jeux à risque ?

Magali Duwelz : Le jeu du foulard est un étranglement, soit par un autre enfant, soit seul avec des accessoires. Il s’agit d’une sorte de drogue qui ne coûte pas cher, certains enfants vont rechercher les hallucinations, d’autres un plaisir physique... Quand ils ne sont pas simplement poussés par leurs camarades : "t’es pas cap". Et ils ne se rendent pas compte des dangers qu’ils courent : il suffit que le cerveau reste plus d’une minute sans oxygène pour risquer l’arrêt cardiaque. Le principe évolue encore, et aujourd’hui apparaissent des "sessions", où les jeunes vont pratiquer plusieurs jeux violents : jeu du foulard, autoroute, carte à puce...Il est préférable de ne pas entrer dans le détail de ces pratiques, pour ne pas donner de "mode d’emploi" aux jeunes qui ne les connaissent pas. D’ailleurs, je tiens à souligner les ravages de certaines émissions télé et clips. "Jackass" par exemple donne de très dangereuses idées aux jeunes, tel que de partir en haut d’une cote avec un chariot de supermarché...

Doctissimo : Le jeu du foulard semble être apparu récemment. Est-il très répandu dans les écoles ?

Magali Duwelz : D’abord, il faut savoir que le jeu du foulard existe depuis plus de 50 ans ! J’ai parlé avec des seniors qui pratiquaient ce jeu. Mais il n’atteignait pas le degré de violence qu’il a aujourd’hui. Il est difficile d’évaluer le nombre d’enfants qui le pratiquent. Car il possède plus de 30 dénominations, selon les régions : cosmos, été indien, rêve bleu... Sans compter tous les autres "jeux" à risque qui existent. Depuis 1999, j’ai recensé 75 décès liés a ces conduites chez les jeunes. Mais il y en a certainement beaucoup plus, qui n’ont pas été identifiés comme causés par ces pratiques. Durant certaines périodes, nous avons eu 2 ou 3 morts par mois. A l’association, nous avons déjà reçu plusieurs milliers de témoignages de jeunes qui ont participé ou été témoins de ces jeux.

Doctissimo : Vous soulignez la confusion qui existe avec les conduites suicidaires. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Magali Duwelz : Lorsque j’ai commencé à faire de la prévention face à ces pratiques dangereuses, je me suis rendu compte qu’il existait effectivement un amalgame avec les pratiques suicidaires. Or il ne s’agit absolument pas de tentatives de suicide ! Au contraire, tous les enfants victimes de ces jeux avaient des projets, étaient joyeux... Il n’existait chez eux aucun signe qui peut précéder une tentative de suicide (repli...). Bien sûr, les conduites suicidaires existent chez les jeunes, mais il s’agit d’un autre problème.

Doctissimo : Selon vous, quelles actions pourraient prévenir ce phénomène ?

Magali Duwelz : Au niveau de l’éducation nationale, le minimum serait de réaliser une plaquette d’information à destination des enfants et des parents. Car la plupart ne connaissent pas les dangers de ces jeux. Je pense qu’une formation aux gestes qui sauvent dans les écoles est nécessaire. Et il faut également informer le personnel enseignant : aujourd’hui, un enfant qui dit à son professeur qu’il pratique le jeu du foulard va être puni ! Mais les parents doivent également être les acteurs de la prévention. Seul le père ou la mère peuvent connaître les problèmes rencontrés par l’enfant, et sont à même de découvrir les pressions, les engrenages dans lequel il peut-être pris.

Car un instituteur ou un professeur ne peut pas être derrière chaque élève. D’ailleurs, je souhaite qu’une alternative existe : un délégué dans chaque école, auquel l’enfant pourrait parler, un peu comme une assistante sociale. Cela permettrait de trouver une écoute, s’il ne peut ou ne veut se confier à ses parents.

Doctissimo : Mais comment un parent peut empêcher un pré-ado ou un ado de prendre des risques ? Il est normal de se rebeller et de vouloir tester les limites à cet âge !

Magali Duwelz : Bien sûr. D’ailleurs, nous avons tous pris un risque ou fait quelque chose d’inconscient étant jeune. Mais il est indispensable d’essayer d’encadrer les ados, de maintenir un risque contrôlé. Favoriser l’accès par exemple à des clubs sportifs, à des prix abordables pour les jeunes, permettrait de limiter la prise de risque. Et pourquoi ne pas non plus faciliter leur accès à des sports extrêmes, tel que le saut à l’élastique ? Là encore, la notion de prix est essentielle.

Au sein de notre association, nous sommes en train de monter un projet de centre pour les ados "Les clefs de la vie" avec pratique de sports "à risque", qui devrait permettre aux jeunes de découvrir leurs limites. L’entrée dans le centre se fera avec une formation aux premiers secours. Et je souhaite que les jeunes qui passent par ce centre interviennent par la suite dans les écoles, pour faire de la prévention sur les conduites à risque. J’espère que la parole d’autres jeunes vont aider les enfants et adolescents à comprendre que leur corps est fragile, et qu’il faut savoir dire non, même à sas camarades.

Propos recueillis par Alain Sousa

Association SOS Benjamin
Site : http://sosbenjamin.com

DocTV : Non aux jeux dangereux ! Les jeux dangereux sont responsables de plusieurs décès chaque année. Des enfants qui ont ne se sont pas rendus compte du danger de pratiques comme le jeu du foulard. Pourtant, des associations comme SOS Benjamin agissent pour prévenir les parents et les plus jeunes. Le point sur ce phénomène avec le Dr Jean Lavaud, responsable du Samu Pédiatrique de l’hôpital Necker et président du Comité de l’enfance.

Voir la vidéo du site doctissimo

Source : http://www.doctissimo.fr/


Liens d’intérêts

– Vidéo : Les dangers mortels du jeu de la tomate cliquez ici

 

Auteur : Jérôme Messinguiral

Article original sur le site de l’association [ Les Papas = Les Mamans ]


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2 réactions à cet article    


  • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 31 octobre 2009 12:06

    Parents, vous devez prêter attention à ces quelques mots simples qui peuvent être prononcés pas vos enfants ..ou par l’un de leurs camarades.

    Ces mots doivent vous alerter et vous devez savoir que depuis une quinzaine d’années ces jeux auraient fait au moins 200 morts.

    Principaux mots utilisés par les enfants et les ados :

    « Rêve indien » , « rêve bleu », « cosmos », « coma » « navette spatiale », « jeu du poumon », « jeu du foulard », « la grenouille » (à cause des convulsions qu’entraîne ce jeu ), « la serviette », la tomate », « trente secondes de bonheur », « nuit merveilleuse » « le petit pont, « la serviette » « du Beyrouth », « de la mêlée » » du sternum » etc etc, ( il y en aurait bien plus, les mômes en inventent sans cesse, certains disent plus de 90 !)

    voir mon article sur AV


    @+P@py


    • johnford johnford 31 octobre 2009 16:57

      j’ai une idée de jeu : quand l’enfant se comporte mal ou manque de respect aux autres le père lui colle des baffes et le punit. Malheureusement les règles tipulent qu’il faut que le père ne soit pas une deuxième mère.

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