Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Santé > Guerre antibiotique : pour un retour au bon sens

Guerre antibiotique : pour un retour au bon sens

Au 19ème siècle, la pionnière des soins infirmiers Florence Nightingale avait compris qu’un facteur majeur conditionnant la guérison des malade hospitalisés était l’accès à l’air frais et à la lumière naturelle. Les cliniques construites selon ces critères avaient des chambres à hauts plafonds, des grandes fenêtres qui s’ouvraient, et des balcons orientés au sud. Le soleil tue non seulement les bactéries aériennes ou au contact de la peau, mais a également un effet positif sur la tuberculose via l’augmentation de la vitamine D. 

En 1928, Alexander Fleming découvrit la pénicilline. La puissance de cette découverte eu tôt fait de reléguer les principes d’aération et de luminosité au rang de curiosités, et dans les années 60 les médecins étaient convaincus que les maladies infectieuses étaient sur le point de disparaître sous la puissance de feu des multiples antibiotiques qui sortaient en rangs serrés des laboratoires.

Au même moment, au plus fort de la guerre froide, des microbiologistes anglais firent des tests avec la bactérie E. Coli pour déterminer l’effet que pourrait avoir la détonation d’une bombe bactériologique au dessus de Londres. Ils se rendirent compte que les bactéries maintenues à l’extérieur mourraient quasiment toutes, alors que celles contenues dans une boîte, à même température, survivaient bien mieux. Ce “facteur air libre”, qui plus est fluctuait de jour en jour, n’avait pas d’explication évidente, mais les recherches n’avancèrent guère d’autant que la menace d’une guerre bactériologique avait tendance à reculer.
Les hôpitaux et cliniques fermèrent leurs fenêtres, les néons blafards et les conduits d’air conditionnés, véritables distributeurs de bactéries pathogènes, prirent la place des éléments naturels pour donner les endroits suffocants et malsains à la gloire du tout-chimique que nous connaissons aujourd’hui.

Aujourd’hui, la fin de l’époque du “tout antibiotique”, du fait de la résistance accrue des bactéries à ces produits, et sans réelle alternative médicamenteuse en vue, renouvelle l’intérêt médical envers ces vieilles méthodes issues d’un temps où le bon sens ne se heurtait pas encore aux ambitions marketing de l’industrie pharmaceutique. Temps qui, au vu du problème des antibiotiques et des nombreux scandales associés à cette industrie, pourrait bien être sur le retour – mais là n’est pas l’objet de ce billet.

La tuberculose, la pneumonie, la gonorrhée font leur retour du fait de notre nouvelle incapacité à les traiter efficacement. Que faire ? 
En Angleterre, il a été remarqué que le simple fait d’insister sur le lavage des mains par le personnel hospitalier a fait baisser le risque d’infection au staphylocoque doré (SARM). Selon Stephanie Dancer, microbiologiste au Hairmyres Hospital de East Kilbride, il est temps de revenir aux fenêtres ouvertes et aux bains de soleil. A Lima, au Pérou, des tests de diffusion d’air ont été réalisés au sein d’hôpitaux à l’ancienne avec flux d’air passif, et modernes avec l’air conditionné. Utilisant des extincteurs au gaz carbonique comme source d’agent diffusant, les chercheurs du Imperial College London se sont rendu compte que la capacité de ventilation des vieux hôpitaux “à la Nightingale” est deux fois supérieure à celle des bâtiments modernes…

Certains gestionnaires d’hôpitaux tentent désormais de modifier leur infrastructure afin de tirer profit d’une meilleure exposition et ventilation, mais ce n’est pas toujours possible. Une alternative est l’utilisation de lumière artificielle ultra-violette calibrée pour donner les meilleurs résultats bactéricides. A Lima toujours, un test fut mené au sein d’un département pour tuberculeux avec des cochons d’inde. Dans certaines parties on a installé des lampes à UV, et pas dans d’autres. Le risque pour les animaux d’attraper la TB était de 35% dans les parties sans UV, et de 10% dans celles avec UV. Ces lampes sont installées au Pérou mais aussi en Afrique du Sud, en Russie et au Brésil. Une lampe UV est également en service dans une salle d’attente du département en charge des maux de poitrine au St Mary’s Hospital de Londres.
L’effet bactéricide des UV est connu : David Brenner, de la Columbia University à New York, a développé des lampes UV pour blocs opératoires, visant à tuer un maximum de bactéries en suspension dans l’air avant qu’elles n’attérrissent sur les plaies ouvertes des patients. Le meilleur effet est observé avec une longueur d’onde UV bien précise, à 207 nanomètres : cette onde est absorbée par les protéines du corps et ne pénètre pas au niveau du noyau des cellules, où elle causerait des mutations dommageables. Mais elle suffit à tuer les microbes du fait de leur très petite taille.

Des recherches sont également menées sur le fameux “facteur air libre” découvert dans les années 60. Il s’avère que ce facteur est le radical hydroxyle, une molécule à faible durée de vie continuellement produite dans l’atmosphère au travers de réactions entre l’eau et l’ozone.
L’OMS recommande aujourd’hui l’usage de la ventilation naturelle autant que possible. A Mumbai, en Inde, un ancien sanatorium doté de hauts plafonds et balcons ensoleillés est rénové pour accueillir des patients avec TB résistante aux antibiotiques.
Les hôpitaux sont une chose, mais l’effet bénéfique de l’air et de la lumière naturelle sont évidents partout. Une étude menée durant la première guerre du Golfe auprès des GIs conclu que ceux qui vivaient sous tente avaient bien moins de chance de souffrir de rhumes que ceux qui occupaient les dortoires avec air conditionné. Les employés qui passent leur vie dans des bureaux fermés et conditionnés en savent quelque chose.

On peut espérer que les architectes, médecins et gestionnaires d’hôpitaux vont entendre le message et opérer un retour vers des habitations, des bâtiments et des établissement médicaux construits en vertu du bon sens retrouvé : bien éclairés et avec des fenêtres qui s’ouvrent !


Moyenne des avis sur cet article :  4.75/5   (16 votes)




Réagissez à l'article

12 réactions à cet article    


  • La mouche du coche La mouche du coche 23 décembre 2013 16:16

    Je vous rassure tout de suite, tout va se passer exactement à l’inverse de ce que vous préconisez, Devinez pourquoi M. Cahuzac a reçu de l’argent et pourquoi personne n’enquête ? smiley


    • Julien Coblence Julien Coblence 24 décembre 2013 12:01

      Ici, je veux vraiment vous rassurer. Malgré le pessimisme typiquement français au sujet du niveau d’éducation des masses et donc du chemin que nous aurons à faire pour que de telles vérités soient reconnues et appliquées, nous allons dans le bon sens. Nous y travaillons tous ici en tant que bénévoles et l’apocalypse (le levé du voile) est en train d’opérer sa transformation de notre monde.


      J’ajouterais juste aux recommandations de Mme Nightingale quelques autres mesures simples qui pourraient, par effet synergistique, avoir un impact considérable : l’eau pure (obtenue par distillation), la nourriture non industrielle (avez-vous vu et senti ce qu’ils servent aux malades dans les hopitaux, de quoi vous rendre malade... smiley, la cohérence cardiaque, le sport, le massage, le bain dérivatif et la connection corps-terre...je vous renvoi à mon article en cours d’écriture qui sera publié prochainement sur Agoravox... smiley

      Bien à vous et ne désespérons pas !
      Joyeux Noël...

      • doctorix doctorix 24 décembre 2013 21:37

        Je peux encore ajouter une mesure simple : respecter la fièvre quand on est malade.

        Les virus se multiplient de 2 à 500 fois plus vite à 37°C qu’à 39°C. 
        Alors mettez votre aspirine, votre paracétamol et votre ibuprofène à la poubelle, plongez-vous au fond de votre lit, et attendez que la fièvre vous débarrasse de vos virus en transpirant un bon coup : comme le préconisaient vos grand-mères.
        Explications sur demande.

      • Arnaud69 Arnaud69 24 décembre 2013 21:46

        @ doctorix

        Dans de pareils cas je fais comme vous dites mais je bois pas mal de tisane de buis, est-ce correct ?

        (Buis = Sudation, hydratation et aussi coup de chaud, réputé comme antiviral)


      • doctorix doctorix 24 décembre 2013 23:51

        Le buis, je ne connais pas.

        Mais boire beaucoup, oui.
        Je vous ai retrouvé les travaux du Pr Lwoff, prix Nobel, qui expliquait l’intérêt de la fièvre dans la polio.
        Tout est passionnant (sauf son avis sur les vaccins, qui sont pour lui 100% sans danger...), mais vous pouvez sauter à la dixième minute.
        On peut en déduire que si la polio a fait (et fait encore) tant de dégâts, c’est parce qu’on ne respecte pas la fièvre à 40°C qui l’inaugure : quelle tristesse !!!

      • Arnaud69 Arnaud69 25 décembre 2013 01:13

        @ doctorix

        Boire beaucoup mon luxe : Une centrale d’eau minérale alcaline ionisée, ça change la vie.
        Un personnage intéressant un produit génial (et injectable) mais chuutttt...


        J’ai fait beaucoup de recherches sur ce Monsieur, faites de même vous allez être surpris
        .  smiley


      • doctorix doctorix 25 décembre 2013 01:19

        Mais oui, Quinton, un grand Monsieur, dont on trouve l’histoire, au milieu de 40 autres, dans les quatre volumes de « Savants maudits, chercheurs exclus » de Pierre Lance, 


      • Arnaud69 Arnaud69 25 décembre 2013 01:24

        @ doctorix

        Décidément nous sommes pleins de points communs et de centres d’intérêt communs ...


      • doctorix doctorix 25 décembre 2013 09:27

        Oui, et nous avons même un ennemi commun qui moinsse systématiquement nos écrits : ça rapproche...


      • Arnaud69 Arnaud69 25 décembre 2013 10:35

        @ Doctorix

        Si vous saviez qui joue, identité, CV, localisation, âge, situation etc... Vous auriez plus pitié qu’autre chose, vous ne verriez plus les choses de la même façon, plus pitoyables pathologies que pendables..

         smiley


      • JL JL 26 décembre 2013 09:54

        Bonjour docdorix,

        je connais un être cher et très âgé qui, quand il était bébé a été sauvé par un médecin adepte de ce principe : après avoir diagnostiqué chez le bébé un début de méningite, le toubib a fait baigner l’enfant dans un bain à 40°C. Peut-être bien que si l’on avait cherché à faire baisser la fièvre, l’enfant serait mort.

        Que ce médecin en soit remercié ici, même s’il nous a quitté depuis très longtemps, et je le lui souhaite, de sa belle mort .


      • doctorix doctorix 26 décembre 2013 12:07

        Ben oui : si on a survécu 100 millions d’années, et si les animaux ne meurent pas, alors qu’ils n’ont pas d’aspirine, c’est parce que la fièvre set à quelque chose est n’est pas notre ennemi, mais notre première ligne de défense.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès