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L’abus de Michaël Moore est dangereux pour notre système de santé

La moindre suggestion de discussion sur le grand tabou français de l’assurance maladie entraîne quasi systématiquement un tir de barrage de témoignages compassionnels. L’arrivée sur nos écrans du manifeste démagogique de Michaël More, « Sicko », ne va certainement pas contribuer à la sérénité du débat. Il ressort l’argument populiste classique pour botter en touche : évocation de quelques cas de graves maladies soignées grâce à notre fameuse sécu idéalisée, suivie d’une touche sur l’horreur du modèle américain.

Or, cette peur ainsi exprimée repose sur une mauvaise compréhension du rôle central de l’acheteur de soins et de son articulation avec les deux autres rouages du système de soins, assurés et producteurs de soins. L’assurance n’a pas tant pour rôle de rembourser les assurés sociaux que de les accompagner activement tout au long de leur vie et de charpenter l’ensemble de la production de soins, qu’il s’agisse de la médecine hospitalière, ambulatoire, de leur coordination ou des produits pharmaceutiques. Voilà le cœur de toutes les grandes réformes des systèmes de santé.

Au lieu de cela, la TVA sociale (heureusement mise en veille) et la franchise médicale privilégient une approche purement comptable à celle, plus ambitieuse, de la charpente de notre système de santé. Toujours chroniquement déficitaire après 21 réformes, notre sécu reste terriblement coûteuse pour les cotisants alors qu’elle rembourse de moins en moins bien les assurés. Plus grave, l’irresponsabilité générale qu’elle entretient a des répercussions inquiétantes sur le fonctionnement et les performances de notre système de soins.

Admettons que nous défendions deux objectifs majeurs auxquels la plupart des Français semblent attachés : la couverture universelle et une médecine de qualité, c’est-à-dire des soins dont l’efficacité est démontrée, dispensés quand ils sont nécessaires, délivrés de façon compétente et diligente, au moment opportun, au moindre coût et au moindre risque.

Le premier aspect du débat consiste à trancher deux questions préliminaires. Quel périmètre voulons-nous pour cette couverture universelle ? La complexité d’un mécanisme universel n’a de sens que pour les soins lourds et aigus ainsi que les soins de longue durée, hautement sensibles pour chacun de nous par l’ampleur potentielle de leurs coûts. Les mécanismes de couverture des soins courants, eux, devraient être bien plus flexibles et reposer sur la responsabilité de chacun pour s’adapter à la diversité des préférences individuelles.

Ensuite, comment devrions-nous financer cette couverture universelle ? Aujourd’hui, l’assurance maladie repose essentiellement sur les cotisations sociales des actifs, c’est-à-dire essentiellement sur le travail plutôt que sur des primes individuelles ou sur la dépense publique financée par l’impôt. Avec le rallongement de l’espérance de vie et l’augmentation directement liée des dépenses de santé, les retraités vont devoir contribuer à leur couverture santé eux aussi. Le transfert intergénérationnel massif actuel n’est plus tenable. Les mécanismes de solidarité publique, financés par l’impôt dans cette logique, doivent se limiter à ceux qui en ont réellement besoin.

Le deuxième aspect, bien plus fonctionnel, concerne l’action de l’acheteur de soins pour en améliorer l’efficacité au moindre coût. L’observation des modèles étrangers est fort instructive à cet égard. Alors que la France a fait de son assurance maladie un organisme d’administration des prix et de remboursement des assurés, les modèles les plus avancés ont fait des acheteurs de soins de véritables architectes de la production de soins et du suivi de la santé de leurs assurés. La France ne peut continuer à éluder cette évolution générale de l’architecture des secteurs de la santé alors qu’ils pèsent plus de 10 % du PIB chez nous. En ajoutant la nécessité de maîtriser les coûts par une bonne gestion à la complexité et l’évolution rapide des pratiques médicales, une assurance santé digne de ce nom doit s’impliquer activement dans l’encadrement des pratiques des acteurs de la santé, dans leur coordination et dans une politique de prévention dynamique et performante.

Un tel processus exige une liberté d’expérimentation, une émulation entre organismes similaires et le consentement des acteurs concernés, tant assurés que producteurs de soins. La solution passe par une décentralisation couplée à l’ouverture progressive du monopole actuel de l’assurance maladie. Le modèle hollandais de santé est un très bon exemple d’évolution réussie. L’ouverture de l’assurance santé, concernant la couverture universelle, est financée par l’impôt plutôt que par les cotisations sociales. Aux Etats-Unis, pays où le pire côtoie le meilleur dans le domaine de l’assurance santé, une floraison de modèles remarquables a germé au cours des dernières décennies. Les Managed Care Organizations, et notamment les Health Care Organizations, offrent un modèle extrêmement intéressant de ce à quoi pourrait ressembler, chez nous, une assurance santé moderne et dynamique.

Une étude récente de l’Institut Montaigne décortique le succès singulier d’une mutuelle apparue il y a une douzaine d’années, la VHA. Chargée de suivre les vétérans de l’armée américaine, elle couvre des personnes plus âgées et frappées de pathologies plus lourdes que la moyenne. Très décentralisée afin de favoriser l’émulation interne, elle a choisi de recourir à des méthodes qui ont fait leurs preuves : prise en main de la formation des personnels soignants, encadrement des pratiques médicales, coordination de l’offre de soins, notamment entre médecine de ville et réseau hospitalier, recours aux nouvelles technologies de l’information et, pièce maîtresse de l’ensemble, un Dossier Médical Electronique qui assure un suivi extrêmement complet et performant de la santé de chaque assuré. La prévention constitue un élément clef du suivi médical de chacun. Elle a rapidement engendré de belles économies du montant de la prime annuelle moyenne, estimées à 25 % sur 10 ans ! Les résultats sont plus que probants, au point que ce Dossier Electronique a obtenu le prix de l’innovation Harvard en 2006.

Evidemment, de telles innovations impliquent que les acteurs de santé acceptent un cadre plus contraignant, des objectifs constamment ajustés et des audits réguliers, bref sur une solide ambition de performance. Même en contrepartie de rémunérations supérieures, le pari est audacieux. Seule solution : substituer une dynamique permanente de négociation entre acteurs de santé responsabilisés aux mesures rigides dictées arbitrairement par le ministère. Cette flexibilité nécessaire passe par des caisses régionales vraiment autonomes et l’arrivée de concurrents privés à l’assurance maladie, enfin capables d’instaurer des rapports non plus imposés mais négociés avec les producteurs de soins et les assurés. A l’aube du XXIe siècle, la France doit rapidement accepter d’aborder ce débat fondateur autrement plus prometteur qu’une TVA sociale ou une franchise médicale, et qui ignore l’approche bassement populiste de Michaël Moore. Il en va de notre santé.

Références :

Système de santé aux Etats-Unis, rapport de l’IGAS (avril 2002)

Système de santé aux Pays-Bas, rapport de l’IGAS (mai 2002)

La VHA, mutuelle des vétérans US, rapport de Denise Silbert pour l’Institut Montaigne (juillet 2007)


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108 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 4 septembre 2007 09:47

    il vaut mieux prévenir que guérir , c’est une évidence et une bonne piste pour réaliser des économies .

    Une emission quotienne avec notre président discutant de l’actualité vers 22h30 remplacerait avantageusement le lexomil , le valium , le tranxène dont les français sont de fervents consommateurs smiley


    • Universitaire 1995 4 septembre 2007 15:02

      Moore joue double jeu et fait du lobbying opportuniste avec des potes français bien placés, mais il faut voir les choses globalement.

      Lire, par exemple :

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=235

      Nicolas Sarkozy, capitalisme de choc et alliance impérialiste Europe-USA


    • Little Scarlet Pimpernel Little Scarlet Pimpernel 4 septembre 2007 17:03

      Michale Moore ne peut pas être insensible à la « transversalité » sarkoziste. D’autant plus que ses affaires ont toujours bien marché en France.


    • Little Scarlet Pimpernel Little Scarlet Pimpernel 4 septembre 2007 17:06

      Ceci étant dit, parler de libéralisme en 2007, c’est un peu comme parler d’un diplodocus qui se baladerait dans le port de Marseille.


    • Ingrid du Midi 4 septembre 2007 22:38

      Le commentaire d’Universitaire en a mis en colère quelques-uns, mais regardez bien ce que vient de déclarer Michael Moore. C’est un vibrant éloge de Raffarin :

      http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3476,36-951095@51-948060,0.html

      Michael Moore, réalisateur américain

      « Le méchant de »Sicko« c’est nous, les Américains »

      LE MONDE | 04.09.07 | 16h28 • Mis à jour le 04.09.07 | 16h28

      (...)

      Après la canicule, vous avez ressenti une honte nationale, il y a eu un débat et vous, la collectivité, avez décidé de renoncer à un jour de congé. Je ne sais pas si ça va marcher, mais vous avez répondu collectivement.

      (...)


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 4 septembre 2007 22:55

      Avant de subir la question, j’avoue que je suis de Gauche. cela dit, parlons santé. Les moyens de la médecine moderne augmente et augmenteront au rythme du progrès. Il est dejà - et il deviendra de plus en plus - impossible de donner toujours à tous tout ce que le médecine peut offrir.

      Hypothèse A) On vend tout, on ne donne rien. Hypothèse B) On vend aux riches, on donne aux pauvres. Hypothèse C) On donne tout ce qu’on peut et on vend le reste Hypothèse D) Le médecin choisit ; les autres, bonne chance. Hypothèse E) Une loterie, ou une file d’attente...

      Il faut choisir. Le reste, c’est la logistique.

      On peut aussi penser qu’il y a une autre solution et ne pas choisir, auquel cas il y a simplement moins à donner comme à vendre... et c’est bonne chance pour tout le monde...

      C’est sur l’EFFICACITÉ qu’il faut travailler, ce qui ne résoudra pas le problème, mais le rendra moins pénible.

      http://nouvellesociete.org/705.html

      Pierre JC Allard


    • Higgins 4 septembre 2007 10:05

      Article intéressant qui va probablement suscité une fronde généralisée de la part des statolâtres que l’on retrouve régulièrement sur ce forum.

      L’intelligence commande de regarder lucidement la réalité des choses : de la même façon que l’état France peut fonctionner mieux avec moins de personnes (les exemples probants ne manquent pas tout autour de nous : Canada, Grande Bretagne etc, etc,...), les faits objectifs et économiques nous obligent à s’interroger sur la fameuse Sécu et son fonctionnement. Le comportement « panurgien » de bon nombre de concitoyens est indubitablement un obstacle à une réforme profonde de ce système qui arrive, que cela nous fasse plaisir ou non, en fin de vie. Quels seront les hommes politiques qui auront le courage et la pugnacité pour conduire un tel débat en faisant tomber enfin les tours vermoulues qui protègent ce chaos permanent ?


      • ripouette ripouette 4 septembre 2007 10:06

        Tiens c’est pas moi qui vais te répondre mais le très ultra libéral Jean-Marc Sylvestre qui écrivait en 2003 après avoir faillit mourir d’une maladie nosocomiale :

        "Jusqu’à cet été, je ne connaissais du système de santé français que l’ampleur du déficit de l’assurance maladie. Depuis je sais que ce déficit que j’ai tellement critiqué, m’a sans doute sauvé la vie... En deux mois, j’ai dû subir tous les examens possibles. Il n’y a pas un millimètre de mon corps qui n’ait été radiographié...

        En toute logique je n’aurais pas dû survivre.

        La chance, oui, cette bonne étoile qui veille sur chacun de nous sans doute... Ma chance la vraie, c’est d’avoir été traité, par une poignée de médecins extraordinaires de compétence... Dans un système, qui, pour être critiqué, n’en demeure pas moins des plus performants... Je sais aujourd’hui que, sans ce système de santé français et la capacité d’investigation qu’il donne aux médecins, j’étais mort.

        Dans une logique purement financière, aucun contrôleur de gestion n’aurait pu accepter de telles dépenses. Le « return » était trop improbable."

        Il est écrit dans ton profil que tu aimes l’art contemporain, continue à creuser dans cette voie ça sera plus profitable pour ta santé mentale. Hey l’art pour l’émotion esthétique hein ? Pas pour le pognon !


        • Aurelien Veron 4 septembre 2007 15:01

          Cette anecdote douloureuse ne répond en rien à la question. Distinguez bien les soins eux-mêmes de l’assurance qui paye pour le compte des assurés.

          Une assurance santé, qu’elle soit mutualiste ou non, à but lucratif ou non, repose sur un contrat et une réglementation. Il est tout à fait possible d’instaurer une couverture universelle pour une prime négoxciée pour tous, qui sera assurée par tout organisme volontaire. Au législateur de fixer un cadre, comme pour la sécu aujourd’hui.

          Assurances et mutuelles organiseraient alors mieux, en contrepartie, la coordination entre hopitaux et médecine ambulatoire (le chaos actuel coûte extrêmement cher et a des répercussions sanitaires négatives), négocieraient beaucoup plus fermement le prix des médicaments (très largement abusifs), encadreraient aussi les protocoles de soin, la formation des médecins et infirmiers... Sans oublier la prévention active, hautement rentable tant sur le plan humain que financier.


        • Emile Red Emile Red 4 septembre 2007 18:04

          Vous n’êtes pas sans savoir que la concurrence n’existe plus depuis belle lurette remplacée par les ententes entre entreprises de même nature.

          Libéraliser la Sécu résulterait imancablement vers de terribles augmentations sans prestations supplémentaires, l’exemple de l’électricité n’est pas un rêve mais bien la réalité.

          Le libéralisme est la corne d’abondance des fonds de pension, pas celle de la nation.


        • TSS 25 novembre 2009 13:39

          @l’auteur

          que l’etat employeur paie deja ses propres cotisations salariales !

          que les parties de taxes (tabac,carburants,alcool etc...)destinées à la SS soient reversées et

           non pas servent à l’amenagement d’un avion imperial ’entre autre) !!

          solution : que les sommes enormes versées aux mutuelles escrocs soient reversées à la SS

           et que l’on revienne aux remboursements à 80 % sans forfaits non remboursés et exit les

          mutuelles... !!


        • Higgins 4 septembre 2007 10:18

          Ca n’a pas duré longtemps ! Je n’ai lu nul part que l’auteur de l’article critiquait les réalisations comme celle dont a bénéficié « l’ultralibéral » Jean-Marc Sylvestre. Nous connaissons tous dans notre entourage des gens qui ont été sauvés par « une poignée de médecins extraordinaires de compétence ». Je ne vois pas pourquoi on ne s’interrogerait pas sur les réformes à entreprendre pour faire mieux fonctionner « un système, qui, pour être critiqué, n’en demeure pas moins des plus performants » et surtout en assurer, compte tenu du vieillissement de la population, un financement pérenne sans passer systématiquement par des recettes qui ne sont qu’une succession d’échec...

          Quand le sage montre la lune du doigt, l’imbécile regarde le doigt !!!


          • ripouette ripouette 4 septembre 2007 10:41

            Bah si tu regardes bien, tu le vois mon doigt, là, bien tendu !!


          • Aurelien Veron 4 septembre 2007 15:15

            Vous devez avoir raison : il n’y a pas de personnels soignants écoeurés par leurs conditions de travail, il n’y a pas de problème de médicaments trop chers, il n’y a pas de problème de coordination des soins, de prévention... Finalement, tout va bien, non ?


          • Emile Red Emile Red 4 septembre 2007 18:23

            Jusqu’à preuve du contraire les médicaments trop chers ne sont pas du ressort de la Sécu mais bien du système libéral que vous défendez.

            Pourquoi les médicaments ne sont pas distribués à la pièce alors que les pharmacies personnelles regorgent de pillules non consommées dues à l’abus d’emballages trop conséquents ?

            Pourquoi la plus grande hausse constatée aujourd’hui est celle du transport en ambulance alors que le gvt s’ingénie à fermer les centres de soins de proximité ?

            Pourquoi les visites scolaires ont été purement supprimées alors que c’était un des meilleurs moyen de prévention ?

            Pourquoi les infirmières qui avait BEPC + 4 il y a trente ans sont passées à Bac + 3 aujourd’hui, a-t-on calculé le coût de la maneuvre, les vocations tuées dans l’oeuf ?

            Pourquoi ces centaines de visiteurs médicaux qui sillonent nos routes pour refourguer dix boites de Smurtz et un voyage au soleil à chaque médecin ?

            Pourquoi la recherche publique est bradée aux labos qui s’en goinfrent allègrement ?

            Pourquoi l’état ne paie ses cotisations qu’à reculons ?

            Vous avez dit déficit ?


          • Yvance77 4 septembre 2007 10:28

            Je suis pas certain que vous ayez vu et compris surtout le film de Michael Moore.

            Et je préfère son trop plein de démagogie associé à un humanisme certain, à votre approche bleutée libérale qui parfois sonne juste aussi.

            Allez vivre aux USA ;tombez gravement malade et on en reparle.

            Exemple récent : à Nice une filette de 13 ans victime d’un malaise cardiaque suite à une anomalie. Sauvée par les chirurgiens niçois et marseillais après 13 heures de salle d’op.

            Impensable un tel sauvetage au States si le lard feuille n’est pas copieusement garni et toutes les assurances de la Création prises ...

            La « Santé » n’a aucun prix et peu importe si elle doit être déficitaire. Il n’y a qu’à prendre ce qu’il faut dans la sphère spéculative pour en combler son trou, car elle est utile à tous un jour.

            A peluche


            • Yvance77 4 septembre 2007 10:31

              J’ajoute que la filette en question était Américaine, et notre système à d’abord penser à la sauver.

              Cela n’en est que plus beau ... gardons cela c’est quelque part notre immense force.


            • Aurelien Veron 4 septembre 2007 15:16

              Vous n’avez pas compris que je ne défendais absolument pas le modèle américain. Mais cela ne m’empêche pas de regarder ce qui marche et de chercher à en voir les applications possibles chez nous.


            • Barbathoustra Barbathoustra 4 septembre 2007 16:23

              Foutaise. L’attrait que les libertariens comme vous portent généralement pour les Etats-Unis témoigne bien du peu de concessions que vous seriez prêt à envisager pour conserver les libertés individuelles au profit d’un pragmatisme froid qui ferrait la part belle à l’économie et à la libre entreprise. Pour celà, vous êtes l’exate réplique en négatif des maoïstes libertaires des années 70. Et dire que vous arriveriez presqu’à nous faire croire que votre libéralisme minarchiste réanchanteur n’est pas une pure utopie, sacré vous va ...


            • Barbathoustra Barbathoustra 4 septembre 2007 16:33

              Au passage monsieur Véron, le film de michael Moore ne sort que demain en salle il me semble. Alors comment se fait-il que vous l’ayez déjà vu ? Ne me dites pas que vous oseriez critiquer un film que vous n’avez pas vu.

              Attention l’abus de piratage peut nuire à la liberté monsieur Véron ...


            • Zygomar 4 septembre 2007 18:18

              L’abus de Michaël Moore est dangereux pour notre système de santé par Yvance77

              le film de Michael Moore....démagogie associé à un humanisme certain.

              >> Au moins je ne serai pas venu sur ce forum pour rien !!

              J’aurai au moins appris que Michaël Moore était un humaniste. Ca surprend un peu au début..... Moi il me donne plutôt l’impression d’être un gros sac à m..... prêt à tout pour se goberger de pognon. Tout le reste n’est que prétexte à faire cracher les gogos au bassinet à son profit.


            • Zygomar 4 septembre 2007 18:21

              > L’abus de Michaël Moore est dangereux pour notre système de santé par Yvance77

              Allez vivre aux USA ;tombez gravement malade et on en reparle.

              >>> Pour ceux qui pensent que çà n’est pas assez bien et trop cher aux Etats Unis,, je connais quelques endroits où c’est bien moins cher, et peut être aussi bien ??. Moscou, Kiev, Bucarest, etc...


            • Emile Red Emile Red 4 septembre 2007 18:29

              Zygomar où comment remplacé Lerma quand la sécu a failli.

              M. attention, Pinocchio ne veut plus de l’irresponsabilité psychiatrique, vous êtes visé derechef.


            • Yvance77 4 septembre 2007 20:55

              Faudrait savoir alors ? Votre article est un long playdoyer pour ce modèle ricain en quelque sorte ! Et en condamnant d’entrée le film Siscko de Moore voous annoncez d’entrée la couleur ? Ou ne vous ai-je point compris alors ?

              Je me répète mais sur l’exemple de la filette américaine qui était en vacances à Nice et son sauvetage ; cela n’est absolument pas pensable aux USA.

              Soyez plus clair encore quel modèle concrètement vous fait rever ?

              Je maintiens que nos modèles latins ne sont pas si mal. Si demain je pars en congé je préfère encore aller en Roumanie, en cas de crise cardiaque je sais que là-bas ils tenteront quelque chose car ils ont des médecins tout a fait valables, ok ca manque de matériels de premier choix, mais au moins je suis sûr qu’ils tenteront de sauver l’individu. Tout comme l’Espagne, l’Italie, le Portugal etc ...

              Je suis pas convaincu qu’il en va de même au States, ils seraient bien foutus d’attendre l’ouverture de ma banque pour les contacter afin de savoir si mon compte est correctement approvisionner. Et vu le décalage horaire si un pépin survient en début d’aprem du côté de Frisco j’ai le temps de mourir 30 fois smiley

              A peluche


            • tvargentine.com lerma 4 septembre 2007 10:29

              Michaël More est avant tout un homme d’affaire qui cible une clientèle qui rapporte beaucoup d’argent.

              A l’image d’un Al Gore,ils font du Bizness !

              Autant les ignorer,car ils n’apportent rien à notre société


              • Yvance77 4 septembre 2007 10:32

                lerna vous êtes simplement un CON fini !


              • Gasty Gasty 5 septembre 2007 09:10

                Pourtant , il n’a pas fini de nous surprendre ! smileyC’est un con mensurable.


              • Krokodilo Krokodilo 4 septembre 2007 10:31

                Simple plaidoyer pour la privatisation de la santé, un de plus parmi beaucoup d’autres, qui prend pour prétexte un film dénonçant les aberrations du système de santé américain : beau paradoxe ! Et si d’après vous, le système de gestion des vétérans de l’armée américaine ets mieux géré, il faudrait vérifier son financmeent, car aux USA, c’est l’ensemble du lobby mimitaro-industriel qui croûle sous l’argent. Rappelons des idées simples : le but de toute entreprise privée n’est pas le bien public mais de gagner de l’argent, à tout prix, qu’elles qu’en soient les conséquences, pollution, endettement des ménages, exploitation de milieux écologiques fragiles (Amazonie, demain les fonds marins du pôle nord), monopole sur l’information et manipulation des opinions publiques, etc ; les exemples historiques sont innombrables. Seul un état puissant et raisonnable, ou une fédération, ou des organismes internationaux peuvent pondérer ces excès et orienter le dynamisme des entreprises vers un développement le moins nocif possible.


                • Emile Red Emile Red 4 septembre 2007 18:31

                  Exactement...


                • LE CHAT LE CHAT 4 septembre 2007 10:50

                  la santé publique est un bien commun , la confier aux adeptes de l’ultralibéralisme n’enchantera que l’ACTIONNAIRE ! smiley


                  • ZEN ZEN 4 septembre 2007 11:39

                    Comme Léon...


                  • ripouette ripouette 4 septembre 2007 11:48

                    Allez lire Martin plutôt qu’Aurelien !


                  • Marsupilami Marsupilami 4 septembre 2007 15:44

                    Comme Léon, je dis pas mieux. Cet article me rappelle une certaine petite douleur à l’épaule gauche qu’avait ressenti l’ineffable Jean-Marc Sylvestre, chantre décervelé de l’ultralibéralisme. L’hôpital public français l’avait sauvé, ce qu’il avait reconnu publiquement. Ça ne l’a pas empêché, après avoir été guéri, de continuer à déblatérer sur la privatisation de tout et de n’importe quoi. L’hôpital public a en cette occasion démontré son excès d’efficacité. Une inutile dépense de santé ?


                  • Emile Red Emile Red 4 septembre 2007 18:34

                    Euhhh Marsu, pour une fois que l’hopital public aurait pu faire une erreur au bénéfice de tous..... grrrrr


                  • jako jako 4 septembre 2007 10:59

                    je vois que les retraités de droite sont déja sur leurs sourris smiley


                    • brieli67 4 septembre 2007 11:07

                      et hop encore un auteur qui est tombé dans la toile !!

                      La Sécu est plus que rentable pour l’Etat qui dénigre de faire correctement ses comptes. Le poste qui coûte le plus cher c’est l’Hôpital composé à près de 75 % de salaires ; qu’on connait mirifiques - sic - en notre Pays de Cocagne. Combien d’impôts l’Etat retire de ces structures que vraiment rien impose ? C’est un luxe social qui rapporte de plus en plus d’autant que les structures sanitaires sont plus modernisées et rationalisées.

                      AH ! qu’on le sache enfin les professions libérales de la santé en expansion ces 4o dernières années ; mis à part qu’ils remplissent les caisses de toutes les professions libérales (architectes, avocats, experts en tous genres)sont tous taxés autour de 85% dés qu’ils ont une officine qui marche. Que d’argent Que d’argent ! Tout à fait normal que celà intéresse les privés.

                      Les Maisons de cure et de Repos une gabegie ? Des vallées entières ont crevé. Quelles pertes et fracas ! La France un désert au nom de décisions politiques incensées. L’hôtellerie devait reprendre ces bâtisses è vil prix ; organiser des activités de soins et de cures... L’Etat avec ses coupes budgétaires a failli à ses fonctions territoriales.

                      Des économies ? En veux tu en voilà ! Arrêtons de traiter les français de cons. L’aspirine ; tout le monde la connait. Vous faut il encore l’aval d’un médecin pour avaler cet extrait de saule ou de reine de prés ? En Belgique et au Canada en vente libre. Toute la panoplie-panacée du parfait petit rhumatologue et parfait petit pédiââtre à portée de mains. Rhumatos Radiologues Medecins du Sport Ostéopathes et autres charlatans disparaitraient du paysage. Mais que d’entrées en Moins pour l’Etat.

                      Les génériques une vaste foutaise ! Preuve en est : le valium c’est 2 € le kilo sortie usine. Il y en a de la marge !

                      L’Europe sanitaire n’est pas prête à se faire.Chaque Etat voudra continuer à faire son bissness. C’est très grave ! Pour des histoires de fric et de pouvoir nombreux seront les victimes avant une harmonisation des lois.

                      Y en a marre de ces hypochondriaques qui se soignent en palabres inutiles voire malsaines ! Faut pas répeter bête mais rechercher des informations correctes ; sinon questionner les professionnels de la Santé.


                      • bulu 4 septembre 2007 11:30

                        Il me convient bien ce commentaire.

                        De toute facon, assurance maladie privee (OBLIGATOIRE smiley ) ou assurance maladie publique, c’est la meme, il faut engraisser des lobbies qui s’accomoderont tres bien de l’un ou de l’autre...

                        Il est bien trop juteux ce marche pour qu’on le laisse se tarir pour le benefice des citoyens.


                      • Nemo 4 septembre 2007 11:28

                        @ l’auteur,

                        Je pense que comme vous et comme tout individu prenant la peine de lire votre article sans a priori, on ne peut que souscrire à l’objectif d’une couverture maladie universelle, au financement équilibré et qui permette d’assurer des soins de qualité.

                        Il ne faut pas se leurrer, nous sommes en face d’une quadrature du cercle.

                        Sans être nécessairement un expert du domaine, on ne peut que constater que ces trois éléments vont en sens contraire :

                        - Une couverture universelle suppose des remboursements de bon niveau, sans laisser personne de côté.

                        - Un financement équilibré implique non seulement que les recettes permettent de faire face aux dépenses, mais que chacun y participe selon ses capacités.

                        - Assurer des soins de qualité impose que l’on ne soit pas obligé d’arbitrer entre la santé d’un patient et des impératifs budgétaires.

                        Il convient, pour mesurer la véritable difficulté du sujet, rajouter deux éléments fondamentaux, dont la tendance s’est accentuée ces dernières années :

                        - Le papy boom couplé à l’allongement de la durée de vie

                        - L’augmentation du coût des technologies médicales et des médicaments

                        Présenter telle ou telle formule « miracle » ou défendre pied à pied un système où l’on a consciemment sacrifié la nécessité d’équilibre du financement aux impératifs de couverture universelle et de soins de qualité ne peuvent se faire qu’en ayant à l’esprit ces éléments incontournables.

                        Ceci étant posé, je vais me hasarder à émettre quelques propositions, tout en ayant conscience de la limite suivante :

                        Il est très difficile pour un individu de mesurer les implications de l’une ou l’autre « idée géniale ». Le nombre d’acteurs est très important, les chaînes de coûts sont mêlées de manière très complexe. Il est donc quasi impossible de pouvoir affirmer « c’est cela qu’il faut faire », même lorsque l’on connaît le secteur.

                        Toutefois, ce que l’on peut dire sans se tromper, c’est que le secteur de la santé en France souffre d’une trop grande complexité quant à l’organisation des acteurs. Entre la CNAM, les ARH, les hôpitaux publics, les cliniques privées, les différents statuts des médecins, ce fouillis dans lequel même les spécialistes ont parfois du mal à s’y retrouver est un élément de coût certainement sous-estimé.

                        L’axe d’analyse du supply chain management a permis à l’industrie en général, lorsqu’il a été utilisé a bon escient, de générer des gains de productivité très importants, en conservant voire en améliorant le niveau de service et/ou la qualité des produits.

                        L’institutionnalisation du médecin traitant est l’une des initiatives allant dans ce sens, le Dossier Médical Personnel en est une autre. A ceci près qu’en France, le DMP est considérablement retardé en raison justement de l’éclatement des structures de gestion de santé.

                        Comme souvent, on a cru que l’informatique règlerait tout alors qu’elle ne peut - au mieux - n’être qu’une rustine sur des organisations obsolètes. Le DMP est à l’arrêt, victime de l’imbroglio des processus décisionnaires. Il faut donc aller au bout de la logique et clarifier les responsabilités et ces processus.

                        Je suis pour ma part pour une verticalisation de l’organisation de la santé. Après, qui la gère, comment, je dirais presque « peu importe ! ». De toutes façons, celle-ci serait soumise au contrôle des pouvoirs publics. Mais l’important, c’est qu’il y ait une unicité dans le contrôle de gestion.

                        Unicité ne veut donc pas forcément dire centralisation. L’on peut sans difficulté aucune concevoir une organisation très décentralisée, mais avec une cohérence dans les méthodes et les moyens, avec, pour le pilotage au niveau national, une transparence et une visibilité des dépenses.

                        Ensuite, je suis partisan d’une reprise en main des termes de l’échange vis-à-vis des grands laboratoires pharmaceutiques et des équipementiers médicaux. On n’est pas assez dur lorsque l’on doit négocier face à eux, et on n’est pas assez innovant lorsqu’il s’agit de trouver des solutions alternatives de coopération lorsqu’il le faudrait.

                        Pas assez durs, car malgré tout ce que l’on peut faire, on continue à leur assurer des marges commerciales scandaleuses sur le dos des cotisations sociales. Il y a forcément des pistes à explorer en ce sens, et je ne suis pas certain que nos hommes politiques s’attaquent à ce dossier avec suffisamment d’enthousiasme...

                        Pas assez innovant, car il est parfois plus efficace de proposer de partager les gains que de tout faire pour réduire ceux de l’autre. Pourquoi ne pas envisager des partenariats public-privé dans le cadre de la recherche médicamenteuse, et qui réserverait une part équitable des bénéfices qui viendrait alimenter le financement de l’assurance maladie ?

                        Pourquoi l’Etat ne produirait-il pas lui-même des médicaments génériques ? Cela permettrait de maintenir un savoir-faire en France tout en permettant à l’Etat d’acquérir une connaissance concrète du métier pharmaceutique qui agirait comme un « benchmark » lors des négociations sur le remboursement des médicaments.

                        Je pense en tout état de cause qu’il faut se creuser la tête à partir des contraintes objectives, afin de rechercher sans a priori les meilleures solutions possible pour améliorer notre système de santé. Le pire écueil serait de s’enfermer - encore un peu plus - dans le dogmatisme stérile qui caractérise notre organisation actuelle...


                        • alberto alberto 4 septembre 2007 11:44

                          @ l’auteur : je suis d’accord avec vous que l’effort sur la prévention devrait être un des aspects importants pour une réduction des dépenses de santé.

                          Mais dans le cas que vous présentez, celui d’une mutuelle dédiée, si j’ai bien compris, à des anciens combattants, la prévention, ça aurait été de ne pas faire la guerre : c’est là que je trouve que ça mord un peu la queue ; sauf si on a affaire à des anciens combattants qui n’ont pas combattu...

                          Quant à M. Moore (et Al Gore) : heureusement qu’ils sont là pour réveiller quand il le faut la société qui ronronne.


                          • Aurelien Veron 4 septembre 2007 14:53

                            Je prends l’exemple de la mutuelle en question pour montrer que le mécanisme assurantiel peut apporter de belles innovations, à la fois préférables pour la santé des assurés, et meilleures marché ! Effectivement, ne pas faire la guerre eut été préférable, mais ce n’est pas l’objet de mon propos. En France, nous aurions beaucoup à gagner en termes de couverture efficace pour notre santé, à regarder ailleurs et à laisser l’expérimentation avoir lieu chez nous.

                            Loin de défendre le modèle US et ses points noirs incontestables (ou un quelconque autre système d’ailleurs), j’ouvre simplement un débat sur les pistes possibles d’amélioration de notre système de santé.

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