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Accueil du site > Actualités > Santé > « L’hôpital 2012 » nuit à notre santé !

« L’hôpital 2012 » nuit à notre santé !

L'hôpital va mal et pour cause :Tous les gouvernements qui se sont succédé depuis 2002 ont mené une politique visant à multiplier les forfaits payés par les malades, à transformer les hôpitaux en entreprises et à favoriser les cliniques privées.

A Melun en Seine et Marne, le bloc chirurgical est fermé la nuit et tant pis pour les patients si celui de la maternité n'est pas libre, ils iront voir ailleurs à leurs risques et périls !?

Le projet de construction d'un pôle public-privé, permettant aux cliniques partenaires d'en tirer le maximum de bénéfices en infrastructure est en panne...Rien que la simple étude a coûté aux collectivités territoriales et aux « services publics » la somme de .784.218 €, une bagatelle !

Aujourd'hui les habitants de la région sont inquiets, ils demandent la rénovation de l'hôpital actuel ou la construction d'un autre hôpital public et que le gouvernement et l'ARS ( l'agence régionale de santé ) assument leurs responsabilités.

Le livre du Professeur André Grimaldi « l'hôpital malade de la rentabilité » apporte des éléments d'analyse sur la situation actuelle et formule des propositions.

« L'hôpital malade de la rentabilité » du Professeur André Grimaldi, Editions Fayard, avril 2009

La politique : « hôpital 2012 » nuit à notre santé !

« L'hôpital entreprise », où le directeur, gestionnaire est roi, c'est le travail à « flux tendu ».

Il faut parfois à Paris une heure ou deux pour débloquer un lit dans une des unités de réanimation médicale...

La mise en place de la fameuses T2A, la tarification à l'activité ,a réduit considérablement les moyens attribués aux hôpitaux. « A chaque malade était en quelque sorte allouée une somme d'argent » en fonction du codage de la pathologie.

Rien n'est simple en médecine où existent 10 000 pathologies, « auxquelles il faut ajouter trois ou quatre facteurs de gravité pour chacune d'entre elles »

Avec ce système, les hôpitaux se trouvent bien souvent en difficultés budgétaires, ce qui contraint certains établissements à réduire leur voilure.

Comme l'explique bien le professeur Grimaldi, « dans tous les cas, l'argent doit précéder le malade et pas seulement avec lui. Payer seulement à l'activité reviendrait à payer les pompiers seulement quand il y a le feu. »

L'auteur qui connaît bien le secteur hospitalier comme chef de service revient sur les différentes politiques suivies en matière de santé et pointe les erreurs...

C'est la « gauche » qui a institué en 1983 le forfait hospitalier sans peut être assez réfléchir aux conséquences d'une telle remise en cause du principe de l'accès aux soins pour tous :

« Un patient du service de diabétologie de l'hôpital de la Pitié-Salpétrière a renoncé à l'hospitalisation prescrite par son médecin en raison d'une plaie de pied diabétique pour éviter d'avoir à payer le forfait hospitalier. Résultat : il a été hospitalisé en urgence un mois plus tard devant l'aggravation de sa plaie, et la seule solution fut l'amputation »

L'auteur revient assez longuement sur le débat actuel autour de la spécialisation de certains hôpitaux.

Il s'agirait ainsi d'améliorer l'efficacité de l'action médicale !?

Pour lui, il est passéiste de penser qu'un hôpital puisse se spécialiser étroitement en ne s'occupant que de quelques pathologies.

Pour justifier son propos, il montre que les spécialités s'imbriquent et que le transfert permanent des malades en ambulance conduit à de nouvelles dépenses et à des difficultés de suivi.

L'auteur ouvre des perspectives de transformation et formule comme première proposition la suppression pure et simple de la « convergence public-privé » pour 2012.

Il s'agit là d'un plan organisé visant à démanteler le service public et à privatiser à outrance le secteur de la santé.

De plus en plus de cliniques commerciales voient le jour. Elles n'ont qu'une logique : c'est la rentabilisation financière à outrance .

Si l'on ne peut pas s'opposer à l'existence d'un secteur privé, il faut que ces établissements soient des hôpitaux privés à but non lucratif !

Ce livre constitue une contribution construite au débat sur l'avenir du service public de santé, accessible et de qualité...

Nos aînés nous ont légué la Sécurité Sociale ,solidaire, il ne faudrait pas leur donner en héritage une société où la qualité des soins dépende de la situation sociale et financière des patients.

Jean-François Chalot

 

NB- Le comité sud santé et les amis du monde diplomatique organisent le 11 mars à 20h00 à l'astro café sur MELUN une réunion publique avec le professeur GRIMALDI : hôpital à vendre qu'elle politique de santé


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4 réactions à cet article    


  • clostra 3 mars 2011 10:33

    Bonjour et merci d’aborder un sujet tabou : celui des hôpitaux publics/privés. Tabou puisque les enquêtes d’opinions révèlent toujours un amour inconsidéré pour l’hôpital public/privé.
    Un peu comme des enfants aiment leurs parents qu’ils soient ou non bien traités. C’est, de plus, le recours de la « dernière chance » : quitte ou double.
    Mais pas seulement. Car la plupart n’ont pas les connaissances suffisantes pour porter un jugement et se contentent de juger l’« hôtellerie ».
    (un petit exemple - j’en ai donné un la semaine dernière à propos de cette patiente ayant reçu double dose d’un anesthésiant et ayant fait un malaise, en disant : la deuxième fois j’étais anxieuse. Elle ne savait pas que l’adrénaline contenu dans l’injection était la cause de cette anxiété et la double dose, de son malaise. Simplement : le médecin était en retard et l’infirmière l’avait anesthésiée sans attendre son arrivée...)

    Nouvel exemple donc : il s’agit d’une patiente qui doit passer une échographie et pour celà, emplir sa vessie. On lui dit de boire le plus qu’elle peut et d’attendre « d’avoir envie ». La personne qui l’accompagne est pressée d’en finir et lui suggère de faire couler l’eau du robinet pour déclencher cette envie. Surréaliste !

    Donc : la physiologie n’est pas une science enseignée correctement à l’école qu’elle puisse former le citoyen à sa principale citoyenneté : être en « Bonne santé », mais ne peut que l’associer à des voeux de « (bonne année) Bonne santé » ! (pouvoir magique ? comme les tribus primitives)

    Au sujet des hôpitaux de Seine et Marne, l’un d’eux se situe en...Essonne, entre Corbeil et Evry, tourné vers la Seine et Marne (un projet d’il y a 35 ans, contemporain de la ville nouvelle d’Evry, qui a valu l’édification de deux hôpitaux entre temps...qu’il est moins cher de remplacer par un grand et seul hôpital : celui qui devait être construit en 1975. La politique, monsieur, vous ne savez point ce que vous dédaignez, j’ai vu les plus honnêtes gens prêts d’en être accablés !)

    Je vous conseille donc de vous y intéresser.

    pêle mêle :
    "De plus en plus de cliniques commerciales voient le jour. Elles n’ont qu’une logique : c’est la rentabilisation financière à outrance« = accord secret pour aider à survivre les cigales vieillissantes américaines s’en prenant aux fourmis du vieux continent, de la France et son programme du Conseil National de la Résistance. Il est vrai qu’ils sont venus et qu’ils ont vaincu...et »ils« rachètent les cliniques. Ne vous y trompez pas : elles seront wampirisées et n’auront peut-être bientôt plus rien à envier à l’hôpital public.

    En bref :
    - briser le tabou de l’ignorance et du »dernier recours«  : poudre d’escampette
    - accompagner les USA dans leur mise en oeuvre d’une sécurité sociale performante
    - créer un authentique pouvoir des »malades«  »patients«  »usagers actuels ou potentiels« de l’hôpital et des soins en général, sans la tutelle de »ceux qui savent« 
    - redonner »au peuple" sa bonne vieille sécu qui lui appartient en rapprochant sa gestion du citoyen
    - autres


    • FRIDA FRIDA 3 mars 2011 16:03

      J’ai eu l’occasion récemment de voir l’état lamentable de l’hôpital Tenon, et ce n’est que le début. La rentabilité nuit à beaucoup de chose et non seulement à l’hôpital


      • docdory docdory 3 mars 2011 18:56

        @ Chalot

        La dégradation de l’hôpital public se voit surtout au niveau du service des urgences.
        Actuellement , je pense que toute personne qui se rend d’elle même dans un service d’urgence de CHU sans diagnostic préalable de son médecin traitant court un danger certain dans un bon nombre de cas .

        • slipenfer 4 mars 2011 06:58

          La dernière fois que je suis aller aux urgences (01. 2011) je suis resté 7 heures
          sur un brancard,je n’était pas en danger de mort, j’ai en
           permanence des anti-douleurs chez-moi. dés que je vais, même pour des
           consultations a l’hopital j’embarque ma pharmacie.On laisse sans problème
          aussi des personnes en crise rhumatoÏde (Très invalidante et douloureuse)
           2 à 3 heures sur une chaise en plastique.
          On m’a laissé 5 heures sans soin sur un brancare en toile,avec des coliques néphrétiques
          à l’hopital saint Rock Nice avant de voir un médecin et me faire une écographie,
          les douleurs m’on mit en état de choc (heureusement).
          c’est depuis cette affaire que je conserve mon « pack de commando » smiley
          A bon entendeur salut.....

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