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La divine surprise de la Mission-Legmann

Nicolas Sarkozy peut-il renouer avec son électorat médical à deux ans de l’échéance présidentielle de 2012 ? Question à plusieurs inconnues mais le passé récent ne milite guère pour un avenir serein !
Sur les sujets de santé, comme d’environnement, le président élu dont le programme avait su rallier une majorité de suffrages médicaux en 2007 n’a pas été à la hauteur des promesses du candidat. Il a même multiplié les faux-pas sur des thèmes aussi sensibles que les déserts médicaux ou les dépassements d’honoraires multipliant les rodomontades, les coups de menton et… les reniements. Aucun député n’a jamais trouvé réponse à ses questions mille fois posées… Sans doute n’est-il pas trop tard mais le temps est compté !

Sur ses priorités du moment, Nicolas Sarkozy affiche encore une désinvolture coupable. Son dernier discours, post-déroute régionale, est édifiant : « Depuis trois ans –a-t-il considéré– l’essentiel de nos efforts ont porté sur l’hôpital et les personnels hospitaliers. Le temps est venu d’attacher la même attention à la médecine de proximité. » Le monde hospitalier sera surpris d’apprendre que son problème est révolu (ou résolu) ; le monde libéral est fondé à s’inquiéter de faire prochainement l’objet de la même sollicitude. Un tel égarement oblige à s’interroger sur l’existence, au plus haut niveau de l’État, d’un pilote sur les questions de santé.

Le reste pose, en l’état, plus de questions de méthode que de fond : la mission-Legmann, du nom du président du Conseil national de l’Ordre, ancien lieutenant de Nicolas Sarkozy à la mairie de Neuilly, aurait été priée d’accélérer l’issue de ses travaux et de rendre sa copie au plus vite… dans les tout-prochains jours. Histoire sans doute de faire place nette à la nouvelle concertation promise par le président sur la « médecine de proximité », nouveau concept au contenu encore inconnu à coté du « premier recours » légalisé par HPST ou de la médecine libérale légitimée par l’hostilité des sondages.

Or il se trouve –l’événement est passé encore inaperçu des gazettes– que ladite Mission Legmann a déjà avancé. A l’occasion d’un brain storming ordinal simultanément mené sur plusieurs principes de la vulgate libérale :
1/ la rétribution, avec ouverture de fenêtres sur deux modes de rémunération hier prohibés : « la rémunération forfaitaire évolutive » et la « rémunération forfaitaire protocolisée/contractualisée »… Sémantique absconse pour évoquer sans doute les forfaits et le paiement à la performance sur objectifs ;
2/ l’assistanat « professionnel et de gestion » : quand il y a quelques mois encore, l’institution se braquait au seul énoncé du mot d’assistant, voilà qu’elle le fait sien, le redigère, le revendique. Pour réclamer la reconnaissance d’un nouveau métier d’« attaché à la gestion des activités médico-sociales ou médico-administratives »… Histoire de décharger le praticien de toute la composante bureaucratique du métier pour le concentrer sur son seul « temps médical » ;
3/ enfin, la plate-forme adoptée milite –autre proposition positivement iconoclaste– pour la « fin de la linéarité de la carrière » avec retour aux possibilité des « passerelles » inter-spécialités rendues forcloses par la réforme de l’internat qualifiant et la disparition des CES (Certificats d’Études Spéciales) il y a trente ans.
C’est moins l’audace des propositions qui retient l’attention que la qualification de ses signataires, dûment estampillés « médecins de terrain », généralistes et spécialistes en activité et en retraite, libéral ou hospitalier, … La France médicale profonde en quelque sorte qui donne ainsi quelques bonnes raisons de ne pas désespérer de sa volonté d’avancer !

Tout cela alors même que la « contre-mission Legmann », convoquée par le tandem CSMF - SML qui mène la rébellion au nom de la croisade anti-Saout en est tout juste à discuter de la méthode et du calendrier pour nous nous promettre ses suggestions en juin… Mais il est vrai que le tandem a un autre échéancier que celui du gouvernement, en l’occurrence celui de son propre rendez-vous électoral du scrutin des URPS auquel sont convoqués les médecins-électeurs le 29 septembre. La trêve estivale étant, par nature, peu féconde aux débats de fond, cette campagne réserve sans doute quelques poussées de fièvre.

Mais quelqu’un a-t-il dit au Président qu’il ne pourra satisfaire simultanément les deux camps en présence ? Qu’il est condamné à attendre le verdict de ces urnes-là pour entamer les (vraies) négociations avec le (vrai) vainqueur ? Quitte à relancer dans la foulée la mécanique des promesses pour l’autre scrutin, le seul qui l’intéresse, celui de 2012.


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