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Accueil du site > Actualités > Santé > La gourmandise n’est pas un péché

La gourmandise n’est pas un péché

En ces temps de fête, ou le foie gras doit fatalement voisiner avec la truffe et le caviar, il est temps de découvrir que la gourmandise, c’est surtout une affaire de goût et pas toujours de porte monnaie.

Le foie gras ?

C’est une pratique cruelle, puisqu’il s’agit ni plus, ni moins de rendre malade (on appelle çà une cirrhose) un palmipède qui n’en demandait pas tant, en le rendant dépendant d’une envie que nous lui créons, en le gavant. lien

Je n’ai rien contre la tradition sauf quand elle dérive sur des pratiques d’un autre âge, d’autant que l’on trouve aujourd’hui sur le marché du foie gras non gavé. lien, ou même du faux-gras (végétal et bio).

Une pétition est lancée. lien

La mise à mort d’un taureau, à qui on ne laisse pas la moindre chance de survie, face à des voyous qui vont lui lacérer la chair pour l’affaiblir, bien à l’abri sur leur chevaux caparaçonnés, n’a rien à envier au destin de l’oie. lien

Le « glorieux » toréador n’a plus qu’à achever la boucherie.

Il y a des alternatives, qu’ont compris les gastronomes du 21ème siècle.

Ils misent sur la qualité du produit, et sur sa préparation, en nous incitant à consommer des produits de saison, et à pratiquer une cuisine respectable. lien

Tenez, dans la foulée, je vous propose une autre manière de cuisiner le foie d’une volaille.

Il vous faudra pour le trouver acheter celle-ci dans une ferme. Il se trouve « au cul du poulet », et à la particularité d’être très blanc et assez ferme. lien

Vous le partagez en deux, et déposez la première moitié dans une cassolette. lien

Sur la couche de la première moitié de ce gras, vous déposez votre foie, et le couvrez de l’autre moitié du gras.

Si vous êtes pointilleux, vous aurez fait macérer le foie la veille dans un peu de cognac, voire de madère, salé, poivré.

Si vous êtes encore plus exigeant, vous aurez mis dans le cognac, quelques semaines avant, un morceau de truffe.

Enfournez à température moyenne : 120°

Lorsque le gras commence à fondre, arrêtez le four, et laisser finir la cuisson tranquillement dans le four qui s’éteint doucement.

Lorsque le four est froid, mettez votre cassolette au frais.

Le lendemain, ou le surlendemain, débarrassez le foie pris dans sa gangue de graisse, et consommez froid cette merveille.

Mais avant de déguster son foie, vous allez vous occuper de la volaille.

D’autant qu’il s’agit d’une volaille de ferme, loin des élevages industriels.

Une seule cuisson s’impose :

La cocotte. lien

Une cocotte en cocotte en quelque sorte.

Attention, n’y mettez aucune matière grasse, ce serait du gâchis.

La cocotte (ou encore mieux qu’une poulette, un jeune coq, ce n’est pas plus cher) mise dans la casserole en fonte, avec une (petite) poignée de gros sel gris, (bien sûr) et rien d’autre.

Cuisson à 120° : une heure trente au four (la casserole avec son couvercle bien sûr).

Une demi-heure avant la fin de cuisson, vous aurez préparé quelques légumes bio (c’est important) coupés en julienne.

Carottes, navets, oignons, ail, céleri rave, un petit piment d’Espelette.

Ouvrez rapidement la casserole, enlevez votre volaille le temps de verser vos légumes coupés dans la sauce qui est au fond, mélangez, remettez la volaille, couvrez, et attendez la dernière demi heure. Ensuite attendez 10 minutes avant de servir, c’est encore meilleur.

Vous verrez que tous vos chapons et autre oies fermières peuvent aller se rhabiller.

Et si par le plus grand des hasards, vous avez cuit la veille quelques crevettes et eu la bonne idée de garder le fond de sauce, n’hésitez pas au moment de servir, à mélanger vos légumes cuits avec cette sauce.

Quant au dessert, loin des ganaches, et autres buches de Noël qui vous resteront sur l’estomac, faites donc cuire quelques pommes, (reinette grise ou du canada) en ayant évidé le cœur avec l’outil adapté. lien

Vous aurez mis un peu de miel, râpé un peu  de cannelle, de muscade, écrasé une gousse de vanille, dans le cœur évidé.

On place les pommes dans un plat en fonte émaillée, bien serrées les unes contre les autres.

La cuisson est finie lorsque « çà sent très bon ».

Il suffit de laisser refroidir 3 minutes afin de déguster tiède.

Vous voyez bien qu’ont peut laisser de côté toutes ces volailles chères et ces desserts écœurants, et se régaler quand même.

Il suffit pour çà d’un peu d’imagination.

Car comme disait un vieil ami africain : « tuer le coq n’empêche pas le soleil de se lever ».


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22 réactions à cet article    


  • K K 29 décembre 2009 10:32

    merci, cela donne faim !!!!


    Je pense que je vais essayer.

    • olivier cabanel olivier cabanel 29 décembre 2009 11:02

      K,
      juste je voudrais préciser qu’une erreur s’est glissé, disons qu’un mot à sauté !
      mais je crois que vous l’avez deviné ?
      voici la phrase du texte :
      "Il vous faudra pour le trouver acheter celle-ci dans une ferme. il se trouve « au cul du poulet », et à la particularité d’être très blanc et assez ferme« 
       dans la phrase »il se trouve...« il s’agit du gras, bien sur, et pas du foie, lequel ne peut être de couleur blanche !!!
      voici donc la phrase telle que vous auriez du la trouver :
       »Il vous faudra pour le trouver acheter celle-ci dans une ferme. le gras se trouve « au cul du poulet », et à la particularité d’être très blanc et assez ferme"
      désolé pour cette erreur, et bon appétit !
       smiley


      • K K 29 décembre 2009 11:39

        ne vous inquiétez pas, je sais où se trouve le foie des volailles. Je pensais bien au gras. Et je peux avoir des volailles qui ont toujours vécu en extérieur sans jamais connaitre la batterie. Je verrai bien un petit flambage au Calvados sur vos pommes smiley


      • olivier cabanel olivier cabanel 29 décembre 2009 11:56

        K,
        bien sur, le Calva sera parfait,
        mais un vieux rhum n’est pas mal non plus...
        avec modération.
         smiley


        • Romain Desbois 29 décembre 2009 12:04

          On trouve toujours plus cruel que soit pour justifier ses propres turpitudes.
          Alors d’accord, entre deux maux choisissons le moindre.
          Dénoncer l’industrialisation pour mieux encenser l’élevage « à la papa » est un peu tiré par les cheveux. Les marchés à bestiaux de nos belles campagnes offrent leurs lots de sadisme et de cruauté qui n’ont rien à « envier » à l’industrie.
          Mais bon si l’Angleterre a su abolir la chasse à courre, tout n’est pas désespéré.
          Nous sommes en train de sortir de la barbarie, de la guerre entre terriens. Cela prendra encore des années mais les progrès sont visibles.
          Le spécisme est une notion encore trop récente et mal comprise, y compris par l’auteur de cet article. Mais je crois qu’il est sur le bon chemin ;o)


          • olivier cabanel olivier cabanel 29 décembre 2009 14:01

            romain Desbois,
            merci de vos encouragements,
            je ne suis pas un obsessionnel anti chasse, c’est vrai,
            je ne comprend pas la chasse d’élevage, en me disant que si c’est pour « tirer » des faisans d’élevages, ou des cochons/sangliers d’élevage aussi, la chasse n’a pas de sens,
            mais s’il s’agissait d’intervenir uniquement comme un prédateur, je pourrais le comprendre.
            sauf que çà n’existe pas.
            l’humain actuel chasseur n’est souvent qu’un viandard, tout juste bon à tirer sur son con-frère, ou sur une vache, et qui maintenant s’affuble d’un gilet fluo pour ne pas être pris pour du gibier.
            il va faire valoir qu’il aime la nature, et si c’est le cas, je lui propose de troquer son fusil contre un appareil photo, ou tout simplement ses yeux.
            d’accord aussi pour souligner les traitements inqualifiables que font subir les « éleveurs » (quel étrange mot) au bétail.
            bon voila,
            alors vive une année nouvelle avec d’autres valeurs.
             smiley


            • Romain Desbois 30 décembre 2009 00:14

              @Olivier
              Comme vous semblez « gouter » aux plaisirs de la chasse, je vous invite à aller voir ce blog très caustique Ca branle dans le manche sur un côté dramatique ignoré de la chasse, le nombre d’accidents de chasse.

              J’approuve tout ce que vous écrivez sur le sujet.


            • olivier cabanel olivier cabanel 30 décembre 2009 07:37

              Romain Desbois,
              merci de ce lien qui va intéresser tous les lecteurs, moi y compris,
              à+
               smiley


            • Frabri 29 décembre 2009 14:05

              Sur Rue 89 il y a un article sur le foie végétarien et bio, mais comme nourriture végétarienne il y a mieux que le foie végétarien

              http://www.rue89.com/dessous-assiette/2009/12/26/on-a-teste-pour-vous-le-foie-gras-vegetarien-131291


              • olivier cabanel olivier cabanel 29 décembre 2009 14:13

                Frabri,
                c’est possible, en toute connaissance de cause, je ne l’ai pas gouté,
                mais je connais quelques restaurants végétariens que vous pourriez visiter,
                on y pratique une cuisine riche en saveur, et tout à fait étonnante,
                en tout cas, j’irais faire un tour sur l’article proposé,
                et bonnes année !
                 smiley


                • sissy972 29 décembre 2009 16:17

                  Bonjour M. Cabanel,
                  Je profite de votre article qui fleure bon les repas de fêtes pour vous souhaiter de bonnes et belles fêtes de fin d’année. Que 2010 vous soit prolifique mais je m’en tiendrai aux convenances, en vous souhaitant une excellent année.
                  Sylvia


                  • olivier cabanel olivier cabanel 29 décembre 2009 16:53

                    Sylvia,
                    merci à vous, et à mon tour de vous en souhaiter autant, espérant vous rencontrer sur ce fil, ou sur d’autres,
                    bonne année,
                    Olivier
                     smiley


                  • sissy972 29 décembre 2009 20:23

                    Je reviendrai, car je dois avouer que fin 2008 je ne connaissais pas AV. Je m’y suis connectée la première fois en janvier ou février pour commenter -mais trop tard- un article sur Christian Ranucci. Et depuis, j’y retourne régulièrement lire avec un plaisir certain, les articles de quelques auteurs que depuis bientôt un an j’ai pu apprécier.
                    Sylvia 


                  • olivier cabanel olivier cabanel 30 décembre 2009 07:10

                    Bonjour Sylvia,
                    eh bien à bientôt donc, avec le plus grand plaisir,
                    Olivier


                  • vilistia 29 décembre 2009 16:37

                    cabanel

                    J’ai lu l’article du matin, certains travaillant dans cette fillière s’y intéressent.
                    Après tout, nous pourrions critiquer tous les traitements infligés à tous les bestiaux que nous mangeons. On devrait faire de même pour les produits de la mer.

                    Redécouvrir les légumes, d’accord ! Il faudrait encore qu’ils aient du goût.
                    Pour ceux qui vivent dans les métropoles, le pari n’est pas gagné.

                    Bio ou pas bio ? J’ai essayé des légumes AB, chers même chez Liddl Dordogne .. Le goût pas terrible et je vois mal une famille modeste avec enfants pouvoir se les payer.

                    En campagne, le potager est facile et en complément, les produits maraîchers, en agriculture raisonnée ont du goût et raisonnable pour la bourse.

                    Cabanel, pour les fêtes, mangez les pissenlits par la racine.


                    • olivier cabanel olivier cabanel 29 décembre 2009 17:02

                      Vilistia,
                      le bio cher, ce n’est plus une réalité,
                      la différence dans les prix entre bio et non bio est fragile :
                      http://www.terre-net.fr/outils/cours_marches/fruits_legumes.asp?typ=BIO
                      et puis, il ne faut pas oublier que le prix pour la santé compte aussi,

                      si vous attrapez un vilain cancer en mangeant des légumes bourrés de pesticides, la différence fera pencher la balance dans l’autre sens,
                      soigner un cancer coute entre 3000 et 6000 euros par mois... faites le calcul,
                      et puis il y a la différence de gout, et là, il y a pas photo.
                      les uns ont gardé leurs oligo éléments, les autres sont gorgé d’eau et sans intérêt,
                      quant aux pissenlits, la saison approche, mais vaut pas souhaiter à quelqu’un de les déguster par les racines,
                      çà voudrait dire qu’on souhaite qu’il soit mort !
                      ce n’est pas ce que vous me souhaitiez ?
                      ouf !
                      j’ai eu peur.
                       smiley


                    • vilistia 29 décembre 2009 21:37

                      Cabanel

                      tout bohneur simple , juste une pique pour vous dire que cela n’est pas réalisé.

                      Le mieux à votre , c’est le lit .. Après .....


                      • olivier cabanel olivier cabanel 30 décembre 2009 07:16

                        Vilistia,
                        ah, le lit, je suis fan, et pourtant c’est un endroit dangereux,
                        c’est même l’endroit le plus dangereux du monde, puisque 80% des humains y trouvent la mort.
                        mais j’aime vivre dangereusement,
                        et vous ?
                         smiley


                      • vilistia 29 décembre 2009 21:45

                        Cabanel

                        Ces fêtes m’étonnent, je suis allée le 25 aller distraire les vieux dans une maison de retraite. Pour l’ambiance, je sais faire.


                        • olivier cabanel olivier cabanel 30 décembre 2009 07:14

                          Vilistia,
                          belle mission,
                          j’ai pu constater la difficulté que cela représentait pour y avoir vu un de mes amis artiste à l’œuvre,
                          déjà, vous avez la partie gagnée avec votre minois dynamique, je ne doute pas de votre succés,
                          mais je crois profondément que l’age, c’est surtout dans la tête,
                          moi, j’ai arrêté le compteur à 28 ans, et il n’a pas bougé depuis des siècles,


                        • K K 1er janvier 2010 13:24

                          Olivier, 

                          finalement, j’ai bien testé vos recettes... Et les convives étaient ravis ! Vivement l’année prochaine avec de nouvelles idées !
                          Merci beaucoup (les pommes... un véritable délice !!!!!)

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