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Accueil du site > Actualités > Santé > La magie trouble de la péridurale

La magie trouble de la péridurale

L'accouchement sous anesthésie est-il bien un progrès ? 

La péridurale se popularise dans les années 1970 pour désigner l'anesthésie d'une zone située le long de la colonne vertébrale, entre les cervicales et le sacrum ; l'espace péridural, fait de graisses et de vaisseaux sanguins, est ainsi désigné parce qu'il recouvre la dure-mère, une gaine rigide qui a elle-même pour fonction de protéger la moelle épinière. L'application la plus répandue de la péridurale est, on le sait, l'analgésie de l'accouchement. Le bénéfice immédiat est la disparition de la douleur, ce qui pour beaucoup suffit à abolir toute forme de discussion sur l'opportunité de l'intervention ; à ce sujet, on n'hésite pas à comparer l'événement à une extraction dentaire...

On loue aussi l'émancipation de la femme par rapport à son destin tragique figé dans la malédiction biblique : « Tu enfanteras dans la douleur » (Genèse 3-16). Pour beaucoup, et au premier chef les féministes, la péridurale équivaut à la réappropriation de son corps par la femme, au même titre que la contraception, l'avortement, ou aujourd'hui la procréation médicalement assistée... et envisager les choses autrement, c'est aussitôt contester les droits des femmes et témoigner d'une coupable nostalgie pour le sexisme et le patriarcat.

Tout au mieux concèdera-t-on le droit à choisir son mode d'accouchement, selon la loi libérale de l'offre et de la demande. En effet, la doxa consumériste vante toujours le choix comme la pierre de touche du progrès : ainsi la péridurale « permet » de choisir, de « personnaliser » même son accouchement... la publicité est séduisante, mais la femme qui va accoucher est-elle bien en état de choisir ? Ce choix qui lui serait « proposé » n'est-il pas à bien des égards contraint ou mensonger ? Car tout dépend de la manière dont il est formulé...

Dans ce questionnement sur l'opportunité de la péridurale, je voudrais ici aller bien plus loin : peut-il y avoir choix devant l'inconnu, et devant une des expériences fondamentales du mammifère humain, au même titre que la naissance, la maladie et la mort ? Sans faire l'apologie de la douleur en tant que telle – qui est d'ailleurs toujours relative et modulée selon les circonstances, l'entourage, le vécu – je voudrais ici m'interroger sur le coût d'un tel « progrès », notamment sur ses conséquences psycho-sociales à long terme, sur la manière dont il modifie et reconfigure notre rapport au corps et à l'autre.

Une intervention sans conséquences ?

Il est toujours très difficile de discuter les avancées de la médecine puisqu'elle se donne pour mission d'éradiquer le mal : la souffrance bien sûr (et l'histoire de l'analgésie remonte à l'Antiquité), les maladies, jusqu'à la mort elle-même que l'on peut aujourd'hui déjouer, ou les impossibilités constitutives qui autrefois empêchaient la réalisation de désirs communément partagés (par exemple le désir d'enfant). Plus généralement, depuis l'ère positiviste et le règne apparent de la raison, difficile de critiquer les progrès scientifiques, sauf à rester sagement sur le terrain spécialisé dont ils relèvent. Ainsi, la médecine n'admet guère d'autre objection que clinique (avec la notion de risque : complications, effets secondaires, pathologie conditionnée, etc), technique ou à la rigueur financière, et quelques fois éthique. On admet par exemple que la péridurale comporte certains risques (céphalées, paralysie...), que l'on travaille bien évidemment à réduire et à prévenir. Mais sinon... où est le problème ?

J'avance sur des œufs, et m'en tiens pour l'instant à la culture scientifique : je commencerai par quelques études portant sur le vécu de la mère et l'état du nourrisson, selon qu'il est né ou non sous péridurale. A ce sujet les enquêtes restent curieusement maigres et partielles (1), mais elles font apparaître un certain nombre de conséquences immédiates : les accouchements sous anesthésie épidurale sont semble-t-il plus longs, ils entraînent un recours quasi systématique à l'ocytocine (pour re-stimuler le travail) et requièrent plus souvent une délivrance instrumentale (épisiotomie, forceps, ventouses, césarienne) : ainsi, choisir la péridurale, ce n'est pas seulement faire l'économie de la douleur, c'est aussi déléguer le travail de l'accouchement à la technique médicale. En outre, elle constitue une épreuve pour le bébé qui n'échappe pas à l'analgésie via le placenta. Les nourrissons ainsi nés apparaissent moins éveillés, moins toniques, plus réfractaires à la mise au sein.

Evidemment on peut toujours considérer ces conséquences comme négligeables, mais n'y a-t-il pas une certaine naïveté à prétendre que les interventions techniques sur le corps sont, même ponctuelles, sans effet sur le psychisme ? Ce qui disparaît ici, c'est bien la maîtrise maternelle ; ce qui est estompé, c'est l'épreuve sensible du passage et de la séparation.

Choisir son accouchement ?

Passons donc à l'argument du choix et considérons qu'il y ait là une offre bienveillante. Encore faut-il que la maternité fasse en effet valoir la possibilité d'un choix... Or si l'on se prépare consciencieusement à l'hypothèse péridurale, le corps médical est moins bavard devant la perspective d'un accouchement « à l'ancienne »... en réalité, ce dernier ne fait justement pas partie de l'éventail des propositions, et si l'on veut se passer de l'anesthésie magique, il vaut mieux en avoir fait le choix antérieurement et même être en état de le revendiquer contre vents et marées. De fait, en France la péridurale n'est pas le résultat d'un choix : c'est la norme (près de 70% des accouchements, et jusqu'à 90 ou 100% dans de nombreuses maternités ; 80% aux Etats-Unis contre 15% aux Pays-Bas). Il faut dire ici que le mode de financement des hôpitaux français n'est pas pour rien dans cette performance quantitative : la péridurale, c'est rentable, cela pérennise les crédits de fonctionnement. Que 80% des femmes en « bénéficient » selon la terminologie consacrée (et trompeuse), ne signifie pas du tout qu'elles en aient fait le choix éclairé.

Mais entretenons encore un moment la fiction du choix : dans quelles conditions s'effectuerait-il ? Pour qu'il soit libre, il faut qu'il ait lieu dans un contexte serein... or dans une situation aussi inédite (pour les primipares) ou aussi critique (le moment venu), il n'est pas rare que les décisions les plus fermes se renversent : temps de travail plus long ou plus court que prévu, anesthésiste plus ou moins disponible, infections éventuelles... Et puis le désir de la future mère est pour le moins ambivalent, influencé tant par la situation que par ceux qui l'entourent, proches, conjoint et personnel médical. D'ailleurs beaucoup disent vouloir aviser le moment venu...(2)

En fait, avec la péridurale, on se trouve maintenant partagé entre la peur de la douleur, pourtant universelle, la peur des risques anesthésiques et... l'angoisse du choix lui-même ! D'où de nombreuses décisions négatives, qui visent le moindre mal plutôt qu'une véritable résolution. Enfin le corps maternel est devenu un enjeu de pouvoir, entre le savoir obstétrical et la parole mal assurée des femmes. En réalité, dans un tel contexte, il est devenu très difficile, voire héroïque, de « choisir » d'accoucher « à l'ancienne » : si vous refusez le confort anesthésique, il ne faudra compter sur personne pour surmonter l'épreuve ; à l'hôpital, il faudra même affronter l'hostilité des professionnels.

Ainsi, le prétendu choix libère moins qu'il ne contraint à une angoisse quelque peu déplacée par rapport à la réalité de l'expérience : le véritable enjeu n'est pas la « gestion » de la douleur, mais – il faut le rappeler - la mise au monde d'un être humain, une vie nouvelle, l'expulsion d'un corps autre. Comme la naissance, la maladie, la vieillesse, la mort, c'est une expérience fondamentale de la corporalité et de nos limites qu'on ne peut esquiver sans dommage.

Une souffrance insupportable ?

Venons-en donc à l'argument central : la suppression de la douleur. Avant de chercher à l'éviter, on pourrait se demander de quoi est faite cette souffrance. En vérité, rien de comparable avec une extraction dentaire ni avec quelque pathologie ou accident que ce soit : cette douleur-là est celle d'un avènement désiré, elle correspond à une nécessaire délivrance, que le corps réclame tout entier et de toutes ses forces ; elle est aussi passagère, c'est le cas de le dire ; enfin elle est universellement partagée depuis la nuit des temps, sans qu'ailleurs on s'en émeuve beaucoup.

Bien sûr c'est un séisme inimaginable, bien sûr qu'on s'y perd soi-même (comme on se perd en la jouissance) : cette expérience nous fait rencontrer et traverser notre animalité mortelle. Dans l'accouchement, il ne s'agit plus de moi, il s'agit de la perpétuation de l'espèce. Non seulement ce n'est pas grave, mais c'est peut-être même nécessaire. D'où vient que l'on se soit à ce point focalisé sur la douleur, sinon de ce qu'on a trouvé les moyens de la réduire ? Et d'ailleurs, inversement, la possibilité de la gommer fait qu'elle paraîtra d’autant plus insupportable. Cette souffrance est en effet augmentée par la surmédicalisation elle-même : quand la femme est priée de consulter à l'hôpital, soumise à de multiples investigations, et finalement allongée sur une table d'opération, livrée aux professionnels de l'accouchement.

Il y a je crois un réel danger à ainsi encourager la dépossession maternelle et à assimiler la maternité à une pathologie. Comment se fera le nécessaire travail de séparation à long terme si la dyade est endormie au moment décisif ? Comment les mères s'empareront-elles de leur responsabilité et de leur devoir d'éducation à l'autonomie, si elles échappent à l'inauguration de leur statut ? On répondra que point n'est besoin d'en passer par là, on allèguera le cas des enfants adoptés. Bien sûr. Encore une fois, je ne me situe pas au niveau des particuliers, mais à l'échelle des conséquences psycho-sociales ; quand une écrasante majorité de femmes contourne la réalité de l'accouchement, quand la société tout entière approuve sans réserve et encourage l'anesthésie des parturientes, ne finit-on pas par penser que mettre au monde est une simple formalité, un simple désagrément ? La péridurale annule l'épreuve : on n'y apprend rien ; circulez, il n'y a rien à voir !

Une incontournable épreuve

Pourtant certaines femmes cherchent à se réapproprier cette expérience intime et primitive qu'est l'accouchement. Tenant tête à la souffrance programmée, elles revendiquent une implication totale. Il y aurait là quelque chose à ne surtout pas manquer.

Je postulerai quant à moi qu'elle est rien moins que fondatrice pour le devenir humain, en ce qu'elle est une épreuve de réalité et qu'elle enseigne la puissance du vivant. On l'a vu, la douleur est un argument bien fragile : c'est normal, il déplace et masque la réalité de cette expérience. Incommensurables, les douleurs de l'accouchement correspondent pourtant à un simple état du corps qui doit accomplir sa tâche. Et c'est précisément là que réside un précieux savoir : la douleur n'est pas nécessairement un mal, c'est un possible non destructeur. Partie intégrante de notre condition, elle mérite qu'on l'accueille et qu'on se laisse transformer par elle. Dans ce séisme corporel, on appréhende bien la mort, non comme catastrophe, mais comme condition du vivant.

C'est un discours difficile à tenir, j'en ai bien conscience, car la douleur est aujourd'hui partout traquée comme le mal même, et qui ne cherche pas à y échapper à tout prix est un masochiste qui s'ignore, un illuminé ou un dangereux intégriste. Mais ce que je dis ici, c'est tout autre chose : la douleur participe du nécessaire avènement d'un autre semblable, entre la perte des eaux et le sectionnement du cordon. Elle témoigne d'un passage, qui est l'épreuve imposée à l'enfant aussi bien qu'à la mère. Pour donner naissance à un autre, pour mettre au monde, je dois passer par ma propre disparition – et alors ?

Pour la femme comme pour l'homme à venir, il y a peut-être quelque avantage à « en passer par là » : la naissance, la souffrance, la mort sont ce par quoi nous sommes pris dans le réel, confrontés comme jamais à l'incontournable (et rassurante) réalité du corps, notamment à la vérité de la reproduction et de la mortalité. A force de négocier avec ces expériences, on risque le désarrimage, on permet le triomphe des fantasmes les plus fous, par exemple qu'on pourrait en finir avec la douleur et avec la frustration, ou encore l'illusion qu'on puisse faire droit à tous ses désirs. Et qu'il soit devenu si difficile, sous nos latitudes post-modernes, de vivre l'altérité, c'est peut-être un des effets insoupçonnés de la médicalisation de la maternité.

Finalement, revenons au mot, la péridurale, qui désigne l’insensibilisation des tissus recouvrant la « dure-mère »... je me demande quand même si la péridurale ne risque pas, à long terme, de fabriquer des molles-mères, des mères floues, à demi paralysées, et des hommes égarés, qui ne savent plus bien quelle est leur place dans le monde ni ce qu'ils doivent à leur condition.

Hélène Genet

 

(1) Etude sur la souffrance néo-natale liée à la péridurale sur sciencedirect.com

Articles de vulgarisation : sur suite101.fr et sur alternatives.be

(2) A ce sujet, lire l'édifiant article de Madeleine Akrich, sociologue, maître de recherche et directrice du Centre de Sociologie de l'Innovation (CSI-Ecole des Mines) : « La péridurale, un choix douloureux » qui se fonde sur de nombreux témoignages. In Les cahiers du genre n°25 (octobre 1999), « De la contraception à l'enfantement. L'offre technologique en question ».

 


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34 réactions à cet article    


  • Deneb Deneb 7 août 2013 10:25

    « Tu accoucheras dans la douleur » a dit dieu à Eve quant il l’a expulsé du paradis. La péridurale est donc une invention du diable, d’ailleurs il n’y a qu’à voir tous ces délinquants et d’autres frappés de la bulbe, tous anesthésiés dés la naissance ... La femme doit souffrir, c’est le bon dieu qui l’a dit !
    J’ai bon, là ?


    • LN Genet LN Genet 7 août 2013 10:32

      Non, vous n’avez pas bon : vous tenez exactement le genre de discours que j’essaye de déconstruire méthodiquement.
      Soit vous ne m’avez pas lue jusqu’au bout, soit vous n’avez pas vu les enjeux de cet article. C’est dommage.


    • Deneb Deneb 7 août 2013 11:34

      Tiens donc

      « des fantasmes les plus fous, par exemple qu’on pourrait en finir avec la douleur »

      La médecine moderne combat la douleur avec beaucoup d’efficacité et de mieux en mieux. On ne peut que s’en réjouir, sauf si on est croyant, les religions étant toutes les apologies de la souffrance, mais en réalité les croyants aiment surtout la souffrance des autres. Oui, l’éradication de la douleur, loin d’être un phantasme, est bénéfique pour l’humain, celui qui dit le contraire est forcément sujet aux pulsions sadiques. D’ailleurs il n’y a qu’a voir l’évolution des moyens d’atténuer la souffrance à travers les deux derniers siècles qui curieusement coïncide avec le triplement de l’espérance de vie.

      Je vous suggère, pour un prochain article, de fustiger l’hygiène et la stérilisation des blocs opératoires, qui font que l’on perd peu à peu tous les anticorps luttant contre les miasmes, à force de contrer la volonté divine.


    • LN Genet LN Genet 7 août 2013 11:53

      Je ne vois pas ce que vous cherchez, sinon la réactivation de polémiques figées, quand justement je fais l’effort d’apporter des éléments de réflexion et d’élaboration d’une véritable pensée.

      Encore une fois, vous ne lisez qu’à moitié et vous caricaturez mon discours pour lui faire dire ce qu’il ne dit pas... à moins que vous ne prétendiez, sans le dire ouvertement ni vous donner la peine de le démontrer, qu’il n’y a aucune différence entre les douleurs de l’accouchement et d’autres...

      En tout cas vous illustrez magistralement une lecture crispée que j’avais bien prévue, justement pour ouvrir de nouvelles perspectives :

      "C’est un discours difficile à tenir, j’en ai bien conscience, car la douleur est aujourd’hui partout traquée comme le mal même, et qui ne cherche pas à y échapper à tout prix est un masochiste qui s’ignore, un illuminé ou un dangereux intégriste. Mais ce que je dis ici, c’est tout autre chose : la douleur participe du nécessaire avènement d’un autre semblable"

      Vous êtes un homme, il vous est donc difficile de savoir ce qu’il en est de l’accouchement, mais rien ne vous empêche, avant de répondre, de vous renseigner sur l’expérience que cela constitue, et par ailleurs de lire un peu pour confirmer cette thèse selon laquelle rien d’humain n’advient sans travail ni sans douleur, ou d’autres selon lesquelles notre société est dangereusement gouvernée par l’impératif de jouissance et le déni de la souffrance comme celui de la mort.

      Je m’arrête là ; il m’importait seulement, pour les autres lecteurs, de pointer rapidement ce genre de dérive prévisible. Au revoir Monsieur Deneb.


    • Deneb Deneb 7 août 2013 12:19

      « Vous êtes un homme, il vous est donc difficile de savoir ce qu’il en est de l’accouchement »

      J’ai assisté au travail et la mise au monde de mes 3 enfants (j’ai même coupé le cordon des 2, le troisième est né par césarienne). Le premier sans péridurale, la souffrance de ma femme m’a profondément troublé, j’étais très content que les deux autres enfants sont nés avec une souffrance atténuée, et encore, la péridurale est posée une fois la dilatation du col déjà bien avancée, donc, elle n’enlève pas toute la souffrance. J’éspère que la médecine remédiera prochainement à ça et ainsi évitera les traumatismes qui rendent acariâtres les femmes après l’accouchement (le post-partum).

      Je connais une femme qui a eu systématiquement recours à la césarienne (à sa demande) pour justement éviter ces souffrances. Elle a 3 enfants.


    • alinea Alinea 7 août 2013 10:45

      En tout cas, moi je vous sais gré d’avoir écrit cet article ! Je vis tout cela avec tant de passion et de désespoir que j’ en aurais été incapable ! Je suis absolument d’accord sur tous les points et le seul commentaire que je puisse faire c’est qu’il est dommage, vraiment dommage, que toutes les femmes d’aujourd’hui n’aient pas cette expérience, dont j’ai envie de dire qu’elle est initiatique.
      Et s’il y a des cas précis où certaines femmes souffrent d’une manière qu’elles ne supportent pas ( beaucoup à dire sur leur psychisme alors, s’il n’y a pas malformation !!), toutes les autres perdent une expérience unique..
      Personnellement j’ai accouché à Pithiviers avec Michel Odent et je souhaite à toute femme de connaître un accouchement comme celui-là
      Merci LN Genet


      • ryuma 7 août 2013 12:32

        Il me semble que maintenant, le refus de la péridurale est en effet féministe, car il s’agit de lutter contre ce que la « norme » impose. Ma femme ayant subis une césarienne, elle a fait le choix de refuser la péridurale pour le second, tout en se préparant au maximum, physiquement et psychologiquement.


        • cevennevive cevennevive 7 août 2013 12:32

          Bonjour Hélène,


          Très, très, très bon article. Merci !

          Il y a quelquefois, sur AV, des perles de réflexions et de sagesse qui nous parlent profondément...

          Je rejoins Alinea (que je salue) et je ne saurais ajouter meilleurs arguments aux vôtres et aux siens.

          Deneb est un homme. Il ne peut comprendre. De plus, il est profondément athée et prend toutes les opinions sous l’angle de la religion. C’est épidermique chez lui. Il faut le prendre tel qu’il est. Il n’a vu dans votre article que l’apologie de la douleur, ce qui est loin d’être le cas.

          « Mon enfant, mon amour, je souffre mais je t’attends avec impatience, j’attends de voir ton petit visage. c’est la seule chose que je connaisse pas de toi » disais-je en respirant profondément, comme je l’avais appris en sophrologie.

          Et puis, cette « souffrance » ne sera rien en contrepartie de toutes les petites souffrances que cet enfant nous infligera tout au long de notre vie, si bon et bienveillant soit-il.

          Bien cordialement Hélène.

          • Anne 7 août 2013 17:27

            Bonjour !

            Je découvre cet article... vraiment intéressant, tout en ne partageant pas totalement son point de vue (en particulier ’la chute’, inutilement réductrice selon moi)...

            MAIS permettez-moi de ramener cela à une échelle toute particulière (la mienne en l’occurrence).
            J’ai vécu les deux cas : un premier accouchement ’médicalisé’ : péridurale surdosée plus ou moins imposée, avec pression du corps infirmier, ocytocine, ventouse, etc... et un sentiment intense de dépossession. Le second, similaire à un accouchement à domicile - et donc sans péridurale-, sans tous ces ’progrès’ que l’on nous vend si bien...

            Hors de tout contexte religieux (nous sommes athées), ce deuxième accouchement m’a permis de me reconnecter à moi-même et de me sentir pleinement en possession de mon corps.

            Mais avant tout, et c’est peut-être là le plus important, nous avons été responsables, informés et rendus confiants dans nos capacités à poser nos propres choix, à les assumer (ce qui fait cruellement défaut dans notre société, où l’on déresponsabilise tant)
            Dans ce cadre-là, l’accompagnement dont nous avons bénéficié a été formidable.

            La situation que vous évoquez est différente chez nos voisins, tant en Hollande, qu’en Allemagne ou au Royaume-Uni.

            Je suis convaincue que l’information est fondamentale, et que l’accompagnement est primordial afin que, dans ce domaine, les mentalités évoluent.

            Merci pour cet article qui a au moins le mérite d’exposer une problématique minimisée à l’extrême.


            • LN Genet LN Genet 7 août 2013 17:49

              Merci Anne, c’est un témoignage réconfortant, et rare ; je crois en effet qu’en France les femmes sont particulièrement anesthésiées - c’est le cas de le dire - sur cette question fort peu médiatisée en effet. Je crois que c’est à cause du système de financement des hôpitaux : il faut remplir les quotas de césariennes et de péridurales... système mortifère.

              Votre témoignage rejoint cependant quelques autres que j’ai pu entendre : en général, les femmes qui ont véritablement choisi de rester maîtresses de leur accouchement disent avoir vécu quelque chose d’unique et d’infiniment précieux.

              Quant à la conclusion, elle pose décidément problème ! je suis allée vite, c’est vrai, car l’article est déjà trop long selon moi, et j’ai voulu faire un jeu de mots, car j’étais troublée de ce que, dans cette affaire, on endort la dure-mère. En fait, je fais référence à d’autres analyses sur l’errance de l’homme moderne et sur la déliaison à l’oeuvre chez le sujet contemporain. La molle-mère n’est pas FORCEMENT celle qui accouche sous péridurale : c’est le nom que je donne à une structure psychique de plus en plus répandue, chez les femmes comme chez les hommes d’ailleurs, quand les limites qui devraient nous structurer sont devenues floues et sans cesse négociables.


            • jerome 7 août 2013 17:46

              @l’ auteur : très bel article . Mais moi homme, donc pas savoir ...
              Sauf que :
              Ma femme a fait trois enfants sans peri, puis a voulu essayer pour le N° 4, et puis a accouché
              sans pour le N° 5 : elle a trouvé ça mieux ...
              Pour la douleur : après un accident je suis un blessé « médulaire  », les nerfs sont atteints, c ’ est
              horrible et insupportable par moment, et c ’ est un peu là ou je me retrouve dans votre billet :
              la souffrance, la douleur épouvantable, qu ’ est-elle ? Ben en fait on sait pas trop ...
              J’ai vu bcp de «  spécialistes  » en douleurs, sans résultat. Et c ’ est là ou je vous rejoint, je pense,
              la douleur est totalement « personnelle  » . J’ ai bon ?  :) Et là je ne vais pas plus avant car c ’ est
              un sujet bcp trop vaste ...


              • LN Genet LN Genet 7 août 2013 18:02

                Vous homme, mais vous savoir quelque chose en effet de la douleur, comme tout un chacun, et vous savoir aussi ce qu’il faut de renoncement et de souffrance parfois pour voir s’épanouir quelque chose de véritablement humain... ce sujet, que j’ai voulu élargir, n’est certainement pas réservé aux femmes ! Il a d’ailleurs des explications politiques et sociales sur lesquelles chacun peut se prononcer.

                Cela étant la douleur pathologique n’a rien à voir avec celle de l’enfantement. Ce que vous vivez est certainement très difficile : douleur imprévisible, au long court, entraînant un handicap... c’est autre chose, c’est toute une histoire, la maladie... la douleur n’est jamais souhaitable, c’est certain ; pourtant, je crois qu’il y a toujours quelque chose à y apprendre (et je parle d’expérience...).


              • Deneb Deneb 11 août 2013 14:42

                @l’auteure : j’imagine que vous n’êtes pas réticente à la fessée pendant l’amour, non plus.


              • antonio 7 août 2013 17:56

                Merci pour votre article.
                J’ai toujours pensé que la seule « douleur » qui valait la peine d’être vécue était celle de l’accouchement puisqu’elle permet une merveille : la vie !
                Je me sentais aussi capable d’accoucher naturellement que l’ont été les femmes de Néanderthal, de Cro-Magnon et toutes les autres depuis.
                Donc, fi de la péridurale et tant mieux ; mais c’était dans les années 80 et la pression sur les futures mamans était bien moindre...
                J’ai mis douleur entre guillemets car celle-ci a un sens magique, extraordinaire....ce n’est pas de la douleur mais la formidable énergie mobilisée par la mère et l’enfant et ça peut faire mal...


                • alinea Alinea 7 août 2013 18:13

                  Si je puis me permettre sans monopoliser ce fil, j’ai envie de dire trois mots sur cette douleur :
                  - on sait ce qu’elle est et d’où elle vient
                  - elle dure quelques secondes ( ou quelques minutes je ne sais vu que le temps n’a pas de longueur à ce moment-là), puis s’arrête pour quelques minutes d’un repos absolu ; rien ne subsiste d’elle ;
                  - Dès que l’enfant descend lui aussi, dès que le travail se fait ensemble ; la douleur est très atténuée, et peut-on même parler de douleur ; quand l’enfant naît, il ne reste rien, même pas un souvenir, un traumatisme encore moins
                  Comparée à la douleur d’une péritonite aiguë avec éclatement de l’appendice, la douleur de l"enfantement est un délice, travail épuisant certes ( perso, j’ai perdu douze kilos en trois heures de travail !!!)
                  Ensuite il y a des aides, en homéopathie principalement, qui sont très efficaces et raccourcissent le temps de l’accouchement ( je dis ça au cas où une une jeune femme nous lirait !!)


                  • LN Genet LN Genet 7 août 2013 18:22

                    Bonjour Alinea !

                    Au vu des commentaires sur cette expérience, je crois que ce qui ne va pas, c’est bien le mot « DOULEUR », qui crée la confusion.
                    Il faudrait réécrire l’histoire : « Tu enfanteras dans la force » ?


                  • alinea Alinea 7 août 2013 21:50

                    Absolument ; force, effort ; un corps tout entier qui est aux prises avec un cataclysme qui ne se vit que peu de fois, surtout aujourd’hui, on ne peut pas appeler ça douleur !
                    Mais les femmes aujourd’hui sont peut-être comme les vaches domestiques : incapables d’accoucher seules ! je suppose que jadis ( hors mortalité infantile, maladie,etc) les femmes étaient mieux armées ! et c’est vrai, les souffreteuses, les rachitiques et compagnie avaient bien des chances de mourir ; c’est le règne animal ! En ce sens, le progrès a bien amélioré les choses ; mais en rendant un plus grand nombre de femmes inaptes, non !!


                  • miha 11 août 2013 12:39

                    Non, inutile de réécrire l’histoire et la bible : le « tu enfanteras dans la douleur » n’est pas à prendre comme une malédiction (ou un ordre divin à ne pas transgresser), il suffit d’admettre qu’il ne s’agit que d’un constat, tout simplement... ben, oui.


                  • jerome 7 août 2013 18:15

                    Merci pour cette réponse. Bien sûr qu’ on apprend, avec la douleur comme compagne, d’ accident
                    et non de maladie, très important ...
                    Ce qui m’ a frappé, en tant qu’ homme, c ’ est que mon épouse refuse pour son cinquième la péri.
                    Elle ne considérait pas la douleur - elle assumait un désagrément passager, fort pénible- elle
                    allait au dela de la douleur, c ’ est pour ça que je l’ admire à chaque fois que j’ ai une crise ... j’ aimerais tant comme elle aller « au dela  » ! Mais c ’ est pas facile  :)


                    • Personne 7 août 2013 21:53

                      Bonjour, bravo pour cet article qui m’a semblé bien écrit  ! J’étais curieux de savoir à quel point votre vécu soutient votre réflexion... Vous avez vous même accouché sans péridurale ? Bien cordialement


                      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 8 août 2013 07:57

                        Bonjour et merci

                        J’ai trouvé votre article bienvenu, bien senti, et juste dans sa mise en cause d’un système médical à la française, cad un système de pouvoir basé sur la prétention au savoir des soignants qui 1) infantilise le patient et 2) le soumet à tout un arsenal de techniques que je crois au final davantage destiné à protéger le corps médical (de toute accusation de faute) qu’à véritablement protéger le corps de la patiente.

                        Etant un psychologue toujours prompt à se faire des théories ou des modèles, j’ai saisi il y a quelques années l’occasion d’avoir un entretien approfondi avec une très bonne amie capable de verbaliser finement ses états mentaux et ayant fait le choix de l’accouchement naturel.

                        Je m’en suis fait une représentation qui colle à 100% avec ce qu’exprime Alinéa.
                        Il me paraît évident que je me base sur ce qui relève probablement du meilleur des cas possibles mais ce n’est pas une raison pour penser que rares sont les femmes qui pourraient être concernées.

                        Pour dire les choses en bref, je me suis fait à l’idée que l’accouchement était proprement une expérience et extatique et initiatique à côté de laquelle il serait vraiment dommage de passer... si on en est capable car, qu’on le veuille ou non, c’est une épreuve.

                        Mais conviction (d’homme) est que pour en tirer le meilleur, il faut pouvoir s’y abandonner complètement comme l’a fait cette amie.
                        Il faut donc déjà avoir suffisamment confiance en soi pour pouvoir consentir à l’inconnu et laisser venir à soi les prodigieuses sensations et émotions que suscite le processus de la naissance.

                        Je pense que si on n’a pas cette confiance, si on est pas en mesure de dire un OUI plein et entier à ce qui vient, toutes les peurs, les refus, les non minuscules qu’on aura conservés contribueront à une expérience des sensations comme douleur alors que le formidable shoot hormonal qu’elle reçoit naturellement (et oui, bien que je m’en défende au maximum, dès fois il me semble pertinent de penser biologique en psychologie) dispose la femme à vivre cette intensité extrême positivement, j’ose à peine dire, jouissivement.

                        Pour l’idée que je m’en fais, l’accompagnement médical devrait à mon sens être là avant tout pour étayer, et rassurer autant que de besoin les femmes qui n’ont pas l’assurance ou la confiance en soi leur permettant de se placer seule dans cet état d’abandon à ce qui se présente, ce dont mon amie, douée d’une belle nature, avait été capable.

                        Quand je parle de nature, je pense ici surtout à l’expérience que tout un chacun peut faire de l’abandon aux sensations corporelles dans les infinies variétés de l’acte sexuel. Je n’ai pas le souvenir que nous ayons explicitement thématisé cela lors de l’entretien mais j’avais déjà eu l’occasion de comprendre que mon amie devait être plutôt libérée et expérimentée de ce côté.

                        Bref, la confiance, la confiance et encore la confiance. Si on en manque, alors des professionnels pour y aider.
                        Voilà, je crois, le premier ingrédient d’un accouchement heureux.
                        Maintenant il est clair que, ne l’ayant pas moi-même expérimenté, je ne connais pas la recette complète de l’accouchement réussi.

                        Mais pour ce que j’en sais à présent, je ne saurais trop conseiller aux femmes de prendre le temps de se renseigner et de réfléchir à ce qu’elles veulent vivre et c’est pourquoi je me réjouis que vous aillez publié cet article.

                        Nous vivons dans un monde où presque tout devient du carton pâte, même la naissance.
                        Il me semble que revenir à un accouchement naturel est quasiment un acte révolutionnaire et sûrement un acte original au double sens du terme.


                        • alinea Alinea 8 août 2013 08:33

                          La confiance, le désir et l’abandon... la vie quoi ! de celle qu’on n’a pas l’occasion de vivre tous les jours ! il est vrai que si on est malade tout au long de la grossesse, ce n’est pas la joie....


                        • LN Genet LN Genet 8 août 2013 11:28

                          Merci Luc-Laurent pour ce long commentaire, c’est bien que les hommes puissent relayer la parole des mères.

                          Vous avez raison d’indiquer la confiance nécessaire, certaines femmes ne sont pas assez bien entourées pour affronter l’épreuve (ce dont le corps médical est largement coupable), mais l’immense majorité peut la vivre sans aucun dommage (comme le dit toute l’histoire de l’humanité), et même avec grandeur, car l’accouchement condense toutes les expériences de séparation et de passage. Vous le dites très bien : initiation et extase.

                          Je dirais quant à moi qu’aucun mot habituel ne convient : ni douleur, ni jouissance, ni angoisse, ni bonheur... en fait les mots disparaissent, c’est l’assomption de la corporalité dans toute sa puissance, c’est un passage, pour l’enfant bien sûr, mais pour la mère aussi qui doit accepter de se laisser traverser, de part en part, sans évitement possible. Dans ce travail, c’est la vie et la mort en même temps. De l’autre côté, on « sait » et l’on n’a plus jamais peur.


                        • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 8 août 2013 19:00

                          @ Alinéa

                          Quelle proportion de troubles psychosomatiques quand on est malade durant la grossesse ?

                          @ Hélène

                          Merci pour votre réponse qui vient parfaitement ponctuer mon propos.

                          Un dernier point cependant : dans l’expression « assomption de la corporalité » je crois percevoir ce que j’ai manqué à dire et qui peut se formuler comme l’impression que le shoot hormonal et le « consentement maternel à ce qui se présente » réalisait une sorte d’inclusion de la mère et de l’enfant dans une bulle de sensations corporelles les plaçant tout deux hors du monde, seulement en présence l’un de l’autre.


                        • alinea Alinea 9 août 2013 11:08

                          98% ? 


                        • NastyCruncher 8 août 2013 09:10

                          Bonjour et merci pour cet excellent article,

                          J’ai assisté à l’accouchement de ma femme qui m’a davantage paru comme une extraction chirurgicale plutôt qu’à la transmission de la vie, péridurale à 7cm, épisiotomie, ventouse, céphalées, 2 bloodpatch, sans parler du spectacle pour les médecin, anesthésiste, stagiaires, etc une dizaine de personnes, vous m’avez compris !

                          J’ai retenu de toute cette « opération » le grand soin qui a été pris de nous dissuader de ne pas suivre les directives préconisées par le corps médical. Vous imaginez bien toute la dialectique et le soin nécessaire qui permettent de placer la notion de persuasion dans un contexte de suggestion tout en se dédouanant des risques subséquents qui sont laissés à l’appréciation candide du patient (non, en effet il ne s’agit plus, ici, de la mère et de son souhait de mettre au monde mais du plus banal contrat d’assurance sur les modalités techniques de l’opération).

                          Je mettrai en exergue simplement ceci : L’humanité se définit par ses actes et donc par ses choix, supprimez ce libre arbitre et vous obtenez des êtres inachevés autant physiquement que spirituellement.

                          Ce constat s’étend malheureusement bien au-delà de votre sujet d’article, de nos jours le choix se réduit à la norme des diktats qui formatent notre cerveau selon un modèle économique bien juteux au détriment de l’humanité, de la perception que l’ont doit en avoir et que l’on a le devoir de comprendre en toute humilité.

                          La vie par procuration merci mais non merci.


                          • Agafia Agafia 8 août 2013 11:23

                            Bpnjour Hélène et merci pour votre article.

                            Comme beaucoup,j’ai tendance à penser que la grossesse et l’accouchement, état et acte ô combien naturels, sont devenus hypermédicalisés, artificiels.

                            Ayant perdu un enfant à 17 semaines de grossesse, je n’ai pas eu ce bonheur de connaitre cette « épreuve » de l’accouchement, mais j’étais fermement résolue à refuser le diktat de la péridurale et vivre cette naissance de la façon la plus naturelle qui soit. La vivre et la ressentir à 100 pour 100 physiquement et psychologiquement. Surtout ne pas la « subir » passivement.

                            et je salue les commentaires d’Alinéa.


                            • Mmarvinbear Mmarvinbear 8 août 2013 14:09

                              N’étant pas une femme, je ne peux même pas imaginer la douleur provoquée par une boule de bowling tentant de passer au travers d’un orifice de la taille d’un citron.


                              Mais bon, pour avoir assisté quand même à quelques délivrances, la vue de ces femmes choppant leur mari par le col et leur hurlant « tu ne me toucheras plus jamais salopard » ou un truc du genre me fait dire que l’auteur devrait développer sa thèse auprès de parturientes au début de leur travail.

                              J’ai toujours aimé ces genres de corridas.

                              • tobor tobor 11 août 2013 15:31

                                Je suis étonné de ne pas voir figurer le mot « haptonomie » dans l’article ni dans les commentaires ! On y apprend à se passer de la péridurale et à tourner cette douleur à son avantage !
                                .
                                Mon premier fils est né suite à une préparation classique sous péridurale et extrait en cone-head par l’aspirateur dans les mains d’un gros boucher de ginéco sexiste (salut les louloutes aux sages femmes, etc.), c’était un dur moment !
                                .
                                Le second est né 3 ans plus tard avec une préparation en haptonomie et il n’y a pas eu de péridurale au grand dam de tout le personnel médical. Tout c’est bien passé et la tête du petit a jailli spontanément. Le séjour en maternité a duré moins de 24 heures et les soins se sont faits à domicile. La maternité nous a facturé une péridurale et quand nous avons fait objection, la réponse fût qu’on ne devrait rien payer de notre poche et qu’ils se contenteraient de la part supportée par la mutuelle !!! Petits commerçants roublards !
                                .
                                La douleur présente a l’accouchement fait partie du travail en question, c’est dur mais pas « gratuit », c’est sensé !
                                .
                                Le bébé est en contact étroit avec sa mère depuis le début de sa construction, ils vivent en osmose. Dès que les signes montrent le début du travail d’expulsion, cette relation étroite et vécue de l’intérieur par la parturiente guide et sécurise le bébé.
                                Procéder à la péridurale interrompt radicalement cette relation au moment où elle est prépondérante pour le/la petit/e. Bébé est donc abandonné et livré à lui-même pour se sortir de là, c’est comme si sa mère était sans vie !


                                • Deneb Deneb 11 août 2013 15:57

                                  Haptonomie, à mettre dans le même sac que l’hypnose, psychanalyse, sophrologie ...Des croyances, tout simplement. Si ça aide à ceux qui y croient, tant mieux. Mais que les adeptes cherchent à l’imposer aux autres, là, ça craint. Comme d’ailleurs l’accouchement sans peridurale. On veut « sentir » l’arrivée de son enfant, parfait ! Il y en a aussi qui prennent plaisir à se flageller. Mais considérer tout ceux qui font appel à l’anesthésie locale comme des parents imparfaits qui ne font pas vraiment corps avec leur progéniture, c’est chercher à imposer son petit fantasme masochiste à tout le monde.
                                  Le prochain article de l’auteure portera peut-être sur une opération sans anesthésie. En effet, sentir comme on enlève le mal de son corps, comme par ex. une appendicite, doit être une sacré expérience. D’ailleurs un ami chirurgien m’a confirmé qu’il était possible d’opérer sans anesthésie : avec les boules-quies.


                                • tobor tobor 11 août 2013 16:58

                                  @Deneb : Si tu veux tout ranger dans des sacs, libre à toi !
                                  .
                                  Tu m’as l’air de ne pas capter grand-chose à ce qui se dit ici !


                                • dockcz 26 octobre 2013 08:06

                                  Je suis moi même homme, père de deux enfants et chirurgien et je vous félicite, LN GENET, pour l’ensemble de votre article. Vous décrivez parfaitement bien les pressions subies, subtiles, pas toujours, parfois avec de gros sabots, qui sont exercées par le milieu médical pour faire du « chiffre ». Le commentaire de Luc Laurent Salvador est aussi très bon.

                                  Les douleurs devrait-on dire :
                                  La douleur qui est nocive et qu’il faut calmer, c’est celle d’un traumatisme ou d’une pathologie, qui si elle dure trop longtemps installe des circuits, auto entretenus dans nos neurones, facteurs de troubles de la cicatrisation ou de troubles trophiques comme l’ostéoporose après une entorse plus fréquente si la douleur n’a pas été traitée.
                                  La douleur est une alarme qui a du sens et nous conduit à un diagnostic. et on doit surtout éviter un « antalgique » à l’aveugle quand apparait une douleur d’origine inconnue.
                                  La douleur est une épreuve qui est vécue de façon très différente selon les individus, mais également selon les circonstances chez le même sujet.
                                  La douleur peut être une leçon de vie, en effet, comme vous le dites pour celle de l’enfantement, que j’aime comparer à la douleur de l’effort musculaire intense, voulu, qui, elle, n’est pas vécue comme une punition divine. 
                                  Et, juste pour rire, la douleur peut être un plaisir, n’en déplaise à Deneb, si elle est consentie dans un contexte érotiquo ludique.

                                  • LN Genet LN Genet 26 octobre 2013 16:59

                                    Merci de cet aimable retour. Et d’accord bien sûr pour l’érotisation de la douleur - quoiqu’il ne s’agisse pas du tout de cela avec l’accouchement !
                                    En attendant, force est de constater qu’il y a des sujets tabous, n’est-ce pas ? en tous cas des positions bien moins médiatisées que d’autres...
                                    Si cela vous intéresse, j’ai écrit ici et là sur le monde médical, la fameuse prise en charge, la réquisition du corps par la médecine et le handicap...
                                    http://helenegenet.over-blog.com/5-categorie-12539912.html
                                    Bien à vous.

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