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Accueil du site > Actualités > Santé > La santé est-elle un bien marchand ?

La santé est-elle un bien marchand ?

Le blog citoyen a souvent parlé de la santé et de l’hôpital sous l’angle du service public. Il est temps de rectifier un manque d’information au sujet du monde de la santé privé qui connaît actuellement tout autant sinon plus de changements que le secteur public, et ce non pas dans un silence absolu, mais sous l’œil attentif des différents acteurs de ce secteur d’activité dont il convient de rappeler qu’il demeure une activité professionnelle spécifique. Au vu des éléments d’informations ci-après, on peut légitimement se demander si la problématique consistant à savoir si la santé est un bien marchand n’est pas totalement obsolète ? A vous de vous faire une idée ...

On remarquera en pré requis qu’en France lorsque l’on parle « hôpital », on pense immédiatement à un établissement public ; et si l’on parle d’un établissement privé, alors on fait implicitement référence à une clinique privée à but lucratif qui génère des profits. En fait, cette vision binaire doit être précisée puisqu’il existe une troisième voie avec les établissements à but non lucratif. Pour une présentation de l’intérêt de cette troisième voie, on pourra s’appuyer sur une note en date de 2005 produite, sous l’égide de l’Institut Montaigne, par Denise Siber.

Bien que la répartition entre ces trois systèmes (public, privé à but non lucratif, privé à but lucratif) soit différentes selon les pays, tous les systèmes de santé des pays développés ont actuellement à définir de nouvelles approches pour faire face au double défi du vieillissement de la population et de l’arrivée de nouvelles technologies médicales coûteuses et évolutives.

Je vous parlerai pour l’instant de perspectives de regroupement dans le milieu des cliniques, concernant plus particulièrement le groupe Vitalia, « deuxième groupe » de cliniques en France selon ses dires. (On peut préciser que le paysage des cliniques privées quel que soit leur statut est caractérisé par son éclatement. Ainsi le n° 1 français incontesté, avec plus de 150 cliniques et un chiffre d’affaires de 1,4 milliard d’euros ne représente que 15 % du secteur privé en médecine chirurgie obstétrique)

Le groupe est né, comme le précise la présentation sur leur site, de la rencontre de Christian Le Dorze (ancien n° 2 de la Générale de santé) et de Jean-Christophe Mortier du fonds d’investissement américain Blackstone (ce fonds a investi en deux 900 M€ pour financer ces 46 rachats). Dès sa création, le groupe affiche sa volonté de croissance par la conduite d’une stratégie de rachat[1] qu’il n’a eu de cesse de poursuivre. Et même si cette croissance par l’acquisition a pu rencontrer des résistances comme ce fut le cas en Champagne-Ardenne avec par exemple l’opposition des Cliniques associées[2]

Aujourd’hui, le groupe Vitalia compte un peu moins de 50 cliniques, mais son avenir est en jeu puisque le fonds d’investissement Blackstone envisage sérieusement de vendre ce groupe au bout de deux ans, alors qu’a priori son engagement était prévu au minimum pour deux ans. La décision devrait être prise très prochainement.[3]

Christian Le Dorze n’explique pas cette démarche du groupe Blackstone par des problèmes financiers liés à la crise financière des « subprimes », mais par des opportunités qui se seraient présentées[4]. Ainsi, selon lui, Blackstone aurait reçu 18 marques d’intérêt pour Vitalia émanant de grands groupes financiers, dont un ou deux Français. En mars 2008, il a précisé que si le fonds actionnaire Blackstone souhaitait se désengager, mais ne trouve pas preneur, il ne vendra pas. L’acquéreur devra s’engager à mener à bien le plan de restructurations et de modernisation des cliniques de Vitalia et de leur plateau technique, avec les investissements prévus. Il devra également promettre qu’il finalisera le rachat en cours d’une vingtaine de cliniques supplémentaires afin d’achever la croissance externe du groupe entamée dans plusieurs régions françaises (Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Bretagne, Grand Est, Grand Centre, Midi-Pyrénées et Provence-Alpes-Côte d’Azur) et devra aussi répondre au souhait du management de Vitalia, travaillant au siège à Paris ou à la tête des directions régionales, d’entrer dans l’actionnariat du groupe. Il faut dire que le groupe Vitalia mène une politique de ressources humaines active surtout à destination des professions médicales[5].

Toute la question est de savoir qui peut et qui a intérêt à racheter ce groupe aujourd’hui dans une période où les inquiétudes dans les régions et au niveau local sur les risques de concentrations sont reliés à différents niveaux des pouvoirs publics. Sur ce point Christian Le Dorze précisait que le groupe Vitalia n’achetait pas pour vendre.

Parmi les prétendants, on trouve ainsi un groupe de BTP, Eiffage, et dont François Massé, directeur général adjoint a déclaré[6] récemment que le groupe Eiffage était « déjà dans la santé, avec la construction notamment de quatre hôpitaux en partenariat public-privé, il s’agissait de prolonger en aval vers la gestion » ajoutant que cette démarche s’inscrivait dans une stratégie de long terme puisque si Eiffage n’est pas choisi par Blackstone, « il y aura de toute façon d’autres opportunités pour la constitution d’une branche santé chez Eiffage ». Il est vrai que la santé est un secteur sensible, et la vente ne se fera que sous conditions. L’acheteur devra répondre à un cahier des charges, s’engager à poursuivre la rénovation des cliniques rachetées et à finaliser les 25 rachats en cours. Il n’en demeure pas moins que le secteur de la santé constitue manifestement un enjeu financier laissant présager qu’il promet des sources de bénéfices aux investisseurs. Ainsi, Vitalia qui devrait réaliser environ 650 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2008, dégage des bénéfices, selon Jean-Baptiste Mortier.

Mais peut-être que le groupe Vitalia tombera dans l’escarcelle de la Générale de santé faisant partie des groupes financiers à l’affût dans ce secteur. On trouve aussi Unilabs, Labco, KKR. L’exemple de la Générale de santé montre à quel point les structures de soins privées sont devenues la proie des financiers et deviennent elles-mêmes, à leur tour, prédateurs. La Générale de santé représente aujourd’hui 16 % des hôpitaux et cliniques privées dans le pays, et 9 % de l’ensemble des hôpitaux et cliniques (publiques et privées)[7]. Si la Générale de santé reprend le groupe Vitalia, il ne fera que renforcer sa position de leader au niveau national. Une situation qui n’est pas forcément du goût de tous.

Nous devrions y voir clair sous peu ...



[1] En décembre 2006, « Le groupe a ainsi acheté, juste après sa création, la clinique Carlier à Auch, premier établissement privé médico-chirurgical du Gers, avec une cinquantaine de praticiens, 111 lits et 117 salariés. La clinique réalise un chiffre d’affaires annuel de 8,5 millions d’euros » (source), « Le groupe Vitalia, contrôlé par le fonds d’investissement Blackstone, a racheté pour un montant non communiqué 100 % des parts de la Polyclinique de Gentilly (30 millions d’euros de chiffre d’affaires, 450 salariés), à Nancy (Meurthe-et-Moselle), spécialisée dans la cancérologie » (source)

[2] En juin 2007, en rachetant les deux cliniques rémoises Les Bleuets et Saint-André, la holding régionale a doublé de taille et a barré (provisoirement ?) la route aux ambitions du groupe Vitalia dans cette région. (source)

[3] « Après avoir injecté 900 M€ pour financer ces 46 rachats, Blackstone envisage aujourd’hui la vente de Vitalia, qui doit se faire rapidement avant le 30 juin ou pas du tout, annonce Jean-Baptiste Mortier, responsable de Blackstone France et directeur général de Vitalia. » (source)

[4] Sur ce point, on notera que « le groupe de capital-investissement Blackstone a réalisé une perte de 66,5 millions de dollars au premier trimestre, en raison de la quasi-disparition des rachats d’entreprises à crédit (leveraged buy-out ou LBO) et du déclin de la valeur des entreprises présentes dans son portefeuille d’acquisitions. » (source et suite)

[5] On peut noter à cet égard l’ouverture d’un site internet consacré à l’installation des médecins, fournissant des conseils et indications pratiques, donnant aussi des informations sur les rémunérations des praticiens à l’hôpital et en clinique et sur la démographie médicale, à partir de sources officielles. Ses promoteurs espèrent qu’il soit rapidement reconnu comme une référence pour les actuels et futurs praticiens. Si vous êtes intéressé, vous pouvez toujours aller voir : http://www.professionmedecin.fr/

[7] En août 2006, le fonds d’investissement basé aux îles Caïman, Amber Master Fund, a acquis 20 % du capital du groupe français de cliniques. Début mars, le financier italien Antonino Ligresti, soutenu par Mediobanca, augmentait son capital de 25 à 60 % et annonçait une OPA sur l’ensemble du capital. Parmi les actionnaires de la Générale de santé, Cinven, ABN Amro Holding NV, le groupe de la Caisse d’Epargne en France, la Caisse des Dépôts et Consignations, Generali assurances, Vivendi, tous ayant des fonds d’investissement particulièrement actifs. (source et suite)


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33 réactions à cet article    


  • pallas 11 juin 2008 10:46

    Bonjour, evidemment que la santé est un bien marchand, c’est comme sa que tout le monde le voie, en parlant de santé, les personnels soignants, les jeunes, contrairement aux anciens, n’en ont absolument rien a faire des patients, ce qui compte, c’est le salaire qui tombe en fin de mois, et oui, le probleme de l’argent, n’est que le haut de l’iceberg, le secteur de la santé, comme les autres secteurs, sont tenus par des jeunes individues qui n’ont aucunes motivations particulieres, aucunes initiatives, donc le probleme est vraiment grave, notre societe civilisation s’ecroule, car nous ne reussissons pas a faire des bons individues et ont encourage les etres mediocres, et la mediocrité en general, faut voir le football. Le probleme de fond est la.


    • citoyen citoyen 11 juin 2008 22:12

      Vous avez raison et tort à la fois. Il est vrai que les anciennes génération ont un sens plus aigü du service à la personne, mais cela n’est pas une régle absolue, heureusement et malheureusement (tout dépend de quel point de vue on se place). J’ai encore quelques années à faire et je suis plutôt dans les jeunes générations, et je peux vous dire que j’ai constaté que nombre d’anciens comme vous dites ont largement contribué à mettre à mal le service public (si on parle de cela) au détriment de l’intérêt général et ce uniquement sous prétexte de défendre leur intérêt personnel. Cependant, de manière général, il est vrai que la génération actuelle, n’a plus ou peu le sens du service public, et peut-être encore le sens du service au public. Effectivement, ce qui compte c’est le salaire qui tombe à la fin du mois, mais à ce niveau là, peut-on leur en vouloir quand on constate que les règles sont à la dérive en matière d’argent, le culte de l’argent conduit à l’égoïsme et pour en revenir à notre sujet, la santé n’échappe à cela


    • Pierre de Vienne Pierre Gangloff 11 juin 2008 11:10

      Je vous remercie de contribuer à notre information à propos d’un secteur bien opaque de la santé "industrielle" qui se prépare. 


      • JPC45 11 juin 2008 11:12

        La santé n’est pas un bien marchand par définition : la question est mal posée (voir orientée) mais est ce que l’offre de soin peut être offert par des intervenants privés. la réponse est oui pour moi du moment que la législation et les contrôles sont les mêmes pour les 2

         


        • Lisa SION 2 Lisa SION 11 juin 2008 11:18

          Bonjour, mais quelle horreur !

          J’ai entendu ce matin aux infos que treize chirurgiens italiens venaient de se faire prendre à avoir accumulé les interventions inutiles dans le seul but de...faire de l’argent...La chirurgie est devenue une sorte de tuning, comme en automobile. Bonjour, je voudrais les fesses de cette star très connue, la bouche de cette autre star très connue, les seins de cette autre grande star renommée et me faire greffer le cerveau de cette grande littéraire dont j’ai oublié le nom...Et vous trouvez des bricoleurs, des optionneurs, enfin, des chirurgiens, je n’ose le croire, qui se lancent dans les opérations...Hé, j’échangerais bien mon molet gauche contre un nez aquilin...Vous n’allez pas me croire, mais mon dentiste est en fait...un plombier !

          BEURRRK...au secours, docteur, je préfèrerais être sourd que de voir ça. BEURRRKKK !


          • Forest Ent Forest Ent 11 juin 2008 11:22

            Très bon article sur un sujet important. Il est intéressant de se demander ce que serait le comportement d’un oligopole de prestations hospitalières.


            • manu_d_aveyron manu_d_aveyron 11 juin 2008 11:53

              Bonjour, c’est bien beau le secteur lucratif en santé, mais qui paye en fin de compte.

              L’assurance maladie bénéficie d’un statut de droit privé, mais son budget lui est fourni par l’état à partir de nos diverses contributions directes et indirectes.

              Les cliniques peuvent donc être considérées comme des salariées de l’état via l’AM. Donc fonctionnaires.

              Si la santé est si lucrative, on se demande pourquoi le service public est si déficitaire ?!?

              La Réforme si réforme il devait y avoir, serait de payer la même base à tout le monde. Et là, je pense que les fonds de pension ne songeraient même pas à venir sur ce "marché", la santé n’étant pas une marchandise.

              Je rappelle que dans les tarifs des cliniques, on ne trouve pas les honoraires médicaux qui sont facturés et payés en sus du tarifs des séjours. Dans le public le tarif, c’est tout compris, d’où la différence lorsque l’on compare.

              La réponse à l’interrogation du titre de cet article est donc : NON

               

               


              • JPC45 11 juin 2008 12:25

                J’ai pas bien tout compris pourtant avec la T2A (pour MCO), public et privé touche la même chose (en fait, il me semble que le public touche plus durant une période transitoire) donc si le privé gagne plus avec le même financement, il faut se poser des question sur le public, non ?


              • Redj Redj 11 juin 2008 12:33

                Les cliniques peuvent donc être considérées comme des salariées de l’état via l’AM. Donc fonctionnaires.

                On peut même étendre l’idée aux médecins, qui ont un revenu presque garantie par l’assurance maladie...

                Si la santé est si lucrative, on se demande pourquoi le service public est si déficitaire ?! ?

                Elle n’est pas déficitaire, mais maintenue volontairement ainsi pour faire la belle part aux assurances privées d’ici très peu de temps...


              • JPC45 11 juin 2008 13:14

                la sécurité sociale n’est pas déficitaire... je ne sais pas si on doit rire ou non de tel propos.


              • manu_d_aveyron manu_d_aveyron 11 juin 2008 13:57

                @jp45

                Avec la T2A les séjours sont identiques, pas les tarifs puisque pour le "privé" le tarif ne comprend pas les honoraires médicaux. Donc les tarifs sont "plus faibles" pour les cliniques. Malgré cela elles gagnent de l’argent.(but lucratif)

                Pour les actes CCAM, le tarif est le même quelque soit le mode d’exercice du praticien.

                Est ce plus clair ?


              • manu_d_aveyron manu_d_aveyron 11 juin 2008 14:03

                Donc dans une clinique, le tarif du séjour sert à rémunerer la structure et les employés paramédicaux et administratifs, le médecin lui voyant ses consultations et ces actes retribués directement. Les médecins reversent une partie de ce pécule à la clinique pour avoir le droit d’y exercer, mais cela n’apparait pas dans les tarifs.

                Dans un établissement public le tarif du séjour rémunère la structure, les employés non médicaux et le salaire des médecins.


              • Redj Redj 11 juin 2008 17:34

                Vous pouvez rire tout ce que vous voulez, je maintiens que la sécurité sociale ne serait pas déficitaire si tout ce qui devrait lui être versé l’était, notamment et c’est le plus connu, ce que l’état lui doit.

                 


              • JPC45 11 juin 2008 17:52

                et l’état lui doit quoi ? il y a une dette de l’état vis à vis de la l’assurance maladie mais cette dette est intégrée ds ses comptes donc le jour au l’état remboursera cela ne changera rien au déficit.

                Alors soyez précis, je suis très interessé...


              • ZEN ZEN 11 juin 2008 14:21

                Merci pour cet article

                Continuez à nous tenir informés sur cette privatisation rampante.

                 

                L’hôpital public tué à petit feu par la privatisation :
                (Auteurs : André Grimaldi : Chef du service de diabétologie-métabolisme du groupe hospitalier de la Pitié-Salpêtrière (Paris) ; Thomas PAPO : Chef du service de médecine interne, coordinateur du pôle médecine de l’hôpital Bichat (Paris) ; Jean-Paul VERNANT : Chef de service d’hématologie, coordinateur du pôle d’onco-hématologie (Pitié-Salpêtrière).

                "..C’est sur ce fond de pénurie, au moins relative, qu’a lieu le débat récurrent sur le « trou de la Sécu ». Pour une part, il s’agit d’un faux débat car les comptes de la Sécurité sociale dépendent non seulement des sorties, mais aussi des rentrées financières. Or le déficit de la branche maladie – 6 milliards d’euros cette année – s’explique largement par le manque de recettes, le chômage entraînant une diminution de celles qui proviennent des cotisations sociales. Ce fait conduit à réfléchir à de nouvelles options moins aléatoires et moins inégalitaires. En effet, à chiffre d’affaires identique, les entreprises employant beaucoup de personnel sont pénalisées par rapport à celles qui en emploient peu. De plus, le gouvernement pratique largement les exonérations de cotisations patronales, sans rembourser intégralement à la Sécurité sociale les dettes induites.
                Enfin, de nombreux revenus échappent aux cotisations. Président de la Cour des comptes, M. Philippe Séguin a calculé que, si les stock-options étaient normalement assujetties aux cotisations sociales, elles fourniraient 3 milliards d’euros, soit la moitié du déficit de la branche maladie de la Sécurité sociale en 2007 [3]. En effet, le budget de cette dernière n’obéit pas aux lois du marché. Le déficit dépendant des dépenses mais aussi des rentrées, c’est-à-dire des moyens alloués par l’Etat, le budget résulte finalement d’une décision politique [4].

                La France dépense 11 % de son PIB pour la santé – un taux voisin de celui de l’Allemagne, du Canada et de la Suisse ; moins important que celui des Etats-Unis (16 %) ; plus que celui du Royaume-Uni (9 %). Il paraît réaliste de penser que la part de la production de richesse nationale consacrée à la santé devrait continuer à augmenter pour atteindre, en France, 15 % en 2025.

                Il s’agit là d’un choix de société. Les partisans du libéralisme n’ont d’ailleurs pas d’objection à cette augmentation de la part du PIB consacrée à ce secteur. Ce qu’ils contestent, c’est que ces sommes considérables échappent à la loi du profit. Il est de ce point de vue très frappant que les économistes et les politiques qui fustigent les gaspillages engendrés par les prescriptions inutiles ou les arrêts de travail abusifs n’aient rien à redire concernant trois secteurs de dépense importante.

                D’abord, le gaspillage de l’industrie pharmaceutique, qui consacre environ 25 % de son chiffre d’affaires au marketing, alors que le marché de la santé n’est pas un marché comme les autres : il est en grande partie socialisé, puisque largement financé par la Sécurité sociale..."

                Labos d’analyses. Les fonds de pension prêts à débarquer
                -Ethique et valeurs médicales dans un monde marchandisé


                • JPC45 11 juin 2008 15:28

                  Zen, la prochaine mettez des articles qui ne mélange pas tout et n’importe quoi car c’est vraiement du n’importe quoi ce lien mais restez cette théorie si cela vous convient.


                • ZEN ZEN 11 juin 2008 15:32

                  "mais restez cette théorie si cela vous convient." ????

                  "Marchandisation" : évoquée par l’auteur

                  Privatisation rampante...

                  Où est le hors-sujet ?


                • JPC45 11 juin 2008 15:52

                  Je réagissais sur l’article que vous avez copié collé pour partie...les fameux 4 milliards de stock option :est ce que ça serait pour la partie maladie ? non l’essentiel irait pour la branche retraite et de plus cela se traduit pas des droits supllémentaires pour ces personnes soumis aux charges sociales et donc à des dépenses futures : donc à part creuser le déficit futur ce n’est pas spécialement une bonne idée (surtout que ces personnes vivent plus lontemps que la moyenne) . Reste que l’on peut taxer spécifiquement les stocks options avec une contribution spécifiquement maladie et alors on ne sera pas à 4 milliards mais plutôt à qq centaine de millions d’euros (au mieux car les bénéfices sur les stocks option vont diminuer).

                  De plus sur le PIB, la aussi la mauvaise foi est de rigueur car ces chiffres traduissent aussi le gachi que peut faire une nation dans son système de santé.

                  Prenons par exemple la suède, de mémoire 8% du PIB pour la santé, et pourtant leur système n’est pas plus mauvais que le notre (voire meilleur...)

                  Pour l’hopital, il faudra redéfinir le rôle de l’hopital (comme en Suède d’ailleurs) et non pas allouer plus de moyen.


                • Marc P 11 juin 2008 14:35

                  Peut être Citoyen connaît il l’impact en terme de dépenses (AM ?, Ed Nat ?, universites ?)de la formation des internes et peut être d’autres professionnels laquelle se pratique essentiellement dans le public n’est ce pas ?

                  Les études médicales sont gratuite pour l’étudiant et parmi les plus couteuses pour la collectivité... toutefois il s’agit bien sûr d’un investissement qui fait ses preuves y compris lorsque l’ancien carabin exerce par la suite dans le privé...

                  Les comparaisons public, privé lucratif , privé participant au service public, à but non lucratif ne sont donc pas raison à mois de maîtriser tous les paramètres...

                  Oui le médecin génère en partie sa propre activité... oui la santé est traitée comme un bien marchand, sinon comment la souffrance devrait elle être rentable ????

                  Merci Citoyen.

                  Marc P

                   


                  • melanie 11 juin 2008 18:34

                    @ Actias

                     

                    Vous oubliez que souvent les générateurs de maladie sont les mêmes que les promoteurs de traitement :

                    Monsanto est producteur d’OGM et a racheté Pharmacia Upjohn laboratoire pharmaceutique, Aventis ex Rhone Poulenc Rorer produit Pesticides - reconnus comme promoteurs de cancers, reprotoxiques et mutagènes - et fait de la recherche sur le cancer , Bayer est un autre producteur de pesticides et laboratoire pharmaceutique, que les déchets pharmaceutiques que l’on retrouve dans l’eau - molécules issues de traitement de radiothérapie, de cancérologie, de traitements contraceptifs, d’antibiotiques résidus de traitements vétérinaires ne sont pas exempts d’effets non plus...

                    Où et comment produire le poison et son antidote.

                     


                  • JPC45 11 juin 2008 20:11

                    Melanie, pouvez vous me trouver des études qui prouvent que les OGM sont toxiques sur les hommes ?


                  • sisyphe sisyphe 15 juin 2008 20:51

                    le JPC 45, comme à son habitude, tente de voler au secours du privé, de la privatisation à tout prix et, du coup, pourquoi pas, aussi des OGM  ; donc, évidemment, pour la privatisation du vivant !!

                    Je serais curieux de savoir les raisons de cet acharnement en faveur des intérêts des financiers et, également des groupes agro-industriels semeurs de mort.

                    Un intérêt personnel ?

                    Eclairez nous donc, JPC 45......


                  • JPC45 16 juin 2008 05:42

                    A ma connaissance, il n’y a pas de preuve de la toxicité des OGM sur l’homme. Je demande de prouver ce qui est avancé. Point à la ligne. si il est mieux de croire sans creuser, libre à vous.

                    PS : c’est bien triste d’avoir une vision du monde si étroite o ud’un coté il y a des gentils qui ne sont pas manipulés et d’un autres les autres qui défendent leurs interets.


                  • citoyen citoyen 16 juin 2008 07:24

                    Bien que la question dont vous débattez s’éloigne quelque peu du sujet de l’article, je vous renvoie à une page du gouvernement candien, mais il en existe bien d’autres ... et ce n’est pas parce que scientifiquement la toxicité de certains organismes modifiés génétiquement n’a pas pu être prouvée à ce jour qu’elle n’existe pas. personnellement, je vous suis toujours dubitatif devant l’unanimisme de nos dirigeants pour affirmer qu’il n’y a pas de risques, regradez ce qui a pu se passer avec l’amiante, substance dont on connaissait pourtant la toxicité depuis longtemps et que l’on a continué à utiliser, à manipuler sans précaution particulière.

                    Alors,la santé n’"est peut-être pas un bien marchand, mais elle n’est pas tojours au centre des préoccupations de nos dirigeants.

                    regardez ce qui s’est passé récemment autour de cette boisson miraculeuse autorisée par nos autorités sanitaires, le Red Bull, dont un des composants, la Taurine n’est pas forcèment sans risque, mais là aussi faut-il avoir des preuves ... sans vous parler de l’importation prochain du poulet américain que l’on trempe dans du chlore au prétexte de la sécurité sanitaire ! son importation en Europe et en France est en fait l’objet d’un enjeu commercial : du " commissaire allemand Günter Verheugen entend éventuellement faire fi d’un avis négatif de l’EFSA et "arriver au prochain sommet entre l’UE et les USA avec la question réglée","

                     

                     


                  • JPC45 16 juin 2008 07:40

                    la toxicité n’ a pas été démontrée... c’st que je retiens de vos dire. Sur les OGM on entends tout et n’importe quoi.


                  • Christophe Christophe 11 juin 2008 16:37

                    @Citoyen,

                    Merci pour cette information.

                    Quant au titre, la question est assez pertinente.

                    Si le code de la déontologie médicale explicite clairement que la médecine n’est en aucun cas un commerce, les derniers réglements des institutions comme la CNAM ne laissent malheureusement souffrir aucun doute. Dès lors que ces réglements prennent à contre pied ou limitent certains articles du code de la déontologie médicale, la question n’a nulle besoin d’être posée ; nous allons gaiement vers une marchandisation de la médecine.


                    • ZEN ZEN 11 juin 2008 17:52

                      Du point de vue des Banques , des Assurances privées, notre santé est CAPITAL

                      Il y a de tels profits à faire...Mr Bébéar , entre autres, en est conscient...

                       

                      Nous vivons une époque formidable. Notre corps est devenu l’objet d’attentions multiples de la part d’intérêts qui nous dépassent , intérêts légitimes, dans le cadre de la santé publique, intérêts plus discutables de la part de ceux qui y voient une source de profits possibles :les firmes pharmaceutiques, les professionnels de la mise en forme et du culte du corps, les chirurgiens-plasticiens, les managers de sport de haut niveau et de la mode, les marchands de "compléments alimentaires", ,les assurances privées et surtout les banques, qui voudraient avoir le contrôle d’un secteur si juteux...Notre santé est donc bien UN capital...

                      Comment résister à cette dérive capitalistique , qui va exclure de certains soins les plus démunis (c’est déjà en bonne voie...) qui contribue aussi à façonner notre image du corps, nos normes esthétiques, notre estime de nous-mêmes, notre image du bonheur.. ?


                      Les associations de malades sont courtisées par les laboratoires

                      "...Depuis les lois de 2002 et 2004, les associations de malades ont continué de mener bataille : droit à l’assurance pour les personnes ayant un risque aggravé, franchises médicales, droit de masquage d’informations confidentielles dans le futur dossier médical personnel (DMP)..

                      Devenues une force majeure, elles ont aussi été courtisées par l’industrie pharmaceutique. Les plus grands laboratoires internationaux (Pfizer, GlaxoSmithKline, Eli-Lilly,...) ont recherché des partenariats et offert leur soutien à ces structures. Mais c’est le maintien de l’indépendance des associations à l’égard des intérêts privés ou institutionnels qui leur permettra de continuer à jouer le rôle indispensable qu’elles ont tenu ces dernières années."(P.Benkimoun)

                      Se former au profit de l’industrie pharmaceutique

                      Selon l’

                      IGAS

                      , les laboratoires déploient des moyens démesurés:3 milliards d’euros pour la promotion des médicaments (12% du chiffre d’affaires). Les 3/4 vont aux visites médicales (=25000euros par généraliste et par an.22702 visiteurs médicaux sur le terrain). Chaque médecin reçoit en moyenne 330 visites par an. Un tiers d’entre eux accueille plus de 7 visites par semaine d’une durée de 8 minutes environ. But : quadriller le territoire avec une stratégie promotionnelle, plus persuasive qu’informative...

                       

                      ----------------"Même le Sénat s’est inquiété de létat de dépendance de la médecine française face aux multinationales pharmaceutiques, qui ont tous les pouvoirs en France, sans aucun contrôle. Face à cette emprise tentaculaire, il y a des réactions qui méritent qu ’on en parle et qu’on les soutienne. Le mouvement

                      FORMINDEP

                      , lancé par des médecin,

                      pour que la médecine serve l’intérêt du patient, pas celui financier et commercial des laboratoires.

                      Leur site nous apprend beaucoup sur le retard français en matière de transparence médicale. Ils ont une CHARTE qui peut être signée par tout le monde "

                       

                      http://www.formindep.org/article.php3?id_article=6-1

                      La Charte du Formindep


                      • Jason Jason 11 juin 2008 21:27

                        Merci pour cet article qui est, on ne peut plus, tout à fait d’actualité. 

                        Je suis actuellement en traitement auprès d’une clinique d’un de ces grands groupes. L’établissement est très moderne, possède des chartes de qualité, des praticiens titrés et médaillés, connaît un classement tout à fait honorable au niveau national, mais il manque quelque chose d’essentiel. Si la coordination des soins existe bien d’un médecin à l’autre, la prise en main du projet médical de lutte contre la maladie laisse, elle, beaucoup à désirer.

                        Les rendez-vous sont si espacés, les délais d’attente si consternants, que l’on se demande quelle est l’attention portée par ces professionnels au temps d’attente (et d’anxiété générée par une maladie grave) subi de la part du patient... Qui patiente et attend que les manques de capacité d’accueil de ladite clinique se résolvent à ses frais en termes de questions et stress. Le droit de savoir, cet élément éthique essentiel lors d’une découverte d’une pathologie, est bafoué. Dans mon cas, afin d’avoir le diagnostic final d’une maladie grave, il me faudra attendre pas moins d’une centaine de jours. EDIFIANT !

                        En d’autres temps il n’aurait fallu attendre pas plus d’une quinzaine de jours. Cette belle privatisation semble ignorer la gestion de son propre temps par le patient. Il n’y a eu (et il n’y a dans mon cas) pas de "chef de projet" chargé de gérer dans la durée le temps d’attente du client/patient.

                        Question : quel est le retour sur investissement pour les actionnaires ? Attendent-ils cent jours pour encaisser leurs dividendes ? Sûrement pas ! La machine tourne, le fric tombe, quant au reste, on a simplement "oublié... En jeu, le temps pour les financiers, et le temps du patient. Le pot de terre contre le pot de fer.

                        Cordialement.

                         


                        • citoyen citoyen 11 juin 2008 21:56

                          Très cher Jason, pour être tout à fait honnête ce que vous énoncez est malheureusement aussi le cas des hôpitaux publics, où l’on constate trop souvent que le patient n’est pas au centre du dispositif de prise en charge et au contraire est traité comme un sujet sans droit. De ce point de vue, le secteur public et le secteur privé se ressemble. Cela est lié au rapport que nous avons à la santé (nous sommes en position fragile) et la médecine (on nous fait comprendre que nous n’y connaissons rien) Il nous reste plus qu’à exiger ce que nous sommes en droit de demander, cela passe par un renforcement des droits du patients (qualité, information)


                        • citoyen citoyen 14 juin 2008 10:51

                          Je remercie les personnes qui ont bien voulu lire cet article, et prendre la peine de le commenter ou de poser des questions. Il me faudra y répondre mais celles-ci touchent à des champs si vastes qu’il n’est pas possible de le faire ici simplement, mais au fil du temps dans d’autres articles. En attendant, voici un petit extrait qu’un article du quotidien du médecin reproduit sur le blog d’un psychiatre, COLBLOG :

                          " Les ventes des cliniques s’accélèrent depuis plusieurs mois (bsip)CHAQUE JOUR ou presque, la presse régionale se fait l’écho de rachats de cliniques par des holdings financières. En 18 mois, le groupe Vitalia, financé par le fonds américain Blackstone, a racheté 49 cliniques et s’est hissé à la deuxième place. Ses concurrents Médi-partenaires et Capio, de même, font leur marché à la vitesse de l’éclair. Avec d’énormes chèques : plusieurs millions, voire dizaines de millions d’euros, pour des cliniques qui étaient rachetées 1 euro symbolique il y a cinq ans de cela.

                          Les médecins ne peuvent s’aligner, pas plus que les groupes de cliniques régionaux. Même Générale de Santé (15 % des parts de marché) est quelque peu déstabilisée et s’interroge. Le numéro un de l’hospitalisation privée a stoppé sa croissance externe. Une aubaine pour les groupes émergents comme Vitalia, qui disposent d’un boulevard pour se développer. Depuis deux ans, la carte hospitalière française s’en trouve bouleversée. Les regroupements de cliniques ne datent pas d’hier, mais Générale de Santé, un temps critiquée, a su convaincre grâce à son projet médical. Cette deuxième vague pose question : le passage d’une logique d’entreprise à une logique financière, dans le domaine de la santé, est-il éthique ? Gérard Larcher, le premier, s’interroge ouvertement : « Que se passera-t-il si ces fonds, en situation de monopole dans certaines régions, décident de revendre toutes leurs cliniques dans trois ou quatre ans ? » Le sénateur promet une ébauche de réponse au printemps, dans le rapport qu’il remettra à Nicolas Sarkozy sur l’hospitalisation.

                          Les intentions des actionnaires. Etonnement du président de Vitalia, Christian Le Dorze, qui balaye la critique d’un revers de main : « Il n’y a pas de bulle spéculative autour de la santé. » Quand le fonds américain Blackstone – détenu à hauteur de 10 % par l’Etat chinois – revendra-t-il Vitalia ? Mystère. « Vitalia vivra au-delà de cinq ans », assure néanmoins le Dr Le Dorze.

                          Même son de cloche du côté de Capio, numéro trois du secteur, aux mains de trois fonds d’investissement européens. Son président, le Dr Marc Attia, avoue : « Je ne sais pas les intentions claires de mes actionnaires pour l’avenir, mais je peux vous dire que leurs investissements les portent au-delà de cinq ans. » Le Dr Attia poursuit : « On est certain d’être revendu, même à bas prix. Le fonds prend le risque de perdre de l’argent, mais il trouvera toujours un racheteur. Donc, pour les établissements et l’offre de soins, cela ne change rien. »

                          Pour Christian Le Dorze, la France ne se pose pas les bonnes questions. « Il faut plutôt se demander pourquoi tant de cliniques changent de main, et pourquoi seuls des investisseurs étrangers les reprennent. » Un patron de clinique indépendante ose la réponse suivante : « La Sécu sous-finance le soin depuis des années. Les cliniques, mal en point, sont des proies faciles pour les capitaux étrangers. »

                          Un fin connaisseur du secteur ajoute : « Des banques françaises auraient aimé investir dans les cliniques, mais elles n’ont pas bénéficié du coup de pouce nécessaire. Il n’existe pas de volonté politique de maintenir ce secteur. C’est à se demander si l’arrivée des capitaux étrangers n’arrange pas l’Etat, pour qu’ils régulent l’offre et mettent les médecins libéraux au pas. L’Etat doit se réveiller et favoriser les investissements français. »"

                          Vous pouvez constater que nombre de question que vous vous poser ont déjà trouver réponse


                          • citoyen citoyen 17 juin 2008 07:44

                            En complément, et pour illustrer l’actualité de ma question, voici deux liens :

                            un article dans Challenges

                            un article dans Libération


                            • JPC45 17 juin 2008 12:22

                              Les professions libérales n’ont qu’un seul interet et c’est souvent le leur. Leur discour ne tient pas la route si on tient compte de l’explosion des dépassements effectués par les spécialistes et les généralistes. Et d’après vous qui paie ?

                              sur le second lien (Libération), le transfert de l’optique et du dentaire ne serait pas un grand changement car dans les fait la sécurité sociale intervient très peu en terme de remboursement de soin par rapport aux complémentaires santés. et au contraire, les professionnels de Santé préfère traiter avec la sécurité sociale plutôt qu’avec les complémentaires qui mettent en place des réseaux d’optiecien par exemple.


                            • JPC45 17 juin 2008 14:21

                              un lien de Libé justement sur les dépassements http://www.liberation.fr/actualite/societe/332652.FR.php

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