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La santé publique à l’usage des particuliers

La réticence des citoyens français à aller se faire vacciner contre le virus de la grippe A H1n1 en dit long sur le manque de confiance qui réside entre le gouvernement et le peuple. Autrement dit le principe de précaution et ses principaux bénéficiaires. Mais plus que cela, cette appréhension qui amène chacun à douter de l’intérêt d’une telle mesure, pourtant fortement préconisée au sommet de l’Etat démontre notre difficulté à nous engager dans une solidarité nationale. 

« Et vous, allez-vous vous faire vacciner contre la grippe » La question est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Et de répondre : « la traditionnelle oui mais la H1N1, certainement pas ». On peut entendre ce type de discussion dans différents lieux. Qu’il s’agisse du foyer familial, du poste de travail ou à plus forte raison, dans les espaces publics. Chacun se pose cette interrogation. Et paradoxalement le sujet demeure tabou.
 
Parce qu’elle est vitale, la santé est une dimension essentielle de l’existence. Chacun fait en sorte au quotidien de prendre soin de lui. A tel point que la santé, n’est ce pas le premier vœu que l’on se souhaite, suivant la tradition, au commencement d’une nouvelle année. Et quand on voit ce que sont prêts à faire bon nombre de gens pour vivre toujours plus vieux, il est étonnant d’observer les dimensions parfois extrêmes que les soins peuvent prendre.
 
C’est aussi pour cette raison que la santé est un enjeu majeur des politiques publiques. Car l’Etat se doit de garantir la protection de ses citoyens et ne peut déroger à ce principe non seulement républicain mais constitutionnel. C’est dans ce seul but qu’est aujourd’hui proposée la vaccination. Lequel ? Celui d’offrir à la population les meilleures conditions de résistance à une pandémie. Pourtant, quoiqu’on nous dise et quoiqu’on en pense, force est de constater que la fréquentation des lieux de vaccination collective est loin d’atteindre les prévisions néanmoins souhaitables pour permettre une sécurité sanitaire sur le plan national. Et ce, malgré toute la communication orchestrée par un gouvernement à pieds d’œuvre sur ce sujet. Roselyne BACHELOT a même donnée de sa personne en se faisant vacciner à la vue de tous ses administrés.
 
Il existe donc une ostensible appréhension. Sans nul doute relayée par bon nombre de groupes de pressions anti vaccinations mais pas seulement. Ne soyons pas dupes. La peur des mesures sanitaires proposées dépasse la peur même du virus. Les conséquences mal maîtrisées d’un vaccin nouveau ont eu tôt fait de conditionner la population dans la peur. Jusqu’aux plus vulnérables d’entre nous. Sans doute peut-on expliquer cette peur avec les histoires anciennes mais néanmoins ancrées dans nos mémoires, du sang contaminé. Ou encore les effets indésirables que le vaccin est susceptible de provoquer. Enfin, les adjuvants qu’on trouve dans certains. Et même les décès des suites du virus n’ont pas eu raison de ces mesures de prévention.
 
« Ces peurs qui nous gouvernent » titrait l’un de ses ouvrages Martin Hirsch dans le début des années 2000. Il y explore les menaces réelles et les peurs imaginaires et décrypte le sens de ces crises qui ont défrayé la chronique : embargo sur le boeuf britannique, farines animales, cantines scolaires, OGM, listériose, sel… Et aujourd’hui pourrait-on dire même les vaccins sensés soigner font peur.
Liberté individuelle diront certains. Irresponsabilité collective rétorquent les autres. Toujours est-il que pendant que chacun brandit ses arguments, le virus quant à lui fait son oeuvre.
 
Comment se faire une idée juste et rationnelle ?
 
Ce n’est plus le virus en lui-même qui inquiète, ni même une possible immobilisation du pays mais la mesure gouvernemental à travers l’administration du vaccin. Deux types d’acteurs sont concernés : les professionnels de santé et les citoyens. Chacun en appel à ses responsabilités. Les professionnels selon leur déontologie et les citoyens à partir de leur éthique, le cas échéant leur morale mais cela comporte un risque, celui du diktat de certaines confessions. Vu sous cet angle, il semble difficilement justifiable que certains médecins laissent entendre qu’ils ne se vaccineront pas à titre personnel. En laissant passer cette information auprès de leurs patients, ils ne sont plus dans leur rôle et adoptent un positionnement pour le moins critiquable. D’autant que la plupart du temps, en tant que médecins de famille, leur parole a la faveur de leur patient.
 
Pour ce qui est des citoyens, le positionnement est assurément plus souple. Mais comment réagir individuellement lorsqu’il s’agit de solidarité ? Chacun de nous n’a de cesse d’évoluer dans des sphères publiques où il croise des tas d’individus. Leur sort leur serait-il si égal ? Attendons de voir comment la situation va évoluer. Mais si la pandémie venait à s’accélérer, il n’est pas dit qu’un mouvement de panique surgisse et amène la population aujourd’hui réticente à solliciter le vaccin en urgence.
 
 

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