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Accueil du site > Actualités > Santé > Le bitume tue-t-il des ouvriers du BTP ?

Le bitume tue-t-il des ouvriers du BTP ?

Les ouvriers des travaux routiers peuvent être exposés, par inhalation, ou contact cutané, aux fumées nocives du bitume, d’autant plus importantes que leur température est élevée. Un procès intenté par la famille d’un ouvrier du bitume, mort en 2008 d’un cancer de la peau, pour “faute inexcusable” de son employeur (Eurovia, filiale du groupe Vinci), s’est ouvert lundi à Bourg-en-Bresse.

Quelque 3 millions de tonnes de bitume chaud sont répandues chaque année sur les routes de France par les ouvriers chargés des travaux de revêtement de chaussée ou de construction. Ces bitumes, résidus de distillation du pétrole, contiennent des substances toxiques, en particulier des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), dont certains sont cancérogènes”, selon un point de l’Institut National de Recherche et de Sécurité (Inrs).

En France, 4.200 salariés sont directement exposés, sur une durée évaluée à 1000 heures par an, aux fumées de bitume, notait l’Inrs dans ce point datant de 2003.
Les fumées de bitume peuvent provoquer des irritations des yeux et de la gorge, des nausées… Des atteintes respiratoires (bronchite, emphysème, asthme) sont également mentionnées.

Les HAP, principale source de toxicité chronique des fumées, pénètrent dans le corps à travers la peau (y compris à partir de vêtements imprégnés) et par voie respiratoire.

La co-exposition à ces fumées et aux ultraviolets, de même que la projection sur la peau de certains bitumes riches en HAP, peuvent être à l’origine de brûlures phototoxiques. Les HAP peuvent être par la suite à l’origine d’une cancérisation des zones brûlées, relève une documentation du Cisme (centre interservice de médecine du travail fondé en 1942).

Selon la CPAM, “de nombreux pays européens reconnaissent le cancer de la peau suite à l’utilisation du bitume comme une maladie professionnelle”.

Divers composants peuvent être retrouvés dans les bitumes comme l’amiante qui peut encore être à l’origine de l’exposition lors de l’enlèvement d’anciens revêtements, relève le Cisme.

Les liens entre cancers du poumon et bitumes n’ont pu être établis en raison de l’exposition possible à d’autres agents cancérogènes (goudron de houille, amiante…), selon l’Inrs, mais des études sont en cours.

Malgré la colère grandissante des syndicats, les industriels du secteur nient toute implication du bitume dans la surmortalité des ouvriers de la route. Les statistiques sont en fait difficiles à établir, soulignait déjà Henri Pezerat, “en raison de l’action négative des employeurs qui bloquent tout accès des chercheurs aux données médicales concernant en particulier les travailleurs chargés de l’épandage du bitume lors des travaux routiers”. D’autant plus que la plupart sont des immigrés résidant en France quelques années avant de rentrer dans leur pays d’origine, où ils sont isolés.

L’avocat lyonnais de la famille Serrano Andrade en est d’autant plus convaincu que le comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles de la CPAM a retenu “un lien direct entre la maladie et l’activité professionnelle” du salarié, pris en charge au titre d’une maladie professionnelle.

Si le lien était avéré, un scandale pourrait éclater et faire très mal aux mastodontes du BTP qui construisent et qui ont construit les routes du monde entier. Un scandale comparable à celui de l’amiante. Une vague de procès d’indemnisations pourrait s’ouvrir et pourrait couter des milliards aux multinationales des travaux publics.

D’autre part, le principe de précaution peut prévaloir dans ce cas, qui peut prouver que les fumées toxiques de bitume ne provoquent pas de cancer ? Pourquoi aucune donnée médicale n’est publiée sur la santé des ouvriers qui construisent les routes ?

Les multinationales du BTP semblent préférer la loi du silence à la transparence. S’oriente-t-on vers un scandale sanitaire du bitume qui pourrait rappeler celui de l’amiante ?
 

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9 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 2 juin 2010 11:28

    nan.......
    c’est la faute du tabac
    on peut aussi ajouter les fumees d’echapement


    • kitamissa kitamissa 2 juin 2010 13:52

      et pourtant,ce cancer lié au goudron,il est connu depuis des lustres ...j’avais déjà lù un article là dessus fin des années 50 ( Selection du Reader Digest ) au sujet des cancers des ramoneurs et des goudronneurs,et des cancers professionnels en particulier...l’amiante y était également présente...les produits pétroliers également ..

      tous les résidus de combustion sont cancérigènes de toute façon .


      • slipenfer 2 juin 2010 14:44

        @ Kitamissa bonjour
        C ’est foufouille qui a raison : Lien
        bonjour la goudronneuse.


      • slipenfer 2 juin 2010 14:02

        @ l’auteur bonjour
        Bon article, mais manque un ou 2 liens pour soutenir vos affirmations.
        Vous pouvez aussi ajouter la pénibilité du travail (étalage a la pelle de l ’enrobé)
        dans ce cas-là tu respires comme un coureur et l’ été c’est le top (torse nu)

         MORITURI TE SAULTANT

        le coin détente : Avant : Lien Après : Lien


        • LE CHAT LE CHAT 2 juin 2010 14:12

          salut les amis , je ne peux pas résister à vous proposer un goudronnage à la russe ! smiley


          • jcbouthemy jcbouthemy 2 juin 2010 15:30

            Ce qui m’a toujours étonné ce sont les précautions qui étaient exigées pour tous ceux qui ramassaient le pétrole échoué sur les plages alors qu’il ne dégageait que très peu de vapeurs par rapport aux conditions de travail auxquelles sont exposés tous les salariés sui épandent le bitume brulant.

            Selon que vous serez du coté du manche.. !!.

            bouthemy


            • Ronald Thatcher rienafoutiste 2 juin 2010 16:32

              ...et les étancheurs couvreurs de toits de bâtiments industriels et leurs rouleaux sandwitch avec plastique alu et goudron à brûler au chalumeau...


              • Yohan Yohan 2 juin 2010 16:53

                Les conditions de travail des ouvriers du bitume sont une des plus dures du BTP, en raison de la conjonction des facteurs de nocivité et de pénibilité (inhalations de fumées toxiques, chaleur excessive, exposition aux UV ...). Ils n’en crèvent que plus vite aussi. Les salariés ont commencé à se poser des questions à l’occasion de la marée noire, voyant les uniformes des personnes chargées du nettoyage. Eux ce qu’ils voient maintenant, c’est la surmortalité des cancers de la gorge chez leurs copains. Comme souvent dans ces professions, les jeunes prennent la chose à la légère, fiers qu’ils sont d’être des ouvriers « immortels » par fatalité
                Un des métiers à prendre en compte sur la question de la pénibilité pour la réforme des retraites. Vu les risques, s’ils veulent avoir une retraite en vie, il faudrait les faire sortir à 45 ans comme les militaires.
                La tête du patron minimisant la nocivité du goudron est un must d’hypocrisie
                Voir en savoir plus voir le film de jean luc Cohen (prémonitoire) 


                • Olivier Martinelli 3 juin 2010 13:50

                  Oui le bitume est cancérigène, j’en suis sûr. Il n’y a qu’à faire une étude sur les employés de la DDE qui ont travaillé 30 ans dans le béton. Olivier Martinelli

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