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Accueil du site > Actualités > Santé > Le coeur artificiel entre en bourse !

Le coeur artificiel entre en bourse !

BFM - Good morning business 7h40 : LE COEUR ARTIFICIEL ENTRE EN BOURSE
Le Dr Philippe Pouletty, Directeur Général de Truffle Capital et membre du Conseil d’administration de Carmat était interviewé ce matin sur BFM, la radio de l’éco, par Stéphane Soumier, dans l’émission « Good morning business ». Pour Stéphane Soumier, il s’agit d’une véritable révolution ! L’industrialisation des organes artificiels va venir remplacer la transplantation. « Il y aura du boulot pour nous convaincre ! », lance-t-il au Dr. Philippe Pouletty, de la société Carmat, une PME française (Levallois-Perret), qui fabrique ce coeur artificiel. Cette société entre en bourse aujourd’hui, afin de financer la phase d’essais cliniques visant à évaluer le coeur chez l’homme. Cette phase d’essais cliniques doit démarrer prochainement, suite à la levée des fonds qui seront obtenus avec l’entrée en bourse. La fabrication de ce coeur artificiel devrait démarrer en 2012.

Truffle capital est une société spécialisée dans l’investissement dans les biotechnologies. Son Directeur Général, le Dr. Philippe Pouletty, est un vétéran de l’investissement dans les biotechnologies, qu’il pratique depuis 1989, date à laquelle il démarra cette activité en Californie.

Ce coeur artificiel, raison d’être de la PME française Carmat, est à l’origine d’une coopération entre le Pr. Alain Carpentier et le groupe Lagardère (lire).

Le cœur artificiel du Pr. Alain Carpentier n’est pas à confondre avec l’assistance ventriculaire ou l’assistance circulatoire. De même, à la différence des cœurs artificiels actuels, il ne sera plus question de se promener branché en permanence à une console extérieure. Non, la batterie sera à l’intérieur même de ce cœur artificiel, alimenté par des recharges extérieures, en attendant une transplantation cardiaque.

Présenté à la presse fin octobre 2008, le coeur artificiel est une petite coque ovoïde de matière synthétique blanche, truffée d’électronique et de biomatériaux, qui palpite au rythme de 90 pulsations par minute, 24 heures sur 24. Il aura fallu 20 ans au Professeur Carpentier pour mettre en place un premier prototype. Si l’assistance circulatoire est déjà au point pour répondre à de nombreux cas d’insuffisance cardiaque, aidant ainsi le coeur de nombreux patients à récupérer, leur évitant la transplantation cardiaque, le coeur artificiel du Pr. Alain Carpentier est un projet sur le moyen terme. De nombreuses étapes doivent encore être franchies.

Pour suivre toutes les étapes du développement de ce coeur artificiel :

==> http://canalacademie.com

Revenons à cette interview du patron de Truffle Capital par Stéphane Soumier, sur BFM.

Le coeur artificiel de Carmat coûterait 100.000 EUR pièce. L’entrée en bourse marque une étape importante, puisque pour la première fois dans l’histoire de la médecine, une logique industrielle pour un organe artificiel humain est mise en place, visant à se substituer à une médecine de remplacement (les transplantations d’organes) qui, elle, ne peut pas être industrialisée. Plus de 300 greffes du coeur sont réalisées en France chaque année, et le problème de pénurie de coeurs à greffer subsiste. Il y a des dizaines de milliers de malades en insuffisance cardiaque terminale, des gens qui s’écroulent dans la rue suite à un infarctus massif. La transplantation cardiaque ne peut répondre à tous ces problèmes, à toutes ces demandes. Stéphane Soumier voit dans cette avancée médicale un enjeu humain très fort : on passerait ainsi de la logique de la santé à celle du business ! Le Dr. Pouletty a rappelé que c’est dans le "medical device" que le taux de croissance des entreprises est le plus significatif. Le coût de la transplantation cardiaque est aussi très élevé, mais on peut raisonnablement penser que le coût d’un coeur artificiel reste, pour l’heure, bien plus élevé que le coût d’une transplantation. D’après le Dr. Pouletty, cet obstacle financier majeur pourrait être surmonté car le coeur artificiel ne sera bien sûr pas la solution pour tout un chacun. Reste à savoir si ce coeur artificiel fonctionnel aura réellement un coût comparable a celui d’une transplantation. L’assistance circulatoire mécanique présente une solution de bien moindre coût à l’heure actuelle. On peut se demander comment le coût d’un coeur artificiel pourrait rejoindre celui d’une assistance circulatoire mécanique permettant, elle aussi, d’éviter la transplantation cardiaque, tout en étant déjà opérationnelle, alors que le coeur artificiel n’est pas encore sur le marché, loin s’en faut.

Le Dr. Pouletty a souligné que le coeur artificiel pourra suivre le patient dans l’effort, car son débit peut atteindre 9 litres par minute.

Le coeur artificiel, le foie artificiel, le rein ou encore le pancréas artificiel : à terme, tout cela est donc envisageable. A quel prix ? Pour le Dr. Pouletty, il y a là une "très belle aventure médicale et industrielle", une odyssée moderne qui est "une question de technologie, de moyens financiers et de temps".

France Biotech
Dr. Pouletty et Stéphane Soumier : "A-t-on assez de courage en France pour financer de tels outils ? Comment maintenir la longueur d’avance que nous avons actuellement ? Des concurrents existent, mais "pour l’instant, les équipes étrangères se heurtent à un problème de taille : la formation de caillots dans le sang. En effet, le sang, à la rencontre d’un corps étranger, coagule. Une difficulté résolue par l’équipe d’Alain Carpentier." Oseo a donné un grand "coup de pouce" financier à Carmat. Maintenant, il appartient "au public, aux fonds capital-risque et à l’épargne d’accompagner cette aventure du coeur artificiel."

La chirurgie par le trou de la serrure ("keyhole surgery") :
On se rappelle l’aventure de la chirurgie assistée par ordinateur avec le système de chirurgie da Vinci TM, qui a vu le jour en Californie, dans les années 2000, avec la société Intuitive Surgical Inc., développant, fabriquant et commercialisant ces systèmes ... à plus d’ 1 million d’Euros pièce ! Le coût élevé de ce système de chirurgie assistée par ordinateur, permettant les pontages coronariens simples "à coeur battant" (en chirurgie mini invasive, sans ouverture du thorax), mais aussi et surtout les opérations de la prostate (prostatectomie) par de simples petites ouvertures qui sont pratiquées pour laisser entrer les instruments (ce qui est toujours mieux qu’une grande cicatrice, surtout pour les suites post-opératoires) a freiné le développement de la chirurgie mini invasive en France, où il existe une bonne trentaine de systèmes da Vinci TM, mais ... guère plus. On imagine mal les hôpitaux financer un tel coût à large échelle ! Les malades devant subir une ablation de la prostate (prostatectomie) sont plus souvent opérés en coelioscopie qu’en chirurgie assistée par ordinateur. La "coelio" est également une forme de chirurgie mini invasive, bien moins coûteuse que la chirurgie assistée par ordinateur avec le système da Vinci TM de la société Intuitive Surgical, aujourd’hui seul acteur sur ce marché hyper spécialisé.

Souhaitons meilleure fortune au coeur artificiel du Pr. Alain Carpentier, mais rappelons-nous qu’en 2000, on prédisait la présence d’un système de chirurgie assistée par ordinateur da Vinci TM dans chaque hôpital ou chaque clinique (ou presque) : pour la chirurgie cardiaque, digestive, urologique, pédiatrique. Aujourd’hui, c’est encore loin d’être le cas, pour des raisons financières avant tout. Le coeur artificiel du Pr. Alain Carpentier, face à la concurrence de l’assistance circulatoire mécanique, sous forme d’une pompe directement implantée dans le coeur, de la taille d’un stylo, pourrait bien se retrouver dans une position semblable à celle du système de chirurgie assistée par ordinateur da Vinci TM face à son principal concurrent, la chirurgie coelioscopique, bien plus répandue car bien moins chère, et apportant, pour certains organes comme la prostate, des résultats post-opératoires quasi similaires ... 


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1 réactions à cet article    


  • ddacoudre ddacoudre 17 mars 2010 21:57

    bonjour Catherine

    je n’ai jamais pensé que la santé puisse être une source de business, au peuple à lui fournir les moyens d’existence, ou alors de succomber à n’être qu’une marchandise.

    cordialement.

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