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Accueil du site > Actualités > Santé > Le crabe aux pinces d’or

Le crabe aux pinces d’or

L’écume des jours, aussi appelée actualité, a ceci d’intéressant qu’il permet parfois, au-delà du bruit et de la fureur, de tenter de distinguer l’arbre de la forêt. La mort du chanteur-humoriste Carlos en est l’occasion. Le cancer tue en France 150 000 personnes chaque année et l’on diagnostique 278 000 nouveaux cas. Dans l’indifférence quasi-générale des politiques publiques, qui laissent le sujet aux douleurs individuelles et à la sphère privée. Maladie recensée et « décodée » depuis plus de cent ans, on ne sait globalement toujours pas la guérir et son taux d’incidence augmente. Elle est aujourd’hui le nouveau « fatum », fait partie des « choses de la vie » décrites par Paul Guimard, ces banalités tragiques qu’on évacue d’un haussement d’épaule, comme jadis les accidents de la route dans les années 70-80. Le parallèle n’est pas fortuit : la mortalité routière, en baisse constante depuis trente ans, ne tue « que » 4 800 personnes par an (contre 16 500 en 1972), et on ne parle pourtant que de cela, saturant les médias, générant des politiques publiques contraignantes sans précédent. N’y a-t-il pas là comme un problème, Docteur ? Petite ordonnance de rappel pour ceux qui, à trop regarder leur petit doigt, en arriveraient à oublier la lune.

L’hécatombe :

Raymond Forni balayé en une semaine, Carlos en trois mois. Elie Kakou mort à 39 ans, Pierre Desproges à 48. Et Serrault, Noiret, Alex Métayer, Pierre Bachelet, tant d’autres. Effroyable cortège d’ombres, qui ne sortent à la lumière des spots que lorsqu’ils sont connus et reconnus. Faucheuse en pleine forme, qui n’attend même pas la saison des foins.

Pour les autres, les anonymes dont la liste ferait figure d’annuaire téléphonique, c’est un simple coup de fil qui l’annonce, les amis qui parlent soudain plus bas, les bonnets, casquettes et autres perruques qui tentent de masquer l’évidence.

Qui n’a pas accompagné un proche, ami, parent, dans ces cimetières ou ces crématoriums où, comme disait Brel, "il n’y a même pas de vent pour agiter les fleurs" ?

Qui n’a pas, le soir après le travail, gagné une de ces chambres à la veilleuse bleutée, dans le bip-bip des scopes, la forêt de potences où pendent les perfusions, pour finalement se taire, pour éviter de dire une connerie. Ou simplement tenir une main. Car dans ces cas-là, il n’y plus guère que cela que l’on puisse faire sans se tromper.

Quel Parisien n’y a pas pensé, dans la longue procession des bouchons de l’autoroute du Sud, en passant devant les lumières du grand vaisseau de Villejuif ? A qui le tour ? Pour qui sonne le glas ?

Le cancer, donc.

146 705 morts en France pour 1997 (dernières statistiques connues, c’est dire si nous sommes performants, même pour les statistiques). En 2000, évaluation de 278 000 nouveaux malades et 150 000 morts, prévisions d’accroissement à 1,5 % l’an pour les prochaines décennies. En passe de devenir la première cause de mortalité en France, devant les maladies cardiovasculaires et, naturellement, devant tous autres types de maladies et d’accidents divers.

52 % de taux moyen de survie à 5 ans, mais seulement 5 % pour le cancer du pancréas, 7 % pour le foie, 13 % pour le poumon.

Je continue ? Non, ça ira, Wiklipedia et d’autres pourvoiront aux interrogations annexes du lecteur.

L’impuissance et l’arrogance médicale :

Maladie existant probablement depuis plusieurs siècles sans être nommée, le cancer est découvert, identifié et son processus de prolifération cellulaire anarchique décodé depuis plus de 100 ans.

Aucune maladie aussi ancienne ne connaît un tel rythme de propagation, aucune n’a autant nargué chercheurs et doctes professeurs agrégés de notre Faculté.

Aucune ne nous fait autant douter des facultés de ladite Faculté.

Au XXIe siècle, à l’heure du "high-tech pour tous", force est de constater que hormis des avancées d’imagerie médicale assurant un début de dépistage précoce, et quelques progrès en matière de traitement de la douleur et de soins palliatifs, on ne sait toujours que dire des évidences de café du commerce : "ne fumez pas, ne buvez pas".

Certes. Mais encore ? "C’est un peu court, jeune homme", dirait un jury d’agrégation.

Car tabac/alcool ne représentent que 30 % de l’étiologie des cancers. A contrario, cela veut dire que pour les 70 autres pour cent, on n’en connaît pas la cause.

Alors, que dit-on au gamin de 8 ans leucémique ? Qu’il a trop fumé, trop bu ?

Que dit-on à Richard Burns, ex-champion de monde des Rallyes, 32 ans, forme athlétique, qui part en 6 mois d’une tumeur au cerveau ? Trop de Whisky ? Trop de Gitanes ?

Certes, la bête est maligne, mais tout de même... Nous prendrait-on pour des sots ? Bref, ces résultats devraient inciter à la modestie.

Or ce n’est pas vraiment ce que l’on voit aux lucarnes télévisuelles. C’est à qui s’auto-congratule sur des essais prometteurs sur les rats (dont on n’entendra plus parler), à qui annonce des progrès majeurs lors d’exotiques congrès coûteux, à qui y va de sa communication. Lesquelles, comme les patients, ne passeront pas l’année.

Pierre Desproges, avant de mourir, avait eu le temps de régler ses comptes avec l’une des figures les plus emblématiques de ces blouses blanches (elle-même rattrapée par le fléau qu’elle tentait de combattre).

Concédons cependant que ces fanfaronnades sont en recul depuis peu, l’avancée de la maladie étant telle (y compris à l’échelle mondiale, cf. le dernier congrès de l’OMS à Pékin) que l’heure est à la discrétion, faute de mieux.

L’irrationalité des politiques publiques  :

Malgré son impact éloquent sur la mortalité en France, le cancer a toujours souffert, face à la lutte contre d’autres fléaux, d’une politique de "silence assourdissant". La question est renvoyée à une juxtaposition de drames humains isolés, ne sortant de l’ombre que brièvement, via la mort d’un "people". Pas de Téléthon, juste des spots discrets demandant des aumônes. Seul Jacques Chirac avait "osé" parler d’un plan cancer comme priorité de son second mandat. On sait ce qu’il en est advenu.

En revanche, la mortalité routière, autre slogan quinquennal, eut droit aux honneurs, alors qu’elle produit 30 fois moins de victimes. Seul fléau à bénéficier d’une baisse constante depuis la fin des années 70 (de 16 500 morts en 1972 à 4 700 en 2007), malgré la multiplication des véhicules par 4 et du trafic par 6, il a pourtant concentré moyens humains et technologiques, matraquage médiatique, politiques répressives sans précédent.

Dans le même temps, 9 000 personnes (deux fois plus que la mortalité routière) meurent chaque année d’infections nosocomiales (maladies et infections opportunistes contractées à l’hôpital). Dans l’indifférence. Quelques articles, des procès, une augmentation des cotisations d’assurance des professionnels de santé. Mais globalement, ça va. Imaginez-vous un instant l’émeute s’il y avait 9 000 morts chaque année par "accident" dans les commissariats de police ?

Quand ce n’est pas un ex-président de l’ARC (Association de lutte contre le cancer) qui part avec la caisse des métastasés, comble de l’abjection...

Bref, la société et ses gouvernements ont des émotions sélectives, des priorités "à la mode", déconnectées de toute approche statistique de la démographie, et des causes de mortalité prématurée. On focalise sur des causes de décès à 5 000 morts/an, à l’ombre d’autres à 150 000.

C’est la sagesse chinoise à l’envers. Cette dernière édictait : "le sage montre la Lune, l’imbécile regarde le doigt". Ici, ce sont les sages (ou ceux qui en portent les habits), qui nous demandent de regarder notre petit doigt et d’oublier la Lune.

La morale de cour d’école :

Dans les lucarnes télévisuelles, on nous susurre les veilles de week-end, après avoir expédié l’hommage au dernier cancéreux du jour, que rouler à 140 au lieu de 130 sur autoroute est gravissime, et menace durement la démographie française. Heureusement, les gendarmes veillent dans leurs bolides tout neufs. Aussitôt après, on nous invite à consommer largement les surgelés conservés au E 412 et les yogourts parfumés au E 227. Sans oublier de visiter nos riantes contrées françaises que sont la vallée de la chimie à Feyzin (Rhône), le superbe bassin sidérurgique lorrain, sans oublier la pétrochimie de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) et ses torchères visibles par temps clair jusqu’à Lambaréné... On nous invite aussi à rouler en diesel puant au nom de l’écologie - tant pis pour les micro-particules - et à prendre un forfait nous permettant de rester encore plus longtemps le portable scotché à l’oreille.

Pendant ce temps, le crabe aux pinces d’or rigole bien. Il s’en fout. Il est comme le taxi dans les bouchons : le compteur tourne et il tourne pour lui.

Laissons l’épitaphe à Pierre Desproges, qui savait de quoi il parlait.

Brillant jusqu’au bout, il livre dans son dernier sketch (Textes de scène, Ed. du Seuil) son combat contre le crabe aux pinces d’or :

"Agacé par un point de côté, je vaticinais de stéthoscope ordinaire en radiologue coûteux. Ce n’était pas un point de côté, c’était un cancer de biais. Il y avait, sous-jacent à mon flanc, squattérisant mes bronches, comme un crabe affamé qui me broutait le poumon.

Le soir même, chez l’écailler du coin, j’ai bouffé un tourteau. Ca nous fait un partout."

Y aura-t-il bientôt assez d’écaillers pour apaiser notre faim de vengeance ?


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24 réactions à cet article    


  • jako jako 28 janvier 2008 12:24

    Oui rien à ajouter, ce qui me stupéfie le plus c’est le nombre de personnes qui disparaissent très rapidement de cette saloperie de maladie (parfois 15 jours) et il n’y a aucun examen du corps on ne sait jamais de quoi exactement cette personne est décédée et encore moins d’analyses sur l’origine possible de la maladie (plusieurs exemples de proches cette année)


    • SANDRO FERRETTI SANDRO 28 janvier 2008 13:55

      Sur les origines de la maladie, qui galoppe, on applique une sorte de "principe de précaution inversé", c’est à dire qu’on attend un recul de 30 ans pour dire "attention, cancérigène".

      Voir l’amiante, sur laquelle des doutes existaient dès le début 80, et qui ne mobilisa enfin les politiques publiques que peu avant 2000, le temps de voir (les etiologies cancérigènes mettant 20 à 30 ans à manifester leur effets).

      Résultat : des milliers de garagistes ont touché et respiré des poussières de plaquettes de frein amiantées avant que cela ne soit officiellement reconnu comme dangereux.

      Méme chose aujourd’hui avec les téléphones portables, les colorants, le Diesel : on dit "pas de preuve pour l’instant".

      Mais dans 20 ans, on dira sans doute : "évidement, que c’est cancérigène, mais on ne le savait pas avec certitude en 2005/ 2010".

      Toujours un train de retard.

      On autorise de nouveau produits, l’étude d’impact, on verra plus tard......


    • haddock 28 janvier 2008 12:34

      Bel artic , Sandro ,

       

      Saloperie que cette maladie .

       

      Néanmoins à consider que l’ espérance de vie n’ a jamais été aussi longue , mais dire cette phrase à un mec en phase terminale ...

       

       


      • SANDRO FERRETTI SANDRO 28 janvier 2008 12:40

        Bonjour Captain,

        C’est toujours un plaisir de vous lire, surtout depuis que "vous n’étes plus mort", selon la belle phrase que vous nous avez envoyé recemment.

        Pour tout dire, j’ai un peu écrit cet article en pensant à vous.( et à beaucoup trop d’autres, hélas).

        Que le Dieu Méta garde ses stases....


      • maxim maxim 28 janvier 2008 14:10

        à la mémoire d’un ami sportif ,Guy dont je tairai le nom,mais connu par tous dans la ville de Fontainebleau ..

        Cycliste ,comme moi,compagnon de route souvent ,pratiquant aussi l’athlétisme ,président d’un club de natation ,sportif depuis toujours ,ne buvant ni ne fumant jamais ,alimentation diététique ..

        et un soir m’ayant dit tout bas " j’ai attrapé une saloperie ,un cancer !...." ,j’ai essayé de lui dire que je connaissais une personne qui s’en était tirée ,mais je n’ai pas pu le convaincre ,il a essayé de continuer comme si de rien n’était ,mais la sale bête le bouffait ...

        je ne l’avais plus vu depuis un moment ,et la nouvelle est arrivée brutalement !!!

        je vais me recueillir sur sa tombe de temps en temps ,curieusement,elle est placée à côté du chemin qu’il empruntait pour aller courir ,seulement séparé par un mur ....

        quand je longe ce mur,je pense toujours à l’ami Guy qui dort derriére ,et qui ne verra plus les saisons s’ecouler ,comme lorsqu’il parcourait ce chemin pour sa passion.


        • Emmanuel W 28 janvier 2008 14:56

          Et oui. En France on fait du dépistage mais pas de prévention. Quid des agriculteurs, ouvriers du caoutchouc, industries chimiques, etc.... ?

          Où sont en France les stats par catégories socio-proffessionnelles ?

          Bizness oblige : revéler que une coiffeuse ou une opératrice dans l’industrie du médicament ou des colorants voit ses risques accrus de contracter un cancer du sein n’est pas bon pour la croissance, contrairement au cancer.


          • snoopy86 28 janvier 2008 15:01

            @ l’auteur

            Bel article

            @ Haddock

            Tiens-bon la barre capitaine


            • maxim maxim 28 janvier 2008 17:21

              c’est vrai que j’ai un peu les boules avec tout ce que j’ai pu respirer dans ma vie professionnelle ,aussi bien de l’amiante ciment en tuyaux ou en plaques qu’on découpait sur certains chantiers ..

              la fumée des engins de travaux publics quand on faisait la mise en route du matin ,les mains dans l’huile quand il faut faire les vidanges ,tripoter le gas oil quand on change un injecteur ,et l’utiliser pour nettoyer une pièce ,l’huile de levage plein les mains quand on change un flexible ...

              en chauffage,utiliser de l’amiante également,respirer les émanations quand on chauffe au chalumeau ou qu’on brase du cuivre ou des tubes d’acier doux .....

              respirer le bitume quand on en étale ,la poussiére du ciment en poudre ou du platre quand on verse pour délayer ......

              respirer les vapeurs quand on décape la peinture à chaud .....

              pour l’instant tout à l’air d’aller bien ,mais ça ne m’empêche pas d’y songer ......

               


              • SANDRO FERRETTI SANDRO 29 janvier 2008 10:27

                Merci à vous.

                Vous observerez cependant que le sujet, qui concerne pourtant l’ensemble des mortels, y compris ceux de ce site, fait nettement moins recette que les traditionnels Sarkotyques, Modemeries et autres bravitudes...ou évaporation de la rente Pinay et sa version moderne des traders...

                Il est vrai que Villejuif, cela ne préte ni à rire, ni à troller.

                C’est sans doute cela.


              • cza93 cza93 6 février 2008 16:00

                Superbe article Sandro !

                Oui, c’est amusant je me suis faite la même réflexion que vous : on beaucoup plus lu quand on écrit des conneries sur Sarko et son cirque, même si le papier n’apporte rien de plus que la lecture de la presse classique ...

                Par contre, si nous recevons beaucoup moins de commentaires, ils sont généralement tous pertinents et apportent quelque chose au débat. Et finalement c’est ça l’intérêt !

                J’avoue ne pas me plaindre que mon article sur "la guerre contre le cancer" n’aie pas été lu par Calmos ou Lerma !! smiley


              • SANDRO FERRETTI SANDRO 6 février 2008 16:11

                @ cza93 :

                Oui, ne pas parler de sarkotiques évite d’avoir Lerma pour ouvrir les commentaires.. De plus, c’est une machine automatique qui pond des commentaires au kilomètre à partir des mots clefs de son moteur de recherche.. En plus, une machine, ca n’attrappe pas le crabe, donc il s’en fout...

                La rouille, peut étre ?

                Pour ce qui est de L’enfoiré sur le suicide , il cite les chiffres Mondiaux (on reconnait bien là l’altruiste et sa vision du monde..)

                En France, c’est 12 000 morts /an .

                Et pendant ce temps, on nous traque à 98 au lieu de 90 sur la Nationale 7.. ( si vous voulez sourire un peu, et vous souvenir "du temps d’avant") voyez mon article de ce jour, sous rubrique "parodie".


              • ernst 29 janvier 2008 16:02

                Évidemment épidémie. Lente, mais d’avancée inéxorable. Virus, pour certains cancers, d’origine obscure pour d’autres. Tapant comme au hasard le nom de ses prochaines victimes.On voit des tas de cancers du poumon pour des gens qui n’ont jamais fumé dans un environnement non fumeur... Bref, en dépit des sommes énormes englouties dans une recherche mondiale, toujours rien, ou très peu pour enrayer le mouvement.

                Ou bien est-ce la ou les techniques de dépistages qui augmentent et s’affinent ?...Pesticides ?... mal-bouffe ?...hormones ?... antibiotiques ?...

                Quoi qu’il en soit, les clones en pièces détachées sont promis à un bel avenir. Ce qui n’est pas enthousiasmant non plus...


                • SANDRO FERRETTI SANDRO 29 janvier 2008 18:27

                  Oui, vous avez raison, il y a quelque chose qui tire vers l’indicible, derrière les fenètres de Gustave Roussy et de tant d’autres endroits similaires. Difficile d’en parler, sans doute plus facile d’écrire, méme si, comme disait Edmond Jabès , "seul un noyé saurait parler du fleuve".

                  Pour avoir pas mal fréquenté les morgues, je sais qu’il faut aimer la vie. Mais ce faisant, comme le compteur tourne mais qu’il n’y a pas de jauge, on ne sait pas combien il reste d’essence.

                  Alors on l’aime trop, la vie, ou on l’aime mal. Et ainsi, on va plus vite à la morgue. C’est un cercle....


                • JL JL 30 janvier 2008 14:29

                   

                  http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=34636&id_forum=1605211&var_mode=recalcul#commentaire1605211

                  Excellent article, très retenu, sur un sujet grave.

                  Dans leur ouvrage paru fin 2007, "La Société cancérigène" (éd. Point), les auteurs Geneviève Barbier, membre du syndicat de la médecine générale, et Armand Farrachi romancier et essayistes, sont très précis dans leur dénonciation de ce qui est devenu un véritable problème de société, plus grave en France que chez nos voisins, chiffres à l’appui.

                  Sous-titré "Lutte-t-on vraiment contre le cancer, on y lit 4ème de couverture  : "En sommes-nous au point où la lutte contre le cancer pourrait favoriser l’emprise du cancer ? … Ce livre dénonce avec éclat les intérêts de lobbies".

                  Citons au hasard : "La France est le deuxième utilisateur mondial de pesticides après les Etats-Unis, et premier au regard de sa superficie".

                  La "bible" pour la "Commission d’orientation sur le cancer" récapitule  : tabac+alcool+nutition+infections+causes naturelles = 92% des causes de décès par cancer. Les expositions professionnelles, pollution, produits industriels, pratiques médicales = 8%. A noter que la nutrition désigne ici les habitudes alimentaires.

                  Citons encore : "Le Tamoxiphène prescrit contre le cancer du sein est cancérigène pour l’utérus". Mais chacun est libre de ne pas y voir une cause de métastases. Et il serait de très mauvais goût de faire un parallèle entre la radiothérapie et une quelconque "homéopathie à dose massive" !

                  Le ministère de la Santé ignore ce que fait le ministère de l’agriculture, lequel se fiche des problèmes de santé. Plutôt que de copier coller un commentaire déjà fait, je préfère donner le lien à l’article qui mérite l’attention de tous ceux qui se sentent concernés par ses problèmes, c’est-à-dire tout le monde :

                   


                  • darthbob darthbob 30 janvier 2008 15:33

                    Merci à l’auteur pour cet article qui permet effectivement de remettre à jour des faits qu’on préfère se taire, pour éviter d’y penser...

                    Une conclusion de Desproges s’imposait, bravo !

                    pour faire de l’humour noir, je dirais que le crabe permettra en 2008 à 278 000 ex-biens portants de tester la responsabilisation par les franchises médicales !

                     

                     

                     

                     


                    • L'enfoiré L’enfoiré 1er février 2008 12:29

                      Salut Sandro,

                       J’arrive avec mes "pinces d’argent", même si je ne suis pas crabe. Si tu regardes la mortalité dans le monde http://fr.wikipedia.org/wiki/Taux_de_mortalit%C3%A9 tu vois les malaidies cardio-vasculaires sont bien plus "dispendieuses" (comme diraient nos amis canadiens). Les malaides infectieuses suivent. Les morts violentes ferment la marche. La sous-alimentation liée à la l’utilisation de l’eau

                       En France, oui, le cancer prend la bonne position sur le podium.

                       Pourquoi ? La médecine et les médicaments qui ont, même si ce n’est pas une science exacte, allongé le temps de parcours sur notre belle terre. L’obésité est dans les pays occidentaux une des causes et des risques.

                       Les suicides, par contre m’interpelle, plus avec seulement 2% de cause de décès. Je pensais qu’il y en avait plus. Car l’ambiance est à la morosité. Celui qui n’a pas les moyens financiers bavent sur ceux qui n’en ont pas. Les autres ne savent plus où donner de la tête dès qu’ils gravissent les premières marches de la hiérarchie. Ces deux extrêmes sont causes des suicides chez les jeunes et les moins jeunes.

                      Les pinces ne sont jamais d’or, mais d’argent.

                      Bon article. 

                       

                       


                      • cza93 cza93 6 février 2008 16:03

                        bonjour l’enfoiré !

                        vous êtes sur de ce chiffre de 2% de décès par suicide ? il me semblait que c’était beaucoup plus en France ... en tous cas c’est en augmentation, surtout chez les jeunes ...


                      • Georges Yang 1er février 2008 17:25

                         

                        Juste quelques commentaires concernant votre article :
                         
                        Concernant la chute de la mortalité sur la route. On veut nous faire croire que ce résultat est du à la répression, à l’alcootest, aux radars, au permis à point.
                        Cela n’est vrai qu’à environ 20% !
                        Le reste est le fait de :
                        - L’amélioration du réseau routier (rond points, éclairage, asphaltage de qualité etc.…)
                        - L’amélioration des secours (ambulance, hélicoptère, matériel de réa, informatisation des secours etc.…)
                        - Les progrès de la chirurgie des polytraumatisés, le matériel de réa, assistance respiratoire, cardiovasculaire etc.)
                        - Certains polytraumatisés comme les touristes étrangers rentre quelquefois chez eux avant de mourir alors qu’il y a30 ans ils mouraient chez nous
                        - Amélioration des véhicules, chassis, air bags, prime à la casse(intéret de relance de l’industrie automobile)
                         
                         Il faut aussi tenir compte du fait qu’on peut comptabiliser les morts soit immédiatement sur la route, soit après 24 h ou 7 jours ou 1 mois et cela peut faire varier le total d’un certain pourcentage
                        Enfin, on peut considérer non le nombre de morts mais celui des morts + les IPP à plus de 80% qui seraient décédés en 1972 et sont infirmes à vie aujourd’hui. En comptant tous ces facteurs, on peut extrapoler que la prévention répression, peur du gendarme a « sauvé » environ 2300 vies + ou 10%. Ce qui veut dire que sans les progrès cités, les chiffres de 1972 seraient en 2007 du niveau de 14000 et quelques !
                        La question se pose alors, doit on ou non emmerder les automobilistes pour un gain de 2300 vies dans un pays de 63 millions d’habitants ! Ce n’est pas à moi d’y répondre et en plus, je n’ai pas de véhicule ! Mais la réponse est avant tout fiscale
                         
                        Il en va de même pour le cancer, ou plutôt, les cancers qui sont tous très différents.
                        Prenons l’exemple du fameux nuage de Tchernobyl qui aurait entraîné une explosion des cancers de la thyroïde. D’abord, il y a plusieurs types de tumeurs de la thyroïde, certaines ne sont pas dues aux radiations. Ensuite, certaines tumeurs sont d’évolution très lente et on peut mourir d’autre chose avant. Et puis, le dépistage est nettement meilleur depuis 30ans, donc on en diagnostique plus.
                        C’est sans tenir compte de tous ces paramètres que certains veulent nous faire croire que la Corse est en train de crever à cause de cette pathologie d’après Tchernobyl. Je ne nie pas quelques cas, mais pas tous.
                        On veut faire peur et AUSSI toucher des indemnités !
                         
                        On meure avant tout des cancers parce que l’espérance de vie augmente en France. L’homme des cavernes et du Moyen-âge mourait d’un coup de massue, de faim ou d’une maladie infectieuse. Quant aux cancers des enfants, ils on toujours existés mais on n’en a fait le diagnostic que depuis le temps des autopsies et de l’anatomopathologie.
                         
                         
                        Quant à la lutte contre les cancers, elle est florissante, non par altruisme mais par simple rentabilité, les riches quand ils vieillissent on envie de survivre et ont les moyens de payer, eux ou leur sécu. Par contre, la recherche sur les maladies tropicales ne rapporte rien.
                        Et puis, s’il faut aussi admettre que la pollution industrielle a des effets sur la santé, c’est aussi le prix à payer pour vivre mieux qu’au Niger ou au Bengladesh.

                        • SANDRO FERRETTI SANDRO 1er février 2008 17:49

                          1/Tout à fait d’accord sur le diagnostic en matière de sécurité routière, dont la mortalité a diminué dès les années 80, bien avant les "photo-maton" et les bandits-manchots installés par Bercy.

                          Il est exact que l’amélioration de la sécurité active des véhicules( distances de freinage, tenue de route, éclairage) et surtout passive (zones à déformation programmée, Air Bag multiples, ceinture à pré-tensionneurs, tests EuroNcap, etc) est très largement la cause de cette diminution drastique des morts, qu’on aimerait bien constater pour d’autres fléaux ( suicides, cancer, etc)

                          Je proposerai du reste prochainement un article là dessus, sans doute sur le mode humoristique, car sinon, des polémiques stériles sont à prévoir.

                          2/ Autant on ne peut que déplorer l’impuissance médicale en cancérologie, autant je confirme (pour bien connaitre ce milieu) que la médecine d’urgence a nettement, à pathologie égale, diminué la mortalité routière. Couplée aux améliorations inconstestables des véhicules, elle permet , à energie cinéthique et Delta/ V égal (différentiel vitesse avant et après impact) , de faire en sorte qu’un mort sur le coup en 1970 est aujourd’hui un blessé grave ( ce qui ne va pas sans poser de questions, du reste), et un ex. blessé grave un blessé léger, voire une personne indemne.

                          A bientot de vous lire.


                        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 février 2008 01:50

                          Bonjour,

                          Je me suis fait retirer la tyrhoïde, en 93, et curieusement, sans que je n’aie rien demandé, le médecin a cherché à me convaincre " qu’il ne s’agissait pas des conséquences de Tchernobyl " ...C’est comme ça que j’ai compris comment en occultant les causes d’une maladie, l’institution médicale protégeait ses arrières.

                          En effet, si l’on trouvait toutes les causes de toutes les maladies, les hopitaux seraient plein de lits vides ! Et les médecins aussi....livides !!! 

                           


                        • JL JL 3 février 2008 12:31

                          Georges Yang a écrit : ""On veut faire peur et AUSSI toucher des indemnités ! "".

                          Mais qui est "on" ? Réponse : "tous ceux qui ne pensent pas comme Georges Yang". Je ne me base pas sur ce qu’il dit ici, mais sur ce qu’il dit dans ses articles.


                        • Adama Adama 6 février 2008 16:29

                          "Mourir face au cancer par arrêt de l’arbitre" pour continuer les citations du grand Jacques.

                          Je me pose le problème différemment, qui a dit que l’homme serait immortel ?

                          A près tout, il faut bien clamser un jour , ce qui nous fait peur c’est non pas la maladie en tant que telle mais la souffrance qu’elle engendre.

                          Peu importe de passer l’arme à gauche à l’âge de 30 ou 90 ans, le plus important c’est le contenu du contenant.

                          Shalom.


                          • SANDRO FERRETTI SANDRO 6 février 2008 16:37

                            Certes.

                            La question du "passage" reste centrale. Pour continuer avec Brel, il disait :

                            "Si j’étais le bon Dieu

                            Je crois que je serais pas fier

                            Je sais, on fait ce qu’on peut

                            Mais quand méme, y’a la manière".

                            Brel s’adressait à Dieu. Plus modestement, il me semble qu’il faut commencer par demander des comptes aux médecins.


                          • feeousorciere 24 mai 2008 09:19

                            Je vis depuis bientôt deux ans avec un cancer du poumon et de la plèvre. Et comme vous le dîtes, je privilégie désormais les bons moments que l’on vit au jour le jour. Ma vie s’est enrichie, elle a pris une autre saveur. Je suis débarrassée de certaines angoisses qui se sont effacées face à un danger plus grand.

                            Quand à la mort... comme vous le dîtes, on mourra tous. Les uns vieux et en bonne santé mais avec les neurones en vrac, les autres plus jeunes d’accidents et de maladies foudroyantes qui ne leur auront pas laissé le temps de se préparer au grand saut. Et nous, les soignés par chimio, qui menons une vie certe ralentie mais une vie qui peut être bonne et belle, lorsque approchera le moment de tourner la page de la vie terrestre, nous aurons eu le temps de nous y préparer.

                            Je souhaite à tous ceux qui lisent ce petit texte plaisir et l’humour.

                             

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