• vendredi 10 février 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Santé > Le nucléaire en France : la gestion des risques est-elle en (...)
25%
D'accord avec l'article ?
 
75%
(29 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Le nucléaire en France : la gestion des risques est-elle en cause

Le nouvel incident à la centrale nucléaire du Tricastin révélé le 23 juillet est dit "sans risque".
Que cache cette dénomination rassurante ?

Répétition des incidents malgré les mises en garde
La société Socatri (filiale Areva) a été épinglée à de nombreuses reprises par l’ASN (Agence de sûreté nucléaire) concernant le site du Tricastin (Drôme)  : sur son site (www.asn.fr), le document relatif à la conférence de presse post-incident dévoile qu’en 2007 la Socatri a été rappelée à l’ordre concernant ses rejets chimiques et radioactifs ainsi que pour l’état des tuyauteries qui ont subi de nombreuses fuites en 2007.
Lors de la fuite à Romans-sur-Isère, l’ASN a envoyé sur place deux agents qui selon le compte-rendu publié sur le site de l’ASN "ont relevé la non-conformité de cette tuyauterie vis-à-vis des exigences de la réglementation applicable qui demandent une capacité de résistance aux chocs suffisante pour éviter la rupture", "la rupture de cette canalisation enterrée daterait, selon l’exploitant, de plusieurs années". Ce rejet a été qualifié de non dangereux pour l’environnement et classé Niveau 1.
La Criirad a publié sur son site internet un document éloquent (www.criirad.org).
"En moins de 15 jours, la CRIIRAD a eu connaissance de 4 dysfonctionnements concernant 4 centrales nucléaires EDF et ayant entraîné, au total, la contamination accidentelle de 126 travailleurs : contamination de 7 salariés d’entreprises extérieures le 11 juillet à la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine  ; contamination de 4 salariés d’entreprises extérieures détectée le 12 juillet à la centrale nucléaire de Gravelines  ; contamination de 15 salariés d’entreprises extérieures découverte le 18 juillet à la centrale nucléaire de Saint-Alban-Saint-Maurice ; contamination de 100 salariés qui intervenaient dans le bâtiment réacteur le 23 juillet à la centrale nucléaire du Tricastin."

Classification des incidents
Le classement de ces incidents au Niveau 1 relève d’une aberration de l’échelle INES (International Nuclear Events Scale), le Niveau 1 (anomalie) n’a aucune conséquence pour l’extérieur et implique la non-exposition du personnel du site. Par contre, le Niveau 3 (incident grave) concerne un très faible rejet dans la nature, mais implique l’exposition du personnel (comme le Niveau 2 d’ailleurs). Ce qui veut concrètement dire que, si le rejet dans l’environnement est énorme, mais que personne sur le site n’est contaminé, ça restera un incident de Niveau 1... Quelle aubaine pour la présidente d’Areva, Anne Lauvergeon, qui peut alors parler "d’anomalie de Niveau 1, (...) sans danger pour l’homme ou l’environnement" en ce qui concerne la fuite du site de Tricastin, et ce malgré 74 kg d’uranium rejetés. L’incident du 23 juillet ne concerne "que" la contamination du personnel, pas de rejet dans l’environnement, donc ça reste du Niveau 1.

Quel est le risque réel ?
La contamination d’un individu à un radioélément est dû à un contact direct. Le radioélement peut aller dans les poumons ou dans les pores de la peau et de là émettre sa radioactivité.
Pour un individu sain, les cellules en contact avec ce radioélement vont juste mourir soit par brûlure, soit par "suicide cellulaire" ou apoptose parce que le patrimoine génétique de la cellule a été endommagé.
Mais si l’individu est âgé ou possède des prédispositions au développement des cancers, alors le radioélement, en endommageant le patrimoine génétique des cellules en contact, va provoquer un cancer.
Parler de contamination sans risque est un déni ou une méconnaissance des mécanismes de cancérisation.

Est-ce une fatalité ?
Malheureusement, l’installation d’une centrale nucléaire implique l’existence d’une contamination par des radioélements ç plus ou moins longue échelle. Le pire pour la population reste le déni et l’inertie des responsables et gestionnaires de ce risque.
La transparence reste toute relative dans le milieu du nucléaire. Sur son site internet (www.criirad.org), la commission épingle la société Areva et l’ASN pour leur manque de transparence, l’inertie de leur réactivité ainsi que sur leur transparence. Par exemple, en 2007, le rejet dans l’atmosphère par la Socatri de 42 fois plus de Carbone 14 par rapport au seuil fixé a été classé Niveau 0... Ne parlons pas des 770 tonnes de déchets enfouis sur le site du Tricastin qui apparaissent sous leur vraie dénomination pour la première fois dans l’inventaire de l’Andra (Agence nationale des déchets radioactifs) en 2002 (en 1993, ils n’apparaissent pas, puis, entre 1994 et 1999, ils apparaissent comme des déchets divers)... Enfin, la Criirad fait état des manipulations de chiffres lors de l’incident du Tricastin qui fait froid dans le dos, surtout par le silence des médias.

Une gestion transparente du risque nucléaire impliquerait la mise à disposition des riverains de tous les relevés de radioactivité des sites environnant les centrales nucléaires, ainsi que l’implication d’ONG dans des commissions d’enquête menées par l’ASN (dans la mesure du respect du secret-défense).
par Frederic Michon mercredi 30 juillet 2008 - 7 réactions
25%
D'accord avec l'article ?
 
75%
(29 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Sondage

Pour quel candidat pensez-vous voter à l’élection présidentielle de 2012 ?


Voter

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox