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Accueil du site > Actualités > Santé > Le phénomène « nolife », la pathologie de demain ?

Le phénomène « nolife », la pathologie de demain ?

Le terme « nolife », que l’on peut traduire en français par « sans vie », apparu il y a quelques années sur internet, désignait au départ les mordus des jeux vidéo en réseaux tels le mondialement célèbre World Of Warcraft offrant des univers parallèles en constante évolution. Mais depuis quelques temps, le terme « nolife » revêt une tournure beaucoup plus préoccupante puisqu’il définit un individu totalement accro à son ordinateur et partiellement ou entièrement « déconnecté » de la réalité. Le phénomène qui se cantonnait auparavant aux adolescents s’est progressivement élargi à toutes les classes et catégories sociales de la population. Quelles sont donc les causes et les conséquences de ce nouveau phénomène d’asservissement ? Existe-t-il des traitements adaptés ?

Le phénomène "nolife" implique comme l’agoraphobie un mécanisme de défense par évitement des situations stressantes générées par le monde extérieur. Cependant, si l’agoraphobe souffre d’une peur panique des espaces libres et des lieux publics, il sera soulagé d’engager une conversation alors que les cas les plus extrêmes de nolife refusent toute implication relationnelle et préféreront ainsi sortir en pleine nuit pour éviter tout contact et possibilité de communication même gestuelle.

Les causes d’un tel phénomène trouvent comme souvent leurs sources dans l’enfance. Les traumatismes familiaux, les brimades vécues à l’extérieur, une sensibilité exacerbée, la pression sociale et familiale exercée dès la scolarisation, les normes esthétiques, sociales à respecter sont autant de raison qui peuvent pousser un individu à se retirer complètement de la société. L’individu ainsi privé de confiance en soi va alors s’isoler, à l’abri des regards et des jugements, s’enfermer dans sa chambre des heures durant et trouver dans les jeux vidéo en réseau sur internet, un moyen privilégié de communication anonyme, un exutoire à sa souffrance, un univers parallèle bien plus rassurant que le monde extérieur.

En effet, ces jeux dont le but est de devenir le meilleur vont permettre au nolife de prendre sa « revanche » sur sa vie en lui offrant en quelque sorte une nouvelle naissance comme dans Second Life où il peut non seulement choisir l’apparence physique de son avatar, mais aussi retrouver une forme de sociabilité par l’entremise des clans et tribus qui existent dans de tels jeux. Sa vie par procuration, dont il a toutes les cartes en mains, va alors peu à peu remplacer sa véritable existence. Par le biais des épreuves qu’il réussit, il va chercher à briller et à obtenir la reconnaissance, voire l’admiration des autres joueurs, en compensation de la considération non obtenue dans la vie de tous les jours. Il va même pouvoir accumuler des "richesses" virtuelles en grande quantité (pièces d’or, objets rares) qui vont lui accorder une importance accrue.

Mais ces heures passées devant l’écran de l’ordinateur ne sont pas sans conséquence et affectent à la fois l’entourage et l’individu "nolife". Cette coupure du réel va ainsi engendrer des incompréhensions, voire une implosion de la structure familiale, susciter des interrogations, des moqueries, des échecs scolaires ou professionnels. Les liens affectifs, amicaux, sociaux risquent de se dissoudre. La santé de l’individu est également en jeu puisque, tout à ses parties, il va négliger son hygiène pour ne pas perdre de temps et même mettre parfois en péril son équilibre alimentaire en oubliant, volontairement ou non, de se nourrir. Des comportements agressifs vont aussi se développer accentués par la souffrance et la solitude. Enfin, le nolife retranché sur lui-même va peu apporter à la société, consommant peu et ne produisant rien pendant de longs mois pour se consacrer à sa passion maladive, son énergie accaparée par un passe-temps finalement peu constructif pour son développement personnel.

Le cas extrême du nolife est incarné par les hikikomori, jeunes Japonais, vivant quasi perpétuellement enfermés dans leur chambre, volets fermés (jusqu’à plusieurs années d’affilée pour les plus touchés !) et refusant toute communication avec leurs proches. Ces jeunes, souvent qualifiés d’enfants rois ou tyrans, coupés de la réalité et n’allant plus à l’école seraient ainsi près d’un million au Japon ! Les Japonais, pionniers des jeux vidéo, sont en effet confrontés plus qu’ailleurs à une pression excessivement forte dès leur plus jeune âge que ce soit à l’école où les classements et les concours d’entrée sont légions, ou dans la vie active depuis la récession économique et la fin du « système d’emploi à vie ». Plutôt que d’échouer aux examens ou de faillir dans leur emploi et de subir des humiliations, ils préfèrent ainsi se réfugier dans un monde virtuel, et le "nolife" est considéré au Japon comme une alternative au suicide.

Pour aider le "nolife" à réintégrer la société, une thérapie de longue haleine est nécessaire. Les spécialistes japonais préconisent ainsi une aide psychologique à domicile et la présence d’assistantes sociales pour soutenir des parents souvent totalement désorientés. Les Occidentaux sont, quant à eux, plus enclins à une consultation psychiatrique externe et une approche à la fois sociale et médicamenteuse.

Pour éviter d’avoir à affronter une telle épreuve, il faudrait imposer des horaires stricts de jeu aux adolescents ou les inciter à aller consulter dès les premiers symptômes de mal-être. Le plus préoccupant néanmoins reste l’expansion de ce phénomène qui témoigne d’un malaise général de la société actuelle.


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94 réactions à cet article    


  • Iceman75 Iceman75 16 août 2007 12:49

    Ce phénomène a plusieurs nom et plusieurs « pathologies » . Dans les années 90, on parlait des Otaku (cf un excellent livre portant le même titre) et la source essentielle de ce phénomène venait de l’éducation japonaise.

    Mais petit à petit le phénomène s’est étendu avec l’arrivée des MMORPG et autres jeux en ligne. Maintenant on trouve des accros des forums, des blogs, des Demian West....pardon, je divague.

    Une chaine vient même d’être lancée sur la Free TV, par des passionnés de jeux vidéos et de japanimation. Ce qui montre qu’il s’installe finalement un réseau social parrallèle, un réseau virtuel à distance qui remplace l’ami que l’on cotoit physiquement par un ami que l’on cotoit en Tchats et autres fils de discussion en ligne.

    En fait il s’agit plus du phénomène de cyberdépendance, similaire à la dépendance de drogue. L’individu a besoin de savoir ce que fait untel, ce qu’il se passe sur le sujet qui le passionne, un besoin de s’exprimer derrière la cuirasse que représente le clavier et l’ordinateur.


    • Rälph128 16 août 2007 14:26

      Ne mélangez pas le marketting d’une chaine télé avec un phénomène réel. La chaine Nolife n’en a que le nom, elle passe des mangas (moins que la chaine Manga) et parle de jeux vidéo (moins que la chaine Game One). Seul son nom laisse penser qu’elle est particulière.


    • Iceman75 Iceman75 16 août 2007 14:46

      Et que voulez vous qu’elle fasse ? Qu’elle filme des nolife ? Oui les nolife regardent MTV ou autre chaine musicale, les émissions sur la technologie, les jeux...d’où cette programmation adaptée par une chaine qui curieusement n’a pas été lancée par un gros network avide d’argent ou n’a pas le support d’un constructeur friand d’hardcore gamer ou autre geek.


    • Rälph128 16 août 2007 14:47

      World of Warcraft n’accentue absolument pas le phénomène, il l’a juste mis à jour de par son succès (9 Millions d’abonés actifs à ce jour). Il se pourrait même que ce soit le MMORPG qui, de par sa façon de jouer, l’incite le moins (le phénomène « nolife »). Des jeux plus anciens et moins connus (par la télé ?) sont bien plus destructifs de par leur système de jeu (gameplay) qui sont, il faut le dire, implémenté par le développeur à dessein. Je pense entre autre a la génération Everquest ou Dark Age of Camelot, dont la puissance du personnage était directement basée sur le temps de jeu. Implémenter un mini jeu (style Tétris) a Everquest pour faire rester le joueur dans le jeu dans ses rares moments d’inactivité est révélateur des buts « nolifiques » du développeur. Et que penser de la possibilité de gagner certains objets rares uniquement si l’on possède plusieurs comptes (donc on paye plus) ? En gros, plus vous payez, plus vous êtes fort. Et pour rentabiliser ces dépenses supplémentaires, il faut jouer plus encore. Rien de tout cela dans World of Warcraft, il ne doit son coté « nolife » qu’à son succès et son incroyable qualité.

      « Le phénomène »nolife« implique comme l’agoraphobie un mécanisme de défense par évitement des situtions stressantes générées par le monde extérieur. »

      C’est la définition du Nolife la plus exacte que j’ai jamais lue/vue. Pour en cotoyer pas mal depuis quelques années, il n’y a rien de plus juste.

      PS : A la relecture, j’ai l’air d’un pro wow, alors que je ne travaille pas chez Blizzard (L’éditeur) smiley, ni même ne joue au jeu (j’ai arrété, je me soigne smiley.


    • passetemps 17 août 2007 13:58

      le système de récompense de wow a des répercussions directes sur l’implication nécessaire du joueur et donc sur sa « dépendance », chaque jeu en fait a son propre système de récompense et dans le cas de wow je doute fort que ce système ait été pensé dans l’unique but de plaire aux joueurs


    • Forest Ent Forest Ent 16 août 2007 12:54

      Info très intéressante. Est-ce que ça touche plus les garçons que les filles ? Si oui, pourquoi ?


      • Iceman75 Iceman75 16 août 2007 13:03

        Le Nolife dans le sens le plus courant du terme serait plus masculin que féminin. En effet, on pense beaucoup plus au fanatique de jeux vidéos et la population de gamers est majoritairement masculine, malgré les Sims, les Nintendogs et autres casual games.

        Mais je ne vois pas le nolife comme uniquement un fan de jeux vidéos. Comme je le disais dans un précédent commentaire, il peut tout aussi bien passer sa vie à écrire dans des forums, des blogs, se créer ainsi un réseau social parralèle et virtuel. Et là la population féminine me semble beaucoup plus importante. Bien sur, tous les forumeurs et bloggeurs ne sont pas des no life... smiley


      • wangpi wangpi 17 août 2007 10:54

        et qui se souciera des nolife que sont les mêmes dix douze trolls qui nourissent agoraphox chaque jour, chaque heure, chaque article ?

        sont-ils encore en contact avec un quelconque réel ?


      • ehryx 16 août 2007 13:21

        Il ne faudrait quand même pas tout mélanger, on peut être adepte de la japanimation, ou des jeux vidéos, ou des chat internet, voire des trois à la fois, sans être un cas pathologique ’no life’. Voir dans le lancement d’une chaîne de télé un réseau « parallèle », c’est exagéré...

        Si on devait définir un ’no life’, je crois que ce serait celui qui fait passer sa vie ’en ligne’ avant sa vie ’hors ligne’.

        Les problèmes psychologiques qui se traduisent par ce phénomène ont sans doute toujours existé, mais avant internet et les jeux-univers (principalement les mmorpg), il n’était pas possible de s’immerger complètement dans un monde secondaire court-circuitant le monde réel.

        L’auteur de ce très bon article, comme tous ceux qui étudient les addictions aux jeux vidéo et au net, en évoque les sources de satisfaction, de gratification... C’est une erreur car les no life recherchent une vie complète, avec ses échecs, ses soucis, ses charges, ses corvées. Ils ne sont pas dans une posture strictement infantilisante qui ne rechercherait que le plaisir et l’insouciance : ils veulent un monde dont ils puissent s’approprier les règles et les repères.

        Dernière remarque je crois que les no life sont des cousins des dépressifs. Comme la dépression, la vie du no life est pathologique mais peut être source de maturation et de développement personnel... Cela peut sembler incongru à qui ne s’est jamais immergé dans un jeu en ligne, mais les qualités qui y sont requises peuvent être transcrites au monde ’irl’ : capacités de gestion et d’organisation, capacités d’analyse, de créativité, relationnel.


        • Iceman75 Iceman75 16 août 2007 14:23

          Le cas du nolife, comme celui de l’otaku en son temps sont exagérés par les médias qui ont justement tendance à montrer du doigts les personnes fans de japanimation et de jeux vidéos. Mais comme vous le précisez, un nolife fait passer la vie virtuelle avant la vie réelle, se renferme dans un monde qu’il maitrise, se renferme dans des codes qu’il partage avec d’autres. La communication en devient donc plus difficile par la traditionnelle parole qu’il subit comme une agression.

          Là où un bloggeur ou un forumeur peut lui aussi basculer dans le nolife c’est quand sa vie n’a d’autre sens que de rejoindre ses amis lointains et virtuels que d’oublier le fait que ce qu’il raconte là, il pourrait le raconter dans le réel. Il ne s’agit pas d’une simple cyberdépendance qui pousse à avoir un ordinateur pour chercher constamment quelquechose sur le net. Cela tient à la communication avec les autres, et au regard que les autres peuvent avoir de son avatar virtuel.


        • Halman Halman 1er septembre 2007 18:11

          Tout à fait Ehryx, certains logiciels de réalité virtuelle sont même utilisés par des psychiatres pour traiter les phobies (avions, araignées, etc), les agoraphobes, les dépressions.


        • Marsupilami Marsupilami 16 août 2007 13:33

          Très intéressant...

          « Le phénomène »nolife« implique comme l’agoraphobie un mécanisme de défense par évitement des situations stressantes générées par le monde extérieur ».

          Jusqu’à plus ample informé, un ordinateur fait encore partie du « monde extérieur »... qu’il ne faut peut-être plus confondre avec le monde réel, quoique... le cyberespace est aussi un monde réel si l’on se réfère à cette interrogation de Parrochia dans son bouquin Le Réel (éd. Bordas) : « Qu’est-ce qui échappe au réel, en effet ? Ne doit-on pas reconnaître à l’irréel (possible, illusoire, fictif), non seulement quelque degré de réalité mais peut-être, comme le veulent certains philosophes, une qualité d’existence tout aussi »réelle« que le réel, se fondant notamment sur l’idée que le désordre, par exemple, est une autre forme d’ordre ou que le néant est une autre forme d’être ? ».

          Qu’est-ce qui est « intérieur », qu’est-ce qui est « extérieur » ? Avant l’irruption du cyberespace, la frontière entre les deux semblait nette et précise sauf pour quelques poètes, délirants et contestataires des extrême-limites. Dans le cas du cyberespace, on assiste à une « intériorisation » massive de l’extériorité de l’ordinateur, que l’on peut modeler à sa convenance pour se mettre à l’écart ou à l’abri du « monde extérieur », alors même qu’on y rencontre les mêmes dispositifs structurels. Même avec un avatar de fashionista gratifiant sur Second Life, on y retrouve quand même du bizness, de la pub, des ennemis, des contrariétés diverses.

          Je pensais parfois à tout ça en cheminant sur les sentiers côtiers bretons de grande randonnée ces deux dernières semaines, sans ordi, sans ADSL, dans la vraie nature « extérieure » et « réelle ». Le cyberespace ne me manquait absolument pas (mais j’ai 54 balais au compteur, et j’ai toujours côtoyé de près la nature, et j’imagine comme ça doit être différent pour des ados tombés dans le cyberespace dès la fin du dernier biberon).

          Dans les moments où je ne faisais plus qu’un avec le ciel, la mer et les rochers fracassés, la frontière entre « extériorité » et « intériorité » s’abolissait... mais c’était... comment puis-je dire, « naturel ».

          Le cyberespace est-il « naturel » ? Non, à première vue. On ne peut pas y trébucher sur une racine comme on le fait sur un vrai chemin, on ne peut pas y choper un coup de soleil. Est-il purement « culturel » et artificiel ? Oui, dans une large mesure et pourtant... La culture et les artifices étant les fruits de la nature humaine, on retrouve celle-ci dans le cyberespace, ce gigantesque vortex où l’on peut se trouver ou se perdre comme dans la nature.

          Je ne sais pas s’il faut aider les « nolife » à réintégrer le monde « extérieur » par des moyens « psy ». Par contre je suis persuadé qu’en les rebranchant concrètement et activement sur la dure nature rétive et rocailleuse on aurait de bons résultats ni intérieurs, ni extérieurs mais réels.

          Car le réel n’est ni « intérieur » ni « extérieur », mais un effet de la réception de l’extériorité par l’intériorité et vice-versa.


          • ka 16 août 2007 15:47

            Salut Marsu

            Comment va ta vie réelle ?


          • Marsupilami Marsupilami 16 août 2007 16:54

            @ Ka

            Ma vie réelle va très bien. La nature bretonne et atlantique est sublime. J’ai pas rencontré une seule musulmette voilée sur les chemins côtiers. Normal, le vent de l’Atlantique arrache tout ça sans pitié. Vive le vent. Je t’embrasse quand même, chastement, même si j’arrache outrageusment ton voile de merde histoire de faire rire les mouettes autour de tes cheveux nus.


          • ka 16 août 2007 18:50

            Putain Marsu lâche l’affaire avec mon voile, tu ne le vois pas alors arrête d’y faire constamment référence ça saoûle et puis je savais pas que les cheveux ça faisait rire les mouettes elles seraient pas un peu défoncées tes mouettes bretonnes ?


          • Halman Halman 1er septembre 2007 18:50

            « Je ne sais pas s’il faut aider les »nolife« à réintégrer le monde »extérieur« par des moyens »psy« . Par contre je suis persuadé qu’en les rebranchant concrètement et activement sur la dure nature rétive et rocailleuse on aurait de bons résultats ni intérieurs, ni extérieurs mais réels. »

            En lisant cela vous donnez l’impression de ne pas avoir remarqué que les accrocs du « virtuel », mot impropre pour désigner l’informatisé à outrance, sont présents partout, aussi bien à la ville qu’à la campagne. Hors, ce phénomène est extremement présent chez lez citadins et rare chez les ruraux, bien plus occupés aux choses de la nature que ne peuvent l’être les gens des cités.

            Que faire d’autre dans une cité que de jouer au foot et à la console ? Avez vous vu des jardins, des fermes, des champs, des chemins de grande randonnées dans le 75 et le 93 ?

            Vous me répondrez qu’il y a les bois, Boulogne, Clamart, la Coulée Verte. Mais si c’est pour y rencontrer du citadin avec le balladeur sur les oreilles, des gamins perdus dans leurs consoles de jeux, des encostardés avec l’ordinateur portable sur les genoux en train de finir un boulot urgent pour la veille...

            Les jeunes des villages sont plus occupés à courir la campagne sur leurs motos cross qu’à jouer à la console.

            Il est vrai que beaucoup de villages n’ont pas encore le haut débit, les FAI ayant un tantinet la flemme de s’y déplacer pour installer les réseaux.

            Et que penser de ces agriculteurs, de plus en plus nombreux à être équipés Internet et logiciels de visualisation et de traitements de leurs champs, disposant même de tracteurs capables de suivre le rayon de leur champs par simple suivi gps en automatique ?

            Ils sont pourtant bien resté des fermiers bien les pieds sur leurs terres, bien en accord avec la Nature, mais pourtant bien branchés sur la globosphère dite virtuelle.

            Alors, sont ils perdus dans le virtuel ou bien ancrés les pieds sur terre ?


          • Halman Halman 1er septembre 2007 19:31

            « Le cyberespace est-il »naturel«  ? Non, à première vue. On ne peut pas y trébucher sur une racine comme on le fait sur un vrai chemin, on ne peut pas y choper un coup de soleil. Est-il purement »culturel« et artificiel ? Oui, dans une large mesure et pourtant... La culture et les artifices étant les fruits de la nature humaine, on retrouve celle-ci dans le cyberespace, ce gigantesque vortex où l’on peut se trouver ou se perdre comme dans la nature. »

            Ne vouliez vous pas dire réel dans le sens physiquement existant au lieu de naturel ?

            Pour vous donc ce qui est dans la mémoire d’un ordinateur ou affiché sur l’écran n’est pas réel, virtuel comme disent les bobos à qui on lâche un mot et qui le répètent partout sans comprendre.

            Donc votre pensée est réelle tant qu’elle est dans vos neurones mais virtuelles si restituées sur un écran, celui d’AgoraVox par exemple.

            Pourtant vos mèmes qu’ils soient présents sous formes de différences de potentiels dans vos axones et de transferts de neurotransmetteurs entre les ponts synaptiques ou bien de trains d’electrons dans les transistors de votre ordinateurs sont pourtant bien tout autant physiquement existants.

            Un livre, qu’il soit sous forme de papier ou bien sous forme d’électrons rassemblés en ebook sont aussi bien physiquement existants. De même que le texte et les pensées qu’il vous inspirent. Les livres de Proust vous inspirent les mêmes émotions qu’ils soient en ebook ou en papier.

            Le mème à la mode virtuel=non physiquement existant pour parler des données informatiques est inaproprié.

            « Que notre métabolisme soit basé sur le carbone ou le silicium ne fait pas de différence fondamentale. Les uns et les autres méritent d’être traités avec respect. » Dr Chandra, 2010 Odyssée Deux, A.C. Clarke.

            Et ça date de 1982.


          • Gasty Gasty 16 août 2007 14:44

            Article intéressant en effet.Mais je me pose parfois des questions sur ce qui était auparavant.Car ce que nous découvrons actuellement est un nouveau mode de communication avec un renouvèlement continuel et non figé.

            En d’autre temps, des femmes passaient des journées entières à tricoter, d’autre à bigoter. Les monsieur à bistroter ou à jardiner. Certes il y avait des aspects pratiques.

            Est-ce que l’informatique chez soi, n’a qu’un aspect ludique ? On peut s’inquiéter effectivement de certaines dérives.


            • Gasty Gasty 16 août 2007 15:00

              @ marsupilami

              J’ai eu l’occasion de croiser des groupes d’ados. Le premiers arrivant sont reconnaissable, tous avec un lecteurs MP3 et des écouteurs dans les oreilles, les derniers éclatés de rires et de bonne humeurs avec un bout de bois à la main et dans les yeux une nature retrouvé. Gardons espoir !


            • Rälph128 16 août 2007 14:57

              Ce qui me gène dans votre phrase, c’est que vous assimilez la chaine Nolife a une culture parallèle. Je ne vois pas en quoi la programation de cette chaine est parallèle. Les autres chaines que j’ai cité et sur lesquelles Nolife reprend (copie ?) les programmes sont anciennes, presques classique, il faudrait commencer a accepter que le monde change. C’est plutôt W9 qui fait office de chaine étrange dans notre paysage TV sencé représenter notre société (mais c’est un autre débat).


              • Iceman75 Iceman75 16 août 2007 15:14

                Trouvez moi une chaine en france qui diffuse de la J Music (musique japonaise) et des musiques de jeux vidéos. Trouvez moi une chaine qui diffuse de vieilles démos technologiques des années 90 et 2000 ? Vous avez regardé un peu rapidement la chaine pour ne pas vous apercevoir que derrière une forme similaire se cache un contenu bien différent et une sorte de « culture parallèle »


              • Rälph128 16 août 2007 15:23

                Si vous savez mieux que moi ce que je fais, alors soit. Continuez seul votre autodébat, je retourne regarder Poker TV, chaine hautement parallèle car nulle part ailleurs il y en a autant (je compte C+).


              • ka 16 août 2007 15:44

                Dans le cyberespace, il y a moins de barrières que dans la vraie vie, le virtuel peut être plus attractif que le réel parce qu’on a de plus en plus l’impression de subir le réel alors que dans le virtuel on est dans la création et l’intéraction facile et rapide, on décide, on se crée un personnage tel qu’on le veut alors que dans la vie réelle on ne choisit pas ses origines, sa famille, ses gènes, etc... Le personnage virtuel n’a pas d’origine, il est en quelque sorte vierge de tout passé, il est modelé à volonté. Les relations avec les autres sont également facilitées dans le virtuel, il n’y a pas de contact direct, le manque d’assurance, la timidité et la peur du regard des autres n’existent pas. On ose certaines choses qu’on oserait pas dans la vraie vie parce qu’on n’a pas de compte à rendre on n’a pas à se justifier comme dans la vraie vie, on a un certain pouvoir, on a l’impression d’être protégé, d’être libre et quelque part ça peut être excitant. Ca peut être amusant pour certains de jouer à être quelqu’un d’autre dans le cyberespace ou à être vraiment eux-mêmes tant que la vie virtuelle ne prend pas le pas sur la vie réelle. Sinon c’est peut-être foutu parce que si la personne préfère sa vie virtuelle à sa vie réelle ça peut l’amener à faire des conneries, soit il reste scotché à son ordinateur et sa vie se limite à ça, soit, sous la pression de l’entourage il peut décider d’en finir avec sa vie réelle et l’abus est aussi une façon de se détruire. Le cyberespace est donc une drogue qui peut rendre dépendant au même titre que l’alcool, la cocaïne et toutes les autres drogues et le manque de courage pour affronter les difficultés, pour affronter la vraie vie, peuvent inciter les personnes dépendantes à choisir la facilité.


                • Halman Halman 1er septembre 2007 19:36

                  Pourtant dans les forums de discussions générale, les intervenants, tout en ayant l’impression d’être dans un monde virtuel, se comportent exactement de la même manière que dans la vie courante.

                  Leurs réactions à un message, leurs émotions, leurs comportents de colère ou d’étonnement, de manipulation même se retrouvent aussi bien sur le fil de la conversation que dans leur comportement dans la « vraie » vie.

                  A partir de ce moment là, peut on vraiment parler de virtuel ?


                • La mouche du coche La mouche du coche 16 août 2007 15:50

                  Je ne parlerais qu’après avoir l’avis de Demian West sur ce sujet dont il est la preuve vivante du phénomène. Vie au quotidien, avenir du processus : est-ce que quelqu’un pourrait lui passer le micro ? smiley


                  • Gasty Gasty 16 août 2007 18:39

                     smiley Il est aux toilettes !


                  • Philippe VIGNEAU 16 août 2007 16:12

                    Est ce que l’on peut considerer qu’une personne qui ne fait que consommer (tourisme, cinema, restaurant, TV, etc...) est un « nolife » ?...

                    je serais tente de dire oui...


                    • Bruno 16 août 2007 16:17

                      bonjour Carole,

                      D’abord, je souhaiterai connaitre « l’étendue des dégats ». Tu parles d’un million au Japon mais en France ou en Europe ? Où en est le « phénomène » ?

                      Ensuite, tu parles d’une « pathologie de demain » ? Mais est ce bien une nouvelle pathologie ? Ne serait ce pas une addiction, une forme de dépression, une conduite à risque de plus... ? dans la description de la conduite « asociale » du « nolife » si je remplace ordi par « héroine ou crack » quel est la différence ? Qu’y a t’il de vraiment nouveau ? A part la forme ?

                      Par ailleurs, je trouve un certain manque de regard médical ou scientique dans ton article : tu cites l’existence de spécialiste japonais pour n’accorder que deux lignes au sujet. Les questions que tu poses dans l’intro sont à peine effleurées (existe t il un traitement). Si tu titres sur la « pathologie » il serait « honnête » de développer un point de vue plus scientifique... dans la rubrique santé ou science je m’attends à de la vulgarisation scientifique plus qu’à de l’opinion(cf la phrase de conclusion).

                      Enfin, peut on distinguer ceux qui subissent et qui souffrent ; de ceux ayant fait un choix de « Life » ? S’il existe des gens souhaitant se retirer du monde « réel » et rester cloitrer, c’est une alternative « de demain » au médiéval monastère ou à la condition d’ermite ? Il ne faudrait pas déclarer pathologique tout comportement s’éloignant de la norme...

                      Sur la forme je trouve l’article bien écrit mais sur le fond je reste sceptique.

                      Bruno


                      • ka 16 août 2007 16:40

                        « Enfin, peut on distinguer ceux qui subissent et qui souffrent ; de ceux ayant fait un choix de »Life«  ? S’il existe des gens souhaitant se retirer du monde »réel« et rester cloitrer, c’est une alternative »de demain« au médiéval monastère ou à la condition d’ermite ? Il ne faudrait pas déclarer pathologique tout comportement s’éloignant de la norme... »

                        Les ermites choisissent de s’éloigner de la vie en société mais gardent une seule et même vie celle d’ermite alors que le « nolife » subit comme un dédoublement de personnalité : il a une vie réelle celle qu’il vit concrètement quand il est en contact avec ses proches (même s’il y a très peu de contact) ou s’il est seul celle qu’il vit quand il va s’acheter à bouffer par exemple s’il n’y a pas quelqu’un pour le faire à sa place, et celle qu’il vit dans le virtuel. Il s’agit de deux personnes distinctes et c’est ce qui est dangereux pour le « nolife » : vivre deux vies différentes ou substituer la vie virtuelle à la vie réelle. Contrairement à l’ermite le « nolife » reste en contact avec les gens issus du monde extérieur et pratiquement qu’avec les gens et pas avec tout ce qui constitue le monde extérieur, puisqu’il interagit avec d’autres personnes réelles mais en même temps il est seul face à son ordinateur. C’est ce paradoxe qui est étrange, le « nolife » n’a pas fait le choix de fuir la société il a fait le choix de fuir sa vraie vie.


                      • Barbathoustra Barbathoustra 16 août 2007 17:16

                        On ne choisit pas d’être un nolife, c’est un mensonge ! Ca on s’en rend malheureusement compte quand on croit savoir se maitriser et qu’on se dit : je suis assez fort, demain j’arretes si je veut ... Exactement comme n’importe quelle forme d’addiction du reste, vous avez raison de le souligner. C’est ce que je me suis dis pendant près de 4 ans ! Le pire, c’est que moi j’ai 35 piges et que j’ai véritablement commencé à être accro il y’a un peu moins de 10 ans. Mais qu’en sera t’il de ceux aujourd’hui qui commencent dès 10 - 12 ans a ne plus avoir d’autre activité que de jouer à la console ou au PC ?

                        http://fr.youtube.com/watch?v=MZEmtAyh_wE


                      • ka 16 août 2007 17:57

                        « On ne choisit pas d’être un nolife, c’est un mensonge ! »

                        C’est vrai on ne choist pas « d’être » un nolife mais la fuite que ce soit dans le monde virtuel ou dans l’alcool est un choix, la dépendance elle est indépandante de la volonté du nolife, l’alcoolique choisit de noyer son chagrin ou son désespoir dans l’alcool mais ne choisit pas d’être alcoolique c’est la dépendance qui en décide. Le fait de se rendre compte de cette dépendance non choisie est peut-être un premier pas vers la guérison, c’est peut-être ce qui vous a fait quitter petit à petit cet engrenage, vous avez eu conscience que vous n’aviez plus le contrôle, comme vous le disiez ya eu un déclic et une envie d’en sortir malheureusement c’est pas le cas pour tout le monde.


                      • jamesdu75 jamesdu75 16 août 2007 23:26

                        Barbathoustra

                        Votre video est totalement fausse fait par un gaùin pour se foutre de la gueule des no life. C’est un hoax connu dans le milieu informatique.

                        Moi ce qui me fait peur c’est plutot ça :

                        http://mycrazyworld.canalblog.com/archives/2007/06/04/5184226.html

                        un tissus de mensonge qui passe au 20h et personne n’en parle pas, car c’est un arriviste aux cheuveux plastique qui en parle.

                        Ce que j’aime dans le phénome no life, c’est que les chaine de Tv se casse la gueule et que la nouvelle génération, ne vas plus se faire bassiner par des connards qui dirigent notre rythme. Etre 24/24 sur le net permet de faire son propre rythme (voir l’audience du nullissime Heroes)


                      • Bardamu Bardamu 16 août 2007 16:40

                        Bon article. Clair, interessant et instructif.

                        Ca devient une habitude avec Carole ! :D


                        • Barbathoustra Barbathoustra 16 août 2007 16:47

                          Je pense être pleinement touché par ce phénomène. Et je pense au contraire de ce qui a été dit précédemment que ce phénomène est largement sous estimé. D’autant que les PC addict ( geeks ) ne se plaindront que rarement, voir nieront carrément l’être ou encore s’en amuseront. Ils ne le ferront qu’après une prise de conscience ou a un évenement déclencheur.

                          Pour ma part, je me considère comme véritablement accro et à ce titre, je suis en voie de guérison. Aujourd’hui je ne passe plus que 5 à 6 heures par jour derrière mon PC comme 10 à 12 h il y’a 2 ans. A une époque j’étais tellement désespéré que j’avais finit par demander à ma copine de cacher ma carte graphique chez elle de façon à ce que je ne puisse plus allumer mon PC ! Inutile de préciser d’ailleurs que celà affectait ma vie de couple d’une manière considérable. Encore aujourd’hui avoir une activité autre que l’informatique me demande beaucoup d’efforts. C’est petit à petit par exemple que je me remet au piano, activité que j’adorais par le passé.


                          • Barbathoustra Barbathoustra 16 août 2007 17:05

                            Le pire, c’est que le phénomène n’est pas près de s’arreter, bien au contraire. Les jeux sont de plus en plus réalistes et impliquent de plus en plus le joueur pour mieux se substituer au réel.


                          • Gasty Gasty 16 août 2007 18:45

                            @ Barbathoustra

                            Beau témoignage, merci.


                          • talife 16 août 2007 16:48

                            juste une petite précision, la Corée du Sud premier concepteur de mmorpg est beaucoup plus touché encore que le Japon par le phénomène de « nolife ». d’autre part l’économie clandestine liée à ces jeux, en Corée du Sud, tout jeu confondu est bien supérieur à la centaine de millions de $ par an.


                            • Shyankar 16 août 2007 17:26

                              Bon arretons un peu les conneries faut quand même pas abuser... Il est vrai que beaucoup de jeunes passent leur vie sur le pc. Rien n’implique qu’ils soient pour autant no life. Je passe perso beaucoup d’heure sur mon ordi, pourtant c’est pour regarder des documentaires, des partitions de musique, des films de temps à autre mais aussi pour suivre l’acru du mieux possible, chercher des données à droite à gauche et écrire des articles. Je pense avoir été un vrai no life au sens ou je passais environ 8h par jour sur un jeu. Sa a dut durer deux ans. Cela fait environ 2 mois que je ne joue à aucun jeux et cela du jour au jour sans « sevrage » comme dirait ce qui nous voient comme des toxicomanes... Je rejette entièrement l’idée que nous soyons « malades ». Combien de gens, de tous ages passent 2 à 3h par jour devant leur TV ? Qu’est ce qui est le mieux ? C’est surtout ça la question... Bon j’avoue les jeux et compagnie ça m’a passé mais il n’en reste pas moins que mon pc est indispensable. De la a nous déclarer cousins des dépréssif j’en doute. Regarder vos heures passé devant la TV, au cinéma, à lire des magazines stupides. Vous n’avez rien de plus que le divertissement que vous trouvez dans un jeux vidéo ultra-réaliste. Vous allez me dire « oui mais la télé on apprend un minimum ». Quand vous passez 3h par jour devant vous etes obligés de mater 1h de pub et plus d’une heure de navets stupides et insipides à la star ac... Alors cogitons un peu avant de jeter la pierre. Beacoup de ce que vous appelez no life on une vie en dehors de leur pc. Elle est surement plus superficielle mais il en est de même pour les jeunes sportifs de haut niveau. alors bon...


                              • Barbathoustra Barbathoustra 16 août 2007 17:57

                                Parce que vous croyez quoi ? Que je suis plus bête que vous ? Que moi je passais mon temps derrière mon PC pour regarder des vidéos débiles sur youtube ? Justement, c’est parce que j’avais des trucs plus interessant à y faire qu’ailleurs que je suis devenu accro ! Et si je ne me permettrais pas de faire de mon cas une généralité, je n’accepterai pas non plus que vous en fassiez vous dans l’autre sens.

                                Après tout ; il existe bien des gens qui sniffent de temps en temps de la cocaïne et qui ne sont pas accros pour autant ( disons même, la majorité ). Doit on pour autant dire que ce n’est pas dangeureux au point de balayer d’un revers de manche tout ceux qui demanderaient de l’aide en les renvoyant à leur seule responsabilité ?


                              • Zord 16 août 2007 18:04

                                Bonjour, j’ai passé 2 ans sur un mmorpg (everquest) et je peux vous affirmer que l’effet sur votre vie est similaire à l’addiction a un drogue dure. Plus d’amis, plus aucune réussite dans mes études (en fait j’y allais meme plus), dégradation physique enorme sur 2 ans (malbouffe+pas de sport+pas de sommeil), completement déconnecté de la societé. Et je tiens a dire une chose, j’étais pas dépressif ni rien quand j’ai commencé le jeu, aujourd’hui ils sont tellement bien concus et tellement prenants que n’importe qui peut devenir accroc. Pour moi la dépression elle est venue APRES, quand on se rend compte de l’effet du jeu sur sa vie, et c’est cette dépression qui vous y enfonce encore plus.

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