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Accueil du site > Actualités > Santé > Le serment oublié d’Hippocrate

Le serment oublié d’Hippocrate

L’information aura été discrète dans les médias. Elle est pourtant loin d’être anodine. Selon le rapport 2005 de la Mission France de Médecins du monde, 34% des médecins généralistes, soit près de quatre sur dix, refusent les soins aux bénéficiaires de l’aide médicale d’Etat (AME) ou tentent de les dissuader de venir les consulter. Une attitude déontologiquement contestable, en totale contradiction avec le serment d’Hippocrate.

L’étude de Médecins du monde précise quelques paragraphes plus loin que près de 10% des médecins refusent également leurs services aux patients relevant de la couverture maladie universelle (CMU). Si la précisons des chiffres demeurent contestable en raison de la méthode employée, le testing, et le nombre de médecins interrogés (725), ils brisent toutefois un tabou : tout être humain dans notre pays, quelle que soit sa condition, bénéficie d’un droit aux soins.

Cette situation est pourtant en totale contradiction avec le serment d’Hippocrate. Cet engagement moral prêté par les nouveaux médecins stipule : "Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera."

Il y a quelques mois déjà, ces pratiques discriminatoires ont été mises à jour par un rapport du Fonds de financement de la CMU comme l’avait déjà relevé Clermont dans les colonnes d’AgoraVox le 23 juin dernier (www.agoravox.fr/article.php3 ?id_article=10868).

Le ministre de la santé et des solidarités avait saisit le Conseil national de l’Ordre des médecins de cette situation. Sans suite apparemment. Rappelons qu’en France, toute personne de nationalité étrangère en situation a droit à l’aide médicale de l’Etat (AME) pour elle-même et les personnes à sa charge à condition de résider en France depuis plus de trois mois, et sous réserve de justifier de son identité et de remplir les conditions de ressources. De même l’AME peut-elle être accordée à titre humanitaire aux personnes étrangères qui ne résident pas habituellement en France et dont l’état de santé le justifie. L’AME ouvre droit à la prise en charge à 100 % des soins médicaux et du forfait hospitalier, avec dispense d’avance de frais. A défaut de pouvoir bénéficier de l’AME, les personnes étrangères en situation irrégulière peuvent bénéficier d’une prise en charge des soins urgents dispensés dans un établissement de santé.

Depuis le 1er janvier 2000, la loi sur la Couverture maladie universelle (CMU) permet à toute personne résidant en France de façon stable et régulière, et qui n’est pas déjà couverte à quelque titre que ce soit par un régime obligatoire d’assurance-maladie, de bénéficier de la Sécurité sociale pour la prise en charge de ses dépenses de santé : la CMU de base.

La CMU a été votée en juillet 1998 dans le cadre de la loi de lutte et de prévention contre les exclusions. Elle permet à ceux dont les ressources mensuelles sont inférieures à 576,13 euros d’avoir un accès gratuit aux soins. 4,8 millions de personnes en bénéficient. Des études (dont celle du fonds de financement de la CMU) ont prouvé qu’elle n’a pas entraîné de dérapage financier. Des situations particulières ne doivent pas être l’occasion de jeter l’anathème sur le dispositif dans son ensemble.

Celui-ci n’est pas parfait, certes. Il faut donc l’améliorer. Pas le supprimer. Mieux l’organiser en instaurant des gardes-fous indispensables contre les inévitables abus. Sa gestion se doit notamment d’être exemplaire parce qu’au bout du compte, il y a toujours un payeur. Et celui-ci a d’autant plus le droit d’être exigeant qu’il est proche du seuil de revenu permettant d’être bénéficiaire du dispositif.


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34 réactions à cet article    


  • panama (---.---.198.59) 24 octobre 2006 15:57

    « Mieux l’organiser en instaurant des gardes-fous indispensables contre les inévitables abus. »

    Demandez donc aux médecins et dentistes pourquoi ils en viennent à refuser les CMU et les envoient directement à l’hôpital.

    D’ailleurs ils font un tri dans leur refus.


    • Sarment de Picrate (---.---.64.135) 24 octobre 2006 16:19

      l’erreur des medecins est de croire qu’ils exercent une profession libérale !c’est un service publique délégué au privé !Soit ils bosse 60h/semaine comme les anciens soit ils acceptent en contre-partie d’un certain confort de prendre tout le monde !

      le systeme anglais est mieux de ce point de vue :une carte hospitaliere (comme une carte scolaire ),un salaire de 3000 E nets ,des horaires fixes ...


      • sanactani31 (---.---.3.49) 4 décembre 2006 18:55

        Ce commentaire sur le systeme anglais me fait bien rire : les médecins généralistes anglais gagnent bien plus que les généralistes francais(vous pouvez controler ces chiffres qui sont officiels 150000 euros de benefice nets en moyenne sur 2005 avec 10% des praticiens qui dépassent les 220000 euros je dis bien de bénéfice net et non de chiffre d’affaire soit de 3 à 4 fois plus que les médecins francais(chiffre de la CARMF)). Commentaire sur le systéme anglais : Je suis médecin,mon frère a présenté une douleur thoracique évoquant vraiment une douleur d’origine cardiaque il a vu 2 fois son médecin référent est allé aux urgences-4 jours de retard et rien ne s’est passé-je lui ai dit d’aller voir dans le privé directement un cardiologue pour une épreuve d’effort en urgence-rendez vous à 3 semaines-donc je l’ai fait revenir en France en urgence.Au final une artére quasiment occluse,un stent en urgence..Comme il n’avait pas prévu cette intervention avec la NHS anglaise il a du payer=8000 euros(tarifs securité sociale messieurs) soit la moitié de ce que cela coute en angleterre.Alors si le système anglais vous va mieux allez-y et quand vous ferez un bon infarctus vous viendrez pleurer. les francais font souvent deux erreurs,la premiére est de croire qu’ils paient pour un « service » ils ne paient RIEN en regard de ce que coute vraiment notre système de santé,la seconde comme vous est de croire que vous avez un droit de regard sur nos revenus.Si vous voulez continuer à avoir des médecins brillants et qui travaillent beaucoup il faut les payer.Si vous me mettez à 3000 euros salarié par mois comme vous le dites dans votre post pour le travail que j’abats tous les jours,dans les trois semaines je quitte le secteur libéral et je me prends un boulot normal aux 35 heures avec les week-ends à la maison.


      • Gedeon (---.---.249.127) 20 décembre 2006 10:35

        25ans, le serment d’hyppocrate, 40 ans des paroles d’hypocrite.


      • bourgpat (---.---.150.163) 24 octobre 2006 16:44

        Ce n’est pas un service publique.Le service publique est au niveau des hopitaux. Les medecin ne ressoivent pas de salaire de la part de l’etat mais ont des charges incompressibles comme toutes entreprises, des impots.

        Les dispensaires et hopitaux ont droit à des reductions sur leur charges sociales et sont tout aussi difficile quant à la prise en charge des patients cmu.

        Ils ne sont pas des flics sensé faire des controles d’identité pour attester de l’identité des patients or les carte de CMU et feuille d’ame circulent largement.

        La cmu est plus sure pour le remboursement de soins conventionné mais pour le non conventionné les tarifs obligartoires reste en dessa des tarifs moyens donc le praticien paye pour soigner les patients. Quant à l’ AME le systeme de remboursement des medecins est fait pour les dissuader de soigner ces patients.

        Il existe aussi des contracts dans la profession. La collaboration dans laquel le collaborateur paye une location du cabinet par un reversement d’honnoraires. Une prothese cmu, une fois retiré le reversement (45à 60%) et le tarif du prothesiste il ne reste plus grand chose pour un soin dont vous ete responsable et avant vos enfants.

        Un rendez vous, on arrive à l’heure, on appele 48h à l’avance pour annuler et lorsque on se comporte mal, on se fait jeter facilement.


        • lesigne 28 octobre 2006 23:01

          Les hopitaux sont des établissements publiques qui exercent une mission de service publique. Les médecins libéraux conventionnés sont des personnes qui exercent dans le privé une mission de service publique. Les médecins non conventionnés n’ont pas de mission de service publique mais gardent comme les autres l’obligation de respecter le sement d’hypocrate.


        • (---.---.126.140) 16 décembre 2006 15:49

          Mais quel serment ??? les avortements sont autorisés et même certains médecins les conseillent pour raison diverses et tout autre que la santé.Les médicaments sont choisis par des fonctionnaires ou assimilés ,je pense au vioxx et les pb aux usa pdt qu’il entrait en France...jusqu’aux anticholesterolémiants...le double aveugle semble bien porter son nom !


        • Fab (---.---.89.30) 24 octobre 2006 18:01

          Il ya deux types de dictature : celle du riche qui croit avoir droit à tout et celle du très pauvre qui croit avoir droit à tout. La CMU c’est ça, un droit acquis. Fini le respect pour le travail de l’autre.


          • gem (---.---.117.249) 24 octobre 2006 21:07

            Euh, je ne suis pas médecin et encore moins jésuite, mais le serment n’interdit pas au médecin de faire passer son repos et ses vacances avant un appel d’un patient, ni de faire passer ses patients « normaux » avant ceux qui annoncent plutôt des emmerdements financiers, ou même ses clients habituels avant les nouveaux. Il n’exige pas des medecins qu’il se transforme tous en autant de Dr Schweitzer (si ?).

            Des gens qui se faisait passer pour des indigents se sont fait refouler ? OK, je le crois bien volontiers. D’autant plus volontiers que, moi qui ne suis pas indigent, je me suis déjà fait bouler... et l’idée ne m’est pas venu que j’aurait pu hurler à la violation du serment d’hippocrate ! naïf que je suis... ça m’apprendra à n’être point étranger, et à payer mes consultations moi-même, tiens : je n’ai décidement pas les bons reflexes...

            Bon, si un medecin refusait toujours tous les indigents, ou tous les juis/arabes/femmes/étrangers (cocher une ou plusieurs cases), là oui ça serait grave. Que des medecins pensent que maintenant ça suffit comme ça pour eux, et que les prochains devront aller voir ailleurs, ça ne me choque pas plus que ça. Et ça ne me semble pas contraire au serment d’hippocrate.


            • Phosphoros (---.---.9.222) 24 octobre 2006 22:08

              Complètement d’accord avec Gem et Fab : il ne faut pas croire qu’un médecin refusant un patient brise pour autant le serment d’Hippocrate. J’ai de nombreux exemples dans mon entourage de professions de la santé, et les gens bénéficiant de la CMU pensent avoir tous les droits, et sont par exemples les plus prompts à refuser des médicaments génériques lorsqu’ils se présentent à la pharmacie.

              Essayez-donc d’éviter de tomber dans ce piège, les professions de santé ne sont pas des grands méchants méprisant les patients, et travailler plus de 50H par semaine après avoir fait 10 ans d’étude est plus souvent que vous ne le pensez une vocation plutôt qu’une attirance pour l’argent.

              Cordialement.


              • Phosphoros (---.---.164.61) 25 octobre 2006 09:01

                Félicitations pour le degré zéro de la réflexion Sam. Si vous cherchez à tout prix un sujet pour cracher sur Sakozy, argumentez au moins un minimum et essayez de faire marcher votre sens critique.

                Cordialement


              • Sam (---.---.116.120) 25 octobre 2006 01:10

                Info intéressante.

                Où l’on voit que même chez les médecins il y a des égoîstes, voire des sarkozystes. Pardon pour le pléonasme.


                • Arkangel (---.---.85.6) 25 octobre 2006 10:35

                  Vous nous parlez de patient AME, CMU se croyant tout permis.. Cela expliquerait donc les quelques 34 % de refus ? C’est une blague non ?


                  • Christophe (---.---.49.145) 27 octobre 2006 10:06

                    Article relevant un fait, mais qu’y a-t-il de surprenant, voir de choquant ?

                    La médecine, dans son ensemble est régie, me semble-t-il par un code de la déontologie dont l’un des points principaux consiste à exposer que la médecine n’est pas un commerce ; en ce sens que la santé doit être au coeur de tout dispositif sanitaire ; au dessus donc des approches économiques que certains médecins pourraient et auraient sans doute droit à revendiquer. A ce point de l’analyse, nous pourrions donc exprimer notre surprise quant au comportement de certains médecins.

                    Cependant, depuis les réformes de l’assurance maladie, et l’introduction de nos chers politiques dans le dispositif, bien des réglements ont quelque peut contrecarré les articles du code de la déontologie médicale. Nous pourrions citer par exemple la violation du colloque singulier par l’instauration du médecin référent ; ceci n’étant qu’un exemple parmi d’autres des réglement instaurés. Depuis donc ces réformes, nous constatons, dans le fond, que les réglementations de l’assurance maladie recentre le débat non pas sur la nécessité de préserver ou améliorer la santé des citoyens, mais sur les besoins économiques préoccupant l’Assurance Maladie. Dès lors que notre Etat, par le biais de l’Assurance Maladie introduit un précédent en priorisant les aspects économiques aux principes de santé publique ; en instaurant des règles violant le code de la déontologie médicale ; pouvons-nous être surpris du comportement de certains professionnels de la santé ? Ne pas oublier que l’Assurance Maladie à tout droit de rembourser ou non un médecin libéral dès lors que son nombre de prestation est jugé au-delà d’un certain niveau admissible (quota) ; ce niveau étant jugé par celui qui rembourse et lui permet donc de reporter, si cela s’avère nécessaire, le risque économique sur le praticien !

                    Le serment d’Hippocrate repose sur le respect du code de la déontologie médicale ; la médecine n’était pas un commerce, mais elle le devient (le code de la déontologie est petit à petit vidé de sa substance). Dans une approche mercantile, quels sont les services gracieux que nous pouvons mettre en exergue ?


                    • Zamenhof (---.---.77.91) 6 novembre 2006 01:43

                      Eh oui, déjà dans les années trente on avait commencé de tabler la politique de la santé en fonction de son coût !


                    • Lulu (---.---.48.44) 28 octobre 2006 12:01

                      Le ministre de la Santé vient d’habiliter officiellement l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) - c’est à dire le lobby de l¹euthanasie légale ­ pour représenter dans toute la France les usagers dans les conseils d’administration et les commissions des usagers des hôpitaux. L’Arrêté ministériel pris au milieu de l’été (JO du 24/08/06) était jusqu’ici passé inaperçu.

                      Le docteur Xavier Mirabel, président de l’Alliance pour les Droits de la Vie, réagit vivement à cette décision en catimini du gouvernement : « Imaginez-vous, en cas d’hospitalisation, être représenté à l’hôpital et « défendu » par les promoteurs de l’euthanasie légale dont l’idéologie considère qu’une vie diminuée ne vaut pas la peine d’être vécue ? Nous avons découvert que certains hôpitaux ont anticipé la décision ministérielle et que 50% voire 100% de leurs représentants des usagers sont issus de l’ADMD. C’est un comble que l’ADMD prenne la place des associations qui agissent directement auprès des patients, comme celles qui contribuent aux soins palliatifs ».

                      Pour réagir à ce scandale, l’Alliance pour les Droits de la Vie vient de déposer un recours en annulation auprès de la juridiction administrative. En attendant ce jugement, elle lance une grande mobilisation pour faire barrage à cette infiltration du lobby de l’euthanasie dans l’hôpital, sous la forme d¹un Appel national : « Non à l’euthanasie dans l’hôpital »

                      L’Alliance pour les Droits de la Vie est une association loi 1901 opposée à l’acharnement thérapeutique et à l’euthanasie. Elle développe des services d’écoute et d’aide aux personnes malades ou en fin de vie, à leurs proches et aux soignants. Elle promeut un accompagnement respectueux de la vie jusqu’à son terme.


                      • Dragoncat (---.---.246.87) 28 octobre 2006 23:30

                        @ l’auteur

                        Votre article est intéressant mais ce type d’informations chiffrées ne suffit pas à décoder une situation parfois complexe sur le terrain. L’inconvénient d’une statistique étant de simplifier à l’extrême.

                        Je ne suis ni dans le cadre de l’AME ni dans celui de la CMU. J’ai la chance d’avoir des revenus et de pouvoir me faire soigner dans des conditions classiques.

                        Un chirurgien m’ayant opéré récemment dans une clinique parisienne m’a confié refusé de prendre en charge certains patients.

                        Il m’a raconté ne pas refuser les personnes dans le cadre de l’AME. Il a par contre opposé une fin de non recevoir à une patiente habitant dans le XVIème arrondissement, propriétaire avec son mari de plusieurs résidences dans le même quartier, bénéficiant malgré tout de la CMU ! smiley

                        Les failles du système...

                        Donc avant de jeter la faute sur l’ensemble des médecins qui prennent ce genre de décision, il faudrait voir dans le détail combien de patients bénéficient indument de ce type d’aide réservées - en principe - aux défavorisés.


                        • l’autresens (---.---.61.60) 29 octobre 2006 11:11

                          Je confirme...

                          J’ai été beneficiaire de la CMU, j’ai eu besoin de soins dentaires, et j’ai pu faire la connaissance de ces médecins qui refusent de vous soyez .

                          Leurs arguments étaient simples : Moins bien remboursés, donc refusant de travailler à moindre cout.’(On peut déjà voir poindre le libéralisme totalitaire)

                          Aujourd’hui ma petite entreprise est déjà écrasée par les charges et impots,finançant entre autre, la justice sociale. Dont le droit aux soins est l’un des piliers de notre système.

                          N’y a t-il pas un paradoxe entre, quoi qu’on en dise, des fonctionnaires qui négocient leurs salaires avec l’état, et un statut « libéral » qui semble de moins en moins scrupuleux à agir en tant que tel ?

                          Bref, tout cela nous ramène au mercantilisme décadent de notre société, qui se nourrit et assure sa fameuse croissance, assurément, sur les ruines de nos idéaux et de notre défunte morale !

                          L’homme peut il etre éthique sans morale.devons nous étre éthique ?

                          Ou juste être le plus fort, le plus riche et le meilleur...comme c’était avant, dans la jungle...quand on a cru, qu’on pouvait arréter de se dominer et de se bouffer, pour enfin vivre heureux ensemble. !??


                          • (---.---.126.140) 16 décembre 2006 15:56

                            Oui...mais,il y a la fonction publique et tous ceux qui profitent de ses très grandes largesses...avec l’argent volé dans la poche des autres.


                          • (---.---.188.200) 4 novembre 2006 11:06

                            les médecins n’arrêtent pas de se plaindre alors qu’ils émargent plutot bien 21 € / 12 minutes (*) c’est plutot pas mal car de nombreux français vivent avec 30 € par jour (voire moins pour les petits retraités) pour solde de tout compte

                            alors quand ils travaillent 60h/semaine , cela leur fait 12 000 € net par mois je ne les plaindrai donc certainement pas

                            précisons aussi que ce sont des supra-fonctionnaires dans la mesure où ils ont non seulement la sécurité de l’emploi mais aussi la possibilité de s’installer là où ils le souhaitent contrairement aux fonctionnaires qui doivent galérer des années à paris avec des salaires de misère

                            (*)12 minutes : durée moyenne de consultation calculée par les ordinateurs de la sécu qui enregistrent toutes les consultations


                            • bourgpat (---.---.8.30) 6 novembre 2006 19:20

                              Il serait bien de savoir ce que l’on compare. Car comparer un salaire brut avec un revenus. Vous oubliez que comme votre salaire il y a des charges sociales (urssaf, retraite )qui vont devoir être payé sur ces 21 euro la visite, puis des impôts foncier pour le cabinet, des impôts sur les sociétés, la tva, Les ordures qui peuvent être augmentées selon l’activité car certaines ordures ne peuvent être traitées avec les ordures ménagères,l’assurance responsabilité civile et professionnelle, le salaire d’une assistante ou secrétaire et ces charges sociales car ce n’est pas toujours la femme qui fait cela sans être payée et bénévolement. Parfois il y a aussi le luxe d’une femme de ménage pour le cabinet seulement.

                              Apres je vous dirai, passez la consulation à 42 euro les praticien prendront plus de temps avec leur patient ce qui est vrai et faux à la fois. Ils n’aiment pas tous l’abattage vous savez par contre la secu apprécie car cette rentabilité, elle en profite.

                              Ne faite pas de calcul simple, cela ne montre que la simplicité de votre esprits. Et puis maintenant on arrive enfin à quelque chose de comparable, il ne reste plus que l’impôt sur le revenus à enlever des deux cotés.


                            • (---.---.135.190) 7 décembre 2006 01:18

                              La sécurité de l’emploi, chez un médecin ???!!!

                              Ils sont libéraux. S’ils n’ont pas de clientèle (et ça arrive), ils peuvent crever, ils n’auront ni assedic ni quoi que ce soit !


                            • Roland (---.---.77.91) 6 novembre 2006 01:39

                              Les profs agrégés, qui ne sont pas vraiment des gens sur la paille, sont payés 250 francs de l’heure. Les médecins, si on fait le calcul ça fait 700 francs de l’heure ! Les pauvres chéris ! c’est vraiment des oubliés de la croissance.

                              dites merci à notre consciencieux gouvernement de nous obliger à nous serrer la ceinture pour que la sécu puisse les aider.


                              • bourgpat (---.---.8.30) 6 novembre 2006 20:41

                                Les profs agrèges payent le personnel de cantine, le personnel d’entretient, louent les locaux de cours, sont responsable et peuvent attaqué pendant dix ans de l’échec de leur éleves qui ne peuvent tous accéder aux grandes écoles.

                                250 euro aux vus de leur charges c’est bien trop peu.


                              • ec (---.---.58.141) 7 novembre 2006 11:37

                                Mais , il n’est pas oublié !! Il fut abandonné en même temps que l’autorisation de l’avortement qui n’est rien d’autre que la prise du pouvoir sur la Vie, ce qui est en totale contradiction avec ce serment. Les médecins sont donc, à mon point de vue libéré de ce serment . Les conséquences sont dures , mais à qui la faute ?


                                • Hervé (---.---.28.185) 7 novembre 2006 12:34

                                  Que de haines réciproques ! Un tel article, certes engagé, mais informatif, ne pouvait que réveiller les rancoeurs réciproques de deux professions qui somme toute ont un point commun. Avant de continuer je souhaite informer les lecteurs de ce commentaire que j’appartiens à l’une de ces deux professions. Alors, qu’on en commun les enseignants (agrégés ou non) et les médecins ? Ils ont en commun des études longues. Je vous arrête tout de suite. Effectivement les médecins étudient pendant 11 longues années, alors qu’un enseignant se contente d’une licence (en 3 ans). Quelques précisions. Après la licence un enseignant doit encore passer un concours qui lui prend au moins un an (en général plus). Par ailleurs de nombreux enseignants ont aujourd’hui au moins une maîtrise. Enfin, à partir de là l’enseignant passe encore par une année complète de formation. Mais on ne va pas la compter puisqu’elle est payé. Donc on a au total 4 à 5 ans après le bac. Un médecin, de son côté est payé à partir de la 6e année. Donc d’un côté, il continue certes d’étudier, mais il pratique déjà et est déjà rémunéré. Donc un médecin n’a pas « galéré » pendant ses études beaucoup plus longtemps qu’un enseignant.

                                  Cela dit revenons à nos haines réciproques. De nombreux médecins se plaignent d’être écrasés par leurs charges alors que les enseignants gagnent des salaires indécents (dossier annuel de l’express ou du figaro à l’appui) sans être pour le moins inquiété par ses dures réalités économiques. Les journées interminables des généralistes s’opposent alors naturellement aux interminables « vacances » des enseignants. De l’autre côté, de nombreux enseignants, écrasés, non pas par les taxes, mais par le mépris et le poids des caricatures, en rajoutent des tonnes sur les S.U.V. luxueux des médecins garés en rangs d’oignons sur les parkings des terrains de golf. Une telle symétrie dans la caricature est édifiante. En tout cas elle montre avant tout l’épicentre des frustrations de chacun.

                                  Revenons maintenant aux médecins et au serment d’Hippocrate. Ce dernier engage celui qui l’a prononcé à soigner toute personne qui nécessite des soins, même si elle n’a pas de ressources pour payer ces soins. Où est le problème dans un pays qui a organisé un système qui permet à ceux qui n’ont pas les moyens d’obtenir ces soins au frais de la collectivité, ce qui permet au médecin de respecter son serment sans être financièrement lésé. Le lecteur sera sans doute touché par la naïveté de cette phrase. Il a bien raison. Le problème, qui motive certains médecins à ne pas respecter leur engagement, est que le système de remboursement des soins fait porter sur le médecin le prix de son engagement.

                                  L’injustice est ici relative. « C’est le prix à payer lorsqu’on a des patients et non des clients. », entends-je d’un côté. Tout comme l’obligation de service des fonctionnaires, même si l’Etat ne paie plus leur traitement (encore un point commun, ni les médecins, ni les enseignants ne touche de salaire, mais des honoraires et des traitements). Cela dit les deux situations sont révoltantes pour celui qui les vit, puisqu’il paie seul le prix de la générosité collective.

                                  Quelle conclusion pour ce raisonnement « en crabe » ? Revenir sur le serment d’Hippocrate, ou accepter qu’il devienne une promesse de gascon (le bonjour à mes amis de Biarritz !) n’est pas habile. Je n’ai qu’une logique à proposer : que les médecins n’aient aucune excuse pour ne pas respecter leur serment, et donc qu’ils y soient obligés (je veux dire légalement). Dès lors que les médecins ne peuvent plus se plaindre de porter sur leur épaules personnelles une partie de la misère collective, il n’y a plus aucune raison de ne pas soigner tout un chacun, quelle que soit sa couverture.

                                  PS : Je suis outré du caractère profondément nauséabond des remarques visant à distinguer les bons et les mauvais pauvres (ou les bons et les mauvais riches). Il est profondément immoral de récuser une mesure fondée sur des principes jugés bons au seul prétexte que certains fraudent (de préférence les pauvres, car il est bien connu et scientifiquement établi que les pauvres et surtout les pauvres immigrés fraudent plus que les autres smiley). Quelle différence y a-t-il entre un médecin qui refuse des soins parce qu’il juge les clients à leur rentabilité et une personne sans ressource qui fraude pour accéder à des soins qu’elle ne peut se payer ? Faut-il donner à l’un ou à l’autre le pouvoir de discréditer toute une classe ou toute une profession ? Assurément non.


                                  • bourgpat (---.---.93.82) 7 novembre 2006 14:46

                                    Plutôt que de légifèrer sur l’obligation de recevoir toutes les populations transformez les médecins libéraux en hôpitaux avec toutes les charges (matériel et cabinet) et personnel payés par la collectivité. Maintenant je ne suis pas sure que la secu s’y retrouve. Le cout horaire d’un cabinet dentaire sur paris selon mes souvenir à partir d’une discussion est de 500 francs l’heure. Toute les heures, il faut 500 francs pour ne pas faire faillite. Après le praticien gagne de l’argent.

                                    Pour un médecin ce coût doit être un peu plus faible mais il varie en fonction des couts en matériel. Et puis donner leur les 35 heures.

                                    Comparer 250 fr sans préciser si s’est un salaire brut ou net à 688 fr le fait de voir 5 patients, c’est un procédé de troll sans cervelle. Après le praticien peut ne pas cotiser à la sécurité sociales, ne pas payer de retraite ne pas payer d’impôts et taxes, mais je crois que c’est assez difficile de réaliser cela tout en permettant à ses patients d’être remboursé par la secu.


                                  • Luc DUSSART Luc DUSSART 17 novembre 2006 01:00

                                    La Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) a déclaré, dans un texte daté du 6 novembre, que le refus de certains médecins d’offrir l’accès aux soins aux bénéficiaires de la couverture maladie universelle (CMU) était « discriminatoire ».

                                    Ce texte invite Xavier Bertrand, ministre de la Santé, à prendre « les mesures nécessaires et appropriées pour mettre un terme à ces pratiques ».

                                    Elle recommande en outre au Conseil national de l’Ordre des Médecins « d’informer les professionnels de santé, notamment du secteur libéral, du caractère discriminatoire du refus d’accès à la prévention et aux soins à l’encontre des bénéficiaires de la CMU et des conséquences de telles pratiques, eu égard aux mesures disciplinaires qui pourront être prises à leur encontre ».


                                    • (---.---.135.190) 7 décembre 2006 01:01

                                      Le serment d’Hippocrate dit aussi :

                                      « Je ne donnerai pas de médicament mortel à quelqu’un sur demande et je ne donnerai pas une prescription de ce type. De même je ne donnerai pas non plus une pilule abortive à une femme. »


                                      • ppcaillou (---.---.108.231) 7 décembre 2006 09:54

                                         smiley "Refus de soin aux CMU : un rapport rendu dans les jours à venir Créée en 1999 pour permettre un accès aux soins des personnes à faibles revenus, la CMU est attribuée sous condition de ressources (598,23 € mensuels pour une personne seule)"

                                        Précision au préalable, je ne suis pas bénéficiaire de la CMU, donc, a priori, pas concerné directement :

                                        Un des 3 dentistes de mon village, pour un bénéficiaire de CMU ne pratique que l’arrachage, il ne recolle pas par exemple une couronne, ce que réprouve l’ordre des dentistes à qui j’ai posé la question, sans nommer le dentiste en question.

                                        « Sache aussi que les affiches de »« Optique 2000 »« qui mesurent 4mx3m, et enlaidissent l’entrée de chaque ville ou village, avec la gueule de Johnny et qui dit  »« deux paires pour le prix d’une »« oublient de préciser »« sauf pour CMU »" et quand , gaffeur, tu dis à une petite fille de 8 ans
                                        - elles sont belles tes lunettes, fais voir la deuxième paire !
                                        - y a pas de deuxième, parce que ma maman est à la CMU ! c’est d’autant plus révoltant. Optique 2000 à qui j’ai téléphoné prétend, je n’ai pas vérifié, que c’est vrai pour toute le profession."

                                        Moi qui regarde rarement la télé, je suis tombé par hasard sur une équipe de journalistes qui travaillaient justement sur le sujet et téléphonaient à un gastro-entérologue, chez lequel on ne va pas, en principe, par plaisir :
                                        - Bonjour, je suis bénéficiaire de la CMU et je voudrais un rendez-vous
                                        - Ouuuh, ce ne sera pas possible avant fin février un quart d’heure plus tard, elle rappelle en ne précisant pas
                                        - Bonjour, je voudrais un rendez-vous
                                        - Le 30 ça vous va ?

                                        Alors Messieurs les élus et syndicalistes, c’est bien beau de faire promulguer des lois, mais encore faudrait-il consacrer un peu de temps à vérifier comment elles sont appliquées. Ca fait 7 ans que des gens sont traités comme des pestiférés, sous prétexte qu’ils sont pauvres. Ou est ce que le fait d’être élu et de faire promulguer des lois, n’a qu’un seul but : justifier son mandat ou son job et faire rentrer les cotisations des adhérents ?


                                        • sabactani31 (---.---.168.58) 12 décembre 2006 22:52

                                          Les pauvres sont soignés comme des pestiférés ?Est ce que vous voulez rire ???Sortez un peu de chez vous !!Evidemment si on appelle un gastro-entérologue en secteur 2 ou déconventionné il ne va pas prendre un patient bénéficant de la CMU et bien sur dans une émission de télévision on va le montrer lui et pas tous les autres qui les prennent les patients CMU.Après tout c’est quand même son droit en dehors d’une urgence vitale de soigner qui il veut et ce n’est pas en contradiction avec le serment..Au lieu de passer votre temps à faire le justicier en appelant les conseils de l’ordre et optique 2000 qui ne veulent pas donner gratuitement des lunettes passez le à aider les autres.Je crois que question social et entraide avec les plus démunis nous les médecins n’avons je pense aucuns conseils à recevoir de vous.


                                        • (---.---.126.140) 16 décembre 2006 16:08

                                          mais,le problème est la « CMU » et sa périnisation .Pourquoi garde -t-on les 35 heures et les 5 semaines de congés et cette saloperie de retraite meurtrière obligatoire ,dans le pays des libertés soit disant .Alors, que l’on se mette au travail et comme le travail appelle le travail ,la cmu diminuera (il sera difficile de faire travailler des rmistes institutionalisés).


                                        • sabactani (---.---.20.62) 18 décembre 2006 19:45

                                          Assez d’accord avec vous..


                                        • Yoyotte (---.---.63.194) 10 janvier 2007 12:53

                                          Bonjour et bonne année à tou(te)s,

                                          Permettez-moi de vous soumettre ces quelques lignes, s’agissant du titre « le serment oublié d’Hippocrate ».

                                          Pour aller à l’essentiel : Français, je suis originaire de Martinique. J’ai effectué une carrière militaire exemplaire (24 ans - adjudant-chef), puis fonctionnaire civil (6 ans), toujours dans l’armée. Le 3 mars 1997, j’ai été mis à la porte pour avoir mis fin, par écrit, au racisme, à la diffamation, à la calomnie vis-à-vis de ma fille, bref à la torture mentale dont j’étais victime de la part d’un général et de deux colonels. Les preuves à charge contre ces officiers sont accablantes.

                                          Après 10 ans d’une lutte acharnée, je suis arrivée (par le Conseil d’État - en juin 2005) à faire casser la décision du ministre de la défense me virant de l’armée.

                                          J’ai exigé du ministre et obtenu ma réintégration à compter du 30 décembre 2005.

                                          Or, Michèle ALLIOT-MARIE (ministre de la défense) a transmis une de mes lettres à un médecin civil (une femme - attachée à la Défense) pour tenter de me faire avouer une hypothétique maladie incurable (qui est la couleur de ma peau) pour entraver mon retour physique dans l’armée, me déclarer dément et à terme m’interner.

                                          Ledit médecin, marchant dans la combine et moyennant finance, m’a convoqué par écrit, je cite : « afin d’étudier ensemble votre situation, je vous demande de vous présenter à ma consultation, etc. » Quelle situation !

                                          Flairant le piège et pour disposer d’un élément de preuve, en plus de la convocation précitée qui manifestement viole le code de déontologie médical, je me suis doté d’un dictaphone.

                                          Ce médecin m’a passé au crible durant 20 minutes, me posant des questions aux antipodes de la médecine, notamment en défendant l’armée qui n’était pas raciste, pourquoi je portais une casquette, pourquoi j’avais été mis à la porte de l’armée, etc.

                                          La mettant sur le grill, cette femme médecin finit par « cracher le morceau » : elle me posait ces questions à la suite d’une lettre que j’avais écrite à Michèle ALLIOT-MARIE (!) J’ai vu ladite lettre sur le bureau de ce médecin.

                                          En clair, Michèle ALLIOT-MARIE a tenter de me liquider avec l’appui d’un médecin civil !

                                          Et ce médecin a plongé dans la magouille !

                                          L’Ordre des Médecins est certainement au courant.

                                          Aussi, j’ai décidé de dénoncer ce crime sur le net - en y mettant l’entretien assassin du médecin - et d’apposer des affiches dans Paris, sa région et sur mon véhicule.

                                          Si vous souhaitez en savoir plus cliquez sur le lien joint ci-dessous.

                                          D’emblée je vous prie de pardonner ma trivialité (qui transparaît dans mon site) mais à bientôt 60 ans - et 10 ans de souffrance - j’ai parfaitement intégré le fait que personne ne lèvera le petit doigt pour m’aider.

                                          Respect.

                                          Adjudant-chef (er) Lucien Fulbert Yoyotte Paris

                                          http://www.yoyotte-armee.com/interrogatoire.html

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