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Accueil du site > Actualités > Santé > Le tabac n’est pas la cigarette, la drogue n’est pas le (...)

Le tabac n’est pas la cigarette, la drogue n’est pas le stupéfiant

Cet article est né de ma réaction face à un énième article Avox sur les effets néfastes du "tabac". Tout est dans les guillemets : les mots ont un sens et je récuse l’incrimination forcenée qui est faite à la plante, pour la reporter en grande partie sur la machine industrielle et marketeuse qui nous inonde de "cigarettes".
L’amalgame peut sembler anodin, mais il est révélateur d’une attitude générale face à ce qu’on appelle les "drogues".
L’article est parfois volontairement subjectif, car je tire parti de ma propre expérience. Je considère que, dans ce débat, les témoignages d’usagers sont primordiaux : ils en disent autant, sinon plus, que les milliers de statistiques (plus ou moins correctement utilisées) dont on nous inonde.

Tout d’abord, une mise au point.
Je ne conteste en aucun cas qu’aujourd’hui et dans l’état actuel des lois, la consommation de cigarettes et de drogues relève d’un problème de santé publique, et que des politiques adaptées doivent être appliquées. Mon propos portera sur l’origine précise du problème de santé, pas sur sa négation.


Mon expérience de repenti déchu

Je suis moi-même un bon gros fumeur (le fameux 1 paquet par jour), et j’ai totalement arrêté la cigarette pendant un an, il y a de ça trois ans.

Cette expérience (car ça en est vraiment une, de constater et de ressentir les changements profonds du corps tout entier lors du sevrage) m’a appris énormément de choses, aussi bien sur ma relation à la cigarette que sur la nature profonde de cette cigarette.
Elle m’a en fait permis d’identifier la spécificité de la cigarette blonde vendue par Philip Morris et consorts, comparée à tout autre forme de "fumables" (cigares, chicha...)

Pendant cette année d’arrêt, je me suis interdit toute cigarette, mais, afin de me laisser une possibilité de soulagement temporaire, je m’autorisais la chicha en société ou le cigare.
A la suite d’un problème sentimental (il n’y pas de secret : ce qui m’avait donné la force d’arrêter c’était ma copine, une fois elle partie, plus de motivation et un énorme manque à combler), je me suis remis à fumer des cigarettes au bout d’ un an.


La cigarette, le patch et la seringue

Ma première révélation fut liée à l’utilisation de patchs nicotiniques.

J’ai mis de ces fameux patchs pendant les deux premières semaines. A chaque changement de patch (toutes les 24 heures, on décolle le patch et on en met un autre), il y avait un court instant, entre le décollage du précédent et le collage du suivant, ou j’étais "nu".
Pendant ce bref instant, je ressentais une anxiété soudaine et clairement identifiable, bien que d’origine psychologique.
Ainsi la vision de ma peau nue, là où devrait se trouver un patch, faisait écho aux émotions que je ressentais lorsque je réalisais qu’il était 11 heures du soir, que je n’avais plus de cigarettes, et que le bar-tabac était probablement fermé.

J’ai alors réalisé que cette cigarette que je portais à ma bouche 20 fois par jour, et dont l’absence provoquait anxiété et irascibilité, me fournissait une ou des substances qui provoquaient cela, et que la forme choisie de la cigarette comme vecteur de(s) la (ces) substance(s) n’est qu’un choix lié à la culture et à la séduction du client : si on la vendait en seringue, je n’aurais sûrement pas le même rapport à elle...
Cette révélation peut vous sembler naïve, tardive, surtout si vous êtes non-fumeur.
Mais, s’il est une chose de connaître des données sur les dangers d’un produit, il en est une autre de réaliser, d’assimiler pleinement en son corps et son esprit lesdites données. Car chaque produit est différent pour chaque utilisateur, même si des grandes lignes demeurent. C’est la relation entre l’usager et le produit qui est ici pertinente, pas l’un ou l’autre pris séparément.


La "cigarette" et le "tabac"

Voici le bilan synthétique de mes incartades, du cigare fumé entre amis et, à l’occasion, à la (nouvelle) première et fatidique cigarette qui marqua ma rechute :


- avec un cigare ou une chicha (qui représente un volume total de fumée bien plus important qu’une clope, je ne finis d’ailleurs en général ni l’un ni l’autre) je ressentais clairement l’effet de la nicotine : cela me procurait une relaxation temporaire, très douce et qui ne réactivait aucunement l’envie de fumer régulièrement ;

- dès la première cigarette que j’ai refumée (après un an d’abstinence donc), j’ai ressenti comme un violent "shoot". Il y avait bien sûr l’effet relaxant comparable au cigare, mais beaucoup plus intense, de l’ordre de l’indomptable. Il y avait en outre une indiscutable réactivation de circuits jusque-là endormis : j’ai pratiquement immédiatement eu envie de consommer des clopes jusqu’à plus soif. Et c’est bien ce que j’ai fait.
Ce sentiment est difficile à décrire, mais je pense que les fumeurs ayant arrêté me comprendront.

En tant que fumeur je peux donc vous certifier que ce qui est en cause n’est pas "le tabac", mais les cigarettes vendues par des firmes incroyablement puissantes dont les activités de R&D autour de l’addiction sont bien connues (voir l’excellent film de Michael Mann Révélations). Je pense pouvoir dire sans caricaturer que ces firmes sont progressivement devenues des dealers industriels, à une échelle et avec des moyens de développement que n’importe quel cartel colombien envierait.

J’insiste sur cette différence entre "tabac" et "cigarettes" (telles qu’on nous les vend actuellement). Le tabac est une plante, et il n’est jamais "bon pour la santé" de fumer les produits de combustion d’une plante (que ce soit de la verveine, du pissenlit ou de l’herbe à chat). Il contient également de la nicotine, qui a un effet psychotrope, mais n’induit pas des addictions du même ordre que les "cigarettes" (voir par exemple wikipédia, rubrique "Nicotine et manque").

La différence fondamentale est donc que, dans le "tabac", il n’y a aucun effort d’ingénierie de l’addiction, seulement une production naturelle d’éléments plus ou moins complexes et plus ou moins nocifs pour l’homme. C’est un produit connu par l’homme depuis la nuit des temps, utilisé dans certaines cultures pour soigner : quand on sait s’en servir, on n’en tire quasiment que des bénéfices.
Au contraire, la cigarette induit une telle dépendance chez la plupart des consommateurs, que toute velléité de contrôler sa consommation est vouée à l’échec la plupart du temps. Ce produit a été longuement pensé, dans le seul objectif d’induire une dépendance génératrice de marchés captifs de consommateurs.


Winner don’t use drugs... but what is a winner ?


Ne jetons donc pas le bébé avec l’eau du bain, comme on l’a fait pour moult substances jusqu’ici. Nos sociétés occidentales (pour faire large) ont certes d’énormes compétences scientifiques et techniques, mais, dans le domaine des psychotropes, de leurs effets sur le comportement humain et de leur rôle culturel, nous avons pris au bas mot 1 000 ans de retard.

Aveuglés que nous sommes par les relents de puritanisme probablement hérités de notre tradition judéo-chrétienne, eux-mêmes alimentés par le refus systématique du risque dans notre société moderne, nous en avons oublié que chaque outil dont dispose l’homme comporte une facette bénéfique et une autre délétère.

Là encore, une remarque naïve, mais ô combien nécessaire à rappeler : c’est le mode d’utilisation d’un outil par l’homme qui décide ou non de sa dangerosité (voir l’exemple du couteau, qui peut servir à construire une cabane, mais aussi à tuer...). Certains outils ont toutefois une forte tendance à la destruction : la bombe atomique et la cigarette font pour moi partie de ces outils, inutilisables en pratique car bien trop incontrôlables et destructeurs.

Une dernière fois, ces remarques, si elles vous semblent naïves et inutiles, n’en sous-tendent pas moins nos politiques actuelles face aux "drogues", et méritent donc d’être discutées. Elles questionnent notre rapport au réel, à notre propre psychisme, à notre humanité.


Excellent... et de bon aloi !

J’invoquerai maintenant sans vergogne l’esprit immortel de Me Capello, dont les plus vieux se souviendront, pour plonger dans le dictionnaire.

Voyons ce que nous dit Le Petit Robert :
"Drogue [...] :
1. Ingrédient, matière première employée pour les préparations médicamenteuses confectionnées en officine de pharmacie
2. Médicament confectionné par des non-spécialistes [...]
péj. Médicament dont on conteste l’utilité [...]
3. Chose mauvaise à boire.
4. Stupéfiant : [...] drogues dures engendrant rapidement une dépendance physique et psychique [...] Drogues douces n’entraînant pas nécessairement de dépendance physique. [...]"

Tout est là, de la définition première purement médicale, en passant par la médecine populaire (rebouteux et autres chamans de diverses cultures aussi bien poitevines qu’amazoniennes), jusqu’au terme quasi pénal incriminant la dépendance comme source majeure de problèmes.

Il semble que nous nous souvenions vaguement de la définition 1. Eh oui la morphine, la cocaïne, le LSD, la psilocybine (principe actif des champignons hallucinogènes), le THC (principe actif du cannabis) et bien d’autres substances, dans certaines conditions et sous certaines doses, peuvent soit aider les gens soit les tuer, directement ou indirectement.

Otez-moi d’un doute : l’eau de javel n’est pas diabolisée, et pourtant il est très dangereux d’en boire ?

La définition 2 est également largement oubliée, toute notre culture médicinale basée sur les plantes (cf. les druides) a été largement effacée par la farouche volonté du christianisme d’écraser tout rite païen, y compris lorsqu’il est porteur de siècles de connaissances accumulées, puis par l’émergence de la médecine "scientifique" (adjectif que j’hésite à utiliser, étant moi-même scientifique et fréquentant souvent des médecins... disons non scientifiques à mon sens).

Nous avons de fait progressivement glissé vers les définitions 3 et 4 : "choses mauvaises" et interdiction pénale. La discussion n’est plus de mise, tout ce qu’on appelle "drogue" est mauvais et interdit.

On reconnaîtra cependant la pertinence de l’identification du problème principal dans l’usage sociétal de substances : la dépendance. Cette distinction entre drogues "dures" et "douces", pour floue qu’elle puisse être, ne doit pas être abandonnée : c’est la seule dose de raison qui nous reste dans ce débat, car elle cible bien l’importance du comportement du consommateur face au produit dans la définition de sa dangerosité potentielle.

Soit dit en passant, dans une société centrée sur l’économie, elle-même basée sur une recherche de croissance économique qui ne peut plus se maintenir que par la création de nouveaux besoins chez les consommateurs, on goûtera toute l’incohérence de l’interdiction forcenée des "drogues".

La dépendance est devenue le fondement vicié de notre monde, car elle fait partie de l’homme et, parfois, de ce qu’il y a de plus beau et de plus intense en lui : y a-t-il amour sans dépendance ?

Il n’en est que plus tentant pour un système en quête d’argent et de pouvoir d’utiliser ce ressort profond de la dépendance à des fins de manipulation. Mais également de bannir violemment tout autre dépendance venant se substituer à celles qui servent son assise.


Last but not least

Pour terminer, je voudrais indiquer deux ouvrages remarquables, plaçant le débat sur la drogue à une échelle bien supérieure à celui qu’on constate couramment. Inspirés de témoignages de consommateurs, de données médicales, biologiques, sociologiques et anthropologiques, ils donnent une vision claire de l’origine de nos maux :

Dans l’intimité des drogues, dirigé par Mario Sanchez, éditions Autrement (2003)

Qu’avons-nous fait des drogues ?, dirigé par Mario Sanchez, éditions Autrement (2004)

En voici un extrait, tiré d’une anecdote pas si anecdotique :

"Oui, qu’avons-nous fait des drogues ? Un chaman invité aux Etats-Unis posait la même question en affirmant : La première plante que vous avez volée aux chamans, c’est le tabac. Et voyez où vous en êtes, avec le tabac. La deuxième que vous avez volée aux chamans, c’est la coca. Regardez dans quel état sont vos enfants. Si vous nous prenez l’ayahuasca*, vous allez devenir tous fous. Cela ne sert à rien, si vous prenez les plantes sans connaître leur usage."

Alors qui est à incriminer, la substance ou l’usage déraisonnable, symptôme d’une culture incomplète et inadaptée ?
Il est certainement plus aisé pour une société "technologique" et répressive d’imaginer passer au napalm tous les champs de coca et enfermer tous les dealers, plutôt que d’oser la remise en question de normes culturelles viciées par le consumérisme.


Robert Biloute

 * : liane dont on tire un psychotrope puissant dans certaines tribus amazoniennes, qui fut à l’époque repérée par l’industrie pharmaceutique à des fins hasardeuses.


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42 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 31 octobre 2008 12:32


    mais tu fais bien de souligner que les industriels ajoutent des adjuvants pour renforcer l’addiction !

    • jakback jakback 31 octobre 2008 14:22

      un mot, Remarquable.


      • Stéphane Jean steph 1er novembre 2008 02:46

        la cigarette non... mais l’alcool oui !!
        Et comme disait le grand patibulaire, "C’est pas nous qui fumons la cigarette, c’est la cigarette qui nous fume"


      • Em 31 octobre 2008 14:54

        ""Il est certainement plus aisé pour une société "technologique" et répressive d’imaginer passer au napalm tous les champs de coca et enfermer tous les dealers, plutôt que d’oser la remise en question de normes culturelles viciées par le consumérisme.""

        ta ccl resume tres bien l’ensemble si ce que tu appelles la norme culturelle du tabac aujourd hui la cigarette et l’herbe le shit degeu d’aujourdhui.

        Apres est ce vraiment devenu une norme culturelle ?
        Est ce une norme culturelle parce qu’elle nous est imposée sous cette forme unique par le consumérisme ou plutot l’appat du gain de certains hommes denués de ts scrupules pour s’en mettre plein les poches ? là je n’en suis pas sure...ce qui peche c ce canal unilateral de distribution et le plus gd danger de ce canal c son hégémonie ( je vx dire yen a partt des bureaux de tabac et la facilité d’acces à ces tabacs, et la facilité d’acheter dans ces bureaux de tabacs) bref...

        Que fumer une cigarette soit devenu dans certains milieux sociaux une marque d’appartenance oui, mais ce n’est applicable qu ’à une minorité et du coup encore pour moi ce n’est pas une norme ( qui s’appliquerait à un ensemble plus représentatif de la population)

        Dc limite ca peux être culturel, mais de là à une norme...je ne sais pas.

        Bravo en tt cas


        • Robert Biloute Robert Biloute 31 octobre 2008 15:05
          "norme culturelle" n’est peut être pas un terme très bien choisi. Ce que je veux désigner c’est aussi bien la responsabilité du producteur (dont le seul but est de faire des profits, quitte à pervertir le produit) que du consommateur (qui manque d’une culture de la drogue pour en consommer de manière responsable). Dans ce sens, c’est pour moi un problème culturel car tout notre système est impliqué.

        • chris2bel chris2bel 31 octobre 2008 18:05

          Bonsoir à tous,

          Robert, loin de moi l’idée d’imposer à tout le monde l’arrêt du tabac. Après tout chacun est adulte, enfin normalement, et chacun doit prendre ses responsabilités. Toutefois, pour compléter vos propos et pour faciliter la prise de responsabilité ou tout simplement de choix, j’apporte ici quelques idées de réflexion.

          Au sujet du patch (ou tout autre médicament à base de nicotine) : on pourrait le comparer au somnifère qu’on prendrait le matin pour se réveiller et je ne sais pas si c’est la meilleure façon de se réveiller que de prendre un somnifère. On pourrait tout aussi le comparer au verre d’alcool qu’on prendrait pour se dessaoûler... Soigner le mal par le mal, qu’on disait à l’armée, et tout franchement, il y en avait un paquet qui avait du mal à se soigner !

          Au sujet du manque : vous parlez de manque comme la plupart des fumeurs, alors qu’en réalité il n’y a pas de manque, c’est simplement l’interprétation que vous faites de ce que vous ressentez. Remarquez, on vous y aide bien ! Moi même, je l’ai cru pendant près de sept ans lors de mes multiples tentatives.

          Au sujet de la dépendance : puisqu’il n’y a pas de manque, il n’y a pas de dépendance ! Ok, je fais très court. Mais vous-même, vous dites "c’est pour moi un problème culturel car tout notre système est impliqué"... Alors dépendance ou pas dépendance ? La dépendance, c’est quoi ?

          Bonne fin de semaine,


          • Robert Biloute Robert Biloute 31 octobre 2008 19:25

            Bonjour,

            je reste perplexe face à votre affirmation "qu’il n’y a pas de manque". Pourriez vous développer ?
            Qu’il soit psychologique ou physique, le manque existe pour moi.
            On peut faciliter l’existence d’un manque en utilisant des substances addictives (physique) ou de l’influence culturelle (psychologique).

            Mais en dernier ressort, et c’est là que je crois vous rejoindre, ce manque restera en grande partie une manifestation de la relation entre l’usager et le produit (+l’environnement social, culturel..)
            C’est pourquoi je refuse d’incriminer une plante (le tabac) mais plutôt l’utilisation qu’on en fait (que ce soit au niveau des producteurs ou des consommateurs).

            Vous dites "après tout, chacun est adulte", mais sommes nous encouragés à le devenir ? Cela impliquerait d’être bien informé (sans infos cachées ET sans arguments passionnels fondés sur la peur), mais aussi de ne pas se jeter sur n’importe quoi pour satisfaire une envie, ce qui mettrait en péril notre système fondé sur la croissance...


          • Kalki Kalki 31 octobre 2008 18:06

            Quand les scientifiques parlent de la nicotine et de ces effets, soyez sur que pour la science ils parlent des effets de la nicotine.


            • herbe herbe 31 octobre 2008 21:25

              Merci pour cet article que je trouve salutaire...

              Quelques liens pour les curieux qui veulent en savoir plus sur des plantes à consommation rituelles, chamanique, culture exotique (certaines sont interdites d’usage dans certains pays) :


               



              • Luc DUSSART Luc DUSSART 1er novembre 2008 05:18

                Merci pour cette qualité rédactionnelle, peu courante sur AVox. Si la forme est agréable, les informations sont hautement intéressantes. Je veux parler de la comparaison cigare+narguilé avec la cigarette, de la différence d’expérience. Il semble donc qu’il puisse y avoir pour des fumeurs peu dépendants une possibilité de reprise de consommation de tabac raisonnée. Personnellement ancien fumeur, je ne m’y risquerais pas, mais il serait intéressant de connaître la proportion d’anciens addicts capables d’une consommation raisonnée (non quotidienne donc). Quelqu’un sait ?

                Cela rejoint le billet de Azür publié ici en février 2007 :
                Confessions d’un fumeur de tabac altermondialiste

                On ne lit malheureusement pas grand chose sur la question, nos talibantitabacs étant trop préoccupés par leur agenda prohibitionniste. C’est une autre qualité de ce papier, même s’il serait hasardeux de généraliser à partir de un cas particulier. Avec Azür, cela fait déjà deux. Bientôt une foule ?

                Ce qui est sûr historiquement, c’est que le tabac était arrivé à la cour de France pour soigner les migraines et autres soucis de notre bonne Reine : en Espagne c’était le ’medicament universel’ affirme Wikipedia... Et il est encore utilisé par des chamans d’amérique du sud, une amie (parisienne) ayant vu récemment encore un rituel où l’on souffle la fumée sur le malade. J’ai été bien surpris de l’apprendre et suis curieux d’en savoir plus.

                Pour ce qui concerne la différence d’effet de la fumée de cigarette par rapport au cigare, cela peut être dû au processus de fermentation et de séchage. On sait aussi maintenant que plus que le fameux cow-boy de Marlboro, sans doute une des inventions publicitaires majeures du 20e siècle, c’est le traitement à l’amoniac du tabac, qui augmente la part de nicotine libre (non associée en sels) dans la fumée et donc la diffusion rapide dans les alvéoles pulmonaires, qui a fait la fortune de Philip Morris. Il y a aussi du tabac OGM, tellement puissant qu’il crée des troubles aux fumeurs : il faut le mélanger. Malheureusement, les secrets de fabrication des cigarettes sont encore mieux gardés que les sauces de Coca-Cola, qui le sont aussi bien que les secrets nucléaires. Ce qui est sûr, c’est que l’objectif de rendre les jeunes expérimentateurs dépendants après UNE seule cigarette est maintenant devenu une réalité. Une cigarette est un shoot dont l’empreinte reste marquée des années dans le cerveau : c’est Marc Valleur de Marmottan qui a étudié (et publié) cela.

                C’est la raison pour laquelle je suis solidaire de Kamal Chaouachi, le spécialiste du narguilé (le terme chicha ayant été récupéré par les haltayollahs de l’OFT j’évite de l’utiliser). Le narguilé n’est pas diabolique, une consommation épicurienne est possible et ce témoignage le prouve encore. Et concernant le cigare, on pourrait recommander aux jeunes fumeurs de beu de préférer un bon cigare passé à la déchiqueteuse plutôt que le tabac traité vendu en tuyaux blancs : la dépendance au tabagisme ne viendrait plus en bonus de la consommation d’autres produits fumés dont la promotion est passible de sanctions pénales on va dire. Ce n’est pas fumer qui est un problème, c’est la nicotine qui est dedans, qui est au moins aussi puissante que le crack en terme d’accrochage (ce que nos édiles se gardent bien de révéler).

                D’une façon générale ce billet montre l’étendue du fossé qui se creuse entre non seulement une pratique raisonnée du tabagisme et l’addiction à la clope mais aussi l’écart entre l’activisme des prohibiteurs rêvant d’un monde pur et sans pollution aucune et la réduction des risques pour les consommateurs. Ainsi B. Dautzenberg, président de l’oftigarchie, quasiment directeur délégué de la politique publique en matière de tabagisme (ou bras armé du ministère de la (santé) médecine), a fait courir le bruit - faux - qu’un narguilé équivalait en danger 100 (ou 200, pourquoi pas 1000 tant qu’on y est) cigarettes ! Si je pouvais fumer 100 cigarettes, il y a longtemps que je serais décédé de nicotinémie aigüe, d’attaque cardiaque, que sais-je. Bobards, bobards pour tout éradiquer, même le tabac non fumé. Cette politique de nigauds ne peut réussir, comme augmenter les prix des cigarettes ne fera qu’accroitre la contrebande, qui représente 11% des cigarettes fumées en Europe et plus de 25% au Québec... Il serait sain que les autorités qui conseillent nos décideurs aient un minimum de compréhension des phénomènes sociaux et psychologiques : ce sont des cardiologues, des pneumologues, des cancérologues, des spécialites d’organes, mais bien peu de ce qui se passe dans la tête des populations.

                Il est hautement intéressant de prendre connaissance des débats ayant lieu en Californie, état parmi les plus en pointe dans l’éradication des fumeurs. Il n’a pas été retenu de permettre la consommation à moindre risque, ni même l’utilisation durable de nicotine pharmaceutique. C’est "haro sur la nicotine", partout, à 100%, comme on dit "haro sur Al Qaïda" : on ne discute pas. C’est la guerre totale par tous les moyens et notamment la propagande et la désinformation sous couvert d’études scientifiques bidonnées (à tel point que le médiateur du journal Le Monde s’en soit plaint en octobre dernier).

                Oui nous avons affaire à une armée d’allumés, de croisés subventionnés par différentes sources dont des fondations charitables états-uniennes ne sont pas les moindres, qui se sont juré de renvoyer le tabagisme dans les tréfonds de l’histoire. Je crains qu’ils se trompent ; ce sont des gens incultes et psychopathes source de violence sociale. Après le tabac, l’alcool et après l’alcool le sexe tant qu’on y est. Coupez-moi tout ce qui dépasse !


                • SANDRO FERRETTI SANDRO 1er novembre 2008 10:05

                  A l’auteur et à Luc,
                  Etant en effet passé il y quelques années, après une enième tentative d’arret, de la cigarette au cigare (mini cigarillo), je me demande en effet depuis longtemps qu’elle est la nocivité comparative des deux produits "Toutes doses égales par ailleurs".
                  Or le problème est qu’on n’impose au pas aux fabricants de cigares/ cigarillos d’indiquer les teneurs en nicotine/ goudrons et CO2 par unité. Donc, pas de comparaison. Mes 12cigarillos / jours, est-ce mieux ou mions bien que 25 cigarettes d’avant ?
                  On ne peut que faire des conjectures. 100% tabac dans le cigare, pas d’agents de saveurs et de textures (qui dégagent plein de merde à la combustion).
                  Oui mais : pas de filtre, une quantité moyenne de tabac fumé supérieure à la cigarette....
                  Bref, on n’en sait rien.
                  Par ailleurs, il faut tout de méme rapeller quelque chose de simple :
                  Toute combustion modifie sévèrement la chaine moléculaire d’un produit. Toute fumée (de fions , de narguillié, etc) est toxique, méme sans nicotine ni goudrons.
                  Un produit inoffensif au départ (du beurre, de l’huile) developpe à la combustion des substances acncérigènes (analysez l’huile ou le beurre brulé dans une poelle, vous allez voir). Un produit inoffensif au départ, lorqu’il,est chauffé ou brulé (cf le barbecue) dégage des molécules nouvelles et néfastes.
                  C’est à mon avis la vraie limite. Chauffer, bruler et inhaler une fumée, quelque soit, c’est déjà dangereux.


                • Robert Biloute Robert Biloute 1er novembre 2008 11:56

                  Merci pour votre commentaire et pour ces infos,

                  "prohibitionniste", je m’étonne en lisant ce mot dans votre commentaire, de ne pas l’avoir employé dans mon article ! Quand on repense à la période où al capone pouvait se sucrer par le "traffic" d’alcool.. c’est édifiant.

                  En ce qui concerne la reprise raisonnée de la cigarette pour un fumeur, je reste très sceptique, mais là encore je me base sur mon expérience et tout le monde n’aura pas la même réaction. Personellement je pense ré-arrêter un jour, mais je vivrai surement comme un alcolo repenti : interdit de toucher une cigarette. Par contre je n’hésiterai pas à m’autoriser un narguilé à l’ambre ou un bon cigare !


                • Robert Biloute Robert Biloute 1er novembre 2008 11:57

                  message initialement destiné a luc dussart..


                • Robert Biloute Robert Biloute 1er novembre 2008 12:00

                  @sandro

                  bien d’accord : pomper de la fumée, ça ne peut être "bon pour la santé", je le mentionne dailleurs dans l’article. Mais il y a une grosse différence entre un barbecue dont vous respirez les fumées grasses une fois par an, et un barbecue qui aurait un tel pouvoir d’addiction que vous en allumeriez un tous les jours pour le respirer pendant 2h..

                  Concernant les cigarillos, c’est vrai que la question se pose de leur nocivité, surtout quand ils sont consommés au même rythme que les cigarettes ( la dizaine par jour). Je ne connais pas bien ce produit à vrai dire..


                • luigi 1er novembre 2008 10:22

                  Enfin un article intelligent sur le sujet.
                  Bravo Mr Biloute


                  • NWN NWN 1er novembre 2008 11:36

                     

                    Bravo, et encore vous êtes timide .

                    Cette histoire de tabac c’est l’arnaque du siècle .

                    Les hommes ont toujours fumé, et la fumée naturelle fut toujours présente dans la vie des hommes, : feu de cheminé, brulis pour culture, feu de forêt, et feu quotidien pour la soupe 

                    Seulement, depuis 40 ans, les cancers explosent, + 50% et les hommes tombent comme des mouches . C’est un petit parallèle très facile à faire avec le developpement de l’industrie polluante et qui explique tout les abrutis qui pensent que leur cancers viendrait de leur voisin fumeur !!

                    De toute façon les gens sont définitivement abrutis et ils gobent n’importe quoi !

                    Bien sur , cette pauvre plante n’y est pour rien, c’est la chimie rajoutée qui est un poison , mais là, les « gentilles associations toute propre » ne vont pas se risquer a faire des études !

                    En plus les hommes fument moins qu’avant et il y a toujours plus de cancers, et des allergies, et de l’asthme, et de la diversion pour ne pas voir les milliards de tonnes de merde qu’on respire et mieux accuser une petite plante verte qui fait un peu de fumée NATURELLE .

                    L’homme est fait pour vivre avec les fumées naturelles, mais pas avec les fumées chimiques . Ceux qui ont besoin de statistiques pour y voir clair attendront un moment et seront mort avant, anesthésiés par les mensonges de capitalisme totalitaire .


                    • Néwick 1er novembre 2008 12:59

                      @ luc : " une pratique raisonnée du tabagisme" oO je ris... ou pas.

                      @NWN : "Les hommes ont toujours fumé, et la fumée naturelle fut toujours présente dans la vie des hommes"... sauf qu’avant ils ne vivaient pas assez longtemps pour déclarer un cancer du poumon (ou tout autre pathologie associée au tabac... il y en a tellement !) Et fumer une cigarette c’est comme respirer directement la fumée...

                      Concernant le chicha et le cigare, s’ils entrainent une dépendance moindre, ils sont loins d’être anodins ! Le cigare entraîne les mêmes risques de cancer que la cigarette (sauf que ce sera plus au niveau des bronches et de la sphère ORL...). Et les mêmes risques associés également.


                      • Robert Biloute Robert Biloute 2 novembre 2008 15:04

                        "Concernant le chicha et le cigare, s’ils entrainent une dépendance moindre, ils sont loins d’être anodins !"

                        oui mais la dépendance est un facteur clé : mieux vaut consommer un produit relativement toxique, mais qui n’entraine pas de dépendance, donc peut-être "gérer" par le consommateur, qu’un produit moins toxique qui entrainerait une dépendance forte, d’où une consommation déraissonable et au final une absorption de substance beaucoup plus régulière et importante


                      • Luc DUSSART Luc DUSSART 6 novembre 2008 14:41

                        L’attitude scientifique, cher Néwick consiste a donner la priorité aux faits : l’article mentionne l’option d’une consommation raisonnée de tabac, ce n’est pas moi qui l’invente mais l’auteur. Si vous considérez que l’auteur raconte des bobards dites-le, ou passez votre chemin, mais ne contestez pas l’évidence svp. que cela soit conforme ou pas à la propagande du djihad éradicaliste.

                        On ne peut comparer le tabac et la cigarette qu’à partir d’une consommation on va dire équivalente (par ex. de nicotine inhalée, même si ce n’est qu’un indicateur) : il se trouve que les fumeurs amateurs occasionnels de cigare a) n’avalent pas la fumée - souvent du moins - b) et ingèrent considérablement moins de fumée qu’un fumeur accro à la cigarette.

                        Attention à ne pas vous laisser enfumer par des mensonges svp !


                      • chris2bel chris2bel 1er novembre 2008 13:42

                        Bonjour,

                        A Robert qui me répondait : "je reste perplexe face à votre affirmation "qu’il n’y a pas de manque". Pourriez vous développer ? Qu’il soit psychologique ou physique, le manque existe pour moi. On peut faciliter l’existence d’un manque en utilisant des substances addictives (physique) ou de l’influence culturelle (psychologique)."

                        Et vous oublier l’influence "environnementale"… Pourquoi faire simple lorsqu’on peut faire compliquer ? Puisqu’une seule dépendance ne suffisait pas à expliquer le tabagisme, on en a inventé trois !

                        Développer ici me paraît difficile et trop long mais pour continuer à alimenter votre réflexion…

                        D’abord, je tiens à repréciser que mon objectif n’est pas d’imposer un arrêt à tous les fumeurs. Par contre, je peux leurs proposer un choix, une alternative. S’ils souhaitent arrêter de fumer, je leurs dis qu’il n’y a pas de dépendance, pas de sensation de manque. Avouez que ce n’est pas une mauvaise nouvelle ?

                        Il est trop facile pour le fumeur de se retrancher derrière ce motif qu’il lui est fourni : la dépendance. Moi-même, lorsqu’on me demandait d’arrêter de fumer, je répondais souvent : "c’est pas que je ne voudrais pas, mais je suis accro et je ne peux plus vivre sans". Je ne parle même pas du cas où je répondais : "fous-moi la paix, je suis bien libre de fumer !"

                        Pendant longtemps j’ai cru que fumer était devenu une maladie. Mais fumer n’est pas une maladie, c’est uniquement une conduite à risque et lorsqu’on sait et qu’on comprend comment fonctionne un comportement à risque, c’est assez facile d’en sortir, et ce, quelque soit ce comportement.

                        Le fumeur fume (on va me prendre pour un fou !) pour la même raison que l’automobiliste dépasse les vitesses autorisées, pour la même raison qu’une cuisinière laisse la queue de sa casserole dépasser, pour la même raison que le promeneur qui se retrouve en espadrilles au sommet du Mont Blanc…

                        Nul besoin d’aller chercher des explications scientifiques au sujet du traitement du tabac ou du fonctionnement du cerveau, c’est uniquement humain, logique et de bon sens.

                        L’automobiliste, la cuisinière, le promeneur, … ne sont pas plus dépendant que le fumeur n’est dépendant lui-même. La cuisinière mettant la queue de sa casserole du bon côté ne sera en manque de rien du tout, tout comme le promeneur équipé correctement au sommet du mont blanc, tout comme le fumeur qui décide d’arrêter.

                        Le fumeur ressent bien quelque chose en arrêtant de fumer, et encore que ça dépend, mais ce n’est pas du manque. On lui rabâche depuis des lustres que c’est du manque, alors il l’interprète comme tel mais ce n’est pas du manque.

                        Le fumeur qui me lit devrait être content et sautait de joie, s’il veut arrêter il sait maintenant qu’il n’est pas malade, qu’il n’est pas dépendant et qu’il n’y a aucun manque. Il peut aussi par facilité, continuer à penser que je suis fou, rester avec ces "certitudes"… C’est lui qui fume qui a raison, et c’est moi qui ne fume plus depuis plusieurs années qui ai tort ! Personnellement, je vis beaucoup mieux qu’avant et il ne manque rien, bien au contraire.

                        Bon, en espérant que cela vous éclaire un peu plus...

                        Bon week-end,

                         


                        • chris2bel chris2bel 1er novembre 2008 13:47

                           Re-bonjour,

                          Je n’avais pas vu ce que vous écrivriez dans une de vos réponses (à sandro, je crois) : "Mais il y a une grosse différence entre un barbecue dont vous respirez les fumées grasses une fois par an, et un barbecue qui aurait un tel pouvoir d’addiction que vous en allumeriez un tous les jours pour le respirer pendant 2h..."

                          Eh bien ! Je sais pas si vous voulez arrêter de fumer... Mais vous n’êtes pas loin d’avoir un élément clef pour comprendre et réussir...

                          Bravo !


                        • Robert Biloute Robert Biloute 2 novembre 2008 15:08

                          SI je vous comprends bien, fumer comme bien d’autres actions, n’est qu’un comportement à risque relevant d’une tendance suicidaire inconsciente ? Une approche un peu comportementaliste et un peu psychanalytique ?

                          Pourquoi pas, mais je continue à dire qu’il y a bien manque.
                          De toute façon le manque est du domaine du ressenti, on peut donc toujours dire qu’il "suffit" de ne pas y penser.. mais en pratique c’est une autre histoire..


                        • Robert Biloute Robert Biloute 2 novembre 2008 15:11

                          "Eh bien ! Je sais pas si vous voulez arrêter de fumer... Mais vous n’êtes pas loin d’avoir un élément clef pour comprendre et réussir..."

                          ha... je ne suis plus.. vous me félicitez de reconnaitre l’importance de la dépendance à un produit, et pourtant vous refusez la notion de manque qui est liée à la dépendance.. j’ai du loupé quelque chose !


                        • chris2bel chris2bel 2 novembre 2008 17:09

                           Bonjour Robert,

                          "mais je continue à dire qu’il y a bien manque"
                          Vous appelez ce que vous ressentez "manque" mais ce n’est pas du manque...

                          "Mais il y a une grosse différence..."
                          Je vous félicitais au sujet de la différence mais pas du pouvoir d’addiction qui n’exite évidemment pas. D’ailleurs, le mot addiction n’est pas dans le dictionnaire, inventé par un monde médical complètement désemparé face à un phénomène qu’il le dépasse totalement, ce phénomène n’ayant pas et ne pouvant avoir de solution scientifique et médicale... Le fumeur n’étant pas un malade. Et si on voulait faire de l’humour et en considérant que le fumeur est un malade, il faudrait que le monde médical commence par se soigner lui-même, environ 40% de fumeurs ! J’ai eu à faire à un tabacologue qui fumait et qui me tapait mes cigarillos, tout en m’expliquant comment il fallait faire pour arrêter de fumer... Impossible de réussir dans ces conditions, vous vous en doutez.

                          "comportement à risque relevant d’une tendance suicidaire inconsciente "
                          Je n’irai pas jusque là puisque même l’héroïnomane n’a pas du tout le désir de se suicider, bien au contraire, pas plus que le fumeur, pas plus que la cuisinière ou le conducteur évoqués dans mon précédent post... Je parlerai éventuellement plutôt d’une perte de l’instinct de survie, encore que cet aspect est totalement accessoire pour réussir à changer de comportement.

                          Bonne fin de dimanche,


                          • Robert Biloute Robert Biloute 2 novembre 2008 17:42

                            "Vous appelez ce que vous ressentez "manque" mais ce n’est pas du manque..."

                            c’est là que je décroche, "ça n’est pas du manque" est une affirmation qui pourrait être faite de l’éxtérieur du consommateur, par un tiers.
                            Mais justement en ce qui concerne ce que "ressent" la personne accro, et bien elle ressent du manque, et il faut traiter ce ressenti et ces origines physiques et psychiques, peut-être pas en le niant à mon avis, mais ça se discute.


                          • MJO MJO 2 novembre 2008 19:27

                            Pas de fumeurs dans nos familles pourtant mon fils est devenu accroc à la cigarette, il ne fume plus depuis un an mais affirme "j’ai arrété de dormir avec l’arrêt de la cigarette".
                            Je ne comprend pas mais ne juge pas, c’est variable selon les individus il me semble.
                            "Ne pas commencer pour ne pas avoir besoin d’arrêter" c’était ce que je disais à mes enfants mais il faudrait sans doute dire l’inverse à un adolescent qui considère que c’est un moyen de s’affirmer... je ne sais pas... je n’ai pas su convaincre.


                            • Robert Biloute Robert Biloute 2 novembre 2008 23:14

                              Je me souviens que ma mère me disait la même chose, "ne pas commencer pour ne pas avoir à s’arrêter", et elle avait bien raison de le faire même si ça n’a pas suffit à me convaincre.

                              Personellement, il me manquait peut-être quelques éléments pour que je prenne vraiment conscience de la puissance et l’insidiosité de la cigarette. Mon accoutumance est venue très progressivement, de sorte que j’ai cru longtemps que ma mère surestimait le danger, et que je pouvais très bien réguler ma consommation tout seul.
                              Malheureusement pour moi ce n’était pas vrai, et c’est le cas pour beaucoup de personnes. J’aurais sûrement été plus convaincu par un article du genre de celui que j’ai écrit je suppose, mais c’est tout personnel.



                            • chris2bel chris2bel 3 novembre 2008 17:00

                               Bonjour MJO,

                              "...j’ai arrété de dormir avec l’arrêt de la cigarette."

                              C’est amusant et très révélateur (et bien sûr totalement réel à mon point de vue) ce que votre fils déclare, car le titre exact et complet de mon livre est "Le livre pour arrêter de fumer - Réveillez le non fumeur qui sommeille en vous".

                              Bonne soirée,


                            • MJO MJO 2 novembre 2008 23:35

                              Et de plus vous avez l’âge de mon fils...
                              J’avais expliqué les dangers du tabac de manière générale en insistant sur le risque de cancer en particulier avec les souffrances qui l’accompagnent car il y avait des antécédents familiaux qui pouvaient constituer une prédisposition suplémentaire.
                              Un article comme celui-ci est plus convainquant mais surtout pour celui qui l’écrit car il faut déjà avoir approfondi le sujet et c’est un grand pas qui est fait. Félicitations !
                               


                              • Luc DUSSART Luc DUSSART 6 novembre 2008 14:55

                                Les médecins ne savent voir que les maladies organiques qui sont la conséquence et non la cause du tabagisme. Ils sont compétents pour traiter ces maladies induites par un comportement - le tabagisme - qui n’est pas une maladie : on se demande quelle est leur légitimité pour en parler.

                                Par ailleurs, leurs discours mortalisateurs et culpabilisants sont inefficaces, comme vous avez pu le constater : c’est général et prouvé par les études scientifiques de J.M. Falomir Pichastor à Genève : les discours des médecins font peur mais n’aident pas les fumeurs, ou de façon microscopique. Ce n’est pas comme ça qu’un jeune raisonne. Il ne croit que ses propres expériences, et son expérience c’est que même des champions sportifs fument (le footballeur William Gallas s’est fait chopper il y a 15 jours la clope au bec). Alors les dégâts physiques dans 20 ou 30 ans, il en est bien loin...

                                Il serait plus intelligent comme cet article de chercher à expliquer les raisons qui font que l’on fait l’expérience de la cigarette et non les conséquences une fois que l’on est devenu accro. La médecine ne semble pas capable de comprendre les facteurs psychologiques en jeu. On gagnerait à retirer le tabagisme de la main-mise exclusive des médecins (qui vivent de leurs malades) et le remettre aux psychologues, qui peuvent travailler sur les facteurs en amont, sans pathos. Quel plaisir à fumer ? Quel bonus à être fumeur ? L’idée directrice est de cesser la répression pour plus de tolérance et de compréhension, ce à quoi contribue ce papier. Une initiative à diffuser largement !


                              • chris2bel chris2bel 3 novembre 2008 10:33

                                 Bonjour Robert,

                                "c’est là que je décroche, "ça n’est pas du manque" est une affirmation qui pourrait être faite de l’éxtérieur du consommateur, par un tiers."

                                Si je peux me permettre d’apporter une correction, vous ne décrochez pas à l’dée que j’avance, mais vous restez accroché à la vôtre et à celle communément admise. Vous restez simplement enfermé dans un paradigme qu’on vous a imposé. Vous refusez de regarder dehors, par confort, par peur, par flemme, ... Ou toute autre raison. (Mon propos n’a pas valeur de jugement)

                                Bonne semaine,


                                • pedrobot pedrobot 3 novembre 2008 12:21

                                  @chris2bel

                                  Je trouve ca assez minable de poster des commentaires deliberement provocatifs mais suffisamment vagues pour ne rien apporter a la discussion, dans le seul but de recolter quelques clicks supplementaires sur votre site "lelivrepourarreterdefumer" ou faire la promotion de votre bouquin. De quelle grosse et detestable ficelle vous usez la ! Sur combien de forums, et dans combien de langues, distillez vous votre arrogance mercantile ?

                                  Mr Biloute s’est donne du mal et nous livre la un article bien ficele et remarquablement redige, portant de plus un temoignage personnel fort, et vous polluez le debat de vos commentaires inutiles et condescendants.

                                  Cette discussion n’a pas besoin de parasites dans votre genre. Allez faire votre promo ailleurs. Drucker vous attend.


                                • alizée 6 novembre 2008 17:12

                                  Bonjour,
                                  j’ai lu attentivement votre article et je m’y suis retrouvée parmi la description des états de manque, d’anxiété... moi-même je suis fumeuse de tabac et aussi de cannabis. Je trouve intéressante votre idée de traiter le problème du tabac et de la cigarette en mettant en scène la relation qu’il y a avec le fumeur : tout est lié et le fumeur doit prendre conscience de sa dépendance,se détacher de lui-même, pour pouvoir se questionner même naïvement sur ses problèmes.
                                  Je n’arrive toujours pas à arrêter le cannabis sachant pourtant que c’est nocif et que je ne pourrai pas continuer à fumer de cette manière là (1 à plusieurs joints à deux tous les soirs depuis 3 ans).
                                  J’ai essayé d’arrêter la cigarette pendant 1 mois mais ce fut trop dur et je me suis dis que je n’étais pas prête pour le moment..
                                  Je me laisse vivre pour le moment... ou mourir peut-être ?
                                  L’autre idée intéressante de votre article fue celle de la forme dans laquelle est contenue le tabac : l’idée que si la forme était différente, les fumeurs seraient moins attirés, sensibles à consommer.
                                  Effectivement, j’ai fait un test : une envie de fumer très active ; au lieu de prendre une cigarette, j’ai pris un stylo que j’ai mordiller et tenu dans ma bouche à la manière d’une cigarette.
                                  L’envie est passée au bout de quelques minutes comme si mon corps et mon cerveau étaient rassurés de cette illusion.
                                  Le sujet est vaste et profond ; il mérite qu’on s’y attache.
                                  Je termine cette petite pensée sur une citation :
                                  "Tout est poison, rien n’est poison tout est une question de mesure". Hypocrate.
                                  A bientôt !
                                  Alizée




                                  • Robert Biloute Robert Biloute 6 novembre 2008 17:45

                                    Bonjour alizée,

                                    oui le chemin peut être long.. notamment le chemin intérieur, entre le moment où on sait et le moment où on prend conscience/passe à l’action. Le déclic peut venir de détails insignifiants, il en fait le résultat d’un long travail, en grande partie inconscient je pense.

                                    Il faut, finalement, une vraie bonne raison pour accomplir l’effort, et n’en déplaise à certains, éviter un hypothétique cancer ne semble pas une raison suffisante pour la plupart des fumeurs (le prix de la cigarette marche même mieux pour dissuader !). A chacun sa raison, moi il faut que j’en retrouve une !

                                    Je pense aussi qu’il faut être conscient du vide qui apparait à l’arrêt de la cigarette. Et vous avez déjà cette conscience après votre essai pendant un mois, ça n’est donc pas perdu vous avez réalisé quelquechose, c’est une étape sur votre chemin.
                                    Ce vide il faudra le combler d’une manière ou d’une autre (et si possible avec quelque chose de moins nocif !), et là encore on peut avoir des surprises : moi je mangeais des pommes, et ça marchait très bien !

                                    N’hésitez pas non plus a tenter les patchs, leur efficacité "statistique" est fortement critiquée, moi il m’ont quand même aidé sur 2 points : 1) j’ai laché du fric pour acheter les patchs, c’est une forme d’engagement !, 2) ils me faisaient un effet boeuf, quelque part comparable aux joints, et ça m’a permis de passer les premières semaines (j’ai même arrêté les patchs parceque ça me semblait trop fort !).
                                    Là encore, à chacun de voir si ça marche pour lui.

                                    Concernant le cannabis, si vous sentez qu’il vous pompe la vie (et surtout le cerveau) ça peut être un problème.
                                    Sinon sur le plan strictement pulmonaire, pour éviter la fumée il existe d’autres modes de consommation !

                                    et merci à hypocrate d’être aussi pertinent !




                                  • alizée 7 novembre 2008 11:15

                                    Bonjour Robert,
                                    j’ai bien reçu votre commentaire... Effectivement à chacun sa méthode mais je tenterai bien les patchs d’après vos dires.
                                    Le problème du cannabis est peut-être plus particulier que celui de la cigarette : on s’y attache en développant une dépendance, non pas chimique mais purement psychologique. J’ai déjà essayé d’arrêter de fumer des joints mais le plaisir ressenti par la "défonce" est encore trop grand à l’heure actuelle..
                                    Pourtant je fume depuis plusieurs années maintenant et le plaisir du joint est différent, n’est plus si actif quelque part.
                                    Toutes ces dépendances qui vivent autour de nous et qui n’attendent que d’être consommées me font peur et cette cruelle réalité rejoint votre commentaire sur le pouvoir des entreprises, qui s’en mettent plein les poches.Quelle liberté s’offre à nous dans ce monde de dépendances ? on prône une forme de liberté en achetant une voiture, en décidant de fumer comme l’on veut, en étant individualiste.. mais toutes ces formes de libertés se retournent contre nous et nous sommes pris à notre propre piège comme des enfants.
                                    Je me rend compte que je dévie de sujet, alors je reviens juste sur votre dernière phrase concernant les effets sur les poumons : voyez-vous je prépare le concours d’auxiliaire de puériculture et j’ai travaillé sur l’appareil respiratoire. Je connais et comprend du coup les effets sur l’organisme et pourtant , je me dis qu’une bonne dose de raison et d’apprentissage concret devraient me pousser à arrêter.
                                    Mais le problème semble plus compliqué finalement...peut-être parce que l’envie n’a pas de fond ?
                                    En tout cas merci d’avoir pris le temps de me répondre ; je trouve intéressant de pouvoir discuter de sujets variés.
                                    Bon week end à vous !
                                    Cordialement,
                                    Alizée


                                  • Robert Biloute Robert Biloute 11 novembre 2008 03:42

                                    "Toutes ces dépendances qui vivent autour de nous et qui n’attendent que d’être consommées me font peur et cette cruelle réalité rejoint votre commentaire sur le pouvoir des entreprises, qui s’en mettent plein les poches"

                                    je crois que je vois très bien ce que vous voulez dire, et je ressens aussi cette multitude de sollicitation comme une tentation permanente parfois difficile à gérer.
                                    Il faut croire que certains y sont plus sensibles que d’autres, ça a d’ailleurs sûrement pas mal orienté mon article.

                                    "Quelle liberté s’offre à nous dans ce monde de dépendances ? on prône une forme de liberté en achetant une voiture, en décidant de fumer comme l’on veut, en étant individualiste.. mais toutes ces formes de libertés se retournent contre nous et nous sommes pris à notre propre piège comme des enfants."

                                    et les enfants font typiquement de bons consommateurs..


                                  • alizée 12 novembre 2008 12:58

                                    Bonjour,
                                    merci pour votre réponse surtout sur la dernière partie avec les enfants : effectivement je n’avais pas fait le lien entre les bons consommateurs et les enfants ! c’est très intéressant cette manière d’infantiliser le consommateur en vue de dépouiller son porte feuille ; il y a un retour en arrière qui n’est pas conscient de notre part et qui nous pousse à acheter, un peu comme un enfant qui veut son bonbon à tout prix ! mais on peut toujours décider de ne pas consommer en surplus : d’acheter que ce qu’il nous faut sans dépasser la limite de l’inutile et se contenter de vivre tout simplement mais les medias et la publicité sont feroces je crois et nous laisse peu de liberté.
                                    Je suis allée voir aussi vos liens sur la BD : excellent cette petite BD, c’est exactement ma vision des choses sur les publicités et c’est bourré d’humour ! merci pour les liens.
                                    A très bientôt sur d’autres sujets !
                                    cordialement,
                                    Alizée


                                  • zoupie 8 novembre 2008 16:00

                                    Hello,
                                    votre article, votre point de vue est très intéréssant et très pertinent.
                                    Quand vous donnez comme image une seringue remplie de tabac à s’injecter ça fait froid au dos et surement un "shoot" de trop pour les usagers de drogue tabagique....Effectivement ce n’est pas le tabac qui fait peur dans cette image mais le moyen de donner du tabac à notre corps.Autrement dit votre image devrait être reprise par des publicataires !!!!!!


                                    • Bof 17 novembre 2008 10:51

                                      Bravo pour votre article MAIS...PUISSE -T-IL NE PAS VOUS SERVIR D’ ALIBI !
                                       Je me permets juste d’ajouter que si j’en crois des agriculteurs...la plante absorbe ce qu’il y a dans le sol ET ce qu’on ajoute dans le sol et sur ses feuilles. Puisque vous semblez avoir un esprit scientifique ...vous devriez aller voir de ce coté tant que vous y êtes. ... Tant de choses ont été modifiées depuis 1950 ! Ce que ne peut plus faire la personne qui luttait pour l’ arrêt de la persécution des anti-tabacs comme elle disait.
                                       Ce problème me semble passionnant car pour faire du pain, on chauffe aussi par exemple et si les engrais et autres produits passent dans la plante...le chauffage de ces produits pourrait expliquer des effets néfastes !
                                       Je fais simplement un parallèle entre les usines de traitements des déchets qui ne rejetaient pas de substances toxiques dans l’atmosphère en 1975 , et les intoxications des êtres vivant autour de ces usines comme les ruminants qui nous tueraient par leur lait en 2000 à cause justement de rejets dans l’atmosphère.

                                       

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