Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Santé > Les Etats-Unis s’interrogent sur la légalisation du commerce (...)

Les Etats-Unis s’interrogent sur la légalisation du commerce d’organes

En réponse à la pénurie chronique d’organes nécessaires à la réalisation de transplantations, les Etats-Unis songent à légaliser leur commerce. Une agence gouvernementale serait chargée de réguler ce marché d’un nouveau genre.

Grâce aux progrès de la médecine, les greffes d’organes sont un acte médical qui tend à se banaliser, notamment pour les greffes de rein. Conséquence de ce succès, l’écart entre l’offre et la demande ne cesse de se creuser. Les délais d’attente pour une greffe ne cessent de s’allonger. Aujourd’hui de 3 ans en moyenne, ils devraient tendre vers les 10 vers 2010.

Cette situation ouvre la porte à toutes les dérives et à une marchandisation du corps humain. Car qui dit profits possibles et substantiels sous-tend généralement trafic, criminalité et exploitation.

Au cœur même de l’Europe, des organisations criminelles se sont installées sur ce créneau lucratif et porteur et font pression sur les personnes en situation de faiblesse, souvent financière, pour les inciter à vendre, de leur vivant, leurs organes.

Dès les années 1980, ce trafic a pris des dimensions mondiales avec la mise en place d’un véritable tourisme de la transplantation (Asie, Brésil).

Si le constat est partagé par tous, à savoir l’amplification de la pénurie, en revanche, les tentatives de réponse divergent totalement entre les deux berges de l’Atlantique.

Dans un rapport de 2003, l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe dénonçait l’exploitation de la pauvreté pour pourvoir la santé des riches, demandait une stratégie commune de lutte contre le trafic et surtout rappelait l’attachement du vieux continent au principe de non-marchandisation du corps humain.

A l’inverse, aujourd’hui, les Etats-Unis prônent le contraire. Après avoir interdit en 1984 la vente d’organes humains, ils ont constaté le développement d’un marché noir florissant. Sous couvert de pragmatisme, des médecins font pression, en s’appuyant sur la détresse de leurs patients, pour l’instauration d’un marché financier régulé. Dans ce système, selon eux, tous les acteurs seraient gagnants : le donneur et les intermédiaires par la perception d’argent, mais aussi le receveur qui s’achèterait "de la santé". Les tarifs sont déjà connus : 220 000 $ pour un corps entier, 45 000 $ pour un rein. Le foie chinois, lui, se commercialise à 40000 $ et une cornée de même origine à 5000 $.

Seul hic au système, c’est qu’il ne mettrait pas fin au marché parallèle et surtout que très souvent les vendeurs, faute de soins post-opératoires, voient leur état se dégrader, quand ils ne décèdent pas.

Paradoxale Amérique, capable tout à la fois de se gargariser à l’excès de puritanisme et de références religieuses et, dans le même temps, de désacraliser la valeur de l’être humain au profit d’un billet vert.

D’autres lectures :


Moyenne des avis sur cet article :  4.59/5   (58 votes)




Réagissez à l'article

58 réactions à cet article    


  • dvanhee (---.---.130.77) 31 mars 2006 13:45

    Info ou Intox. Qu’il y est pénurie d’organe, ce n’est pas une info. Pour le reste, cela me semble tellement ENORME. Des sources SVP.


    • L'équipe AgoraVox Marc 31 mars 2006 13:51

      Des sources... ? Il suffit de cliquer sur les 2 seuls liens présents en fin d’article... Courrier International notamment qui reprend Le Temps


    • (---.---.230.201) 31 mars 2006 13:58

      On se croirait dans « The Island » pour ceux qui ont vu le film.


      • Talion Talion 31 mars 2006 14:30

        Dites-moi que c’est une blague !...

        Ils ne pensent quand même pas sérieusement faire ça ?!...


        • caramico (---.---.227.32) 31 mars 2006 14:39

          A-t-on trouvé un cerveau de remplacement pour Bush ?


          • Antoine (---.---.235.30) 7 avril 2006 16:05

            non pas encore, on cherche ....

            Perso, je recherche un coeur de remplacement pour mon vieil oncle d’amérique....je cherche aussi en Chine, parait - que c’est facile et que cela ne coute presque rien, faut juste fournir la glace et l’avion..... smiley)


          • El_Che (---.---.33.228) 31 mars 2006 15:09

            Un foie de chinois ? Une cornée de chinois ? Quand on sait qu’ils sont très largement prélevés sur des condamnés à mort fraîchement exécutés, ça fait froid dans le dos.

            De là à accuser à tort d’un crime une personne, qui n’a rien fait d’autre qu’avoir la bonne histocompatibilité avec un receveur, il n’y a qu’un pas à faire. Et il est digne des pires scénarios de romans d’anticipation smiley

            Je me demande même dans quelle mesure un pays qui exécute plus de 3000 personnes par an va être enclin à adoucir ses lois très répressives, si ça implique une baisse de ce genre de revenus, ainsi qu’une diminution de l’offre d’organes pour la consommation personnelle de ses vieux caciques au pouvoir.


            • faxtronic (---.---.127.73) 31 mars 2006 15:11

              Ouais, cool, enfin une solution pour la misère du monde....

              Cela me rappelle une BD, ou les gens vivent dans un monde divisé en deux : Les tres riches et les tres pauvres. Il y a une façon d’avoir une meilleur santé et une meilleure vie pour les pauvre, c’est de vendre leur membres et leurs organes. Au debut tu vendd tes cheveux, tes dents, puis un rein, un lobe du foie. A la fin tu vend un oeil, une jambe, un bras. T’es toujours vivant, tu as des protheses bon marché et une petite maison, bien peinard.

              Je reitere mon invitation au president Iranien. SVP president, nettoie moi ce monde a coup de bombe, evite nous la déchéance.


              • faxtronic (---.---.127.73) 31 mars 2006 15:13

                He pour une fois que les chinois propose une mesure ecologique de recyclage, appuyé par le grand gourou de l’écologie Herr Bush....


                • faxtronic (---.---.127.73) 31 mars 2006 15:19

                  Et le clonage nom d’une vache en bois. Le clonage d’organe evidemment. Mais ça pas question, El grande Signor Bush voit Dieu et un ame dans chaque couple ovule-spermatozoide agitant un fanion américain. Alors qu’un chinois ou un indien de 20 ans, ca n’a pas d’ame. Quelle hypocrisie monstrueuse, refuser le clonage thérapeutique pour raison éthique, et penser au commerce d’organe humain, c’est une horreur absolue.


                • roba (---.---.125.155) 1er avril 2006 12:28

                  En introduisant dans ce débat la perspective de « clonage d’organe », Faxtronic ouvre une intéressante piste de réflexion. Jusqu’à présent, on ne sait pratiquer que des « allogreffes » (du grec « allos » = « autre »), qui consistent à prélever un organe (ou un tissu tel que peau ou cornée) sur un individu afin de le transplanter sur un autre individu. Ce qui pose 2 types de problèmes : l’un physique (risque de rejet du corps étranger au receveur), l’autre éthique (longuement abordé dans ce forum). Dans la plus grande discrétion mais dans le monde entier (USA, France, Chine, Corée notamment), des laboratoires cherchent à reconstituer des organes à partir de cellules souches. Tout le monde a entendu parler de clonage thérapeuthique : il faudra un jour que chacun de nous se fasse une opinion personnelle sur ce sujet qu’une découverte peut à tout moment projeter soudainement à la Une de l’actualité planétaire. Voici le mien, d’avis, dans l’optique de la réparation d’organes qui est le thème de ce forum : Il existe 2 types de cellules souches :
                  - les souches EMBRYONNAIRES, telles que les millions d’oeufs humains fécondés in vitro et dont on ne sait que faire. Si on laissait ces souches se développer, elles deviendraient un embryon, puis un foetus, puis un bébé et donc un AUTRE individu. Cette solution allogénique ne résoudrait ni le pb physique (rejet du corps étranger) ni le pb éthique (rejet de l’idée) ;
                  - mais des souches ADULTES peuvent être prélevées directement sur l’individu à « réparer » en cas d’insuffisance cardiaque ou rénale, par exemple. Dans sa moelle, ces cellules souches sont encore indifférenciées ; l’organisme les transformera en ce dont il aura besoin le moment venu : cellules de cheveux, d’os, d’intestin... Actuellement on apprend à forcer les souches à devenir coeur ou rein plutôt que derme ou pancréas. Comme donneur et receveur sont une seule et même personne, il ne devrait pas y avoir de rejet, physique ou moral. Alors si ça peut améliorer, voire sauver, la vie de quelqu’un... La première expérience sur l’homme peut être tentée demain, ou peut-être tout à l’heure. C’est vrai que, pour se faire changer un organe défectueux, il faudra toujours être riche, à cause de la complexité de l’opération ; mais au moins, ce ne sera plus en dépeçant un pauvre de son vivant ou un supplicié maintenu artificiellement dans ses fonctions vitales. Qu’en pensez-vous ?


                • L'enfoiré L’enfoiré 2 avril 2006 08:23

                  Bonjour Roba, Voilà exactement ce que j’aurais voulu répondre. Merci pour l’avoir dit avec franchise. La Science, si on veut lui accorder des moyens, a beaucoup de réponses dans son futur.


                • Rage Rage 31 mars 2006 16:10

                  Article intéressant et une fois encore proche de l’horreur totale.

                  A quand la mère génitrice qui « pond » des enfants uniquement pour la cause « sanitaire » en échange d’un revenu ? A quand ce fabuleux monde où certains pourront vivre et exploiter les autres alors que d’autres devront mourrir pour que les autres puissent vivre plus longtemps ?

                  Je pense que le trafic d’organe est un sujet lourd, très délicat et très proche de l’enfer au niveau de l’éthique. Mettre une valeur en $ sur une vie n’a déjà pas de sens, commencer à faire le marché du corps humain devient un non sens absolue, surtout pour des pseudo-puritains qui refusent le sex mais adorent les prostituées...

                  Au lieu de créer un nouveau marché de l’horreur, on ferait bien mieux de certifier la provenance des organes à partir des hopitaux et cliniques légaux tout en durcissant drastiquement la loi pour ceux qui font du commerce humain un marché lucratif.

                  La Loi DOIT protéger les plus faibles, elle doit sévir sur ceux qui la viole en permanence. Ouvrir un marché de l’organe serait certes une action contre le marché noir, mais ne le ferait pas disparâitre pour autant : au contraire, ce serait l’une des filières « exotique » d’approvisionnement.

                  Dans 50 ans, pourra t’on encore mourrir tranquille sans se faire dépecer de son vivant ?


                  • El_Che (---.---.100.34) 31 mars 2006 16:21

                    « A quand ce fabuleux monde où certains pourront vivre et exploiter les autres alors que d’autres devront mourrir pour que les autres puissent vivre plus longtemps ? »

                    => N’est-ce pas déjà ce qu’on fait en laissant crever les populations africaines affamées, pendant qu’on leur pique leurs ressources naturelles pour rouler dans nos 4x4 et les regarder crever au JT de 20h sur nos télés à écran plasma ? (et même rouler en Trabant et regarder une vieille télé signifierait « être riche » pour ces populations).

                    « La Loi DOIT protéger les plus faibles »

                    => Ca c’est la conception française de la chose. La conception américaine c’est plutôt « la loi protège les plus forts et les plus riches », les autres n’ont que le droit de consommer et de la fermer.


                  • parkway (---.---.18.161) 31 mars 2006 16:27

                    La fiction rejoint la réalité !!!

                    Et je suis sûr que les ricains vont approuver !

                    ils( la majorité) sont tellements cons, les pauvres !

                    Noublions pas qu’ils ont déjà voté 2 fois pour G.W.Bush !malgré ses sinistres mensonges !

                    L’american way of life, quelle merde !


                    • Scipion (---.---.1.146) 31 mars 2006 16:51

                      Il en va du commerce des organes comme de la prostitution. Du moment qu’il y a des gens pour acheter, il y en d’autres pour vendre.

                      Que ce qu’ils vendent leur appartiennent ou qu’ils doivent le prendre à quelqu’un d’autre. On n’y peut rien... Ou, en tout cas, pas grand-chose.

                      Le contrôle de la provenance des organes ne résoudrait rien. Du moment qu’il y aurait aussi des gens pour acheter des interventions chirurgicales clandestines, il y aura aussi des chirurgiens pour vendre des opérations clandestines.

                      Et du moment que certains sont légitimés à s’asseoir sur certains aspects de la morale, il est difficile de reprocher à d’autres de s’asseoir sur d’autres aspects de la morale.

                      El_Che,

                      Vous dites qu’on vole les richesses des Africains, mais j’ai de la peine à m’en persuader. Leur prendre des minerais dont ils ne sauraient pas quoi faire et en payer le prix qu’en demandent les dirigeants, est-ce vraiment voler ?

                      Quand je vais ramasser des morilles - c’est tout bientôt - dans les forêts du voisin, qui ne s’y intéresse pas, je n’ai pas le sentiment de prendre quelque chose qui appartient vraiment à quelqu’un d’autre...


                      • faxtronic (---.---.127.73) 31 mars 2006 17:35

                        Non, tu ne peux pas. Non tu n’as pas le droit. Tu ne peux pas comparer la prostitution, a ça !!!! (J’aimerais mettre un ç majuscule) Autant comparer la shoah avec un accident de la route. Le commerce d’organe humain est atroce, cela se rapproche du cannibalisme.

                        Société miniere Tchang & Johnson « Notre richesse, les hommes »


                      • Scipion (---.---.1.146) 31 mars 2006 18:41

                        A ça ou à autre chose, ce que je veux dire, c’est que du moment que quelqu’un veut acheter quelque chose - des organes, des snuff movies ou de la drogue - , on trouve quelqu’un pour le lui vendre.

                        Ca devient un commerce et celui des organes est déjà florissant, puisqu’on trouve des Indiens et des Européens de l’Est qui vendent une partie d’eux-mêmes, des reins en particulier et pour ce que j’en sais.


                      • ifelhim (---.---.119.206) 31 mars 2006 19:29

                        Il ne peut pas comparer cela à la prostitution ? Regarde Sex traffic, ce soir, sur Arte, tu comprendras qu’au fond ça revient, en fin de compte, au même... Quant au traffic d’organe, j’avais vu un article sur les enfants pauvres de Colombie dans Science et Vie junior... Ce n’est pas nouveau et, comme la légalisation de la prostitution à entrainé une explosion de la traîte de femmes (ou plutot des jeunes filles), cela va augmenter le trafic d’organes...

                        C’est beau, le monde occidental... Il me semble que mêmes les tribus (indiennes ou africaines) les plus sanguinaires étaient plus soft...

                        C’est effectivement à se demander s’il ne vaudrait pas mieux, que certains appuient sur le bouton, pour que l’on en finisse une bonne fois pour toute. Je sais, c’est une vision pessimiste des choses, mais je vois mal comment changer le monde... Mêmes les pauvres en arrivent parfois à trouver cet état de fait normal, tellement ils sont desespérés... Je dois avouer que cette situation m’écoeure d’autant plus que je serais plutot libéral...


                      • Jojo (---.---.184.234) 31 mars 2006 18:36

                        L’homme ? Une espèce prothésée ?


                      • Rage Rage 31 mars 2006 18:57

                        Mon cher SCIPION :

                        Tes commentaires ne sont pas dénoués de tous sens, ils sont justes vidés de toute humanité.

                        A te lire, je peux déjà savoir que tu n’as pas du connaître beaucoup de souffrance dans ta vie et que l’éthique n’est pas ton fort.

                        Oui, je concède, il y aura toujours un mec pour tirer une balle dans la tête de ton voisin à ta place et pour une liasse de billets. Oui, il y aura toujours des gens qui voudront « acheter » la misère des autres pour leur propre profit.

                        Mais est-ce que le but d’une société est de trucider son voisin en lui crachant à la gueule ou bien est-ce de vivre ensemble en prenant CONSCIENCE BORDEL DE MERDE que nous avons plus à gagnet ENSEMBLE qu’en fonctionnant comme des gros cons d’individualistes pour tout ?

                        « Et du moment que certains sont légitimés à s’asseoir sur certains aspects de la morale, il est difficile de reprocher à d’autres de s’asseoir sur d’autres aspects de la morale. »

                        Certes, mais n’est pas là le rôle d’un état régalien défaillant que tu évoques ? N’est pas le rôle de justice social dont nous parlons et dont notre société souffre cruellement ?

                        Alors oui, vous pouvez allez piquer les champignons ou les pépites de votre voisin en profitant de « l’information » que vous avez à ce sujet, mais il demeurera néanmoins que vous pillez sa possession à votre profit.

                        Si j’en juge sur les faits, volontaires, vous êtes un opportuniste et vous êtes bête : en effet, il ne faudra pas aller pleurer ensuite que le gars à qui vous venez de piquer des tonnes d’or viennent vous balancer des 747 sur vos tours ou bien que, le temps venu, ce soit lui qui viennent vous prendre vos richesses.

                        Quand la Chine ou qui que ce soit d’autre viendra nous marcher sur la gueule par revanche sur l’histoire, vous ne serez sans doute plus là, mais n’oubliez pas de dire à vos gosses, que s’ils se font tué pour cela, ce sera de VOTRE faute.

                        Et oui, dans ce monde ou dans l’autre, il faut toujours passer à la caissse :)


                        • Danisnoop (---.---.205.171) 31 mars 2006 19:51

                          Ne pourrait-on pas déjà simplement se servir sur les corps des personnes décédées sans avoir à demander l’avis ni à la famille ni au mort (beaucoup plus difficile ça ^^).

                          La mort n’existe que pour les vivants, le mort il ne sait pas qu’il est mort lui, et pour cause, il n’existe plus... Alors qu’est-ce qu’il en a à faire le mort ?

                          Question bête ?


                          • Marc P (---.---.184.124) 31 mars 2006 21:29

                            Ai je bien entendu ? avec la carte vital en France l’info conforme à la demande du détenteur sera accessible d’emblée : donneur, non donneur...

                            Si cest vrai, c’est un progrès considérable je trouve....

                            Cordialement

                            Marc P

                            ps : il semblerait que les transplantations cardiaques au Japon soient rarissimes sinon inexistantes... Ce serait insupportable pour un Japonais de sentir battre un coeur de donneur en soi... Cela indiquerait que l’attitude par rapport au don ou à l’acceptation d’organe est variable et lié à la culture du pays...


                            • Nico (---.---.200.171) 31 mars 2006 22:42

                              Sur ce sujet, moins spectaculaire mais nettement plus terrifiant et efficace que « The Island », lisez le dernier roman de Kazuo Ishiguro (l’auteur des Vestiges du jour) « Never let me go »...


                              • Scipion (---.---.105.162) 1er avril 2006 08:44

                                Mon cher RAGE,

                                Forcément que mes propos sont « vidés de toute humanité ». Ca tient au fait que je parle de ce qui est, de ce qui sera et non de ce qui devrait être... En règle générale, ce qui devrait être, je laisse ça aux démagogues, aux utopistes et aux prédicateurs...

                                Dans la vie de tous les jours, l’humanité, je ne vois pas bien où ça se trouve. Vers mes 12-13 ans, j’ai subitement compris que les chrétiens qui dispensent le bien tout autour d’eux, le font au moins autant pour assurer le salut éternel de leur âme que par amour d’autrui.

                                Plus tard, j’ai traduit cela par la formule : « L’altruisme n’est qu’une autre forme de l’égoïsme » J’en ai développé une perception de mes semblables qui ne les flatte pas... La souffrance et l’éthique n’ont rien à voir là-dedans, me semble-t-il.

                                « Oui, je concède, il y aura toujours un mec pour tirer une balle dans la tête de ton voisin à ta place et pour une liasse de billets. Oui, il y aura toujours des gens qui voudront »acheter« la misère des autres pour leur propre profit. »

                                La misère..., la misère..., pourquoi obligatoirement la misère ? J’imagine fort bien qu’un jeune - sans connotation ethnique particulière - décide de vendre un rein pour se payer une mob’... Ou pour offrir un cadeau à sa copine... J’imagine tout aussi aisément le type en fin de vie qui se vend en pièces détachées pour assurer un petit supplément de dot à sa fille... Du moment que quelqu’un a quelque chose à vendre que quelqu’un d’autre est disposé à acheter, on entre dans une logique commerciale et dans une démarche utilitariste...

                                « Mais est-ce que le but d’une société est de trucider son voisin en lui crachant à la gueule ou bien est-ce de vivre ensemble en prenant CONSCIENCE BORDEL DE MERDE que nous avons plus à gagnet ENSEMBLE qu’en fonctionnant comme des gros cons d’individualistes pour tout ? »

                                De nos jours, il n’y a plus de société. Dans le prolongement de mai 68, nous vivons sous l’égide de deux non-règles absolues : « Il est interdit d’interdire » et « J’ai envie, donc, j’ai le droit. » Certains les appliquent à l’avortement, d’autres au mariage homosexuel et à l’homoparentalité, d’autres encore au commerce d’organes transplantables. Nous sommes dans une même et unique logique...

                                Comme je le disais - pardonnez-moi de me citer : « du moment que certains sont légitimés à s’asseoir sur certains aspects de la morale, il est difficile de reprocher à d’autres de s’asseoir sur d’autres aspects de la morale. » De mon point de vue, un cadre moral est un tout et dès qu’on l’ébrèche, on fait péter tout l’ensemble. Nous sommes ici comme dans la fable du lion et du rat, où une maille rongée finit par emporter tout l’ouvrage.

                                Alors, bien sûr, vous trouverez un tas de gens qui ne seront pas d’accord avec moi. Parce que ce que je dis ne les arrange pas. Moi, je dis : « Il y a des valeurs, on n’y touche pas. » Eux, ils disent : « Il y a des valeurs, on touche à certaines, mais pas aux autres. » Mais qui décident des valeurs qu’on peut abandonner et de celles qui doivent être conservées ? Eux-mêmes ! Comme chacun a sa propre échelle de valeurs, et bien, en bout de course, toutes les valeurs sont contestables et contestées. Et il n’y a plus de société !

                                Dans cette optique, il n’y a plus de rôle d’Etat qui tienne. Chacun accorde à l’Etat le rôle qui lui convient Ce qui fait qu’au final, l’Etat est investi de tous les rôles, et tous lui sont contestés. Ce sont là, à mon avis, les caractéristiques d’un monde finissant, pour ne pas dire fini.


                                • Jojo (---.---.177.207) 1er avril 2006 11:26

                                  Effectivement, les valeurs ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Mais mettre sur le même plan mariage homosexuel et trafic d’organes, ça dénote une certaine confusion de ces valeurs.

                                  A quand le suicide ?


                                • L'enfoiré L’enfoiré 2 avril 2006 08:57

                                  Bonjour Scipion, D’abord, merci, d’avoir le courage d’aller à contre courant des idées habituellement envoyées « en surface » par la plupart des gens. Entre « être » ou « ne pas être » dans les cas de détresse, les bonnes idées bien pensées et fondamentales prennent souvent un coup dans l’aile. Je ne sais pas exactement où vous vous situez néanmoins. Je ne pense pas que cela soit le monde dans lequel vous auriez voulu vivre. Vous ressentez que tout s’en va. Le pessimisme de notre monde à l’état brut. Pour continuer dans la confirmation de ce que vous ressentez, vous extrapolez, vous tirez sur tout ce qui bouge car cela ne fait pas partie d’une vague « éthique ». Je crois que tout n’est pas blanc et tout n’est pas noir non plus. Le choix subsiste. Il suffit d’ajuster le curseur. J’enrage très souvent de voir les films de fiction qui présentent toujours un futur négatif où la vie n’aurait plus de sens avec les yeux de celui qui a les deux pieds sur terre. Cela fait également vendre. L’autre côté de la vision peut-être moins. Il ne faut pas prendre de risques « financiers ». La télé aussi ne présente que les événements catastrophes. Je ne prêche pas, loin de là, car je ne « crois » pas. Je veux rester lucide et impartial. De la morale, alors ? Cela est aussi tellement variable. Je dirais plutôt par l’instinct primaire de « survie ». La Science peut apporter « pragmatiquement » des solutions à beaucoup de problème. Un choix ? Non, une obligation.


                                • Scipion (---.---.105.162) 1er avril 2006 11:59

                                  Mariage homosexuel et commerce d’organes ne sont pas sur le même plan, mais dans la même logique :

                                  J’AI ENVIE, DONC J’AI LE DROIT !

                                  Je vous l’emballe comme ça, ou je vous le fais traduire en moldo-valaque et hindi et en ourdou ?


                                  • Jojo (---.---.177.207) 1er avril 2006 12:08

                                    C’est une méconnaissance complète de ce qu’est l’homosexualité. J’avais déjà fourni un lien là dessus (inactivation du chromosome X chez la mère), mais monsieur ne lit pas l’anglais.

                                    Il préfère le moldo-valaque.

                                    Vu le nombre de textes de référence dans cet idiome, on ne peut être surpris par sa vision du monde.


                                  • Scipion (---.---.105.162) 1er avril 2006 15:50

                                    Qu’est-ce que l’inactivation du chromosome X a à voir avec ce mariage homosexuel, sorti de nulle part, qui a été inventé inopinément vers 1981-82 ?

                                    Vous n’êtes pas obligé de répondre.


                                  • Scipion (---.---.105.162) 1er avril 2006 16:07

                                    Vous pouvez développé, faxtronic ? Qu’on voie où vous voulez en venir ? Parce qu’autant qu’on puisse en juger, Henry Dunant, le Dr Schweitzer, Mère Teresa, le triste Jospin, le naïf Ben Jeloun, le sinistre Badinter ou l’abominable Albert Jacquard - smiley) -, eux aussi, poussaient, ou poussent, leur logique, jusqu’à ses ultimes conséquences...

                                    Il me semble que vous avez gaspillé une excellente occasion de vous taire...


                                  • Jojo (---.---.177.207) 1er avril 2006 21:35

                                    Mais je réponds.

                                    "Mariage homosexuel et commerce d’organes ne sont pas sur le même plan, mais dans la même logique :

                                    J’AI ENVIE, DONC J’AI LE DROIT !"

                                    C’est pas une ENVIE, c’est l’ordre NATUREL.

                                    Etre homosexuel est un don de la NATURE, se marier est dans la NATURE des choses.

                                    Donc.

                                    Sauf en moldo-valaque.

                                    Comme avoir un problème de développement cérébral. Un don qui ne vous empèche pas de poster sur AgoraVox.


                                  • Scipion (---.---.105.162) 1er avril 2006 23:11

                                    Vous n’avez rien résolu du tout, mon bon Jojo. Si le mariage homosexuel était naturel, son apparition aurait été simultanée à celle du mariage hétérosexuel. Au pire, il aurait été adopté par les Grecs, dont on connaît la complaisance à l’égard des invertis, il y a deux mille cinq cents ou trois mille ans.

                                    Si le mariage homosexuel était naturel, il n’aurait pas fallu attendre 1981, pour qu’il soit imaginé dans un squatt de San Francisco, entre deux tafs de shits, par des séropos qui, n’étant pas « de la famille », ne pouvaient pas visiter librement leurs « cons joints » agonisant dans des hostos californiens dont, par surcroît et au même motif, ils ne pouvaient pas hériter.

                                    C’est justement cette apparition soudaine - si vous aviez parlé de marier des tapettes en 1970 ou 75, on vous aurait pris pour un timbré absolu smiley) - et circonstancielle, qui prive l’« institution » de toute vraie légitimité.

                                    Un jour donc, elle sera abolie, ensuite de quoi, elle prendra place dans le grotesque bêtisier du droidlhommisme, qui perpétuera son souvenir, pour amuser les enfants normaux... smiley)


                                  • L'enfoiré L’enfoiré 2 avril 2006 09:24

                                    ReBonjour Scipio, J’ai eu l’occasion de vous répondre plus haut sur le problème réel de l’article. Puisqu’on dévie sur l’homosexualité, je me permettrais de dire ceci : Il y a une nuance tout à fait majeur entre la « permissivité » qui fera du tort à l’ensemble de l’« Humain » et celle qui par contre contribue à la réalisation d’un besoin naturel sans danger pour les autres. La liberté d’être, de vivre avec « son » esprit, « son » corps, dans « son » monde ’parfait’ ou ’imparfait’ (je vous laisserai juge) voilà une conquête perpétuelle. Les « qu’en dira-t-on », je n’en ai rien à cirer. « Tapette », « tapette et demi » dirais-je. Je n’utilise plus ce mot que pour désigner l’attrappe mouche. Et oui, l’évolution, c’est aussi cela.... A+


                                  • Jojo (---.---.164.22) 2 avril 2006 10:01

                                    Répondre de cette façon ordurière me rapelle quelqu’un...et ne fait pas avancer le smilblic, on n’est pas dans une réunion électorale.

                                    Sous les Grecs, l’esclavage existait, la terre était plate...

                                    La position de mâle ainé était une position de domination. La pénétration l’affirmation de cette domination. Rien à voir avec la NATURE, c’était une position philosophique.

                                    Que la civilisation évolue avec les connaissances, quoi de plus NATUREL.


                                  • Scipion (---.---.234.99) 2 avril 2006 10:40

                                    « La liberté d’être, de vivre avec »son« esprit, »son« corps, dans »son« monde ’parfait’ ou ’imparfait’ (je vous laisserai juge) voilà une conquête perpétuelle. »

                                    Y compris, donc, la liberté de vendre une cornée, un rein ou un bout de foie pour avoirt de quoi faire un pok’ avec les copains, ou un tour aux bandits manchots, « besoins naturels sans danger pour les autres », s’il en est !

                                    « Les »qu’en dira-t-on« , je n’en ai rien à cirer. »

                                    C’est grâce à cette charmante disposition, très largement répandue de nos jours, qu’on voit les incivilités se multiplier dans notre vie de tous les jours.

                                    «  »Tapette« , »tapette et demi« dirais-je. Je n’utilise plus ce mot que pour désigner l’attrappe mouche. »

                                    Figurez-vous que je dis aussi « Fiottes », « Tarlouzes », « Pédés », « Tantouzes », j’en passe une bonne douzaine... Et aussi « Nègres », si, si, si, si, je vous assure ! Et même « Bougnoules ».

                                    C’est en cela que je vous ressemble un peu. Moi aussi, le « quand dira-t-on », je m’en fous. Mais moi, c’est celui des « démocrates » qui me laisse froid... Ce qui fait que j’ai l’incivilité plus ciblée que d’autres !


                                  • Scipion (---.---.234.99) 2 avril 2006 10:53

                                    « Il ne te viens pas à l’idée que la prise de conscience augmentant, condamnation des viols aussi, celà favorise les témoignages. »

                                    Pas de chance smiley) Le psy de service explique que les filles tendent, de plus en plus, à penser que les tournantes font partie des prestations qu’elles sont censées fournir.

                                    Il note aussi que les cas traités par la justice n’ont pas augmenté au cours des dix dernières années, tandis que les faits avérés d’atteintes à l’intégrité sexuelle perpétrées par des mineurs ont augmenté de 300 %.

                                    Comme quoi, quand on ne sait pas, il ne faut pas « déduire ». C’est pareil pour « ...parce qu’ils sont Suisses ». On n’en sait rien. La population civile de la Suisse comporte tout de même vingt cent d’étrangers... ! Sans compter les frontaliers. Et ce sont les étrangers qui fournissent les gros bataillons de la population carcérale (80 % env.).


                                  • Scipion (---.---.234.99) 2 avril 2006 10:54

                                    « Il ne te viens pas à l’idée que la prise de conscience augmentant, condamnation des viols aussi, celà favorise les témoignages. »

                                    Pas de chancesmiley) Le psy de service explique que les filles tendent, de plus en plus, à penser que les tournantes font partie des prestations qu’elles sont censées fournir.

                                    Il note aussi que les cas traités par la justice n’ont pas augmenté au cours des dix dernières années, tandis que les faits avérés d’atteintes à l’intégrité sexuelle perpétrées par des mineurs ont augmenté de 300 %.

                                    Comme quoi, quand on ne sait pas, il ne faut pas « déduire ». C’est pareil pour « ...parce qu’ils sont Suisses ». On n’en sait rien. La population civile de la Suisse comporte tout de même vingt cent d’étrangers... ! Sans compter les frontaliers. Et ce sont les étrangers qui fournissent les gros bataillons de la population carcérale (80 % env.).


                                  • L'enfoiré L’enfoiré 2 avril 2006 19:13

                                    Avé Scipion, Je me suis toujours demandé pourquoi les jugements de justice me semblaient si souvent soit sibyllins ou répétitifs. Je commence à comprendre pourquoi. Répéter les choses de différentes manières en tappant plusieurs fois sur le même clou parvient à faire passer un message sans laisser une possibilité à la déviation de l’idée. « La liberté », c’est s’assumer tel quel sans gêner son entourage. Le « Qu’en dira-t-on, je n’en ai rien à cirer » est une phrase à associer à cette situation d’homosexualité dont on parlait. Le vocabulaire tellement riche dont vous semblez faire preuve ne se trouve pas non plus dans mon dictionaire. Donc pas de rapprochement ni de ressemblance possible de ce côté. Votre incivilité, Ok. Mais rien ne nous oblige à nous rencontrer. A+


                                  • faxtronic (---.---.183.158) 1er avril 2006 12:08

                                    Je suis aussi liberal. Scipion, tu pousse ta logique jusqu’au bout comme :
                                    - Pol Pot
                                    - Hitler
                                    - Staline

                                    Toute logique, toute ideologie est bonne en soi, même le fascisme. C’est poussé la logique jusquau bout qui donne des aberations abominables

                                    Tu es un malade, tu n’est pas un être humain.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès