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Accueil du site > Actualités > Santé > Les experts de la santé publique

Les experts de la santé publique

Faut-il faire confiance aux experts, notamment pour notre santé ? Donnez votre avis !

N’étant pas un spécialiste de la santé, je suis a priori confiant dans les experts et organismes nationaux ou internationaux qui évaluent régulièrement les systèmes de soins des pays développés. Globalement, ces évaluations sont plutôt bonnes pour la France comparativement à d’autres pays, même si l’on constate ces derniers temps une remontée de la Grande-Bretagne, assez mal classée il n’y a pas si longtemps, mais qui nous devancerait à présent aussi bien pour l’organisation du système de santé et les soins à l’hôpital que les consultations (selon la note de synthèse des résultats 2007 du Baromètre Pan Européen publiée le 04/02/2008). Il y a peu, certains comptes rendus relatés par les médias évoquaient encore un système, le nôtre, qui était "le meilleur du monde". Et Jacques Attali note à la page 7 de son dernier rapport que la France dispose d’un système de santé de "haut niveau", ce qui ne l’empêche pas de vouloir le réformer dans le but principal de mieux maîtriser les dépenses.

Sur tous les aspects relatifs à la qualité des soins et au coût de ceux-ci je suis donc tenté de m’en remettre à ces experts dont c’est après tout le métier surtout depuis qu’une fièvre évaluatrice s’est emparée de notre pays pour tout rationaliser en tout comme si chaque travailleur, ou simplement citoyen, était assigné à la perfection et devait se comporter comme une machine à produire, dans tous les domaines. Il n’y a qu’un pas jusqu’aux enseignants qui pourraient être soumis, non seulement aux notations déjà en vigueur, mais aussi à des évaluations nouvelles sur des critères qui restent à définir pour que les consommateurs de l’enseignement puissent savoir précisément à qui ils confient leur enfant et pour quels résultats garantis. Je ne connais pas la durée de ladite garantie, mais pour ne rien laisser dans l’ombre à notre époque de transparence totale j’attends avec impatience l’évaluation des artistes et des rêveurs afin de savoir si notre imaginaire est, lui aussi, suffisamment performant pour répondre avec succès aux critères inventés avec tant de sagacité par Big Brother.

Finalement tout serait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes de l’évaluation si l’on ne s’apercevait avec effroi, pour s’en tenir seulement aux questions relatives à la santé, de certaines erreurs flagrantes du système. Par exemple, il se tient actuellement un procès concernant une utilisation pour le moins peu précautionneuse par certains médecins de l’hormone de croissance alors même que les Etats Unis avaient tiré depuis longtemps la sonnette d’alarme sur un procédé qui a cependant continué d’être utilisé en France, avec des prélèvements douteux. Personne n’a oublié l’énorme scandale du sang contaminé. Et pas davantage celui des personnes exposées à l’amiante dont la toxicité était connue depuis le début du XXe siècle, mais que la plupart des médecins du travail concernés ont continué de banaliser jusque vers les années 1990 en parlant de bronchite passagère à des personnes susceptibles de mourir d’un cancer du poumon. On se souvient des irradiés militaires et civils lors des essais de notre bombe atomique en Afrique du Nord, ou dans le Pacifique. Chacun s’accordait pourtant à clamer haut et fort (comme lors du nuage de Tchernobyl qui a traversé la France) qu’il n’y avait "aucun risque". Aujourd’hui cette question de l’irradiation revient sur le tapis, mais à un niveau purement médical, pour des centaines de personnes qui ont été soumises à des traitements inadaptés. Et je ne dirai rien de certains escrocs de la recherche sur le cancer qui ont été un peu longs à démasquer en dépit de contrôles financiers draconiens, ou du vaccin contre l’hépatite B, présenté un temps comme une nécessité absolue pour la santé des populations...

Demain on parlera peut-être de la neurotoxicité (largement établie) de certains dérivés de l’aluminium quand il se glisse sous forme de sels solubles (le sulfate d’aluminium entre autres) dans l’alimentation (colorants, saumures etc.), l’eau de boisson, les médicaments, les vaccins, les ustensiles de cuisine, les déodorants, etc. Certains chercheurs se demandent même s’il n’y aurait pas un lien avec la maladie d’Alzheimer. Comme un plan vient d’être proposé par le gouvernement à ce sujet il serait peut-être utile, mais je ne suis pas expert, de s’en préoccuper un peu, si toutefois les lobbies industriels laissent faire car la France étant le berceau historique de l’aluminium a de gros intérêts à défendre en ce domaine. Et l’on pourrait parler aussi de tous les insecticides, pesticides et produits phytosanitaires dont notre pays est un très gros consommateur, en plus des médicaments psychotropes (on parle à ce sujet de soigner par Prozac pour grande dépression un grand nombre d’enfants : 40 000 seraient concernés, avec la mise en place d’un dispositif national pour surveiller a posteriori les effets secondaires, mais on connaît déjà ceux de la Ritaline...). Et aussi des peintures, colles et revêtements en tout genre, mais après tout ce n’est pas parce que certains dommages collatéraux sont annoncés qu’ils arrivent toujours. Heureusement le pire n’est pas toujours sûr, et Monsanto est ravi des OGM qu’il vend.

Je devine bien entendu qu’il y aura certainement des gens pour affirmer que les différents organismes concernés (souvent liés au pouvoir) n’y sont pour rien parce que tous ces problèmes de santé publique proviennent au contraire du fait qu’il n’y avait pas assez d’experts de contrôles et d’évaluations en tout genre. D’ailleurs la réglementation européenne REACH récemment mise en place a précisément pour mission d’évaluer la toxicité éventuelle d’une partie des quelques 30 000 molécules chimiques produites ou vendues à plus d’une tonne annuelle en Europe. Avec 100 personnes d’ici la fin de cette année pour faire ce travail et 450 en 2010 me voilà donc tout à fait rassuré pour ma santé et celle des autres. Profitons donc de la vie tant qu’il est encore temps et cultivons notre jardin.

Astus


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9 réactions à cet article    


  • eugène wermelinger eugène wermelinger 7 février 2008 13:50

    Excellente analyse ASTUS. Ne jamais faire confiance aux experts patentés pourrait être la recommandation. Fort triste réalité.


    • Voltaire Voltaire 7 février 2008 15:28

      Les experts ont souvent raison. En revanche, il est plutôt rare qu’on tienne compte de leurs avis, ou qu’on les laisse faire leur travail sans pression...


    • MJO MJO 7 février 2008 20:01

      Cette analyse n’est pas objective car elle ne mentionne que l’aspect négatif... Outre le fait qu’ils subissent des pressions, c’est si complexe que les experts ne peuvent pas tout prévoir... c’est encore en Angleterre que la prise en charge des maladies orphelines est la plus mauvaise... elle fait certainement des progrés mais pas gratuitement... Personne n’est infaillible mais tout le monde a oublié comment vivaient les français il y a moins d’un siècle... de procédures en procédures, nous allons... comme un malade du cancer qui se plaint (des médicaments qui l’ont sauvé) car il a des réactions cutanées secondaires. C’est aussi cet aspect là qu’il faut mettre en parallèle. On ne voit plus l’aspect positif mais pourtant, il faudra s’habituer au pire pour ceux qui n’auront pas les moyens financiers de se faire soigner...


      • astus astus 8 février 2008 15:51

        Vous avez tout à fait raison : mon analyse n’est pas objective car elle est subjective, c’est à dire qu’elle tient compte d’un ressenti face à des dégâts qui sont, eux,  malheureusement bien réels et objectifs en affectant la santé d’un grand nombre de personnes au point de constituer un problème de santé publique. Il est indéniable pourtant que la santé de chacun s’est globalement améliorée depuis un siècle mais c’est pour une assez large part en raison des progrès de l’hygiène, de l’alimentation et de la connaissance en général. Pour autant je ne nie pas les ceux de la médecine et connais moi aussi des malades qui se plaignent des médicaments qui les ont sauvés.

        Mais le problème que je souligne n’est pas là, en tous cas pas à un niveau individuel ou de recherche sur telle ou telle maladie spécifique. J’évoque en priorité une question de santé PUBLIQUE pour tenter de mettre en avant des principes de précaution et une démarche plus préventive que curative au niveau le plus large possible. Il serait temps en effet que nos experts, dont je ne conteste pas la compétence dans certains domaines très pointus, sortent de leur strict champ de recherche pour faire de la pluridisciplinarité, qu’ils quittent leur individualisme et leur morcellement conceptuel pour oser s’engager aussi dans le champ politique, au sens noble de ce terme, c’est à dire dans la cité, pour expliquer ce qu’ils font et pourquoi ils le font. Cela leur permettrait d’apprendre des autres au lieu de vouloir leur en remontrer car pour ma part je n’attends pas vraiment des experts des constats scientifiques pointus souvent incompréhensibles pour le commun des mortels qui donnent lieu à d’interminables batailles de chiffres. Je leur souhaite seulement un peu de conscience et de bon sens, ce qui n’interdit pas le savoir.

        Or il ne faut pas être grand clerc pour penser, même en l’absence d’études exhaustives, que la masse énorme mise sur le marché pour des raisons essentiellement commerciales de molécules chimiques de toute sorte, des pesticides aux psychotropes, ne va pas être excellente à terme pour la santé des populations, de la même manière que la fabrication et la consommation effrénée de biens artificiels peu durables ne va pas être, à terme, excellente pour celle de notre planète. Je reconnais que ces points de vues sont plutôt subjectifs mais il serait peut-être temps que les adeptes des sciences dites "dures" prennent conscience que la subjectivité est aussi un fait qui produit des effets très réels et concrets même s’ils ne sont pas toujours mesurables.

        Astus

         

         


      • MJO MJO 11 février 2008 00:31

        Pensez-vous qu’il existe en ce monde un seul individu capable de maitriser totalement plusieurs disciplines scientifiques et d’avoir une vision globale ? Pensez-vous que l’individualisme est le seul fait des scientifiques ? Ne pensez-vous pas que ce sont plutôt les économistes qui décident ? alors que la recherche fait de plus en plus appel au secteur privé, que peut faire un scientifique sans moyens financiers. rien... c’est un cercle viscieux mais je suis de votre avis pour ce qui est du résultat.

        Ni expert, ni scientifique, je ne suis pas qualifiée pour répondre à ce texte. Mais, souhaitez-vous une approbation ou un réel dialogue ouvert et constructif sur ce sujet ? A mon humble avis, être subjectif au départ n’est pas incitatif.


      • JPB 8 février 2008 18:55

        Bonjour,

        Vaste question, très intéressante ! Je pense qu’il faut citer des exemples précis, et des contre-exemples.

        Je suis allé voir le film ’’ Elle s’appelle Sabine ’’, de Sandrine Bonnaire . Selon elle, les premiers médecins psychiatres qui ont soigné Sabine ont fait une estimation erronée de la maladie que présentait Sabine lors de son admission en hôpital psychiatrique. Le film montre Sabine avant son entrée en hopital psychiatrique, puis juste après sa sortie, puis son évolution par la suite , avec de nouveaux soins. Celà permet de découvrir que d’autres professionnels de la santé mentale ont des résultats formidables avec Sabine depuis qu’ils l’aident à vivre décemment et qu’ils diminuent les doses de médicaments.

        Le point important à souligner est aussi que les psychiatres initiaux ont refusé d’admettre leur erreur ( Je tiens cette information de la bouche même de Sandrine Bonnaire, car j’étais présent à la discussion qu’elle a eu avec les spectateurs à la fin de la première projection de son film à Lyon, vendredi 1er Février dernier, au cinéma le Comoedia ). C’est à dire que sans l’intervention de Sandrine, Sabine serait toujours - et encore plus, probablement - une zombie.

        Donc il y aurait différentes compétences : de très bons experts, de très mauvais experts.

        Je reste très vigilant sur toute expertise, et je demanderai toujours à voir les capacités effectives de tout expert. Pour celà je me renseignerai sur lui en trouvant des gens qui ont eu affaire avec lui.

        Mes amités à toute l’équipe d’Agoravox

        JPB


        • Bof 11 février 2008 21:58

           J’ai eu trop de connaissances qui ont été " lapidées" à Outreau,à un très mauvais moment pour nous car proche de Sangatte libéré , pour faire encore confiance à un seul expert surtout s’il est agrée par l’état .

           Que ce soit dans le batiment, explosion d’une ligne électrique sous le trottoir et à peu de distance d’une canalisation très importante de gaz MAIS encore plus en médecine ,avec tous les scandales du sang, des vaches, et maintenant des vaccins où des gens en civil sont venus emporter mon prof. à la sortie de son cours sur le bcg en 1969 alors qu’en 2007 , pendant l’été, j’ai appris qu’il avait raison . Combien de personnes ont souffert du vaccin bcg depuis ce temps et quel cout pour la sécurité sociale ? Il entrediendrait simplement la tuberculose dans les pays où l’on vaccine ...mais, qui a raison ?? les pauvres citoyens que nous sommes ne pouvons pas le savoir . On ne parle pas du double aveugle qui a bien l’air de porter son nom car c’est un test pour vérifier l’efficacité d’un traitement selon les pharmacologues et non ce qu’on ose lui faire dire , c’est ainsi que l’on a les affaires sur le vioxx et autres...

           Pour l’amiante, je me souviens que l’absence de plaque sous le bec bunzen équivalait à être viré avec zéro éliminatoire ,donc approuvé par tout le monde médical du plus haut niveau par contre, ma mère n’est pas décédée de cela et je suis encore en bonne santé ...deux poids, deux mesures...de même que des "flocqueurs" vivent encore en bonne santé.

           En gros, on a pas à se dire expert quand on n’y connait rien . Les études longues et difficiles ne peuvent donc pas toujours aboutir au niveau de l’expertise ! il manque donc de très lourdes sanctions pour aider les citoyens à se sortir des mains de ces sales experts qui cachent certainement les vrais.


          • Lisa SION 2 Lisa SION 12 février 2008 04:01

             Bonsoir,

             

            Ne pourrait-on pas une fois pour toutes séparer les astronomes des astrologues, et les scientifiques des scientologues  ?

             

            Quand les premiers vous montrent l’espace avec une infinie sensibilité, c’est pour vous convaincre de votre petitesse, sans pour autant vous soumettre, ni défier Dieu.

             

            Quand les seconds tendent leur doigts vers le ciel et vous montrent avec insistance où est la direction, il en profitent pour, de l’autre main, vous faire les poches... !

             

            Tout mène à croire aujourd’hui, que les miracles de l’Eglise sont possibles par la complicité des experts médecins, et l’usage du délit de faiblesse de leurs victimes choisies.

             

            Les puissants grands empoisonneurs de notre quotidien ne sont pas pressés de fermer le robinet de la chimie à domicile, uniquement parce qu’ils ont aussi développé, préparé, et sont prêts à autoriser leurs antidotes. Ils attendent juste d’avoir contaminé le plus grand nombre, et d’avoir réduit au silence les bons experts.

             

            Vous même qui témoignez courageusement de vos doutes sur tous ces scandales réunis, et demandez au million de lecteurs mensuels d’avox, n’obtenez que sept petits commentateurs également courageux de bien vouloir laisser une trace sur ce support, et huit votes...Vous ètes loin d’avoir mobilisé une armée !

             

            Mais, néanmoins, un seul grain de sable peut parfois suffire à enrayer la machine infernale...

             

            Ce n’est pas seulement la médecine qui a permis d’augmenter la durée de vie humaine, mais aussi le confort et l’amour. Ce dernier est en plus, parfaitement gratuit ;

             

            Cordialement.


            • Dolores 15 février 2008 18:43

               

              Les experts sont souvent au service des lobbies. Ils sont payés pour démontrer que les produits les plus nocifs sont excellents pour la santé.

              Les autres, indépendants, n’ont pas droit à être entendus : ça gênerait le commerce et les gros bénéfices !

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