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Accueil du site > Actualités > Santé > Les grands progrès dans la lutte contre le paludisme

Les grands progrès dans la lutte contre le paludisme

« La lutte mondiale contre le paludisme est l’un des grands succès de la santé publique ces quinze dernières années. » (Dr. Margaret Chan, directrice générale de l’OMS, le 17 septembre 2015).



Ce jeudi 17 septembre 2015, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS, WHO en anglais), l’instance de l’ONU sur la santé publique mondiale, a publié un nouveau rapport sur la lutte contre le paludisme, intitulé "Achieving the Malaria Millenium Development Goal Target" (qu’on peut télécharger ici), signé par Margaret Chan, la directrice générale de l’OMS, et Anthony Lake, le directeur exécutif de l’Unicef.

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En l’an 2000, l’OMS s’était défini un certain nombre de priorités, et en particulier lutter efficacement contre le paludisme, la tuberculose et le sida. Le paludisme est l’une des maladies qui tuent le plus dans le monde et elle est pourtant techniquement facile à prévenir ou à soigner, mais pour cela, il faut des fonds d’aide. Un vaccin semble même en bonne voie.


Qu’est-ce que le paludisme ?

Rappelons rapidement ce qu’est le paludisme, appelé aussi dans les pays anglo-saxons malaria (c’est la même chose). Il s’agit d’une maladie infectieuse causée par un parasite, le Plasmodium falciparum, un protozoaire qui est transmis à l’homme par la glande salivaire de près de cinquante des plus de cinq cents espèces connues d'anophèle femelle, un moustique qui est très fréquent dans les zones tropicales et dans les marais. Il existe aussi trois autres espèces de Plasmodium dans des zones géographiques différentes, le Plasmodium vivax, le Plasmodium ovale et le Plasmodium malariae, qui sont un peu moins dangereux.

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Ce parasite, une fois dans le corps humain, est véhiculé par le sang et se loge dans le foie, où il se reproduit mais n’y est pas encore actif. Lorsqu’il sort du foie, il rejoint la circulation sanguine et fait éclater les globules rouges.

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C’est lorsque ces globules rouges sont détruits que la fièvre survient, qui peut être très élevée (41°C), celle-ci peut donc survenir plusieurs jours voire semaines après l’inoculation du protozoaire et se répéter régulièrement tant qu’il reste présent dans l’organisme. Certaines complications peuvent survenir lorsque les tissus cérébraux sont atteins et entraîner un coma. Sans soins, la maladie est mortelle, principalement pour les plus faibles, en particulier les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes.


Comment éviter le paludisme ?

Il existe trois types de protection pour les hommes. D’une part, se protéger des piqûres de moustique dans les zones à risque (essentiellement tropicales, voir la carte qui peut évoluer, notamment à cause du changement climatique), en utilisant des moustiquaires, en recouvrant les parties dénudées du corps, en aspergeant la peau, les vêtements et les moustiquaires de produits sprays qui font répulsion, et aussi en employant des "armes chimiques" (comme le DDT), souvent abandonnées en raison de leurs nuisances écologiques. D’autre part, prévenir la maladie avec certains médicaments, si la chloroquine est de moins en moins efficace à cause de souches résistantes, d’autres molécules comme la méfloquine sont efficaces pour servir de boucliers préventifs.

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Hélas, c’est un bouclier qui coûte cher. Il faut compter environ 150 euros pour un mois. C’est donc possible pour les voyageurs soucieux de leur santé, pour des courts séjours dans une zone à risque, mais c’est beaucoup moins facile de l’avoir pour les habitants permanents (cela coûte près de 2 000 euros par an !). C’est donc évidemment une maladie de pays pauvres à double titre : parce que les pays pauvres n’ont pas les moyens de protéger l’ensemble de leur population par l’ingestion d’un médicament préventif en permanence, et parce qu’ils sont généralement situés en zone tropicale. C’est l’un des fléaux les plus mortels du continent africain.

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Enfin, la voie vaccinale semble très prometteuse. Le 8 août 2013, des chercheurs américains avaient par exemple annoncé d’excellents résultats lors de l’essai clinique en phase 1 d’un vaccin contre le paludisme, qui a donné 100% de protection chez 6 des 9 adultes ayant reçu une forte dose (40 personnes de 20 à 44 ans avaient participé à cet essai clinique). Les tests doivent être étendus à plus de personnes d’origine géographique diverse et vérifier la permanence de leur protection dans la durée. Ces recherches ont été menées par le laboratoire Sanaria et financées notamment par l’Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAD) et le Naval Medical Center. Un autre vaccin, moins protecteur et en phase clinique plus avancée (phase 3), avait été développé par l’organisation non gouvernementale Path, le laboratoire britannique GlaxoSmithKline et la Fondation Bill Gates, dont les résultats ont été publiés en 2012.

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Lorsque la maladie est déclarée, il est urgent de se faire traiter le plus rapidement possible, avec de la quinine (pour lutter contre la fièvre) et des antibiotiques ou antipaludiques.


Des statistiques encourageantes

En quinze ans, le taux de mortalité du paludisme dans le monde a chuté de 60%. Cela signifie 6,2 millions de vies épargnées, surtout des enfants, c’est énorme ! Mais ce n’est pas suffisant pour autant. L’objectif du Millénaire pour le développement (Millennium Development Goal) a donc été atteint, qui consistait à avoir « maîtrisé le paludisme et commencé à inversé la tendance » d’ici 2015. C’est une "inversion de courbe" qui, elle, n’est pas imaginaire ni virtuelle. En quinze ans, le nombre de nouveaux cas de paludisme a baissé de 37%.

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En effet, un nombre croissant de pays sont sur le point d’éliminer le paludisme. Treize n’ont recensé aucun cas en 2014, six autres pays ont recensé moins de 10 cas. Les baisses les plus rapides sont dans le Caucase et en Asie centrale (aucun cas), et aussi en Asie orientale.

La guerre n’est cependant pas terminée. En 2015, les estimations font état encore de 214 millions de nouveaux cas et 438 000 personnes tuées par la maladie, pour plus des deux tiers, des enfants de moins de 5 ans. Mais les progrès sont éloquents. En 2010, 655 000 personnes sont mortes du paludisme, et en 2000, il y en a eu 985 000, c’est-à-dire 2 personnes par minute. Il faut se rappeler que près de la moitié de la population mondiale, à savoir 3,2 milliards de personnes, vit dans des zones à risque.

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Quinze pays d’Afrique subsaharienne représentent les quatre cinquièmes des cas de mortalité dus à cette maladie (80% des cas de paludisme, 79% des décès, au niveau mondial). Ces pays sont entre autres le Nigeria, l’Inde, l’ex-Zaïre et le Mali, Les principales victimes sont des enfants qui sont dans des zone très isolées et très pauvres.

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Anthony Lake, de l’Unicef, est donc sans ambiguïté : « Nous savons comment traiter et prévenir le paludisme. C’est donc une obligation. ». Celle d’atteindre ces enfants et de les traiter et soigner.


Les progrès sont proportionnels aux financements

En quinze ans, les financements multilatéraux dans le monde pour lutter contre le paludisme ont été multipliés par vingt (en 2014, l’ensemble de ces fonds a atteint environ 2,7 milliards de dollars). Les budgets nationaux des pays concernés ont eux aussi progressé. Certains États africains ont fait de la lutte contre le paludisme leur priorité de santé publique. Des pays comme Madagascar, le Burkina Faso (victime d’un coup d’État ce 16 septembre 2015), le Niger, la Guinée-Bissau et la Tanzanie ont notamment fait beaucoup d’effort.

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Depuis 2000, environ un milliard de moustiquaires aspergées d’insecticide ont été distribuées en Afrique. Le résultat, c’est que maintenant, 68% des enfants de moins de 5 ans en Afrique subsaharienne peuvent en bénéficier et dormir protégés (ils n’étaient que 2% en 2000).

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Un nouveau plan pour la période 2015-2030 a été mis en place pour se focaliser sur la population des quinze pays les plus touchés par le paludisme, nécessitant de nouveaux fonds d’aide. Pour atteindre les objectifs de l’OMS, il faudrait un financement de 6,4 milliards de dollars en 2020 et jusqu’à 8,7 milliards de dollars en 2030.

Le but est très ambitieux puisqu’il s’agit d’éradiquer cette maladie de la planète, ce qui est, je le répète, techniquement possible. Comme on le voit, les progrès sont simplement proportionnels aux fonds investis dans cette cause mondiale.

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Voilà une action extraordinairement positive des Nations Unies en faveur de la préservation de la vie humaine. 6,2 millions de sauvés et sûrement bien plus dans un avenir proche. Lorsque la raison l’emporte sur l’indifférence, il peut y avoir …des grands miracles !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (19 septembre 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Rapport de l’OMS sur le paludisme 2000-2015 (à télécharger).
Les progrès dans la lutte contre le paludisme.
Vaincre le paludisme, une priorité pour sauver l’Afrique.
Les virus géants vont-ils nous envahir ?
L’arbre de la vie.
Découverte du virus du sida.
Vaccin contre le sida ?
La grippe A.
Un nouveau pape de la médecine.

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8 réactions à cet article    


  • njama njama 19 septembre 2015 11:40

    Enfin, la voie vaccinale semble très prometteuse.
    Est-ce que l’OMS veut réellement du Bien à l’Afrique comme à d’autres pays ?
    .
    Le paludisme pourrait être traité de façon très simple et très économique, par la culture de l’ ARTEMISIA ANNUA mais pour des raisons assez obscures cela ne convient pas à l’OMS qui, dans son rôle de Vatican de la santé mondiale, bien que reconnaissant très clairement son efficacité, veut imposer de l’associer à d’autres substances. ET pour imposer sa doxa thérapeutique l’OMS légifère ** pour rendre illicite le recours à l’Artemisia :
    -
    Ces plantes qui font trembler Big Pharma vendredi 17 octobre 2014 - par olivier cabanel

    Dernière péripétie en date : l’OMS, s’exprimant au sujet d’une plante étonnante, l’artémise annua « prie instamment les autorités réglementaires des pays d’endémie palustre de bien vouloir prendre des mesures visant à cesser la production et la commercialisation de ces monothérapies par voie orale, et de promouvoir l’accès à des combinaisons thérapeutiques à base d’artémisine satisfaisants aux normes d’assurance qualité  ».
    lien >> Retrait des monothérapies à base d’artémisinine par voie orale :

    ** Mandat de l’Assemblée mondiale de la Santé

    En 2007, les États Membres de l’OMS ont adopté la Résolution WHA60.18 qui appelle à un retrait progressif des monothérapies à base d’artémisinine par voir orale des marchés. Les monothérapies par voie orale doivent être retirées de toutes les pharmacies et établissements de santé dans le monde ; seules les formulations par voie rectale comme traitement pré-transfert et les formulations injectables pour la prise en charge des cas de paludisme sévères devraient rester disponibles en monothérapies. Les combinaisons thérapeutiques n’existent pas encore pour la prise en charge du paludisme sévère.

     http://www.who.int/malaria/areas/treatment/withdrawal_of_oral_artemisinin_b ased_monotherapies/fr/


    • njama njama 19 septembre 2015 11:56

      lien >> Retrait des monothérapies à base d’artémisinine par voie orale
      http://www.who.int/malaria/areas/treatment/withdrawal_of_oral_artemisinin_b ased_monotherapies/fr/


    • amiaplacidus amiaplacidus 19 septembre 2015 11:46

      Rakotoarison, en une semaine, 9 articles :

      - Discours sur l’état de l’Union : le premier de Jean-Claude Juncker,
      - L’Apocalypse par l’invasion de adénovirus géants ?
      - Le Père Gilbert et ses visages d’ange
      - Marignan, victoire marketing à la gloire de François Ier
      - Fausses peurs et vrais défis
      - Bernard d’Espagnat, une pensée quantique complexe
      - Jean d’Ormesson, le dandy doyen
      -Un exemple d’émigration massive
      - Les grands progrès dans la lutte contre le paludisme

      Décidément Rakotoarison est le Pic de la Mirandole moderne, omniscient, comme aurait dit le regretté commissaire San-Antonio : l’homme qui remplace le beurre.

      Bref, un champion du copié-collé. Il est vrai que, faute d’avoir des idées personnelles, on peut répercuter celles des autres.


      • njama njama 19 septembre 2015 22:35

        Rakotoarison

        1108 articles publiés depuis 03/ 2007
         632 commentaires
        commentaires reçus
        29825, soit une moyenne de 27 commentaires par article

        article publiés depuis un mois 18
        commentaires reçus depuis un mois 268
        commentaires postés 0

        ce n’est même plus la peine de l’interpeller
        comme en plus il ne maîtrise pas tous ses sujets, il est incapable de répondre aux commentaires


      • njama njama 19 septembre 2015 11:48

        ACP - Artemisia contre paludisme

         le paludisme sévit dans la plupart des régions tropicales et menace 40% de la population mondiale. Or ce sont des populations bien souvent affaiblis par des situations économiques et précaires.
        L’accès aux traitements conventionnel est alors réduit. Pourtant il existe des solutions alternatives. Certaines plantes, que chacun peut cultiver et utiliser (sous forme de tisanes notamment), permettent de lutter contre le paludisme. Ainsi l’artemisia annua est utilisée pour lutter contre le paludisme depuis des centaines d’années en chine.
        .
        C’est dans le but de promouvoir l’Artémisia annua et autres antipaludéens naturels que ACP (Artemisia Contre le Paludisme) a été créée.
        ACP a pour objet de :

         • Faire connaître et diffuser artermisia annua en matière de lutte contre le paludisme (malaria) ainsi que les autres antipaludéens naturels.
         • Permettre la culture dans les zones à risque par la fourniture de :
         • Initier ou aider à des actions de recherche pour améliorer l’efficacité d’artermisia annua
         • Favoriser par tous les moyens légaux à notre disposition la circulation de cette plante.
         • Favoriser l’accès d’autres méthodes de lutte notamment l’accès à des moustiquaires.
        http://www.acp-paludisme.org/index.html
        .

        Présentation de la plante, conseils de culture ...
         »Les feuilles de l’armoise annuelle (Artemisia Annua), originaire d’Asie, renferment une propriété antipaludique « L’ARTEMISINE » . Cette plante a été utilisée pendant des siècles par la médecine chinoise traditionnelle contre la fièvre et le paludisme."

        Comment l’utiliser Utilisation comme Antipaludéen : Artemisia Annua s’est révélée efficace à titre curatif et non préventif contre des formes graves de paludisme (en particulier contre Plasmodium falciparum devenu en de nombreux endroits résistants aux médicaments classiques). C’est donc une alternative simple à la portée des populations soumises à ce fléau. De bons résultats sont obtenus avec des cures sous forme de tisanes : Quand l’utiliser ?
        Au moment des fièvres Comment l’utiliser ?
        Faire bouillir 1 litre d’eau puis ajouter 10 g de feuilles séchées, boire dans la journée. Il est conseillé de boire 1 litre par jour de cette tisane pendant 5 jours.
        .
        http://www.acp-paludisme.org/plante...


        • njama njama 19 septembre 2015 13:24

          Vidéo -Ils inventent un savon anti-paludisme pouvant sauver des milliers de vies https://www.youtube.com/watch?t=17&v=tJ85SktPaVw

          Ces deux jeunes chercheurs ont mis au point un savon permettant d’éloigner les moustiques et de tuer leurs larves, empêchant le paludisme de se transmettre.
          Une solution accessible à tous

          Ce savon particulier est composé à partir de citronnelle, de karité et d’autres ingrédients naturels gardés secrets. Produit à partir de ressources locales, il est conçu pour être accessible à tous. Se laver et faire sa lessive avec ce savon permettraient, en principe, d’éviter la prolifération des moustiques qui se reproduisent rapidement dans les eaux stagnantes. Avantage de taille, ce savon ne présente pas d’effet secondaire contrairement aux habituels traitements préventifs. De plus, il ne sollicite aucun changement d’habitude et offre un atout non négligeable dans les pays où la maladie frappe : un très faible coût.

          Gérard Niyondiko et Moctar Dembélé, les deux étudiants inventeurs, espèrent pouvoir concrétiser leur projet et commercialiser le Faso Soap au prix de 300 francs CFA, soit 46 centimes d’euros l’unité. En 2013, ils ont d’ailleurs reçu un prix de l’université de Berkeley en Californie lors de la Global Social Venture Compétition, pour le génie de leur invention pourtant si simple.
          source : http://www.ferloo.com/2015/09/16/video-ils-inventent-un-savon-anti-paludisme-pouvant-sauver-des-milliers-de-vies-a8902.html
           autre article avec vidéo en anglais : http://www.la1ere.fr/2013/04/23/des-etudiants-africains-inventent-un-savon-contre-le-paludisme-30687.html


          • njama njama 19 septembre 2015 13:28

            donc en combinant le FASO SOAP à titre préventif, en usage quotidien, et l’ ARTEMISIA ANNUA pour le curatif en cas d’infection, voilà deux remèdes à très bas prix qui peuvent être p^roduit localement pour réduire le paludisme smiley
            et au diable les vaccins de Big Pharma ...


          • sarcastelle 19 septembre 2015 19:16

            Un moyen bon marché de réduire le paludisme s’appelait le DDT, avant que la conscience écologique découvre que sa concentration dans les gonades de la libellule arc-en-ciel peut diminuer sa fertilité. 


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