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Accueil du site > Actualités > Santé > Les hôpitaux sont-ils au bord du gouffre ?

Les hôpitaux sont-ils au bord du gouffre ?

Depuis le 16 mai et jusqu’au 19, l’hôpital s’expose Porte de Versailles à l’occasion du salon « Hôpital Expo-Intermedica  » qui se tient tous les deux ans. C’est l’occasion pour le Blog citoyen de faire un point sur la situation délicate des hôpitaux. En effet, l’analyse des problèmes budgétaires décriés depuis ce début d’année conduit à penser que les établissements hospitaliers sont au bord du gouffre. Les réponses apportées par le ministre de la santé et des solidarités se veulent pourtant rassurantes, et celui-ci a mis en garde mercredi les professionnels de l’hôpital qui dénoncent les conditions budgétaires difficiles des établissements. Néanmoins, lors des questions au gouvernement, mercredi 17 mai à l’Assemblée nationale, le député Olivier Jardé (UDF, Somme) a interpellé le ministre de la santé sur la situation budgétaire difficile des hôpitaux, qui seraient « au bord du gouffre » avec un déficit de 1,5 milliard d’euros. Alors, qui faut-il croire ?

La manifestation Hôpital Expo-Intermedica rassemble 800 exposants de tous les secteurs liés au monde hospitalier, autour de six zones thématiques : administration et gestion, logistique, plateau technique, informatique et NTIC, gérontologie, soins et hébergement. Ce sont 26 000 visiteurs sur quatre jours qui sont attendus. Vous l’aurez compris, il s’agit de l’une des plus importantes manifestations ayant pour thème l’hôpital. Alors, si le monde de la santé vous intéresse, comme professionnel ou comme simple citoyen, n’hésitez pas à venir y faire un tour.

Cette année, ce salon est organisé dans un contexte difficile. Alors que les Français ont récemment confirmé leur attachement à l’hôpital (cf. sondage TNS Sofres réalisé pour le compte de la FHF), les professionnels de santé, que ce soient les médecins récemment en grève (cf. article du NouvelObs, ou de l’Humanité), les directeurs ou les entreprises sont inquiets de l’évolution du contexte budgétaire engagé en ce début d’année 2006, et sont particulièrement à l’écoute de toutes les informations que les personnalités invitées et présentes sur le salon pourraient apporter.

C’est ainsi que Claude Evin, ancien ministre et actuel président de la FHF, s’exprimant devant le ministre de la santé, Xavier Bertrand, est revenu longuement, dans son discours d’inauguration, sur la politique budgétaire actuelle conduisant à une « insécurité financière » des établissements de santé et participant au « remodelage du paysage hospitalier par la pénurie ». Il faut dire que ses propos ne semblent pas affectés par une exagération de la situation, si nombreux apparaissent les établissements hospitaliers à devoir présenter un budget 2006 en déficit, voire à rejeter le budget qui leur est présenté. Ainsi, Claude Evin a souligné qu’après un premier recensement, il apparaissait que « 158 hôpitaux dont 18 centres hospitaliers universitaires (CHU) ont évalué leur compte prévisionnel d’exploitation en déficit, pour un montant cumulé qui atteint plus de 400 millions d’euros. » Claude Evin a dit attendre « avec patience mais vigilance la concrétisation des intentions » du ministre de la santé, lequel a indiqué la semaine dernière que les crédits, tels qu’ils sont prévus, seront bien affectés aux hôpitaux sur l’ensemble de l’exercice. Claude Evin a également critiqué le rapport du Pr Guy Vallancien sur la restructuration de la chirurgie, notamment en raison de l’accent mis sur le seul secteur public, et conduisant à une « simplification dangereuse » entre sécurité et proximité des soins (Retrouvez plus détails sur le site de la FHF)

Quant au ministre de la santé et des solidarités, Xavier Bertrand, il s’est engagé à faire un point « sur la situation budgétaire des hôpitaux au cours de la première quinzaine de juillet », et de préciser que tous les crédits correspondant à la progression de 3,44% fixée pour les dépenses hospitalières en 2006 « n’ont pas encore été délégués ». Il a néanmoins appelé l’hôpital à participer à « l’effort de redressement » des comptes de l’assurance maladie. Lorsqu’on analyse les situations budgétaires des établissements hospitaliers, ce type de discours relève quasiment de l’injonction paradoxale.

Il convient de préciser qu’un grand nombre d’établissements hospitaliers sont contraints de présenter un budget prévisionnel 2006 en déficit. Ainsi, le CHR d’Orléans a présenté un budget avec un déficit prévisionnel de 1 million d’euros, obligeant la direction à prévoir un plan d’économie pour satisfaire aux exigences de retour à l’équilibre. C’est également le cas du CHU de Rouen (déficit prévisionnel de 15 millions d’euros), de celui de Besançon (déficit prévisionnel de 13,3 millions d’euros), de celui de Strasbourg (déficit prévisionnel de 11 millions d’euros), de celui de Toulouse (déficit prévisionnel de 15,3 millions d’euros), de celui de Nice (déficit prévisionnel de 3 millions d’euros). L’un des rares à faire exception est le CHU de Poitiers, avec celui de Nîmes, puisque l’exercice budgétaire 2005 s’est même conclu avec un excédent de plus de 9 millions d’euros sur un budget de l’ordre de 316 millions, ayant permis de présenter en 2006 un budget en équilibre.

Ces situations budgétaires tendues ne sont pas spécifiques aux établissements les plus importants, loin s’en faut. On peut ainsi citer le Centre hospitalier d’Elbeuf, qui demande une enveloppe de 2,8 millions d’euros à l’ARH pour couvrir le déficit prévisionnel 2006. Même chose pour le Centre hospitalier intercommunal de Castres-Mazamet qui a demandé des moyens supplémentaires pour assurer le fonctionnement de l’établissement à hauteur environ 3 millions d’euros.

Dans d’autres établissements, notamment en psychiatrie, les conseils d’administration sont allés au bout de la logique en votant contre le budget présenté. C’est le cas du Centre hospitalier Paul Guiraud de Villejuif.

On comprend mieux, au vu de ces éléments, les inquiétudes formulées par les représentants des personnels hospitaliers, dont la Fédération santé FO, sur des diverses propositions et rapports ciblant les personnels hospitaliers comme sources d’économies.

Ces éléments de difficulté sont souvent méconnus du grand public bien que concernant chaque citoyen. Aussi faut-il saluer l’annonce faite par Claude Evin de la décision de la FHF d’informer le grand public sur le fonctionnement des hôpitaux publics via un portail Internet « hopital.fr » qui devrait être opérationnel d’ici la fin de l’année.

C’est dans ce contexte particulièrement tendu que la Cour des comptes préconise, dans son rapport sur les personnels hospitaliers, l’accélération des restructurations hospitalières pour mettre fin aux irrégularités visant à pallier la pénurie démographique de médecins. La haute juridiction précise ainsi que le recours à des remplaçants médicaux dans des conditions irrégulières s’est récemment aggravé « sous l’effet conjugué de l’augmentation du nombre de postes vacants dans les hôpitaux et des dispositions sur le temps de travail qui ont réduit le temps médical disponible tout en augmentant le temps libre des praticiens hospitaliers ».


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28 réactions à cet article    


  • yoyo (---.---.85.11) 18 mai 2006 12:51

    Humeur. Les médecins libéraux payeront le déficit des hopitaux !! Les budgets de hopitaux résistent mal à la réduction de la durée du travail à 35 heures hebdomadaires. En effet, pour l ’assumer, il aurait donc fallu augmenter de 10% environ la masse salariale qui est le premier poste de dépense des hopitaux et donc de la sécurité sociale. Pendant ce temps les médecins libéraux font depuis la télétransmition i.e. le travail administratif de la CPAM (caisse primaire de l’assurance maladie) et voient leurs cotisations sociales augmenter pour payer le déficit de l’hopital comme tous les français, ou leur retraite à une caisse en déficit grandissant pour cause de déséquilibre démographique très important, bien sur qui ne sera pas payée par la collectivité comme à l’hopital. Chère liberté et chère responsabilité voilà le lot des indépendants qui n’ont bien sur pas de droit au 1% patronal comme les employés du service public, ni de retraite à 60 ans, ni de retraite décente(cf la réduction de 20% de la valeur des points de cotisation depuis quelques mois en catimini), ni de congés payés, ni de congés maladie, ni de bénéfice des structures publiques pour travailler à leurs comptes à des tarifs éhontés avec leurs patients privés. En connaissant un peu le système, tant que les politiques de soins nationales seront influencées par les intérets de quelques patrons qui règnent sans merci et sans controles sur leurs spécialités, font et défont des carrières, le système de gabegie hospitalier ne pourra etre enrayé. et pendant ce temps les indépendants trinquent et payent toujours plus de charge. Faut-il s’étonner que si l’on manque de médecin c’est ausi qu’un certain nombre d’entre eux préfère passer l’Atlantique ou arreter ce métier malgré une dizaine d’année d’effort intensif de formation. A de Villiers de constater que la majorité des medecins du Bénin travaillent en France !


    • citoyen citoyen 18 mai 2006 13:52

      Bonjour yoyo, merci pour votre commentaire dont je ne partage pas pour autant toute l’analyse et tout l’argumentaire. « Les médecins libéraux payeront le déficit des hopitaux !! » ??? je me permets juste de rappeler ici à vous-même et à chacun que la qualification de « libéral » pour un médecin de ville est quelque peu usurpée. A partir du moment où la société, les cotisations sociales des citoyens assurent le remboursement des actes et des consultations, il est difficile de qualifier le médecin de « libéral » puisque ces sommes constituent sont salaires. Indirectement, les médecins conventionnés sont rémunérés par nos cotisations sociales, donc très loin d’un système libéral !!! Dans un tel système, les médecins sont salariés de la sécu, n’est-ce pas avec elle ou l’Etat que ce négocie les augmentations. Par ailleurs, en quoi les médecins de ville (je préfère ce terme) payeraient-ils les budgets hospitaliers. Cette affirmation est sans fondement et purement dogmatique en opposant médecine de ville et médecine hospitalière alors que l’une et l’autre ne peuvent exister sans l’autre.

      « Les budgets de hopitaux résistent mal à la réduction de la durée du travail à 35 heures ». Sur ce point, je partage votre point de vue pour avoir dû du fait de mes fonctions de DRH en hôpital. La mise en place des 35 à l’hôpital a été dictée avec l’apparente intention au départ de vouloir en profiter pour réorganiser le travail. Au départ, nos autorités parlaient non pas de RTT mais de ARTT le « A » signifiant Aménagement, toute une philosophie qui a été abandonné devant la réaction des syndicats de personnels. Dans le même temps, le message indirect qui passait à l’époque était de « faire le moins de vague possible ». Pas facile quand vous devez négocier avec des ysndicats au niveau local, que le ministère est passé de l’ARTT à la RTT , que le préfet vous demande si il ne va pas y avoir trop de débordement. Forcément, la négociation était un leurre pour les deux parties. Aujourd’hui, les 35 heures sont mises en place, on ne peut pas dire qu’il n’y a pas eu de compensation, il y en a eu, pas à hauteur de 10%, les réorganisations se font donc de faites.

      « Le premier poste de dépense des hopitaux et donc de la sécurité sociale. Pendant ce temps les médecins libéraux font depuis la télétransmition » Permettez- moi de vous faire remarquer que la mise en place de la télétransmission que vous soulignez ne s’est faite sans heurt avec les médecins de ville, que ceux-ci ont eu des aides acheter un ordinateur, et qu’il y encore peu vous pouviez tomber sur u n médecin qui n’était pas équipé ! Mais reconnaissons que cela s’est amélioré (et puis si çà fait des charges en moins pour la sécu tant mieux, ce sont nos cotisations, je serai même médecin de ville je pousserai dans ce sens à fond pour pouvoir mieux négocier derrière avec la sécurité des augmentations salariales). Enfin votre présentation laisse penser que les hôpitaux n’ont fait aucun effort pour se réorganiser. Votre point de vue est un peu court.

      « quelques patrons qui règnent sans merci et sans controles sur leurs spécialités ». Sur ce point on ne peut pas effectivement ommettre d’avoir en tête que l’organisation de la santé dépend de l’influence, non pas de quelques mandarins comme vous le dites, mais d’un lobby très puissant en France, le lobby des médecins. Vous savez certainement, il est bon de le rappeler à nos concitoyens, que cette catégorie socio-professionnelle est la mieux représentée à l’Assemblée Nationale et au Sénat, de quoi défendre les intérêts collectifs au passage.

      C’est pourquoi je pense qu’il faut que la période à venir préélectorale soit un moment fort pour débattre de ces questions. Malheureusement, nos polirtqiues préfèrent s’écharper sur d’autres sujets !!!!


    • sigis (---.---.141.163) 18 mai 2006 14:28

      Si c’étaient seulement les hôpitaux qui étaient en France au bord du gouffre celà serait très bien mais.....


      • Hikaru (---.---.194.249) 18 mai 2006 14:56

        « C’est pourquoi je pense qu’il faut que la période à venir préélectorale soit un moment fort pour débattre de ces questions. Malheureusement, nos politques préfèrent s’écharper sur d’autres sujets »

        C’en est presque à se demander s’ils n’éviteraient pas le débat parce qu’ils sont unanimes sur la politique à suivre (privatiser le système de santé) et savent la population majoritairement opposée à leur projet.

        J’ai aussi l’impression que le système de santé fonctionnerait mieux si les citoyens lambda étaient plus souvent amenés à fouiner dedans et donner leur avis (transparence et démocratie, finalement). Et que les politiques et médecins qui ont les commandes, quelque soit leur bord, ne sont pas très demandeurs de ce genre de réforme.


        • (---.---.33.122) 18 mai 2006 15:23

          en france, c’est l’industie pharmaceutique qui gouverne la santé. voir les bénéfices colossaux qu’elle engrange sans que les résultats soient là par ailleurs est proprement scandaleux. gaspillage, utilisation de médicaments sans réels effets, lisez l’impératrice nue, hans ruesch. d’autre part, la volonté affichée de voir l’hopital public disparaitre au profit des structures privées qui sont déjà des multinationales de la « santé » (les guillemets car je ne suis pas sur du tout qu’ils dispensent la santé, bien au contraire) n’est un secret pour personne. L’OCDE a fait ses recommandations en ce sens depuis longtemps et pour les mêmes raisons qu’elle a proné la même chose pour tous les secteurs publics : profit et bénéfices. voyons de plus près : en moyenne une journée dans un service de soins intensif coute un peu moins de 1000€, ce qui comprend la visite du médecin, du spécialiste, les médicaments, les appareils, etc... sommes prises sur l’enveloppe globale, seules les consulations externes ouvre demande à paiement et plus tard remboursement. dans le privé, chaque acte est facturé, remboursé en partie ensuite par la « sécu ». tout ce que la sécu ne rembourse pas est soit en partie remboursé par les mutuelles soit reste à la charge du patient. déjà, on a une médecine à plusieurs vitesses. lorsqu’on voit en plus AGF prête à proposer une super couverture à 12000€ on est en droit de pense que d’ici peu, la santé ou ce que l’on veut nommer ainsi ne sera plus l’apanage que d’une élite fortunée. j’oserai une proposition : que l’hospitalisation privée n’ouvre pas droit à remboursement. que seuls les actes pratiqués en hopital ou établissement public bénéficient d’une couverture sécu , ceux désireux de se faire soigner ailleurs dans le privé n’ont qu’à assumer leur choix. les impôts et charges sociales pour le public pour un système équitable et égalitaire, qui aura ainsi de vrais moyens et ce système devrait s’appliquer aussi à l’enseignement privé, aux autoroutes, à l’audiovisuel etc.... l’argent des impots vers les sociétés privées est un détournement frauduleux orchestré par les politiques. voyez la sncm, et toutes les autres affaires juteuses réalisées par des copains de politiques sur notre dos et nos impots... l’hopital n’est pas à jeter, juste à rendre à ses propriétaires : nous.


          • citoyen citoyen 18 mai 2006 15:25

            Cher Hikaru, Votre analyse n’est pas tout à fait erronnée quant vous dites « ils sont unanimes sur la politique à suivre (privatiser le système de santé) » même si de droite à gauche on s’en défend, plus fortement à gauche qu’à droite, mais tous s’en défendent. Pour autant, il est vrai que l’opinion des français est assez tranchée sur la question de la privatisation (cf. mon article sur mon site : http://www.blog-citoyen.com/article-2718378.html) Là où vous avez tout à fait raison c’est que de droite à gauche, la politique de santé suit une ligne continue depuis plusieurs années qui passent par la volonté de menr des réformes sans avoir le courage de les assumer, notamment sans débat public de fond (de ce point de vue la France n’est pas une démocratie modèle). On préfère baisser incidieusement le numérus clausus depuis des années pour entrainer de facto une restructuration du paysage médical quitte à ce que ce soit arbitraire au niveau des disciplines au niveau des régions plus ou moins bien dotées. peu à peu pourtant des voies s’élèvent pour demander plus d’informations et c’est un bien


            • éric (---.---.166.26) 18 mai 2006 15:58

              Le problème du financement n’est pas purement économique. C’est aussi un choix de société, comment répartir les richesses produites. Les projets de certains assureurs de négocier des passe-droits aux patients les plus fortunés en sont un triste symbole.


              • Hikaru (---.---.194.249) 18 mai 2006 16:15

                Dans le même genre d’idée, l’opinion américaine est majoritairement favorable à un système de santé public, mais aucun des deux grands partis ne met ce genre de réforme au programme, pour cause de « manque de soutien politique ». Ca laisse songeur.

                Pendant ce temps de ce côté-ci de l’Atlantique on prépare plus ou moins sournoisement le passage à un tel système en coupant les vivres au service public existant. Contre l’avis de la population également.

                Et après on va faire des leçons de démocratie à des pays de l’autre côté de la planète... bon j’arrête là.

                En tous cas merci pour vos articles ici qui contribuent à une meilleure information du public sur ce sujet, sans donner dans le parti pris politique, enfin à mon avis.


                • gem (---.---.117.250) 18 mai 2006 18:09

                  Pour rigoler un peu, je dirai que si l’hopital public est au bord du gouffre, il a beaucoup progressé : je croyais plutôt qu’il était déjà en route pour le fond !

                  La référence à l’injonction paradoxale est particulièrement bien vue : c’est le lot de tous les « services publics », à qui on demande à la fois
                  - de faire le « maximum », sans plus de précision
                  - de respecter un budget
                  - de faire vivre une partie de la population locale, travaillant à ou pour l’Hopital
                  - et tout ça, tout en gueulant contre l’odieuse « maitrise comptable des dépenses ».

                  Impossible ! Les dépenses ne peuvent qu’être que 1) hors de tout contrôle 2) sous maitrise « comptable » 3) sous maitrise « technique » Pendant longtemps, la technique déficiente et la prévention balbutiante posaient des limites implicites : on pouvait dépenser sans compter, c’est la nature et la maladie qui limitaient la dépense. Et, par malheur, notre système de santé a été conçu à ces époques malheureuses.

                  Aujourd’hui, ce frein naturel a sauté. La puissance de nos moyens nous a transferé la responsabilité du choix de niveau de soins et de dépenses. Responsabilité insupportable. Et, par dessus le marché, nous avons « collectiviser les pertes, privatiser les gains » : solution infaillible pour que le système explose.

                  Faut pas se leurrer : le problème subsistera tant que le panier public de soin couvert par la « sécu » ne sera pas techniquement défini et limité. Ce qui renvoit à l’insupportable décision de dire « stop » à des soins, quoi que ça signifie pour le malade... Je doute que nous ayons collectivement assez de force morale pour ça.


                  • (---.---.52.196) 18 mai 2006 22:05

                    A forece de réduire les impots : les impots sur les société (qui il y a un certain temps était de 50% et a bien diminué) les diverses charges sociales, exonérées à qui mieux mieux pour un oui pou pour un non, les impôts sur le revenus, démagogiquement et idéologiquement toujours en baisse, on finit par ne plus avoir assez d’argent pour rien !


                    • Azur (---.---.36.225) 18 mai 2006 22:27

                      La France a déjà les impots les plus élevés du monde !

                      Cela agraverait encore la situation ; les problèmes ne viennent pas de là.


                    • Plus Robert que Redford (---.---.200.196) 18 mai 2006 22:07

                      C’est vrai, l’hôpital public montre à la face de tous que la Santé en france côute cher. Très cher. De plus en plus cher ! La situation est celle d’une valse à trois, perverse, où chacun avance voilé et reporte éventuellement sur les autres les carences du système.

                      LE MEDECIN, il est là pour soigner, éventuellement « à tout prix » et les basses questions d’argent ne sauraient que souiller la belle relation avec le malade.

                      LE MALADE, il veut être soigné, au meilleur, au plus confortable, au plus rapide, et ne veut pas qu’on lui parle d’argent : il a déjà et par avance payé LA SECU, alors, il A DROIT !

                      LA SECU : c’est une grosse machine administrative, déjà bien lourde par nature et qui doit se débrouiller pour faire coller financièrement les désirs des deux premiers. Pour elle, c’est relativement simple : Si le médecin demande plus, (la sécurité du malade avant tout !) elle augmente les cotisations Et quand les cotisants commencent à couiner un peu fort, elle se retourne vers les prescripteurs de soins en leur faisant les gros yeux !

                      Tout cela ne révolutionne guère le système, d’autant que, d’un commun accord des trois parties, tout est fait pour déconnecter le payeur primaire du côté financier de l’affaire (carte vitale, tiers payant, mutuelles complémentaires) J’ai d’ailleurs récemment vu au « Magazine de la Santé » de FRANCE 5, l’interview d’une dame qui avait joué le jeu du malade à :

                      « La manifestation Hôpital Expo-Intermedica rassemble 800 exposants de tous les secteurs liés au monde hospitalier, autour de six zones thématiques : administration et gestion, logistique, plateau technique, informatique et NTIC, gérontologie, soins et hébergement. Ce sont 26 000 visiteurs sur quatre jours qui sont attendus. Vous l’aurez compris, il s’agit de l’une des plus importantes manifestations ayant pour thème l’hôpital. Alors, si le monde de la santé vous intéresse, comme professionnel ou comme simple citoyen, n’hésitez pas à venir y faire un tour »

                      Ravie d’avoir été aussi bien traitée pour une appendectomie Virtuelle, son sourire s’est figé lorsqu’elle est passée à la case « Paiement » et a trouvé le côut « exhorbitant » (2300€) Retour sur le plateau de TV et sourire crispé de Michel CYMES et Marina CARRERE-D’ENCAUSSE !

                      Le début d’une solution ne passerait-il pas par une information claire des couts précis de la santé pour le demandeur, afin qu’il sache que les efforts financiers qui lui seront demandés sont justifiés ? (ou pas, mais c’est un autre débat.)


                      • Salami & Loukoum (---.---.36.225) 18 mai 2006 22:31

                        @Plus Robert que Redford

                        « LA SECU : c’est une grosse machine administrative, déjà bien lourde par nature »

                        Effectifs de la sécu française : 180 000 (pour 65 millions d’habitants)

                        Effectifs de la sécu allemande : 80 000 (pour 80 millions d’habitants).

                        Y aurait pas un problème ?


                      • (---.---.60.1) 19 mai 2006 11:05

                        Le pays est submergé par la mentalité du « j’y ai droit », et c’est une cause de nombreux problèmes (pas que pour la sécu).

                        On se met en arrêt de travail dès qu’on a un rhume, si on est salarié - ben oui la sécu est là... curieusement les artisans et les travailleurs indépendants n’ont jamais de rhume, c’est bizarre...

                        Le jour où on ne soignera que les malades, il y aura déjà un grand pas de fait.


                      • (---.---.39.16) 19 mai 2006 12:36

                        en espagne la sécu est bénéficiaire... le problème reste la main mise des labos sur la santé. voir le prix exhorbitant de traitements médicamenteux sans réelle efficacité ou avec effets secondaires énormes comme les chimio , qui rappellons le n’ont JAMAIS soigné personne, ce sont au pire des soins palliatifs (cf science et vie avril) et les affirmations erronées de guérison ou tronquées de prologation de la durée de vie... ne sont que des arguments reposant sur la peur. les seuls cas guéris sont les tumeurs (exèrèse) ou les seuls cas de cancer guéris l’ont été par des médecines alternatives. le reste du temps la chimio ou la radio s’il ne vous tuent pas immédiatement vous font crever dans des souffrances atroces au fond d’un lit d’hosto en faisant rentrer des monceaux de fric dans la poche des labos... les médecins sont des complices dans la mesure de leur incompétence. il suffit d’ouvrir un Vidal et de regarder de près la façon dont on évoque les études médicales : ex spasfon soit disant anodin : *sur les animaux, or il n’y a aucune possibilité d’exrapoler les résultats sur animaux aux hommes, la vivisection étant depuis longtemps reconnue comme une aberration ne servant que de caution. *on montre qu’il n’y a pas eu plus d’effets tératogènes que sur les animaux (encore) ce qui veut dire que on a bien vu qu’il y avait des effets nocifs sur de pauvres animaux mais on commercialise et vous devenez les cobayes. *on vous dit au final qu’en fait aucune étude n’a été menée la santé d’aujourdhui est avant tout une fraude portant sur le détournement de milliards d’euros par les labos. d’ailleurs la seule chose qui est discutée avant la mise sur le marché c’est le prix, les études se contentent de correspondre à un vague cahier des charges n’impliquant que des tests sur animaux inutiles ou des déclarations des labos dont on s’aperçoit bien plus tard qu’ils sont falsifiés ou tronqués : l’histoire de la santé est truffée de ce genre de chose : viox, distilbène, etc..


                        • (---.---.60.1) 19 mai 2006 12:47

                          Ce n’est pas avec des propos excessifs qu’on peut convaincre. Dire que la radiothérapie et la chimiothérapie n’ont jamais soigné personne, c’est faux et cela discrédite le reste de votre message, c’est dommage parce qu’il y a du vrai dans le reste.


                        • (---.---.39.16) 19 mai 2006 13:08

                          apportez une seule preuve que la chimio ou la radio ait GUERI quelqu’un, c’est à dire qu’il y ait eu rémission totale eet non sursaut de quelques mois au mieux avant une nouvelle poussée fulgurante celle là.. car c’est ce que l’on voit tout les jours dans le milieu médical et j’y suis.


                        • Jojo2 (---.---.158.64) 19 mai 2006 15:58

                          « comme les chimio , qui rappellons le n’ont JAMAIS soigné personne, »

                          Faux

                          Maladie de Hodgkin. Séminome

                          Etc...


                        • (---.---.101.121) 19 mai 2006 16:15

                          autant demander au lobby nucléaire si l’EPR est une bonne chose !!! d’autre part , il y a exèrèse du ganglion ....


                        • Jojo2 (---.---.158.64) 19 mai 2006 16:34

                          Leucémie aiguë lymphoblastique de l’enfant

                          Bon, on va arrêter, je suis pas là pour donner un cours.


                        • (---.---.167.176) 21 mai 2006 16:28

                          ben si donne un cours car là je n’ai rien vu qui vienne contredire l’affirmation précédente.... on parle de tout mais nulle part de taux de résultat sans rechute , sans effet secondaire, et en plus la seule chose qui semble un peu marcher c’est la greffe et encore.... bref ce n’est surement pas une solution et tant que les albos mentirons au monde entier pour du fric, et tant qu’il y aura suffisament de personnes pour les croire et refuser de voir les autres voies de traitement alors ils ont encore de beu jours fastes et rémunérateurs devant eux...


                        • Jojo2 (---.---.149.68) 22 mai 2006 09:36

                          C’est écrit « La place de l’allogreffe géno-identique est réduite dans le traitement des LAL de l’enfant. »

                          Les exemples que j’ai donné ne sont pas les seuls. Sans chimio, aucune guérison. Demander à Lance Armstrong, Nani Moretti ce qu’ils en pensent.


                        • Citoyen (---.---.86.110) 22 mai 2006 18:50

                          Visteur d’hôpital expo : Bien vu !


                        • tom (---.---.129.252) 19 mai 2006 15:45

                          Au bord du gouffre ? Alors allons y...... Pourquoi diable s’acharner à vouloir faire de la médecine un commerce obéissant aux lois du marché ? Les infirmières pivot de l’institution seraient elles trop payées ? Les médecins sur payés ? La SS est elle bien gérée ? La scandale de l’homéopathie est passé quasiment sous silence. D’autres suivront. Notre système de commerce médical est en fin de vie et les lobbies le savent. Alors on prend l’épouvantail du gouffre. Mais pourquoi diantre aucun mot sur le gouffre généré par la vie politique et ses sicaires en France . A-t-on une idée du montant réel du cout de la politique en France ? Subventions, salaires scandaleux et retraites à long terme puisent dans le budget telle une pompe invisible. Quelqu’un pourrait il avancer un chiffre ? 80)... Combien coutent réellement nos partis politiques ? Nos syndicats ? Nos assemblées ? Notre palais Elyséen ? Pas facile n’est ce pas ? Alors le gouffre c’est pour les autres.... !


                          • Sam (---.---.188.241) 20 mai 2006 10:08

                            L’hopital public n’échappe aux économies drastiques imposées par ce gouvernement.

                            La question est : combien de temps va-t-on continuer ces emplatres sur jambe de bois, alors qu’on sait que ces économies ne suffiront pas pour éponger la dette ?..

                            Ne sommes-nous pas à un niveau ou il faut éliminer cette dette qui enrichit ceux qui sont déjà extrêmement riches (les prêteurs) comme l’on fait dernièrement plusieurs pays ?

                            J’ai comme l’impression que nous sommes dans une spirale infernale à l’africaine, ou la dette et son remboursement aspirent les ressources du pays et conditionnent son modèle social comme sa démocratie, puisque les services publics incarnent une certaine idée de solidarité, de partage et de redistribution à la collectivité, que la dette met à mal, comme les salaires et toutes les prestations sociales.

                            C’est un infléchissement majeur de la politique au sens d’Henri Lefebvre que cette dette nous inflige.


                            • Bédouin 1er (---.---.249.75) 20 mai 2006 12:44

                              Il y a aussi un autre problème non évoqué sur les hôpitaux publics :

                              - la pléthore de personnel administratif.

                              A l’hôpital Pompidou à Paris (je crois que c’est celui-ci), il y avait autrefois un directeur et UN sous-directeur ; aujourd’hui un directeur et DIX sous-directeurs !

                              Dans certains hôpitaux publics les administratifs sont aussi nombreux que le personnel soignant !

                              Et oui, il faut bien nourrir des tas de petits copains.

                              Un post plus haut signale déjà les effectifs pléthoriques de la sécu.

                              Mais les pouvoirs publics pour obliger le peuple à détourner le regard tape sur les médecins qui prescriraient trop, les infirmières qui seraient trop revendicatives et les patients qui consomment trop de médicaments ou s’arrêtent trop souvent à tort.

                              Je ne dis pas qu’il n’ya pas une part de vrai dans ces derniers points, mais à mon avis c’est le dessus de l’iceberg.

                              Et qu’ont fait les gouvernements qui se sont succédés depuis trente ans ?

                              Ont-ils rationalisé et réduit les charges administratives ?

                              Non, ils ont fait quatre choses :

                              - augmenter les cotisations
                              - diminuer les remboursements
                              - rationner les soins
                              - diminuer le nombre de médecins


                              • Visiteur hopital expo (---.---.205.167) 21 mai 2006 15:13

                                Salon Hopital expo et hopitaux : Le meme salon en Allemagne Medica à Dusseldorf , génèrent 150000 visiteurs( 6/10 fois plus qu en france ? ) je crois dont 70/80% d’etrangers( 5/10% sur Hopitral Expo), il est difficile dy trouver de la place sur les 12 ou 15 halls d’expo , un seul hall d expo en France ! Avant Hopital expo se tenait a Villepinte, devant la baisse des exposants et/ou des visiteurs et devant la hausse de l insecurité dans le RER ce salon se tiens encore a Versailles jusqu a quand ??? Salon en France comme hopitaux en France :,

                                *Services chers et inefficaces :il faut faire la queue pour obtenir son lecteur de badge ou autres services payés très chers : thanks to the R T T !

                                *Parking R payable d’avance et très cher, bien sur la rue d’acces est fermèe a cause de travaux, et aucune indication de deviation !

                                *Hall non climatisé : alors qu il a fait très chaud le 1er jour !

                                Serieux tout cela ? Je suis étonné qu on ne parle pas plus d hygiène aussi dans les hall acceuils et toilettes des hopitaux des grandes villes ! et des salons !!!!


                                • JAM76 (---.---.32.212) 10 juin 2006 20:51

                                  Et si on les avait poussés au bord du gouffre...

                                  Par exemple, lorsque localement on fait travailler ensemble, pour la santé, hôpital public et cliniques privées... bien sûr, on donne au Privé la chirurgie et les services rentables et on laisse au Public, la maladie...

                                  Et dans le Privé, lorsque le malade est dans la phase finale, cela arrive, on l’envoie à l’hôpital public...

                                  Et puis, pour la Sécu... au lieu de fermer les structures locales de soins primaires et de faire parcourir des kilomètres (remboursés) au patient, favorisons au contraire les structures légères de proximité pour désengorger les services des urgences des grosses unités...

                                  Il est vrai qu’il faudra, alors, former des soignants... car on en manque et on va encore en manquer quelque temps... au pays des prévisions et des statistiques !...

                                  Sans parler du vieillissement de la population...

                                  Allons, ce ne sont pas les hôpitaux qui sont au bord du gouffre... c’est la Santé en général...

                                  Et bien, s’il le faut, il faudra mettre la main à la poche... dans celles où il y a de l’argent... celles des profits en forte expansion... c’est bien ce qu’on nous a annoncé au premier trimestre 2006.

                                  Réfléchissez ! et votez en conséquence...

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