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Les médecins sont aussi dépendants de l’industrie pharmaceutique que le fumeur de sa cigarette

Pour ce qui concerne les aides à l’arrêt du tabac, même si une étude d’envergure mondiale avec toutes les garanties scientifiques possibles montrait que les produits pharmaceutiques sont généralement inutiles, il ne serait pas certain que les médecins ne persisteraient pas à prescrire de nouvelles molécules (et ils l’espèrent bientôt des vaccins). La tabacologie médicale n’est plus dirigée par l’intérêt des fumeurs.

"Les médecins ne sont pas formés à gérer la communication des laboratoires" explique le Dr Philippe Foucras, médecin généraliste et président du collectif Formindep dans l’excellent dossier du journal La Croix en date du 6 janvier dernier Les médecins sont-ils indépendants ?

« L’influence des laboratoires est avérée. Un récent article du New York Times montre comment l’industrie a réussi à “étouffer” les résultats d’un grand essai clinique réalisé en 2002 aux États-Unis. Financé par de l’argent public, cet essai a montré que les médicaments les plus efficaces dans le traitement de l’hypertension étaient les diurétiques, des produits anciens, “génériquables” et très peu chers.

Logiquement, il aurait dû modifier en profondeur les prescriptions des médecins, les incitant à privilégier ces produits au détriment des nouveaux antihypertenseurs, très promus par l’industrie et très onéreux. Or, aujourd’hui, on se rend compte que cet essai n’a eu aucun effet sur les médecins, qui continuent à préférer les produits vantés par les laboratoires. »

Michel Chassang, président de la Confédération syndicale des médecins français (CSMF) lui répond en écho (contre l’évidence !) : "Nous pouvons faire la différence entre information et promotion."
« Il faut être réaliste : sans le financement de l’industrie, plus aucun congrès médical ne pourrait avoir lieu aujourd’hui. Tous les grands congrès internationaux qui font référence bénéficient du soutien des laboratoires. Mais cela ne signifie pas que les travaux qui y sont présentés sont soumis à leur influence. »
A titre d’exemple de la dépendance des congrès nationaux aux financement des firmes pharmaceutiques  le site des actualités des remèdes au tabagisme unairneuf.org dénonçait il y a peu le congrès de la Société Française de Tabacologie SFT : La tabacologie sous influence de la pharmacie, un congrès tronqué. La tabacologie aujourd’hui se résume essentiellement au dosage des produits chimiques censés aider au sevrage, avec l’efficacité que l’on sait...

Comme le faisait remarquer le pr Robert MOLIMARD, fondateur de la Tabacologie médicale en France et coordinateur du DIU de Tabacologie Paris 11-Paris 12 dans la revue Réalités Cardiologiques de juin 2008 (n° 247), un lecteur curieux et attentif du rapport de Smoke Free Partnership Europe “Lifting the smokescreen, 10 reasons for a smokefree Europe” y trouvera dans les soutiens qu’il a reçus de quoi nourrir ses réflexions quant au rôle des perspectives de profits commerciaux dans le déferlement actuel des législations répressives.
La Conférence Europe sans fumée organisé par le comité d’organisation de ce rapport avec le parrainage de GlaxoSmithKline et Pfizer s’est tenue le 2 Juin 2005 à Luxembourg sous les auspices de la La Présidence luxembourgeoise de l’UE.

La conférence a réuni au niveau européen pour la première fois, les organisations de santé, des chercheurs et des représentants des employeurs des secteurs public et privé européens, les syndicats, les inspecteurs de la santé au travail, la Commission Européenne et les hommes politiques pour débattre des politiques anti-tabac.

Les points clé de l’agenda étaient :
• La fumée secondaire est mortelle (’a killer’)
• Toute personne a droit à un milieu de travail sans fumée
• Les lois anti-tabac sont bonnes pour l’entreprise
• Les lois anti-tabac sont bonnes pour les hommes politiques
• Les lois anti-tabac sont aident les gens à arrêter de fumer

• etc.

Il y a mieux encore (ou plutôt pire) : la conférence mondiale sur le tabac WCTOH, organisée à Bombay dans deux mois avec le soutien technique de l’Organisation Mondiale de la Santé, dépend elle aussi du soutien financier des mêmes généreux ’sponsors’. Le Champix°
de Pfizer est le seul traitement non génériqué indiqué pour l’aide au sevrage tabagique actuellement.

En voici la preuve en image (extrait du site de ma manifestation) :

Morale de l’histoire

  1. Les prescriptions médicales sont dépendantes des communications promotionnelles des firmes pharmaceutiques ;

  2. Les firmes pharmaceutiques financent et participent directement à toutes les grandes manifestations relatives à la lutte contre le tabagisme : France, Europe, monde ;

  3. Donc les politiques publiques et les prescriptions médicales sont orientées dans l’intérêt commercial des firmes pharmaceutiques. L’intérêt des firmes est de satisfaire leurs actionnaires, pas les fumeurs, qui sont considérés que comme une source de profits.

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10 réactions à cet article    


  • clostra 12 janvier 2009 12:51

    Oui tout ça se tient. Tout ça fait partie du "grand ménage" qu’il faudra bien faire un jour, également dans nos rivières.

    Si seulement cette information, l’information pouvait prévenir tous ces accidents qui nous horrifient et qui en découlent :

    Point !

    Dans l’analyse que nous devons faire en matière d’irrationalité face à la santé et d’exploitation "à ciel ouvert" de gisement de crédulité également celle des médecins d’ailleurs, heureux d’offrir les plus jolis bonbons à leur clientèle qui les réclame, il y a tout plein de magie...

    Personne ne souhaite vraiment que cesse l’enchantement et on rit presque quand, contre l’avis hautement qualifié de l’Académie de médecine, un président "divin" parce qu’Unique, salue ce tout petit gisement des homéopathophiles qui limitent les dépenses de santé.


    • RilaX RilaX 12 janvier 2009 14:17

      Ce qui est malheureux, c’est cette réalité que nous vivons.
      Nombreux sont ceux qui se demande pourquoi il y a tant de mesures pour inciter les fumeurs a arreter, et pourquoi il y a si peux de contraintes sur les cigarettiers.

      Cette article montre le lien : Pour faire de l’argent a "aider" les fumeurs a arreter, les entreprises pharmaceutiques ont besoin des cigaretiers, et de tous les produits chimiques qui sont ajouté au tabac pour rendre le consommateurs plus accroc. Pour vendre l’antidote, il est necessaire que le poison soit inocculé ; pour vendre plus d’antidote, il est necessaire qu’il soit relativement inefficace.
      Et tout ca avec l’etonnant soutien de nos gouvernements.

      Quand on constate ce cynisme, comment s’etonner de la perte de confiance des peuples envers ceux qui nous gouvernent, et comment s’etonner que les theories de complots fleurissent et soient de plus en plus crédibles (et de plus en plus souvent vraies malheuresement).


      • ALTeRMooNDiaLiSTe ALTeRMooNDiaLiSTe 12 janvier 2009 16:27

        Alors là ..... y en a qui vont pas aimer ^ ^
        Et pourtant

        Les chiffres fumeux du tabagisme passif :

        http://www.dailymotion.com/Nos...

        Et là encore !!!!

        À quoi est due l’explosion des cancers en Europe et aux États-Unis depuis 1945 ?

        Est-ce le tabac ?
        L’alcool ?
        L"alimentation ?
        La Pollution ?

        http://www.dailymotion.com/Nos...


        Et là encore plus fort !!

        http://video.google.fr/videoplay?docid=-367339899231293329&q=le+profit+ou+la+vie&total=72&start=0&num=10&so=0&type=search&plindex=0

        Big Pharma dans toute sa plendeur....


      • Lisa SION 2 Lisa SION 2 12 janvier 2009 15:37

        Bonjour Luc,

        j’ai extrait ce texte d’un de vos liens, " John Virapen est un ancien dirigeant de la filiale suédoise du géant pharmaceutique Lilly. "Ils vous vendent des médicaments dangereux pour faire de l’argent", dit-il. "Si vous pensez que l’industrie pharmaceutique commercialise des médicaments pour aider des gens… Il vaut mieux oublier cela ! "
        ... ..."En allemagne, des milliers d’enquêtes judiciaires ont été ouvertes puis classées sans suite. N’ont été condamnés jusqu’ici que des médecins et des visiteurs médicaux, alors que les dirigeants des firmes n’ont généralement pas été inquiétés. "

        Le principe actif d’un médicament n’est ni plus ni moins qu’une infime dose d’un poison plus ou moins violent. Son introduction dans l’organisme provoque une sorte d’alerte générale entrainant immédiatement un mécanisme de défense interne d’une formidable complexité. C’est ce réflexe interne qui garantit la survie de l’organisme face au poison assimilé et, par extension, face à la maladie, et le médicament n’est en soi qu’un catalyseur

        Si vous voulez en savoir plus à propos de ces poisons divers ainsi que sur les motivations des moteurs médicaux, je vous invite à lire cet article http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=48871 qui énumère une partie d’entre eux, et qui relate de la tendance, voire de la dérive sexuelle, entretenue par ces derniers.



        • Luc DUSSART Luc DUSSART 12 janvier 2009 16:19

          Votre article sur le Gardasil et sur la mainmise de la médecine sur les comportement sexuel est intéressant. C’est un autre sujet, qui mérite attention (l’innocuité du vaccin à long terme reste à prouver !).

          Oui, un médicament actif est un poison, suivant la dose. Je crois même savoir que le cannabis vaporisé aurait des vertus thérapeutiques, pour le glaucôme notamment. 

          Attention à ne pas tout mélanger. La définition d’un médicament est juridique, et donc assez éloignée de sa composition voire du dosage du produit actif. Les pilules homéopathiques sont des médicaments sans produit actif par exemple. Bref tout ça pour dire que vos propos sont un peu simplificateurs. Ainsi on remarque que l’inhaleur de nicotine (vendu en pharmacie) est un médicament tandis que la cigarette électronique, sorte d’inhaleur perfectionné, n’en est pas un (même vendu en pharmacie).




        • docdory docdory 12 janvier 2009 16:39

           @ Luc Dussart 

          L’étude faite en 2002 aux Etats Unis sur les diurétiques et l’hypertension est assez typique de ce qui sépare la conception américaine de la conception française de la médecine .
          Pour les américains , le meilleur traitement est le traitement le plus efficace au moindre coût pour un paramètre donné . Pour le médecin français que je suis , le meilleur traitement est un compromis entre ce qui est scientifiquement le meilleur traitement et ce que le malade est prêt à supporter .
          Les études américaines, en général, minimisent l’importance ou se moquent des effets secondaires des traitements.
           En ce qui concernent le traitement de l’hypertension artérielle , il s’agit en général de traitements qu’il faut prendre à vie . Il est quasiment impossible de faire prendre à vie à un patient un médicament si la qualité de vie de celui qui le prend est inférieure à celle qu’il avait avant de prendre le médicament . Or , il est de fait que les patients sous diurétiques se plaignent souvent d’effets secondaires : envie fréquente d’uriner ( avec insomnie si c’est la nuit ) , crampes musculaires liées à des pertes électrolytiques . Par ailleurs les diurétiques sont les antihypertenseurs les plus souvent mis en cause dans les troubles érectiles d’origine médicamenteuses .
          En outre, les diurétiques obligent souvent , par la perte de potassium qu’ils provoquent , à compenser cette perte par une administration de potassium en comprimés, ce qui oblige à des contrôles sanguins fréquents . 
          J’ajoute qu’on ne fait pas baisser les chiffres tensionnels d’un patient pour le plaisir d’avoir des chiffres dans la norme , mais parce qu’on estime que des chiffres trop élevés lui font courir un risque cardio-vasculaire élevé ( de même que rouler avec 1g /l d’alcool augmente très significativement le risque d’accident de la route ) . Même si les diurétiques sont très efficaces pour faire baisser la tension , ils ont parfois pour effet d’augmenter les taux de sucre et de lipides dans le sang , ce qui diminue leur bénéfice sur le plan du risque cardio- vasculaire global.
          Ajoutons à cela qu’il existe plusieurs sortes de patients hypertendus , qui ne relèvent pas forcément des mêmes traitements : les hypertendus très nerveux ou tachycardes se sentent beaucoup mieux avec des traitements béta-bloquants , traitements qui seront par contre détestés des sportifs . Les diurétiques sont souvent plus efficaces et mieux tolérés chez nombre de patients à peau noire , sans qu’on en connaisse la raison .
          En résumé , donner des diurétiques en première intention à tous les patients risque fort d’entraîner un abandon de traitement , et par ailleurs de provoquer ensuite une grande méfiance vis à vis des autres classes thérapeutiques . Nous ne traitons pas des statistiques , mais des patients . Le bon traitement est celui qui d’une part fait baisser la tension , et d’autre part ne donne aucun effet secondaire mal ressenti .
          C’est pourquoi l’on utilisera préférentiellement des inhibiteurs d’enzyme de conversion , en général dépourvus d’effets indésirables . Dans le cas où ceux-ci font tousser , ce qui peut arriver parfois , on utilise les antagonistes de l’angiotensine II , qui sont un peu moins efficaces mais très bien tolérés . Et pour les grands nerveux , on utilise des béta-bloquants en première intention . En cas d’échec de ces traitements , on les utilise en combinaison avec de faibles doses de diurétiques ( demi ou quart de dose ) , qui renforcera fortement leur action au prix d’effets secondaires peu importants .
          Je plains le patient que son médecin traitera comme un élément abstrait d’une statistique ...


          • Bof 12 janvier 2009 18:33

            N’étant pas médecin, je ne peux qu’essayer de me faire une opinion.
             J’ai donc essayé de comprendre . Il y a des essais en double aveugle obligatoires qui indiquent tous en gros qu’un principe actif est actif sur 40 à 30% des malades .30 à 40 % marcheraient par l’effet placébo puisque 30 à 40% des malades sont améliorés avec le placébo___"ICI est peut être mon erreur de raisonnement"__ Et il y a 30 à 40% de non effet bénéfique et 2% d’effet nocébo donc des malades font une grave aggravation de leur état avec de l’eau ou du sucre.

             J’en ai déduit que seulement 40% au maximum des malades devraient absorber le médicament dans la maladie diagnostiquée par les médecins spécialistes qui suivent l’expérience et donc quand les médecins de famille diagnostiqueront à leur tour.

             . MAIS, quand le médecin de famille diagnostiquera ’la maladie’ sur l’un d’entre nous, il devra donner à tous les diagnostiqués, donc à tous ceux qui souffrent de la même maladie que chez les malades de l’ essai du double aveugle, le principe actif sous forme de médicaments et ceci est confirmé par les textes de sécurité sociale . Il y a donc entre 60 et 70% des malades qui prennent un traitement alors que tout le monde sait qu’il ne peut agir . Pourtant, on sait que des médicaments donnent des effets nocifs voir très nocifs parfois comme le vioxx pour le coeur.

             J’espère faire une grave erreur d’interprétation quelque part ! dans les cas contraire, on nous fait prendre des "vessies" pour des lanternes car la vente de ma maison m’a indiqué les sommes qui sont englouties pour nous soigner.

             Avec un peu d’observation, nos médecins spécialistes pourraient quand même bien apprendre un jour à repérer les différences entre les malades de leurs lots soignables avec un produit et les autres . J’ai lu dans NaturaVox que cela se faisait dans d’autres pays par Monsieur Jean ZIN mais les médecins savent -ils repérer les malades soignables par placébo ? 
             Ce ne doit pas être un savoir acquis par les enseignements des laboratoires.....


            • DIOGENE DIOGENE 12 janvier 2009 18:52

              Concernant le tabagisme, l’Etat Français a de grandes responsabilités à l’époque où il fournissait à chaque conscrit (service militaire), une cartouche de cigarette par semaine. Le conscrit la partageait avec sa conjointe, de la famille, des amis, et la SEITA engrengeait les bénéfices de ces nouveaux dépendants au tabac. Et puis, après tout, un mort du cancer du poumon coûte moins cher que ce que peut rapporter la vente de cigarettes ! Les recettes fiscales sont indépendantes au niveau ministériel que la gestion de la Sécu !


              • ivoire 1er juin 2009 18:04

                entièrement d’accord, qu’ils aillent jusqu’au bout, on interdit purement et simplement un produit qui tue un français sur deux ! ! ! mais quand on s’en met plein les poches on s’écrase...


              • pomme 23 août 2013 13:15

                Je réagis à cet article un peu vieux mais qui revient d’actualités grâce à la cigarette électronique qui doit bien déplaire à tous ceux qui vivent du tabac (toutes catégories socio professionnelles comprises).

                Bien fait pour eux ! La cigarette électronique est né d’un mouvement populaire qui à complètement dépassé nos gouverments qui ne pensent plus que comme des mauvais banquiers.
                Si vous voulez en savoir plus vous pouvez consulter ces 2 blogs d’informations :

                Bonne vapote à tous ;)

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