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Les soins psychiatriques ça tue ! La suite...

Depuis que j’ai écrit cet article, de nombreux cas sont venus confirmer l’assertion dramatique selon laquelle la psychiatrie a une fâcheuse tendance à rendre aliénés et forcenés les cas qui lui passent entre les mains, plutôt qu’à améliorer leur état d’une quelconque façon.

Le lendemain de la publication de l’article, le 14 février, un homme suivi dans l’hôpital psychiatrique de Paul-Guiraud Villejuif a avoué le meurtre de sa femme à l’occasion d’une permission de sortie. L’article le relatant faisait mention d’un cas similaire quelques semaines plus tôt avec un homme suivi pour troubles psychiatriques qui avait poignardé trois personnes, dont une mortellement, dans un immeuble de Roquebrune Cap martin.

Le 13 mars, j’apprenais qu’un enfant de 8 ans avait été interné d’office dans la section adultes d’un Hopital psychiatrique de Marseille, Valvert, suite à une crise de violence démente. Le pauvre enfant avait de nombreuses raisons pour ça, étant donné qu’il avait été diagnostiqué hyperactif et dépressif dès l’âge de 5 ans, et donc suivi psychiatriquement depuis 3 ans, passant d’institut en institut.

Ce ne sont que quelques exemples. Mais il y en a d’autres, chaque jour. Il y a ce forcené qui la semaine dernière a agressé une américaine dans le Bordeaux-Nice, dont on apprend qu’il est suivi pour troubles du comportement. Il y a cette mère qui a poignardé à mort le 19 mars son enfant de 6 mois, dont on apprend par le Parquet qu’elle souffrait de "troubles de la personnalité", etc.

Mais ce qui me donna envie d’écrire ce second article sur le sujet, c’est quand j’entendis parler de ce drame du pousseur du métro il y a quelques jours. Je disais à la personne qui m’en parlait : "à tous les coups ce gars-là était suivi dans un hopital psychiatrique pour être devenu fou dangereux à ce point". Et les médias de me donner raison, le jeune homme avait fait des séjours en hopital psychiatrique depuis 2005, certains pendant plusieurs mois. Sous injection de Clopixol (pour ceux qui seraient tentés, voici la liste des effets secondaires : - Somnolence, indifférence affective, états dépressifs, plus rarement confusion mentale. Troubles neurologiques notamment ceux rencontrés dans la maladie de Parkinson. Prise de poids parfois importante, absence de règles, écoulement de lait par les seins spontané ou provoqué par la palpation, apparition de seins chez l’homme, impuissance, frigidité, augmentation du taux de prolactine dans le sang. Hypotension orthostatique. (chute de la tension artérielle lors du passage en position debout pouvant provoquer malaises et chutes notamment chez le sujet âgé) Hépatites, syndrome malin des neuroleptiques. (avec notamment fièvre élevée)...), l’homme a poussé un quinquagénaire sri lankais sous la rame de métro, parce que celui-ci "l’avait regardé".

Je me suis donc un peu intéressé au phénomène des "pousseurs" du métro pour découvrir comme beaucoup que cet incident était le deuxième du genre ayant causé la mort en 2010.
Quid du premier ? Quelques semaines auparavant, le 29 janvier, un homme de 40 ans ceinture un jeune de 24 ans et se jette avec lui sur les rails devant le métro arrivant. Les deux hommes trouveront la mort. Le forcené ? Lourd suivi psychiatrique, internement d’office en Hopital Psy entre 2006 et 2009.

Ca fait froid dans le dos de penser que quels que soient les justifications que le monde de la psychiatrie peut inventer, ces forcenés n’ont pas tué avant d’avoir été internés ou suivi psychiatriquement. Quel qu’ait été leur état avant d’être "pris en main" par le monde psychiatrique, cet état était meilleur qu’après les "soins". La psychiatrie semble, preuves à l’appui, ne faire que dégénérer les malades au fur et à mesure de leurs traitements (si tant est qu’ils étaient malades au départ).

Alors quand on sait que bientôt, sur demande d’un tiers, on pourra se voir délivrer une obligation de soins à domicile (voir ici le texte de loi en préparation mis en ligne par Libération), l’heure est à l’action, à l’information et à la protestation vigoureuse.
 
par Roseau (son site) mardi 6 avril 2010 - 69 réactions
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  • Par clostra (xxx.xxx.xxx.234) 6 avril 2010 11:59

    Le mieux serait sans doute de créer des "SAS", à l’image des refuges pour femmes battues, des refuges pour personnes menacées d’internement. Peut-être pourrait-on prendre à temps une dégradation au niveau du souvent très injuste milieu familial où se pratique, sans même s’en apercevoir la désignation de victimes expiatoires.
    Car on le sait, l’internement est la peine qui vient juste juste avant la peine de mort. L’effet probable est celui d’une balle explosive tant au niveau de la personnalité que du physique.
    Pire encore, une personne ainsi menacée - intra familial ou non, on citera certaines pratiques dont il faudra bien parler un jour - dont la famille, après avoir "chauffé" son malade, le présente au médecin qu’elle seule est désormais capable de lui fournir, qui signe son internement - et toutes les conséquences médicamenteuses - s’il a le malheur de protester par un courrier auprès du préfet qui regardera si la procédure a bien été respectée, risque de se trouver dans la situation d’un "interné dangereux".

    Donc, un espace de paix où cette fois, le malade sait que c’est sa parole qui compte. Un espace pour respirer.

    Oui, on le sait, les effets secondaires des neuroleptiques, souvent prescrits à doses massives, sont absolument désastreux et peuvent déclencher l’irrémédiable si on leur ajoute le traumatisme de côtoyer des personnes fragiles, d’une maltraitance souvent inévitable de la part d’un personnel insuffisant, mal formé, peut-être en effet miroir avec ses propres souffrances, ses propres difficultés.

  • Par _Ulysse_ (xxx.xxx.xxx.83) 6 avril 2010 14:54
    _Ulysse_

    Visiblement l’auteur n’a pas connu beaucoup de psychotiques.

    C’est un grand classique de prétendre que ce sont les médocs qui les rendent fous.
    Il est effectivement fréquent que les psychotiques qui commettent des crimes ou autre soient suivis. Mais ce n’est pas cela l’important. Il ne suffit pas d’être suivis, il faut prendre le traitement.
    C’est là tout le pb, il est fréquent qu’une fois dehors ces gens arrêtent leur traitement et alors ils peuvent être dangereux.

    Sinon, sur la hausse de ce type d’incident il y a une réponse évidente : On a fermé la moitié des lits de psychiatrie il y a quelques années. On en voit les résultats aujourd’hui smiley

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