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Loi handicap, en dix caps pour l’emploi

Le rapport Blanc consacré à « l’application concrète » de la loi Handicap du 11 février 2005 rend une conclusion mitigée de la mise en oeuvre de la réforme. De son côté le cabinet de conseil en stratégie, Boston Consulting Group, a réalisé une étude qui révèle les obstacles à l’embauche des personnes handicapées.

 

La loi handicap en dix caps pour l’emploi :

Je rappelle ici les grandes mesures de la loi de février 2005, mesures qui sont autant de caps vers l’emploi, destinées à favoriser l’insertion des handicapés dans notre société :

1 - création de la MDPH : Maison départementale des personnes handicapées ;
2 - création de la CDA "Commission des droits et de l’autonomie" (regroupement de deux anciennes commissions : la Cotorep et la CDES) ;
3 - le plan personnalisé de compensation du handicap ;
4 - création de la prestation de compensation (PCH) ;
5 - accessibilité : les établissements recevant du public et les réseaux de transports collectifs ont un délai de dix ans pour se mettre en conformité ; 
6 - financement : les entreprises qui ne respectent pas le quota d’embauches de personnes handicapées paient un tribut qui est collecté par l’Agefiph, agence qui l’utilisera pour aider les entreprise qui jouent le jeu ;
7 - chien guide : la loi précise que l’accès aux transports, aux lieux publics, ou permettant une activité professionnelle ou formatrice « est autorisé aux chiens guides d’aveugle ou d’assistance ». La présence de ce chien aux côtés de la personne handicapée « ne doit pas entraîner de facturation supplémentaire » ;
8 - scolarité : l’accès au monde scolaire normal et à ses diplômes, c’est la facilitation de l’insertion dans le monde du travail ordinaire. La loi prévoit un « parcours de formation » pour chaque enfant, adolescent et adulte handicapé ;
9 - la prime exceptionnelle de retour à l’emploi ; 
10 - et le dixième cap vers l’emploi n’existe pas ! C’est ma proposition : inclure les personnes handicapées désireuses de travailler dans le dispositif du RSA (Revenu de solidarité active).

Le rapport Blanc :

Non ! il ne s’agit pas d’un "livre blanc" sur l’emploi des handicapés, mais d’un rapport portant le nom du sénateur Paul Blanc, membre de la Commission des affaires sociales. Ce dernier reconnaît qu’une dynamique a bien été lancée, appuyée par des moyens considérables des collectivités locales, mais que "les mentalités changent lentement et le législateur doit rester vigilant pour ne pas décevoir les attentes suscitées". Le rapport, riche d’une centaine de pages, a été présenté le 3 juillet. Il passe en revue tous les grands volets de cette loi. L’auteur du rapport indique que si toutes les MDPH ont été installées rapidement par les Conseils généraux, leur fonctionnement laisse encore à désirer : des équipes débordées, un passif de 600 000 dossiers transmis par les anciennes Cotorep et CDES, seule la moitié des MDPH est gérée par un directeur à temps plein.

Pour la PCH, il donne ce chiffre de fin 2006 : seules 11 500 prestations avaient attribuées, dont 7 700 effectivement versées. Un mauvais chiffre imputable aux lenteurs dans le traitement des dossiers et à la mauvaise information des personnes handicapées elles-mêmes qui souvent préfèrent conserver leur ancienne allocation (l’allocation compensatrice pour tierce personne) : une méfiance envers le nouveau système qui serait infondée selon Paul Blanc.

L’enquête du Boston Consulting Group :

Cette enquête a été menée auprès de cinq entreprises : La Poste, le groupe Caisses d’Epargne, Adia, Sodexho, monster.fr. Elle met en lumière trois obstacles principaux :

- la difficulté pour l’employeur de trouver des candidats, et spécialement des candidats qualifiés ;

- la difficulté d’identifier les postes sur lesquels les candidats handicapés pourraient être embauchés ;

- le délicat accompagnement du salarié dans l’entreprise.

Le président Sarkozy, dans son élan de "rupture" avec son prédécesseur Jacques Chirac, semble avoir écarté les personnes handicapées de sa politique de valorisation du travail. Le projet de RSA de Martin Hirsch, revu et corrigé, n’a pas prévu de valorisation des revenus pour les bénéficiaires de l’AAH (Allocation adulte handicapé). Monsieur le président, c’est l’heure de faire preuve de "continuité" en favorisant les conditions qui peuvent permettre d’agir sur les trois points évoqués ci-dessus et en parachevant l’oeuvre de la loi Handicap !

 

 


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12 réactions à cet article    


  • badaud 6 juillet 2007 12:00

    « la mauvaise information des personnes handicapées elles-mêmes qui souvent préfèrent conserver leur ancienne allocation (l’allocation compensatrice pour tierce personne) : une méfiance envers le nouveau système qui serait infondée selon Paul Blanc. »

    je voulais préciser que les MDPH dépendent des conseils généraux et donc le traitement des dossiers n’est pas tout à fait uniforme sur tout le territoire national, du fait que la loi n’est pas assez précise et que certains points ne sont pas interprétés de la même façon.

    quant à la mauvaise information des personnes handicapés, je ne pense pas. par exemple certaines personnes handicapés avait avec l’ancien système droit à des heures de ménages et qu’avec ce nouveau système ces heures de ménages disparaissent, donc une perte de revenus. de plus si ces personnes souhaitent un fauteuil roulant (par exemple) beaucoup de départements décident que la personne handicapé basculera vers ce nouveau système. donc certains handicapés ont intérêt à rester sous l’ancien système, et beaucoup d’associations les encouragent à bien regarder ce qu’elles peuvent gagner et ce qu’elles peuvent perdre.


    • badaud 6 juillet 2007 12:06

      sinon pour proposer le RSA aux personnes en situation de handicap, je pense aussi que ce serait bien.

      c’est ce qu’on appel prendre en compte « la politique transversale du handicap » (un peu comme l’écologie).


    • claude claude 6 juillet 2007 17:28

      chère taverne,

      vous écrivez : «  »"L’enquête du Boston Consulting Group :

      Cette enquête a été menée auprès de cinq entreprises : La Poste, le groupe Caisses d’Epargne, Adia, Sodexho, monster.fr. Elle met en lumière trois obstacles principaux :

      - la difficulté pour l’employeur de trouver des candidats, et spécialement des candidats qualifiés ;

      - la difficulté d’identifier les postes sur lesquels les candidats handicapés pourraient être embauchés ;

      - le délicat accompagnement du salarié dans l’entreprise.«  »"

      il ne se sont pas beaucoup donné de mal... il y a des tas de gens qui sont diplômés et fort capables de travailler, mais dans des postes adaptés...

      pour chaque personne, il faut définir ce que le handicap enlève. pour parler de ce que je connais, il y a beaucoup de personnes qui ont une force musculaire réduite, mais qui peuvent accomplir un travail intellectuel intense.

      les employeurs mettent de la mauvaise volonté à accueillir des personnes qui ne ressemblent pas aux autres, et les condamne ainsi à former un sous-prolétariat ou à en faire des personnes assistées par la force des choses.

      merci pour cet article.


      • m3uch4 m3uch4 7 juillet 2007 13:37

        +1


      • lyago2003 lyago2003 6 juillet 2007 18:47

        @ l’auteur, Pas drôle au départ d’être handicapé dans notre société. Dans aucune société du reste. On n’a pas le droit à la différence parce que cela dérange. Tout dérange aussi : la femme violée au cours d’une tournante, l’enfant victime des pulsions d’un adulte à la con, l’étranger au petit château, le SDF, le chômeur, le petit vieux, même un homme qui pleure simplement ... La normalité apaise parce qu’elle évite de devoir se poser tout un tas de questions fondamentales. Je ne vous parlerai pas de ces jeunes gamins et gamines dans les transports publics qui ne savent même plus lever leur derrière pour laisser la place aux personnes âgées ou aux femmes enceintes... Je ne vous parlerai pas non plus de cette ministre qui parquait systématiquement sa voiture SUR le passage piéton qui donnait directement dans l’entrée de l’école communale de ses enfants, obligeant tout le monde à contourner sa voiture de fonction. Les mamans qui tentaient de passer avec leur buggy adoraient au plus haut point. Et quand cela a fait l’objet d’un mot dans le journal de l’école, écrit par l’association des parents d’élèves, les mêmes parents ont dû s’excuser... Tout est question d’éducation et de tolérance en fait et j’ai vraiment le sentiment profond que tout fout le camp. Mais revenons aux handicapés. Je ne supporte définitivement pas de voir un valide se parquer sur une place réservée pour eux et sortir tout guilleret de sa voiture pour entrer dans sa grande surface, presque en dansant, parce qu’il a trouvé un parking près de la porte d’entrée. Imbécile ! Tu ne sais pas la chance que tu as d’avoir deux jambes valides ? Trop fatiguant de marcher pendant 50 mètres avant d’aller acheter ta pizza 4 saisons en surgelé pour remplir ta panse devant la Star Ac ? Du reste, je ne me gêne jamais pour les apostropher. Sans succès bien souvent et en me faisant traiter de « connard » en plus. Mais il est vrai que quand on développe ce style de comportement, on prouve simplement et une fois de plus son manque d’éducation et cela ne se traduit donc pas que dans les agissements... le vocabulaire fait aussi partie de ce type de processus de fonctionnement ! Ceci dit, les établissements publics de tous bords ne sont pas en reste non plus. J’entends l’autre jour à la radio que dans la plupart de ces établissements et/ou ministères, les chiens ne sont pas admis, en ce y compris les chiens accompagnateurs d’handicapés. Donc, mesdames et messieurs handicapés, vous avez beau avoir comme compagnon des chiens hyper bien éduqués, spécialement formés pour vous venir en aide à tous moments, merci à vous de les laisser à l’entrée et démerdez-vous comme vous le pouvez ! Sans commentaires !

        Notre pays à pris un énorme retard par rapport à de nombreux pays Europeens concernant l’insertion des personnes handicapées , des pays comme l’Espagne,l’Italie sans parler de tous les pays Nordiques comme dans beaucoup d’autres domaines d’ailleurs. habitant près de trois pays frontaliers a savoir, allemagne,luxembourg,suisse le contraste est saississant les citoyens de ces pays se comportent avec respect ce qui n’est absolument pas le cas chez nous, j’ai parfois honte de donner ma nationalité.


        • Gasty Gasty 6 juillet 2007 21:07

          J’ai lu l’article et l’expression de « lyago2003 » sur le sujet avec interet (ainsi que les autres).

          Et quand je vois les votes négatifs sur l’article à ce jour et cette heure, je me demande ce qu’il va advenir de bon. smiley


        • claude claude 6 juillet 2007 23:58

          bonsoir gasty,

          j’ai pu remarquer que ce n’est pas une cause poeple, noble, amusante, glamour... tant que cela ne frappe l’individu en lui-même ...

          chaque année, il y a le téléthon où on verse sa petite larme à cause de ces pauvres enfants que la maladie déforme, on donne un « petit sou ». et puis il y le cancer, comme cela fait peur, on donne un autre « petit sou ». ah, la croix rouge ! et comme c’est une noble cause... on donne aussi...

          il y a plus de 5000 maladies orphelines et/ou chroniques qui touchent plusieurs millions de français. plus tous les accidents de la vie. quelqu’un en bonne santé et à mobilité normale ne va pas remarquer que de nombreux sites ne sont pas aménagés pour les personnes à mobilité réduite : écoles, gares, magasins...

          mais, quand on évoque les problèmes des handicapés , cela ne concerne pas la majorité des personnes car « cela n’arrive qu’aux autres ». cela fait presque « tache » dans le panorama : l’opinion publique pense que c’est à l’état de prendre en charge ces personnes que la vie a esquinté. mais comme l’état n’a pas que ça à faire et qu’il a d’autres priorités, vivre normalement avec un handicap n’est pas commode .pour le comprendre il faut soit le vivre, soit le visualiser.( les handicapés, ce ne sont pas forcément des personnes en fauteuil ou avec une canne, il y a aussi les personnes atteintes de maladies chroniques, invalidantes et qui plus est, invisibles, car les dégâts causés sont intérieurs)

          il faudrait une prise de conscience générale pour que les choses bougent, malheureusement on n’y pense qu’une fois par an en faisant son don « aux grandes causes ».


        • claude claude 7 juillet 2007 02:17

          @ la taverne et @ gasty,

          c’est plus facile de délirer sur l’islam, l’immigration, les profiteurs de la sec.soc. et son nombril, que de parler de solidarité et d’humanité... smiley

          merci toutes fois, pour l’article et pour avoir voulu soulever le problème.


        • La Taverne des Poètes 7 juillet 2007 15:08

          Claude , cet article n’offre pas beaucoup d’angles de débat mais c’est aussi que je m’efforce de m’en tenir à la règle que je me suis fixée : quand l’article est mal noté, je le prends pour un refus de débattre exprimé par les votants. Donc je ne fais pas le forcing et je ne perds pas mon temps.

          Voyant que vous vous intéressez à la question, j’interviens. Vous dites que les employeurs mettent beaucoup de mauvaise volonté et c’est vrai. Mais le dispositif de pénalisation financière (renforcé par la loi de février 2005) les oblige à changer. D’ailleurs, les chiffres de l’emploi des handicapés montent progessivement.

          Chirac a fait là une bonne loi que Sarkozy veut oublier par souci de « rupture ». Du coup, ce sont les handicapés qui feront les frais de sa politique dite de rupture (et de haine de son prédécesseur). Et, je pense que dans les années à venir, les progrès constatés dans l’emploi des handicapés pourraient reculer...

          Merci, Claude, pour votre intervention.


        • claude claude 7 juillet 2007 15:45

          chère taverne,

          je défend ma paroisse ! smiley

          si je ne m’occupe pas de moi, qui va le faire ???

          ce qui est surtout désespérant quand on frappé par la maladie ou par un handicap, c’est de voir, que quelque soient les efforts pour se réinsérer dans le monde du travail, quelques soient les difficultés des remises à plat, des formations et des nouvelles qualifications/diplômes que l’on acquiert, on se retrouve toujours renvoyé à son état « d’infériorité »... et après ça, il y en a toujours pour dire que l’on profite du système, comme la miss laure !!! smiley

          y’a des baffes qui se perdent, j’vous jure ! smiley


        • claude claude 7 juillet 2007 16:12

          ps : c’est facile de mettre un avis négatif et de s’en aller comme un voleur en ne prenant pas partie dans un sens comme dans l’autre ! smiley

          c’est d’une nullité, mais d’une nullité !!! cela rejoint la lâcheté des autorités ! smiley smiley


        • Iris Iris 7 juillet 2007 16:18

          Merci pour votre article ! Ne pas oublier non plus l’article 47 de la loi du 11 février 2005 sur l’accessibilité numérique. On en parle ici : http://www.braillenet.org/

          et pour comprendre l’importance de créer des sites internet accessibles à tous : http://www.accessibilite.info/accessibilite.php

          De plus, le télétravail pourrait se développer.

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