• jeudi 20 juin 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Santé > Numerus Clausus et mauvais calcul
12%
D'accord avec l'article ?
 
88%
(18 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Numerus Clausus et mauvais calcul

Dans les années qui viennent, de nombreux médecins vont partir à la retraite et beaucoup ne seront pas remplacés. D’abord parce que nous n’en formons pas assez et ensuite, comme chaque médecin peut s’installer où il veut, beaucoup n’ont pas encore réalisé que la France ne se limite pas à la région parisienne et à la côte d’azur. C’est vrai que dans leur formation on ne leur parle pas beaucoup de géographie ! Par contre la majeure partie d’entre eux a vite compris que pour doubler son salaire il suffit d’abandonner le secteur 1 et se mettre en secteur 2. Le revers de la médaille pour les usagers c’est que tout ceux qui ne peuvent pas payer se dirigent vers les services d’urgences. Dans certaines grandes villes, les urgences se retrouvent de ce fait complètement engorgées par des personnes qui pourraient être soignées chez un simple médecin.

S’il est bien un secteur où la notion de rentabilité doit être relativisée, c’est bien celui de la santé. Il faut donc que les soins soit accessibles à tous et que les tarifs soient sévèrement encadrés ; non, la médecine n’est pas une marchandise comme une autre ! Il faut également que la répartition des médecins soit homogène sur tout le territoire. Les principales sources de financement des professionnels de santé sont la sécurité sociale et les impôts des citoyens qui payent leurs études universitaires. A ce titre, la nation devrait être en mesure de décider des affectations des médecins nouvellement diplômés et encadrer leurs tarifs. Pendant une période de 10 ou 15 ans, ils devraient être soumis à des règles fixées par la société, quitte à ce que ceux qui sont dans des régions peu peuplées touche une subvention de l’Etat. Mais comme bon nombre de professionnels de la santé ont une carte à l’UMP ou au PS ou même sont députés, ce n’est donc pas demain que cela changera.

Un autre problème est celui du « numerus clausus ». Il est facile de former autant de médecins que l’on en a besoin, les volontaires remplissent les campus, alors pourquoi avoir des quotas si limités ? Y a-t-il un « numerus clausus » pour les informaticiens, les plombiers ou les boulangers ? Lorsqu’un chercheur, un ingénieur ou un électricien réussit son examen avec 15 de moyenne, on ne lui dit pas « désolé, mais vous êtes 465eme, et cette année l’on ne prend que les 450 premiers » et l’examinateur pourrait ajouter « c’est dommage car l’année dernière l’on en prenait 310, mais avec vos notes vous seriez passé, car les 100 derniers retenus avaient à peine 12 de moyenne ! ». Donc avec ce système de numerus clausus, il y a des années avec de bons crus et d’autres de moindres qualités.

Et s’il y avait aussi un mauvais calcul de la part de nos dirigeants et de la sécurité sociale ? Si l’on est en manque de médecins, cela veut dire que dans les endroits où il y avait trois médecins, il y en aura bientôt plus que deux. Donc si chaque médecin fait environ 30 ordonnances par jour, trois médecins en font 90, mais deux médecins n’en feront plus que 60 ! Soit une économie de remboursements de 30 ordonnances ! On laisse de ce fait une place importante à l’automédication, pour tout ce qui est petits bobos, ou parfois plus graves, sans toucher aux bénéfices de l’industrie pharmaceutique, qui grâce au déremboursement des médicaments, peut vendre directement ses produits aux consommateurs. On parle souvent de médecine à deux vitesses, non ?

Tout le monde sait que le médecin fait le fameux « serment d’Hippocrate » mais également « le serment français des médecins », lequel précise que : « Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux. Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me le demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire. » Donc, s’ils ne se laissent pas influencer par la soif du gain … A ce propos les industriels des laboratoires pharmaceutiques ont-ils aussi un code de déontologie ?

http://2ccr.unblog.fr/2012/10/24/numerus-clausus-et-mauvais-calcul/

A lire également : MEDECINE, SANTE ET PROFITS




par ROBERT GIL (son site) jeudi 25 octobre 2012 - 16 réactions
12%
D'accord avec l'article ?
 
88%
(18 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Yohan (---.---.---.224) 25 octobre 2012 10:02
    Yohan

    Un numérus clausus d’autant plus débile et inacceptable que nous pillons actuellement dans les force vives de petits pays qui auraient bien besoin de garder leurs médecins pour eux. Les fameux déserts médicaux ont conduit nos édiles à aller racoler toujours plus loin, en Roumanie, en Pologne, sans parler des nombreux supplétifs étrangers dans nos hôpitaux qui sont payés au lance pierre et dont on ne reconnait pas la formation, sauf quand il faut opérer.

    Là dessus, tous les gouvernements qui se sont succédés ont montré une très grande hypocrisie, au détriment de nos enfants qui n’ont pas pu réaliser leur projet de coeur. 
  • Par jef88 (---.---.---.29) 25 octobre 2012 11:27
    jef88

    Le numerus clausus intéresse les médecins dans la mesure où il leur garantit une bonne part de gâteau.
    La sécu à rêvé (peut-être) de voir diminuer les actes médicaux.
    Mais il a fait une erreur énorme ! Les malades ont besoin d’être soignés. Donc au lieu d’aller voir un médecin, ils ont pris l’habitude de se rendre aux urgences de l’hôpital le plus proche.
    Ah ! Quelle belle économie.

  • Par MKT (---.---.---.66) 25 octobre 2012 12:25

    C’est en effet juste.

    Les urgences hospitalières remplissent aujourd’hui des missions de médecine généraliste.
    Florence Aubenas dans son livre « Le quai de Ouistream » au travers d’une réflexion d’un des personnages montre bien les déterminants de cet afflux vers les hôpitaux.

    Question économique c’est en effet pas très futé car un médecin hospitalier, c’est environ 100 k€ à l’année en coût global pour 35h hebdo. Un généraliste libéral un petit peu moins si on intègre les cotisations sociales, sauf que il n’est pas au 35h.

    Il est à noter que les gouvernements les plus favorables aux professionnels de santé libéraux furent (en tout cas pour les kinés) ceux de la gauche des années 80, et notamment les ministres communistes. Comme quoi !

    Bien à vous.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération