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Accueil du site > Actualités > Santé > Patrick Pelloux sort un livre blanc sur l’hôpital

Patrick Pelloux sort un livre blanc sur l’hôpital

Dans un livre blanc, à sortir fin septembre, Patrick Pelloux fera des propositions pour rénover l’hôpital, histoire de peser dans le débat présidentiel. Au passage, il dénonce la « ségrégation sociale » à l’hôpital.

Il y a quelque temps de cela déjà, le Blog-citoyen s’interrogeait sur le fait de savoir si la question de la santé serait ou non au cœur de la campagne présidentielle. Depuis, nombre de sujets ont fait l’actualité de la santé : l’actualité budgétaire délicate des établissements hospitaliers, les revendications des médecins, la révélation de pratiques discriminatoires à l’égard de populations démunies entrant dans le champ de la CMU, sans omettre les problèmes de responsabilité en cas de décès ou d’infections nosocomiales. Pour autant, le reste de l’actualité - notamment internationale - a été particulièrement dense, au point de faire passer les problématiques de santé au second plan.

C’est pourquoi il convient de souligner ici l’annonce de Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France, de la sortie d’un livre blanc pour défendre la cause de la santé et de l’hôpital pendant la campagne présidentielle. Ce livre devrait être dans le bac de votre libraire fin septembre ; il résulte d’un travail collectif, avec notamment la Confédération des praticiens hospitaliers (CPH) et le Syndicat des médecins généralistes (SMG). Il marque la volonté de peser dans le débat présidentiel.

En plein conflit avec les chirurgiens libéraux, la sortie de ce livre risque de mettre le ministère de la santé en porte-à-faux. Car si le livre blanc doit présenter des propositions pour rénover l’hôpital [à travers des sujets aussi importants que les liens entre les soins de ville et l’hôpital, la permanence des soins, la réforme de la tarification à l’activité], la ligne dogmatique reste floue, puisque Patrick Pelloux affiche clairement sa volonté de rompre avec ce qu’il appelle la « culture de la rentabilité », qu’il juge « intolérable », et souhaite « rendre à l’hôpital public son attractivité et sa grandeur », il s’en prend ouvertement à la profession de directeur d’hôpital dont certains, selon lui, à l’Assistance publique des hôpitaux de Paris, bénéficient d’avantages excessifs alors même que les infirmières « débutantes gagnent à peine plus que le Smic ». Cette situation relève pour Patrick Pelloux d’une « ségrégation sociale ».

En tant que directeur d’hôpital, je guetterai donc avec impatience le livre annoncé, dans la mesure où il est nécessaire de faire le tour de toutes les idées sur la « meilleure » façon de gérer la santé. En revanche, sur le sujet de la « ségrégation sociale », je serai particulièrement attentif à son discours, car il montre une volonté de confronter les professionnels de santé les uns aux autres, ce qui est certainement la stratégie du pire face aux arcanes ministérielles.

Pour un portrait de Patrick Pelloux, cliquez ici


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9 réactions à cet article    


  • même pas médecin (---.---.116.164) 4 septembre 2006 12:02

    Je pense que l’auteur de ce texte vise, par un lien vers un portrait (?) dans wikipedia, à décrédibiliser Patrick PELLOUX. En effet, la mise en évidence du rôle des directeurs d’hopitaux dans le fonctionnement et par voie de conséquence des dysfonctionnements de l’hôpital peut géner cette catégorie de personnel (dont fait partie l’auteur de la brêve.

    sur le thème de l’hôpital voir le livre « tempête sur l’hôpital » de Denis Labayle publié chez seuil

    même pas médecin


    • citoyen citoyen 4 septembre 2006 13:24

      Bonjour,

      non mon intention de décrédibiliser Patrick Pelloux. Pour un autre portrait :

      "Patrick Pelloux

      Docteur en médecine, âgé de quarante ans, Patrick Pelloux est médecin urgentiste à l’hôpital Saint-Antoine, à Paris. Il dirige également le syndicat des médecins urgentistes hospitaliers français (Ahmuf). C’est lui qui, au mois d’août 2003, alerte les Français : avec les premiers effets de la canicule, une « catastrophe humanitaire » menace le pays. Pendant des jours, Patrick Pelloux parle au nom de son syndicat et tire la sonnette d’alarme. Il est de tous les journaux télévisés jusqu’à ce que le chef du gouvernement et son ministre de la Santé se décident à écourter leurs vacances, soulignant ainsi les failles d’un système présenté pourtant comme l’un des meilleurs au monde. Patrick Pelloux relate la chronologie, les événements quotidiens de l’hécatombe d’août. Il évoque ensuite les relations orageuses avec les conseillers du ministre Jean-François Mattéi, les responsables de l’appareil de la santé publique, les élus politiques de tous les camps et, bien sûr, les jeunes journalistes des médias, seuls présents à Paris cet été-là. Une dernière partie combine la biographie du docteur en médecine, la situation alarmante de l’hospitalisation publique, la privatisation et le marasme qui se sont emparés des hôpitaux.

      « Urgentiste » de Patrick Pelloux (Fayard)"

      Sur le fond, d’ailleurs, qu’il critique une gestion trop « comptable » de l’hôpital est une bonne chose [j’ai suffisament exposé les difficultés en la matière pour démontrer que l’approche était complexe]. Là où je me mets en réserve c’est sur la forme : ce n’est pas en confrontant les professionnels de santé les uns aux autres que nous y parviendrons. Qu’il y ait des « brebis galeuses » parmi le corps des directeurs d’hôpitaux, certainement, nulle profession n’est à l’abri de celà, là où l’argument devient fallacieux c’est qu’il est mis en avant pour discuter du niveau de salaire de la profession infirmière. Devrait-on jauger de la même manière la rémunération des médecins ? Personnellement, je ne le pense pas. Là où l’argument semble fallacieux c’est qu’il n’est pas appuyé de faits précis et qu’il conduit à une généralisation outrancière du style « ils sont tous à mettre dans le même sac ». c’est cela que je regrette.

      Sur le fond, attendons les propositions de Patrick Pelloux et nous en discuterons.


    • Doc Brown (---.---.60.48) 4 septembre 2006 15:58

      « Qu’il y ait des »brebis galeuses« parmi le corps des directeurs d’hôpitaux, certainement, »

      Bonjour pourrais tu préciser le comportement avec des exemples de ces « brebis galeuses ??? »


    • citoyen citoyen 4 septembre 2006 21:59

      Que répondre ?

      Tout d’abord que la profession de directeur d’hôpital est une profession à forte responsabilité [responsabilité pénale et personnelle qui peut être engagée] dans tous les domaines de gestion d’un hôpital, que ce soit la gestion des patients [eh oui ! la responsabilité du médecin n’est pas là seule à pouvoir être invoquée], la gestion administrative [divers contentieux pendent au nez des chefs d’établissement, ou la gestion sociale [les autorités étant souvent sensibles à la problématique du dialogue social que ce soit avec les médecins ou les personnels non médicaux, surtout en période pré-électorale - ayant eu à négocier la mise en place des 35 heures, j’en sais quelque chose].

      Cette situation en fait une profession exposée à de nombreux égards. Exposée en interne, car les uns y voient le « bras séculier » du ministère ; Exposée en externe, car les autres trouvent souvent que les problèmes ne sont pas réglés suffisament rapidement ou comme il faudrait. La quadrature du cercle ... !!!

      C’est une profession sans ressort médiatique [moins de 4 000 en France] et dont une des fonctions est parfois de servir de fusible.

      Ceci étant dit, pour revenir sur la critique de Patrick Pelloux, il convient de préciser que la profession de directeur d’hôpital est réglementée par le statut de la fonction publique : les salaires sont ceux de la fonction publique de la catégorie A, cadre supérieur donc, mais fonction publique tout de même, si vous voyez ce que je veux dire. [pas de stock option à l’hôpital !] A celà s’ajoute, en raison de la réalisation de gardes, un avantage non négligeable celui du logement de fonction [les gardes des directeurs, contrairement aux médecins, n’étant pas rémunérées] - cela étant inscrit dans le statut, sachant que cet avantage en « nature » est strictement déclaré selon la valeur locative du bien mis à disposition dans les revenus de l’année et fait donc l’objet du paiement des charges sociales afférentes et de l’impôt sur le revenu et des impôts locaux. Bien sûr, il y a une différence entre l’AP-HP et l’hôpital local de Corrèze tant au niveau du logement qu’au niveau des responsabilités

      La question de Pelloux est de savoir s’il existe des abus en la matière ? Comme d’autres hauts responsable, un directeur peut franchir la barrière déontologique et abuser de sa fonction. Mais, c’est relativement risqué, tant ses faits et gestes sont regardés dans la petite communauté hospitalière ... regardés et contrôlés. Des cas d’abus, il en existe mais s’ils sont connus c’est qu’ils ont été dénoncés et sanctionnés et parfois durement.

      D’autres domaines sont sensibles, comme ceux des marchés publics, c’est une fonction que j’occupe actuellement et je peux dire que l’encadrement des règles me semble beaucoup plus sain à l’hôpital que dans les autres collectivités.

      Là où je dénonce la rhétorique du médecin qui voulant défendre la profession infirmière cible le directeur, c’est que cette argumentation n’apporte rien au débat sur le statut de l’infirmière.

      Ceci étant, cela ne remet pas en cause l’aura médiatique de ce médecin urgentiste, attendons simplement ses propositions

      Bien à vous


    • ZEN zen 4 septembre 2006 12:55

      Je me permets de signaler la parution récente, sans le Monde Diplomatique de sept.2006, d’un article à mes yeux trés important de André Grimaldi et José Timsit (respectivement Chef de service de la Pitié-Salpétrière et Prof. de Médecine à Cochin) :« Hopital entreprise contre Hopital public »...Une fine analyse et dénonciation des transformations en cours, qui concerne tout le monde.


      • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 4 septembre 2006 21:07

        Je pense que ce bon docteur P. Pelloux dit des choses très intéressantes, ...et perso j’aime bien !

        Bon il en agace certains c’est sur, on lui reproche même d’être d’gauche , c’est pour dire !

        @+P@py


        • Plus robert que Redford (---.---.38.73) 4 septembre 2006 22:26

          Patrick Pelloux, Fadela Amara, Ulla ou plus récemment Mourad Kahoul...

          La presse, les Media adorent les icones « Représentatives de certaines catégories... »

          Surtout s’ils sont forts en gueule !

          Alors, permettez-moi d’être méfiant. Tous ces personnages à un moment ou à un autre sont atteints du syndrôme du Papillon, celui qui s’affole et perd les pédales quand il vient buter dans la lampe du projecteur.

          Pour un « représentant » médiatisé, manichéen, asséneur de vérités, combien de professionnels discrets, tenaces, humbles et probablement compétents mais cantonnés à l’ombre...

          Soyez fier, cher Citoyen , et persistez ! J’admire le sens d’un certain devoir qui s’exprime chez vous. Je pensais bien que cela n’existait plus guère...


          • Xavier Lainé (---.---.222.227) 5 septembre 2006 06:51

            Livre blanc ou pas, quel sera le contenu du débat ?

            Je suis d’accord que le pire serait de dresser les uns contre les autres, le public contr ele privé, les spécialistes contre les généralistes, les médicaux contr eles paramédicaux. Ce serait le pire, et c’est peut-être déjà le pire dans un climat qui pousse nombre de nos contemporains dans les bras de tous les charlatanismes. Abordera-t-on enfin le sujet d’une véritable poliyique de santé publique ? En restera-t-on à n’aborder qu’une médecine pourvoyeuse des grands groupes pharmaceutiques, ou osera-t-on aborder une dimension holistique, systémique de la santé ?

            Je pense, de mon côté que nous aurions tout à gagner à avancer sur le terrain d’une médecine intégrée, d’une véritable promotion de la prévention au sens le plus large : celle d’une éducation de la population à la préservation de sa santé.

            Mais je doute fort, au vu des prémisses mièvres de la campagne que ces sujets soient audibles dans le tapage de la personnalisation du pouvoir.


            • chantecler (---.---.4.15) 5 septembre 2006 20:09

              Bonjour,j’ai un problème de connexion avec Avox:j’espère que P.Pelloux,dont j’apprécie ses engagements et ses actions,me pardonnera d’utiliser cet article,pour rétablire le lien.Amicalement.

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