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Pitié pour la santé

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Pitié pour la santé !

 La santé est devenue un argument publicitaire, un thème de communication, qu’on utilise sans plus de précision afin de légitimer des discours qui n’ont que peu de rapport avec ce qu’on entend généralement par ce terme. Que ce soit le Président de la République qui promet de veiller sur notre santé, ou des syndicats qui réclament la suppression des nocturnes de certains magasins, au nom du respect de la santé des travailleurs, tous utilisent ce terme valorisateur pour faire avancer des revendications dans lesquelles la santé ne peut être évoquée qu’à titre très accessoire.

 De quelle santé parle-t-on ? De santé publique, ou de santé individuelle ?

La santé publique se définit en termes de statistiques, de courbes, de schémas qui prennent en compte la mortalité en bas âge et la moyenne d’espérance de vie d’une population donnée, alors que la santé individuelle s’appuie sur des notions de bien-être physique et moral.

 Il est probable que ceux qui utilisent cet argument dans leurs discours évoquent d’avantage la santé individuelle que la santé publique afin de faire vibrer la corde sensible qui est en chacun de nous.

 Mais en usant trop du terme de santé on risque aussi le normaliser et le priver de son interprétation individuelle. Peut-être verra-t-on bientôt émerger des critères qui définiront notre propre santé autrement qu’en terme de ressenti individuel, en lui substituant des normes sociales, collectives, qui feraient fi de notre sentiment personnel ( forcément subjectif), pour ne considérer que l’aspect mesurable, étalonable, formatable de la chose.

On évoque déjà trop souvent l’alibi de la santé pour justifier des décisions qui sous un vague argumentaire scientifique servent surtout des intérêts catégoriels, politiques ou économiques (cf. Le cholestérol et le marché de tous les produits dérivés) pour ne pas craindre cette évolution visant à définir les normes officielles d’une « bonne santé ».

 Si l’on est en droit de réclamer une interprétation individuelle de l’état de santé, il ne faut cependant pas confondre le droit à la santé avec le droit aux soins. En matière de santé les facteurs génétiques sont déterminants et nous rendent très inégaux, interdisant par là même tout accès à un droit qui présuppose l’égalité. Par contre l’accès aux soins relève lui, d’une politique sociale, et peut être revendiqué comme un droit.

 Mais si nous continuons à vouloir nous préoccuper de la santé d’autrui, nous lui imposerons obligatoirement d’entrer dans un système normalisé, et nous verrons alors arriver sur les scènes médiatiques des ayatollahs pour nous expliquer comment mieux vivre : c’est-à-dire sans doute comment souffrir d’une manière plus « juste ».

 

  Dr. J-M Lacroix 

 


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