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Accueil du site > Actualités > Santé > Prévention de la délinquance : les professionnels de la psychiatrie en (...)

Prévention de la délinquance : les professionnels de la psychiatrie en appellent à Jacques Chirac

Alors que nous traitions de cette question avec un certain optimisme le 20/09, ici même, force est de constater que dès le lendemain le Sénat approuvé le projet de loi sur la prévention de la délinquance dans son ensemble conduisant inexorablement à l’amalgame entre délinquance et maladie mentale. Aujourd’hui, les professionnels de la psychiatrie se mobilisent et en appellent à l’arbitrage du président de la République. Quelle sera la position de Jacques Chirac sur cette question, dont le traitement pourrait s’avérer sensible sur fond de campagne présidentielle ? Laissera-t-il se poursuivre le processus parlementaire, avec pour conséquence fâcheuse de laisser persister une idée fausse au sujet des patients atteints de troubles mentaux ? Ou usera-t-il de son pouvoir pour satisfaire les professionnels, mais aussi les associations de familles ? De toute façon, son attitude sera jugée, quoi qu’il en soit. Espérons que sa conscience lui permettra d’éviter les réflexes démagogiques !

L’Union syndicale de la psychiatrie appelle à manifester, le 10 octobre prochain, contre le projet de loi de prévention de la délinquance. Depuis 2004, écrit son président Pierre Paresys dans un communiqué, l’union dénonce « l’instrumentalisation de la psychiatrie et de l’ensemble du sanitaire, de ses acteurs et de ses structures ». Dès le début de l’été, l’ensemble des syndicats de psychiatres avait réclamé le retrait des articles concernant la psychiatrie. S’appuyant sur les inquiétudes manifestées par le Conseil de l’ordre des médecins et la Commission nationale consultative des droits de l’homme, l’USP continue donc de dénoncer la confusion entretenue entre délinquance, précarité, santé mentale...

L’ensemble des acteurs de la psychiatrie ont donc condamné, mercredi 4 octobre, unanimement, les dispositions du projet de loi sur la prévention de la délinquance, et ont demandé à rencontrer le président de la République pour obtenir leur annulation.

Les syndicats de psychiatres hospitaliers, la Conférence des présidents de commission médicale d’établissement de centre hospitalier spécialisé, l’Association des directeurs d’établissement gérant des secteurs de santé mentale, les fédérations hospitalières, la Fédération nationale des patients et ex-patients de psychiatrie (Fnap-Psy) et l’Association nationale des familles de patients Unafam ont organisé mercredi une conférence de presse pour dénoncer le projet de la loi sur la délinquance.

Ils demandent l’annulation des articles 18 à 24 du projet de loi sur la délinquance, et dénoncent « l’amalgame entre troubles psychiques et violence » qui aggrave « la stigmatisation des soins psychiatriques » et « instrumentalise la psychiatrie en lui assignant avant tout un rôle de contrôle des libertés et de régulation ».

Sur la forme, les acteurs ont indiqué qu’ils étaient « très choqués » de voir des dispositions sanitaires inclues dans un texte législatif sur la délinquance.

S’ils demandent le retrait de ces articles, ils souhaitent engager une réforme, dans un cadre sanitaire, notamment de la loi du 27 juin 1990 traitant des hospitalisations sous contrainte.

« L’amalgame entre la maladie et la délinquance représente une injure faire au patient. En plus de constituer un retour aux heures les plus tristes de notre histoire, cela constituerait une régression au niveau de l’organisation des soins », selon le président du Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH), Dr Pierre Faraggi.

Les associations de patients et de familles craignent aussi que la constitution d’un fichier national des personnes hospitalisées d’office, prévue par le projet de loi, et que cela incite les malades mentaux à ne pas entrer dans le système de soins par crainte de figurer dans ce fichier.

Par ailleurs, les acteurs estiment que les motifs de recours à l’hospitalisation d’office décrits dans le projet de loi sont « suffisamment flous » pour participer à la hausse, non souhaitée par les professionnels, des hospitalisations sous contrainte, dont la France affiche déjà un taux record. Triste paradoxe, au pays des libertés !

Enfin, les acteurs de la psychiatrie estiment en outre que le projet de loi ne répond en rien aux difficultés actuelles de la psychiatrie et de son fonctionnement. « Un des défis actuels consiste à assurer le suivi en ambulatoire des patients après une hospitalisation d’office, or ce projet de loi ne répond pas aux problèmes de risque de rechutes ou de passages à l’acte posés dans ces circonstances », a estimé le président du Syndicat des psychiatres d’exercice publique (Spep), Dr Eric Malapert.

Pour dénoncer l’ensemble de ces risques, les acteurs de la psychiatrie ont demandé à rencontrer Jacques Chirac et ont édité une affichette destinée aux usagers, aux patients, aux familles et aux professionnels pour les informer de ce projet de loi qui constitue une « violation grave des droits à la vie privée et à l’intimité des patients ».

Dans un communiqué diffusé mercredi, la Confédération des praticiens des hôpitaux et l’Intersyndicat national des praticiens hospitaliers déplorent « l’instrumentalisation de la psychiatrie ».

Ce projet de loi a été adopté en première lecture fin septembre au Sénat. Il doit maintenant être examiné par les députés à une date encore indéterminée.

Il sera intéressant de voir quel comportement adoptera M. Jacques Chirac sur cette question, dont il pourrait également se servir dans le déroulement de la campagne présidentielle qui s’annonce.


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68 réactions à cet article    


  • Pascal Roland Barthes (---.---.64.135) 6 octobre 2006 11:33

    Les sciences « molles » (sociologie,ethnologie,psychiatrie) dérangent les politiques parce qu’elles permettent de fournir des outils démontant l’autorité,les déviances,les manipulations.Les politiques manoeuvrent grossiérement : .Transformer les sciences sociales en auxiliaire de police et agent de marketing discrédite les recherches !

    Et ce n’est qu’un paradoxe apparent si certains parlmentaires antipsychiatriques sectophiles veulent utiliser la psychiatrie à des fins personnelles.


    • lolotte (---.---.4.88) 6 octobre 2006 12:00

      Il me semblait que le psychiatrie était une spécialisation médicale !


      • Zamenhof (---.---.199.159) 8 octobre 2006 01:38

        Vous souvenez-vous de la psychiatrie soviétique dans les années 70, de sinistre renommée ?

        Les dérivent actuelles, en tout cas celles vers lesquelles on voudrait l’entraîner, conduisent à penser que les psychiatres soviétiques n’étaient finalement pas atypiques ...... smiley


      • Fabrice Fabrice Duplaquet 6 octobre 2006 12:12

        Ces sciences humaines ne sont pas des sciences exactes. Elles sont plus proche de la philosophie que de la science. La vérité d’un jour n’est pas celle du lendemain dans ce domaine. Regardez les méthodes spécifiques en pédagogie et en éducation des enfants... ça change tous les dix ans : une fois stricte, une fois laxiste... Si les psychiatres s’emparent de nos vie ont va tous être mis sous Prozac... Vive l’(A) normalité.


        • Pierre Pelot (---.---.64.135) 6 octobre 2006 12:23

          Eh ouais ,la karma-police retirera des points de karma au permis de penser grace aux puces RFid,GPS,WIFi,vitale v2.0 des portables implantés aux bienheureux titulaires de passeport biométriques !A zéro la prescription de neuroleptique ou la pose de bombe neurale s’imposera d’elle même !Le croisement des fichiers génétiques avec la vidéosurveillance parachevera l’eugénisme comportemental !


        • Fabrice Fabrice Duplaquet 6 octobre 2006 15:16

          C’est à peu de chose prêt cela, oui... tenez, 5 gouttes d’haldol... et enfilez cette belle chemise blanche, oui, oui c’est normal les manche dans le dos. smiley


        • louloute (---.---.4.88) 6 octobre 2006 12:17

          C’est pour cela que depuis les recherches du Professeur H. Laborit sur les neutoleptiques (cf Wikipédia),les labos pharmaceutiques se font un max de pognon sur le dos des malades.Et qu’on a abandonné en grande partie les recherches de psychopathologie.


          • Rantanplan (---.---.4.88) 6 octobre 2006 16:46

            Et c’est bien dommage car les Français et les Européens avaient beaucoup d’avance dans le domaine de la psychopathologie:certains médicaments corrigent les symptômes,souvent au prix d’effets secondaires redoutables(et il n’y a pas beaucoup de psychiatres à ma connaissance,qui les ont testés par eux-mêmes),mais ne s’attaquent que trés difficilement aux causes trés polymorphes des maladies mentales qui explosent dans nos civilisations (et là c’est un symptôme,un signal d’alerte trés fort,comme quoi ça déconne vraiment quelque part.) Par contre,les laboratoires pharmaceutiques,sont cotés en bourse et interviennent dans le PIB.Comme quoi le PIB ne mesure pas le degré de bien-être d’un pays,mais uniquement son aspect financier.Et là on peut aussi aborder le déficit du système de santé qui participe à « ce miracle économique » tout en appauvrissant la collectivité : « le trou de la sécurité sociale » passe aussi par là.


          • Dominique (---.---.30.27) 6 octobre 2006 13:35

            @ l’auteur, vous reprenez les propos de l’USP, dont ceux-ci : « Les associations de patients et de familles craignent aussi que la constitution d’un fichier national des personnes hospitalisées d’office, prévue par le projet de loi, et que cela incite les malades mentaux à ne pas entrer dans le système de soins par crainte de figurer dans ce fichier. »

            Quelle mauvaise foi !!!! L’internement d’office est une procédure d’internement décidé en réponse à une situation de dangerosité, du patient contre lui-même ou envers l’ordre public. Le préfet doit la signer.

            Comment un psychiatre peut-il mettre cette procédure (et le fichier associé tel que le propose la loi) sur le même plan qu’une demande d’internement du patient lui-même ou de sa famille (procédure de placement volontaire dans ce dernier cas) ?

            A lire des propos d’une telle mauvaise foi, on se prend à penser que USP et CSM = même combat


            • citoyen citoyen 6 octobre 2006 15:15

              Ce qui est effectivement contestable c’est que le champ politique puisse vouloir instrumentaliser le champ sanitaire et plus particulièrement celui de la santé mentale au nom de la prévention de la délinquance.

              D’une part, on laisse croire à nos concitoyens qu’en faisant cela, on va régler le problème de la délinquance dont sont responsables certaines personnes atteintes de troubles mentaux. Il ne s’agit pas ici de contester cet élément qui existe (mais comme tout citoyen, j’ose dire, une personne atteinte de troubles mentaux est susceptible de commettre des délits, il s’agit alors que la justice en lien avec les médecins puissent déterminer quelle est la part de responsabilité de la personne sans tomber dans le piège ou la facilité de l’irresponsabilité, mais ceci est une démarche au cas par cas).

              D’autre, on insinue qu’il existe un lien de causalité (matérialisé de manière symbolique par la loi, c’est certainement c’est aspect qui émeut le plus) entre le fait d’être atteint de troubles mentaux et la fait d’être susceptibles de commettre des faits de délinquance. De plus, ce lien de causalité devient réciproque dans l’imaginaire des gens. Et là, on s’interroge vraiment sur le devenir de la psychiatrie, surtout au regard du passé.


              • Fabrice Fabrice Duplaquet 6 octobre 2006 15:33

                Il y a un véritable danger d’eugenisme dans ces projets. Médicaliser des comportements d’enfants dès la maternelle c’est de la folie. L’Eglise catholique décrétait autrefois que les enfants adultérins étaient des débiles mentaux. Aujourd’hui on veut nous faire croire que des enfants hyperkinétiques sont délinquants potentiels. Stop, qui va déterminer la normalité ? Les chercheurs ? Eux-mêmes sont parfois victimes de problèmes psy qui leur donne la possibilité d’être des supers scientifiques (les obsessionnels sont de parfaits chercheurs) dans leurs domaines mais des minables dans la vie de tous les jours... J’en connais mais je donne pas de nom smiley


                • Béotien (---.---.111.74) 6 octobre 2006 15:40

                  Qui sont SVP USP et CSM ? Merçi par avance.


                  • Dominique (---.---.184.109) 6 octobre 2006 16:20

                    rire, pardon !!! usp >> union syndicale de psychiatrie

                    csm >>> conseil supérieur de la magistrature


                  • Dominique (---.---.184.109) 6 octobre 2006 16:36

                    @ L’auteur, et si vous donniez le lien qui permettrait de se faire une opinion sur ce projet de loi, loin d’une instruction à charge qui manque fort d’illustrations dans votre article... ?

                    Quant à la question que je vous posais plus haut, vous avez allumé un contre-feu mais n’avez pas répondu sur le fond, à savoir la mauvaise foi de praticiens qui font semblant de confondre internement d’office et demande de prise en charge à l’initiative des patients eux-mêmes. Cette parfaite mauvaise foi suffit à me faire douter de la portée liberticide d’une telle loi.


                    • citoyen citoyen 6 octobre 2006 17:28

                      Cher Dominique,

                      pour votre question, cf. le lie en tête d’article qui renvoit sur le précédent article : « le sénat refuse l’amalgame ? » (http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=13582)

                      Quant à vous répondre sur l’interprétation de la citation, je reconnais que la phrase telle qu’elle est citée conduit à se tromper. Il est clair que l’hospitalisation d’office est une mesure de contrainte privant la personne de la liberté d’aller et venir. Ce qui est craint c’est ce dispositif qui doit répondre à un usage bien limité (malheureusement la France procède à beaucoup d’hopsitalisation de ce type comme vous le savez certainement - peut-être parce qu’au contraire d’autres pays européens, cet acte de privation de liberté n’y est pas encadré par la justice) ne soit encore plus étendu dans son utilisation (c’est la crainte de l’amalgame délinquance - psychiatrie). D’autre part, ce sentiment de confusion est renforcé par l’annonce de ce fichier. Ce qui est dénoncé c’est l’amalgame pas le dispositif de l’hospitalisation sous contrainte puisque les professionnels en réclament la réforme (textes ici sur le site du CH de Charcot : http://www.ch-charcot56.fr/textes/textreg.htm)


                    • bonbentanpi (---.---.4.88) 6 octobre 2006 18:41

                      Evidemment que les« gens qui sont dangereux pour les autres et pour eux-mêmes » doivent pouvoir être hospitalisés d’office,(il s’agit des psychotiques délirants ou hallucinés,par exemple,celui qui entend des voix qui lui disent d’assassiner belle-maman) mais cela demande effectivement une surveillance judiciaire active.Il doit y avoir séparation entre le pouvoir judiciaire et celui des médecins.Dans les textes,il y a des garanties, mais comme toujours,on n’a pas toujours les moyens de les appliquer.


                    • Dominique (---.---.184.109) 6 octobre 2006 18:45

                      Merci à l’auteur, je file lire les liens en question (le sujet m’intéresse beaucoup)


                    • Béotien (---.---.111.74) 7 octobre 2006 00:41

                      Rebonjour. Trois remarques assez peu réfléchies mais je l’espère, en phase avec le propos:La première,c’est que, quelque soit le mode d’entrée dans un lieu de soin,le plus difficile et pourtant le plus nécéssaire c’est d’obtenir l’aval du patient dans la démarche. Tout ce qui contrarie cette adhésion est me semble-t-ilà considérer avec prudence.Ensuite, je n’ai jamais rencontré d’hospitalisations abusives car les H.O.non nécéssaires étaient vite levés,mais à l’inverse j’ai vu un nombre non négligeable de prescriptions exagérées. Ces cas « discutables »seront-ils en fiche ?(Le Maire de mon tout petit village, homme sympathique s’il en est, ne m’a quand même jamais paru trés au fait des méandres de la psychopathologie).Enfin,j’ai souvent entendu de la part des psychiatres le constat d’une vacance dommageable,d’un vide au carrefour entre santé,justice et éducation. Remplir ce vide par des démarches « préventives » me semble procéder du « procés de délire »avant même que d’être un procés d’intention.Merçi Monsieur de cet article.


                      • Béotien (---.---.111.74) 7 octobre 2006 00:48

                        Merçi aussi à Dominique,et pour sa réponse, et pour son rire.Le manque d’habitude m’a fait vous oublier.


                        • dana (---.---.176.144) 7 octobre 2006 12:38

                          Merci pour cet article J’ajouterai une chose :

                          le gouvernement va jusqu’au bout de la logique sécuritaire.Or, quand on pousse une logique à bout, on risque toujours de sombrer dans l’absurde.

                          Les deux axes traditionnels des logiques sécuritaires sont : surveiller et punir. On dira ici « prévenir » à la place de « surveiller », mais personne n’est dupe. On peut prévenir la délinquance de multiples façons, mais dans la cas qui nous occupe, il s’agit uniquement de surveillance.

                          A la surveillance des gens de couleur (ce qui est une manière moins euphémique de dire : lutte contre l’immigration clandestine), à celle des pauvres (qui, n’en doutons pas, sont les prochains boucs émissaires sur la liste), on ajoute la surveillance des « malades mentaux ».

                          En tant que « malade mental » moi-même, ou du moins ex-malade mental stabilisé si l’on peut dire, et pour connaître d’assez près donc certains de mes collègues, je doute fort que nous soyons plus disposés que les autres (les non-« malades mentaux » à commettre des actes de délinquance. Il arrive, rarement, que certains déclenchements psychotiques soient effectivement catastrophiques : mais la violence produite dans ces moments relève-t-elle de la délinquance ? Je ne sais pas, mais ce que je sais c’est que c’est un sujet important, et que l’assimilation que fait le gouvernement au travers de cete loi des malades mentaux aux futurs délinquants est bien trop précipitée. ça mérite pour le moins de réouvrir le débat de la responsabilité pénale des malades mentaux, de l’absence de discernement (puisque manifestement, certains veulent à tout prix le réouvrir).

                          Mais le vrai danger de cette logique sécuritaire poussée jusqu’à l’absurde, c’est qu’elle s’acharne à rechercher les racines de l’acte délictueux dans les supposées dispositions du sujet.

                          Or, sur quel savoir peut-on s’appuyer pour discerner à l’avance chez les individus les germes de la délinquance ? De vagues chiffres statistiques, des études délirantes (cf. le rapport de l’inserm sur les troubles des enfants en bas age), et pas grand chose d’autre. Tout cela procède d’une attitude paranoïaque. La logique de notre gouvernement sur ce point est conforme aux stratégies que mettent en oeuvre certains paranoiaques, interprétant le moindre comportement, le moindre signe, comme un danger potentiel.

                          Peut-être avez-vous vu le film de Spielberg, inspiré d’une nouvelle de P. K. Dick, Minority report, dans lequel la police est en mesure d’évaluer à l’avance les risques potentiels qu’un individu fait courir à la société : punir les crimes avant qu’ils soient commis. Nous n’en sommes certes pas là, mais la logique sécuritaire tend vers une utopie de ce genre.

                          Quant au fichage.. il suffit de consulter les articles affichés sur cette page : nous avons tus de bonnes raisons d’être fichés. Mais dire cela, ce n’est pas faire preuve de paranoïa, c’est plutôt la logique en place, au nom de laquelle on nous gouverne, qui se révèle paranoaique.


                          • citoyen citoyen 7 octobre 2006 13:00

                            Merci à vous, pour votre commentaire qui résume bien les sentiments que sur ce qui se passe.

                            Pour exemple de la paranoïa, il suffit de voir ce qui est arrivé à cette personne handicapée protestant devant l’Assemblée nationale contre l’insuffisance de ses revenus. L’homme s’était placé mardi devant un bâtiment de l’Assemblée nationale pour "protester contre le sort que lui faisait l’Unedic.

                            Il a été rapidement arrêté par neuf policiers et envoyé à l’hôpital européen Georges Pompidou (HEGP, AP-HP). A une heure du matin, il a été transféré à l’Infirmerie psychiatrique de la préfecture de police (IPPP) et y a attendu jusqu’au lendemain matin la visite d’un psychiatre. Ce psychiatre a constaté « en dix minutes » qu’il n’avait « aucun doute sur son intégrité psychique et psychologique »

                            Dommage qu’il ait fallu autant de temps pour s’en rendre compte. On constate ce que donne dans la vie de tout les jours la mise en place d’amalgame !


                          • Prêtresse Prêtresse 7 octobre 2006 17:32

                            Racines de la violence.

                            Le Sujet Interdit.

                            — -


                          • ZEN zen 7 octobre 2006 18:11

                            Excellent article et commentaire de Dana, qui sait de quoi elle (il ?) parle. Il y a là un risque de grandes dérives qui peuvent tous nous concerner directement ou indirectement.

                            La situation n’a cessé de se dégrader en France dans ce secteur depuis les années 80 , si j’en crois le personnel infirmier que je côtoie souvent:promiscuité des malades, manque de suivi,manque de personnels suffisamment formés,médicalisation à outrance...la « camisole chimique »,commode et rentable pour l’industrie pharmaceutique ,fonctionne trop aux dépends de l’approche psychologique, individualisée et humaine des patients.


                          • Prêtresse Prêtresse 7 octobre 2006 17:31

                            Racines de la violence.

                            Le Sujet Interdit.

                            — -


                            • dana (---.---.182.183) 8 octobre 2006 20:26

                              @prêtresse

                              de manière sybilline vous écrivez :

                              « les racines de la violence : sujet interdit »

                              Est-ce trop vous demander que de préciser un peu ce point ?

                              Je ne crois pas que l’auteur de l’article ait considéré un seul instant que la question de l’origine de la violence puisse être une question interdite. Le problème, c’est que justement, à travers cette loi s’exprime la promesse qu’on ait réellement les moyens de la situer, cette origine. Or, puisque vous faîtes lien vers le site d’Alice Miller, vous savez mieux que ytout le monde que la violence certes, on peut a posteriori en retracer la genèse (une fois que les événements se sont produits), mais certainement pas en prévoir à l’avance et a priori la venue.

                              Or, c’est ce que promet le texte de loi, ce qu’il sous-entend. Qu’un individu, par le simple fait d’avoir été diagnostiqué psychotique, ou qu’un enfant, parce qu’on aurait observé quelques troubles troubles si j’ose dire, puissent être considérés a priori comme devant faire l’objet d’un signalement, c’est bien le principe de la loi.

                              Quant à la question de l’origine de la violence, hé bien ! si elle était résolue ça se saurait (ce ne sont pas les tentatives et les théories plus ou moins délirantes en général, qui manquent notez le bien), mais que je sache ce n’est pas le cas. (et j’ai plus léger doute sur le fait qu’on n’ait jamais une réponse définitive à cette question. Parce que je crois qu’elle nous dépasse un peu là :)

                              Enfin : j’attends vos remarques, si vous condescendez à nous éclairer.


                            • Prêtresse Prêtresse 3 novembre 2006 03:50

                              « ...que ytout le monde... » Dana

                              « quelques troubles troubles si j’ose dire » Dana

                              Quand pensez-vous !

                              — -


                            • Bali Balo (---.---.14.33) 4 novembre 2006 17:52

                              j’ai préféré : « prévoir à l’avance et a priori »


                            • Prêtresse Prêtresse 4 novembre 2006 20:20

                              « trés choqués » et « suffisamment flous » dans l’aricle de la victime.

                              — -


                            • Prêtresse Prêtresse 4 novembre 2006 20:22

                              « article ».

                              J’ai mal aux yeux.

                              — -


                            • (ca)rapace (---.---.230.93) 7 octobre 2006 23:30

                              Ne mélangez pas tout s’il vous plait, le sujet n’est pas la camisole chimique plutot que l’approche psychologique, le sujet de la pauvreté de la psychiatrie est infiniement plus profond, il est celui d’une saturation totale des services dans les hôpitaux, celui dun manque criant de psychiatre, du recour quasi systématique à des praticiens étrangers dont la qualité n’est pas en cause, mais qui quelques fois parlent tout juste la langue (en psychiatrie !!), les services de psy, c’est la cours des miracle, on ne sait plus comment garder les malades qui en ont besoin, ou bien comment faire sortir ceux qui pourraient rester chez eux ou quelque part ailleurs, parce qu’il n’y à pas d’ailleurs pour eux. Les infirmiers (ères) qui ont un peu d’expérience sont souvent à la limite du désespoir de devoir traiter cette chronicité, sur des années, des décennies... Le problème ne se situe résoluement pas au plan du bénéfice des labo pour ce qui concerne la psychose en tout cas, mais bien à celui des humains et des lieux que le pays met à disposition de ces souffrances...

                              Quand au problème de la délinquance et de ce que l’on voudrait faire dire notamment aux enseignants sur la qualité d’adaptation des enfants, j’ai vu trop de premiers de la classe dans l’enfance sombrer dans l’addiction et la délinquance à l’adolescence ou à l’age adulte, les propos de nos politiques n’ont de sens que pour les accro des filières d’excellence, mais on ne dit jamais qu’elles recellent la plus forte proportion de souffrance psychique dans la grande adolescence.


                              • Zamenhof (---.---.199.159) 8 octobre 2006 01:41

                                Tant de premiers de la classe mal tourner, et si vous relisez les biographies, tant d’affreux jojos devenir des grands hommes.

                                Si on écoute sarkozy, c’est fini. une autre façon de faire des « Mozarts assassinés »


                              • mercurochrome (---.---.4.88) 8 octobre 2006 09:03

                                @ carapace:les deux mon général:si dans un service hospitalier les moyens en personnel ne sont pas là,la tentation de recourir aux neuroleptiques de façon excessive est plus grande,surtout s’il s’agit de crise clastique et qu’il n’y a pas d’équipe de « sécurité » pour prêter main forte à des soignants en nombre insuffisant et de plus en plus féminisé ( ce qui n’est évidemment pas une critique des infirmières) : le rapport des forces en psychiatrie est fondamental,pour que les services soient vraiment thérapeutiques.Pour le reste,entièrement d’accord avec vous.


                              • (ca)rapace (---.---.120.144) 8 octobre 2006 12:38

                                Ce que vous dites n’est pas faux, mais j’insiste, le traitement de la psychose est une chimiothérapie, sans elle c’est des années d’enfermenment


                              • mercurochrome (---.---.4.88) 8 octobre 2006 12:52

                                @ carapace:c’est une question sérieuse et qui mérite des retours en arrière,à une époque où certains cherchaient à saisir les structures psychotiques de « l’intérieur ».Et il y a des faits passionants,pour peu que l’on essaie de s’extraire de la doxa « génétique ».J’espère qu’un jour certains psychiatres rouvriront le dossier.Je vous recommande la (re)lecture du livre « la raison du plus fort »de Bernard de fréminville qui fait un analyse des plus caustiques des « vérités » en psychiatrie.


                              • dana (---.---.182.183) 8 octobre 2006 13:09

                                @carapace :

                                Je ne peux vous laisser dire : « la thérapie de la psychose c’est la chimiothérapie. »

                                Ça c’est une affirmation qui ne va pas du tout de soi. Les médicaments constituent effectivement pour les psychotiques une béquille extrêmement utile, parce qu’ils permettent de stabiliser la vie psychique du sujet ou de prévenir des crises les plus intenses. Ils ont surtout permis qu’on puisse envisager de véritables thérapies des psychoses. Mais la thérapie,si on y croit, ne saurait être réduite à l’émission d’un diagnostic et l’administration de médicaments (ou alors cela signifie qu’on pense que les psychoses sont incurables - ce qui, dans un sens n’est pas faux, mais cela ne signifie pas que les sujets psychotiques ne puissent dans une certaine mesure résussir leur vie). Autrement dit, le médicament oui ! mais comme LA réponse unique : le médicament facilite et même parfois rend possible la parole, et les psychothérapies fondées sur la parole, l’aménagement de l’espace et du temps. La psychiatrie en rance (et aileurs) est justement dans une situation catastrophique, et vous avez raison de la souligner, parce que justement, les politiques ont fait le deuil de l’aménagement d’une vie possible pour les psychotiques, au profit de la seule administration de médicaments - ce qui, dans une logique purement économique se comprend.

                                La disparition de l’infirmier spécialisé est un drame en ce sens qu’on perd un rouage essentiel de la thérapie.je vous renvoie à tous les auteurs des décennies passées, les grands psychiatres que sont Jean Oury, Guattari, Dolto, Manonni et tant d’autres.

                                En disant cela brutalement, vous rayez d’un trait un demi-sicèle de psychiatrie française, vis-à-vis de laquelle l’institution actuelle est en voie de régression.

                                Heureusement, il reste encore des psychiatres qui croient aux vertus de la parole : mais dieu sait que leur travail est difficile par manque de moyens et parce que l’idéologie dominante, la pensée unique (la médicamentation), constituent des freins à leur travail.

                                Effectivement, si les médicaments suffisaient à rendre la vie des psychotiques viables, le monde serait « presque parfait » : ce n’est pas (encore) le cas, et je doute que cela arrive jamais. Mais si c’était le cas, alors on aurait plus besoin d’infirmiers me semble-t-il.


                              • (ca)rapace (---.---.120.144) 8 octobre 2006 14:50

                                Il n’a jamais été question que le médicament soit la réponse unique dans mon esprit. Le médicament est une réponse indispensable, au milieu d’autres réponses, tout aussi indispensables, et à la condition d’être remis en question (son indispensabilité) régulièrement. Il existe des psychotiques parfaitement intégrés socialement et au plan familial, qui éventuellement ne viendront vous voir en cabinet que le temps d’une ordonnance, et cela tout au long de leur vie ; il en est d’autres dont la souffrance demandera chimio et psychothérapie et qui au bout du compte se rétabliront sans traitement ni consultations ultérieurs ; et puis il y a ceux qui n’en sortiront pas, qui habitent en quelque sorte la psychiatrie, et dont le soins médicamenteux et de présence thérapeutique sera quotidien pour la vie entière.


                              • mercurochrome (---.---.4.88) 8 octobre 2006 15:02

                                @ carapace:je te rappelle que dans le développement du bébé,il y a une phase psychotique obligatoire....


                              • dana (---.---.182.183) 8 octobre 2006 15:31

                                @carapace

                                ha nous sommes d’accord alors si vous relisez votre message, vous conviendrez qu’il pouvait prêter à confusion, tant il était abrupt.

                                Ce projet de loi en tous cas nous conduit précipitamment à mettre de côté (provisoirement) les débats concernant tel ou tel aspect de l’aide aux psychotiques : en assimilant les patients de la psychiatrie à des pré-délinquants (après qu’on nous ai fait le coup avec les enfants perturbés comme on l’a rappelé ici), on franchit un cap idéologique extrêmement dangereux. Et d’ici qu’on nous ait découvert un gène de la misère...

                                Enfin bon qui a parlé d’idéologie implicitement eugéniste ?


                              • mercurochrome (---.---.4.88) 8 octobre 2006 15:40

                                @ Dana :désolé mais les choses actuellement avancent trés vite !Peut-être as-tu lu la métaphore de la grenouille dans un récipient qui chauffe, de kesed,je crois....


                              • dana (---.---.182.183) 8 octobre 2006 17:15

                                @merchorochrome non je connais pas l’histoire de la grenouille raconte moi please !

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