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Psy, ce métier qui ne connaît pas la crise !

1 français sur 10 a déjà suivi une psychothérapie selon l’Insep ! Qu’il s’agisse de problèmes de couple, de travail ou de famille, cette fréquentation accrue témoigne du besoin de se confier lorsque l’on supporte mal un changement dans sa vie. Les métiers de « psy » sont en plein boom et les thérapies se diversifient laissant parfois place à des charlatans ! News Of Marseille est allé consulter la psychologue Nicole Sarradon-Girbal. Décryptage d’un véritable phénomène de société.

Psychologue. Du grec « psy » qui signifie « esprit » et « logue » qui évoque « l’étude ». Un peu d’étymologie ça ne fait pas de mal après tout ! Et « étudier l’esprit » afin « d’aider une personne à mobiliser ses ressources pour surmonter des difficultés », voilà l’objectif de Nicole Sarradon-Girbal, psychologue et psychothérapeute depuis plus de 40 ans.

Si au départ la psychologie était réservée à un petit nombre, ces dernières décennies, la discipline s’est fortement développée et vulgarisée. Car s’il y a 30 ans « aller voir un psy était tabou, aujourd’hui cela l’est beaucoup moins ! », affirme notre spécialiste. D’ailleurs 5 millions de Français ont déclaré avoir déjà suivi une psychothérapie, soit un Français sur 10 selon l’Insep (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé), repris par l’hebdomadaire L’Express !

La France compte près de 40 000 psychologues. C’est beaucoup plus que les trois autres statuts qui composent les métiers du psychisme : 13 000 psychiatres, 10 000 psychothérapeutes et 6 000 psychanalystes. Remarquez, les dix années d’études après le bac pour parvenir à être médecin psychiatre ne doivent pas être étrangères à ce résultat.

Pas de profil type pour les adeptes ! même si des chercheurs, dans le livre Psychologie et société ont tenté de dresser un profil. Une femme âgée entre 35 et 44 ans, cadre en région parisienne, tout reste relatif ! On retrouve aussi des ouvriers, des personnes âgées : « Je m’occupe d’une personne qui a 94 ans », nous informe Nicole Sarradon-Girbal.

Le psy n’est donc pas (ou plus) une furtive mode bobo mais semble plutôt être une évolution culturelle. Et Meryl Streep dans la comédie Petites Confidences à ma psy ou Ally McBeal et sa délurée mais très performante Dr Clarck témoignent de cette vulgarisation ! Le tarif d’un spécialiste de l’esprit reste toutefois supérieur à celui d’un médecin : en moyenne 50 €, mais pour une heure ! Non remboursés par la Sécu, sauf pour les psychiatres ou psychologues qui exercent en centres hospitaliers.
 

Des changements qui chamboulent

Mais quelles sont les véritables sources de ce phénomène ? Pour Nicole Sarradon-Girbal, c’est à la fois le résultat de l’évolution de cette science et de celle de notre environnement. Puisque le monde a changé ! C’est d’ailleurs ce que ne cesse de répéter le philosophe contemporain Michel Serre : « Il ou elle n’a plus le même corps, la même espérance de vie, n’habite plus le même espace, ne communique plus de la même façon, […] ne redoute plus la même mort ».

Des évolutions qui chamboulent notre quotidien, vie professionnelle, affective ou intime. « Chaque changement provoque quelque chose d’agréable ou de désagréable. Et si c’est désagréable c’est un bon motif pour aller voir un psy » explique la psychologue.

Mais cette fréquentation accrue reflète aussi le besoin de se confier et surtout de se sentir écouter ! Car même si Marseille est réputée pour être la ville de la tchatche, ses habitants « ne se sentent pas forcément écoutés et compris », note la spécialiste. Serait-il temps de revoir le scénario de nos apéros ?

Ce besoin de parler, de se confier pour se sentir exister, l’homme l’a toujours eu. Et pour expliquer cette recrudescence, certains avancent le fait que notre société « fabrique des gens de plus en plus seuls », ce qui les pousse à aller consulter. Pour d’autres c’est un choix : privilégier le fait de parler à une personne extérieure, susceptible de comprendre, d’aider et de garder tout cela sous silence !
 

TCC, thérapie de groupe ou psychanalyse : quelle thérapie pour quel problème ?

Une demande qui s’accroît et une offre qui se diversifie ! La science de l’esprit est à présent un commerce à part entière. Et les 200 thérapies existantes le confirment ! Dans le panel de thérapies pratiquées par Nicole Sarradon-Girbal, la R.E (Relationship Enhancement), la méthode qu’elle a elle-même mise en place, spécialisée pour les problèmes de couples est sa favorite. Brève, 10 séances maximum, le psychologue fait faire une série d’exercices au couple pour faciliter la communication et la compréhension. Cette pratique contient l’essence même de la psychothérapie : agir sur le présent en rectifiant les comportements des personnes.

Qu’il s’agisse des thérapies de groupe pratiquées en famille pour traiter les éventuelles difficultés d’un enfant, de la thérapie interpersonnelle utilisée pour surmonter les grands évènements de vie, deuil ou retraite, ou encore de la TCC, (Thérapie Cognitivo-Comportementale), le travail des psychologues diffère de celui des psychanalystes.

La TCC en est le parfait exemple. Développée aux Etats-Unis, cette méthode est souvent utilisée pour traiter les phobies, les TOC (Troubles Obsessionnels Compulsifs) ou les difficultés relationnelles. L’exercice consiste à mettre une personne face à ses peurs pour qu’elle affronte et contrôle son anxiété. 58% des personnes interrogées par l’Insep, déclarent que leurs problèmes ont diminué suite à une thérapie et ils sont 26% à affirmer qu’ils ont « disparu ».

La thérapie, une démarche qui s’oppose à la psychanalyse. Le concept posé par Freud au début du XXe siècle est avant tout une compréhension sur son moi intérieur, un moi avec un conscient et un inconscient qui refoule ses désirs inassouvis, censurés par les principes de notre société. « La psychanalyse n’a donc pas pour but de guérir. C’est un plus », distingue Nicole Sarradon-Girbal.

D’ailleurs, c’est plus une passion qu’un métier confirme Sylvie Cipriani, psychanalyste. Aucun diplôme n’est reconnu par l’Etat, il existe des instituts privées comme l’IFAPP (Institut Freudien Formation Psychanalyste et Psychothérapie) à Aix-en-Provence qui forme au métier. A savoir que pour devenir psychanalyste, il faut avoir soi-même suivi une cure analytique et appartenir à une association officielle. Les consultations ne se sont pas remboursées par la Sécu !

Enfin, autre distinction, les psychiatres. Eux traitent les maladies mentales et sont les seuls à pouvoir prescrire des médicaments afin de les guérir : schizophrénie, pédophilie, dépressions… « Les psychologues ne sont pas sous l’angle malade. Nous ne sommes donc pas avec des patients mais des personnes », différencie de nouveau Nicole Sarradon-Girbal.
 

Psychologues, psychothérapeutes « tous des charlatans » ?

Les métiers de la psychologie sont en plein essor, des consultions sont même autorisées depuis 2010 sur Internet ! Certaines personnes désireuses de participer à ce business fleurissant se sont étiquetées psychothérapeutes. Un titre, contrairement au psychologue, qui ne demandait aucune formation spécifique. Les dérives sectaires ne se sont pas fait attendre si bien que l’année dernière l’Etat a mis en place un décret d’application pour réguler le métier de psychothérapeute. Dorénavant il faut avoir suivi une formation en psychopathologie agrée par l’Etat ou alors justifier de cinq années de pratique avant mai 2010.

Mais parfois « c’est tout simplement l’outil (NDLR : la thérapie) du psy qui ne convient pas », fait remarquer Nicole Sarradon-Girbal. Trouver son psy n’est pas aisé d’où la nécessité de se renseigner sur le thérapeute, les méthodes qu’il pratique et si possible avoir les avis de personnes qu’il a reçues.

Mais dans le fond, « tous les psys sont des charlatans. Parfois une rencontre, aller dans un club, fait autant de bien que de suivre une psychothérapie », ironise Nicole Sarradon-Girbal. Et si au final, comme le lance Sylvie Cipriani « aller voir un psy c’était un peu comme se payer une meilleure amie » ? Une meilleure amie experte en psychologie, totalement à votre écoute et qui vous épargnera ses traquas !

Pour voir le reportage avec Nicole Sarradon-Girbal .

Coralie Mollaret - News of Marseille


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6 réactions à cet article    


  • slipenL’air 27 août 2011 10:27

    la psychologie est morte (Comme discipline).

    Elle n’est simplement
    plus prise au sérieux en dehors de ses propres cercles qui diminuent.
    C’est devenu « une discipline poussiéreuse. » Elle est entrain d’être mangée
     toute crue par les approches scientifiques des quadrants droits
     (tels que la science cognitive) et elle est dissoute et déconstruite par
    le mème vert méchant dans les quadrants gauches.
     Elle semble vivre ses derniers jours.
    Ken Wilber

    CONCEPTS CENTRAUX


    • Kalki Kalki 27 août 2011 10:55

      Pas pour longtemps vous savez, dans un monde totalitaire , il n’y a pas besoin de justice, de politicien, de police, de media journaliste du pouvoir , et de psy

      par ailleurs ces métiers se voient être remplacé également pas la technique

      vous allez adorer l’avenir


      • Horville 27 août 2011 11:29

        Vous devriez traquer vos tracas, tracasser vos traques, traquer votre trac, et vérifiez votre orthographe. L’abus de correcteur ne mène pas obligatoirement chez le psy, qu’on se le dise !


        • Radix Radix 27 août 2011 13:30

          Bonjour

          On remplace la lecture de l’Horoscope par une séance chez le psy, chaque époque a sa mode.

          Radix


          • Spip Spip 27 août 2011 18:24

            Article qui a le mérite de bien indiquer les différentes sortes de psy et de signaler la différence de NATURE entre psychothérapie et psychanalyse, ce qui n’est pas toujours clair dans la tête du public.

            A part ça, le reste est un peu léger (en grande partie basé sur les dires d’UNE psychologue) Les courants thérapeutiques importants sont oubliés. Il y manque, au moins, toute l’Ecole de Palo Alto à l’origine des thérapies brèves, l’Analyse Transactionnelle (Eric Berne), l’Approche Centrée sur la Personne (Carl Rodgers), Erikson, etc. Les TCC ne sont qu’une infime partie de tout cela.

            Sur le fond, on est bien d’accord : trouver quelqu’un à qui parler, sans crainte de jugement et de yaka...


            • Raymond SAMUEL paconform 27 août 2011 22:10

              Bonsoir,

              Je regrette énormément qu’un article ayant pour sujet les psys et les motifs de consultation (parler à un écoutant dites-vous) donne, par sa légèret, une idée aussi parfaitement fausse de l’état de santé psychique des français.

              La tendance à ne pas prendre en compte les handicaps et souffrances qui résultent de systèmes nerveux malmenés/maltraités pendant leur formation est déjà très forte. Surtout il est impossible de rechercher objectivement les causes réelles de ces malformations psychiques, dans l’impossibilité ou nous sommes -ou bien ou nous nous croyons- d’agir sur ces causes.

              Par estimatiion résultant d’observations directes je situe à 30% environ le pourcentage des personnes ayant dépassé le seuil des dommages psychiques handicapants à vie.

              La santé mentale est gravement atteinte et il est très regrettable que l’on en parle aussi légèrement. Que ceux qui ne connaissent pas le problème parlent d’autre chose ; Merci

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