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Accueil du site > Actualités > Santé > Quelques vérités sur la qualité de l’eau du robinet

Quelques vérités sur la qualité de l’eau du robinet

Entre les alarmistes qui crient à l’empoisonnement et les tenants de l’angélisme qui ne jurent que par l’eau du robinet, où se situe la vérité ? Peut-on boire l’eau du robinet sans danger ? Quelques articles parus récemment dans la presse écrite et sur le web permettent d’y voir plus clair.

Dans son numéro d’avril dernier, le mensuel Santé Magazine a réalisé une synthèse intéressante sur la qualité de l’eau du robinet.

Il révèle un chiffre choc : en 2011, 33 200 personnes ont subi une coupure d’eau car l’eau du robinet était jugée non-conforme à la consommation.

Une carte des pollutions de l’eau potable en France permet d’ailleurs de constater la variété des menaces qui pèsent sur nos ressources en eau. E-coli, acide chloridryque, perchlorate d’ammonium, nos ressources sont attaquées de toute part.

Certes, on dispose de nombreuses informations sur les problèmes de conformités, les autorités s’empressant de faire valoir leur vigilance préventive pour justifier les coupures.

Mais la transparence est moins évidente lorsqu’on s’intéresse aux résidus de produits contaminants dans notre eau du robinet. Ils n’impliquent pas de coupure d’eau pour non-conformité. On sait toutefois que l’exposition répétée à ces produits nocifs impacte notre santé à moyen et long terme.

Quels sont les principaux contaminants dans notre eau ?

Les THM liés au chlore

Les résidus de trihalométhanes ou THM qui se forment lorsque l’eau contient à la fois du chlore et des matières organiques. Le risque est bien réel : il ne se mesure qu’à long terme, puisqu’une exposition prolongée à ce gaz peut se traduire par l’apparition de cancers de la vessie.

Le plomb lié aux canalisations

L’état des canalisations a également un impact pour la santé. On sait que les immeubles anciens qui acheminent l’eau via des canalisations en plomb relarguent des particules de plombs. Dans les années 80, une centaine de cas de contamination au plomb par voie hydrique ont été recensés. Les effets peuvent être particulièrement nocifs pour les enfants ( troubles neurologiques et nerveux) et les adultes (douleurs abdominales, anémie, etc.)

Le CVM lié aux canalisations en PVC

Par ailleurs, une génération de canalisations en PVC installées dans les années 70 inquiète les épidémiologistes. Elles engendrent un relargage de chlorure de vinyle monomère qui serait à l’origine de cancers du foie, une maladie a priori très rare. Le risque est suffisamment pris au sérieux pour que l’Anses décide d’une étude épidémiologique, afin de mesurer d’éventuels dégâts sanitaires liés à ces conduites d’eau. La cartographie des sites à risques est en cours.

L’aluminium dans les communes rurales

Dans de nombreuses communes rurales, on continue à traiter l’eau courante avec de l’aluminium, un procédé destiné à éclaircir l’eau du robinet lorsqu’elle a une couleur marron.

Or plusieurs études suspectent l’aluminium d’augmenter les risques de maladie d’Alzheimer…On prend donc un risque d’autant plus inacceptable que l’on pourrait remplacer l’aluminium par des résidus ferrés, reconnus comme inoffensifs pour la santé…

Les pesticides, nitrates et sélénium

Autre point d’inquiétude soulevé, cette fois par le journal Que Choisir en mars dernier : un million de personnes – situées dans le Bassin Parisien, le Nord et la Champagne – consomment chaque année une eau non conforme en matière de pesticides, nitrates et sélénium.

Le Criieau (Comité de Recherches et d’Informations Indépendantes sur l’Eau), s’est d’ailleurs récemment alarmé des risques suspectés « de cancers, de troubles du système nerveux ainsi que de troubles de la reproduction » engendrés par une exposition répétée à des résidus de pesticides.

Les dangers bactériologiques

Cette association qui réunit différents experts en santé et biologie, rappelle également l’existence d’autres risques bactériologiques souvent ignorés par la presse comme « les Rotavirus et les Norovirus, résistants à une chloration ordinaire, et à l’origine de nombreuses épidémies de gastroentérites virales hivernales ».

L’association met également en garde les consommateurs contre les fréquentes « parasitoses transmises par l’eau potable ».

Les résidus de médicaments

Elle met aussi en garde contre un risque sanitaire plus diffus, celui de « la transmission par l’eau potable de gènes de résistances aux antibiotiques ». Ces gènes « nous sont transmis en droite ligne par l’élevage animal qui consomme les deux-tiers des antibiotiques consommés en France ». Des antibiotiques qui se retrouvent à l’état de résidus dans notre eau courante….

Quels risques pour quelles précautions ?

Où doit commencer l’application du principe de précaution ? L’eau du robinet contient – même après traitement – un nombre si élevé de traces de polluants, qu’il est très difficile de démontrer fermement ces implications sur notre santé.

La plupart du temps, les scientifiques émettent donc de forts soupçons sur les liens entre polluants et maladies. Un doute scientifique nécessaire. Mais qui ne suffit pas à faire appliquer le principe de précaution.

Ce qui incite indirectement l’industrie de la distribution d’eau – publique et privée – à concentrer ses contrôles sur des risques de crises sanitaires les plus immédiatement perceptibles.

Pendant ce temps là, les moyens alloués à la prévention des risques de maladies graves qui se déclenchent au bout de plusieurs dizaines d’années, restent dérisoires. Pour exemple, les effets cocktails qui produisent des interactions entre polluants chimiques, agricoles et médicamenteux ne sont quasiment pas investigués. On en reparlera probablement dans quelques années…


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11 réactions à cet article    


  • Le printemps arrive Le printemps arrive 19 avril 2012 09:26

    Bonjour,

    merci pour l’article, mais expliquez-moi « la transmission par l’eau potable de gènes de résistances aux antibiotiques »

    Parce que cela est soit faux ,c’est mon avis premier, mais comme je pense que l’on écrit pas volontairement des mensonges, peut-être que c’est imprécis, voire vrai et passe le cadre de mes connaissances dans ce domaine.
    Je vous remercie d’avance d’avoir la gentillesse de me présenter une réponse argumentée et documentée.


    • foufouille foufouille 19 avril 2012 12:41

      ce serait plutot des bacteries resistantes aux antibiotiques


    • Herve.C Herve.C 19 avril 2012 20:48
      Bonsoir et merci pour votre commentaire Le printemps arrive,

      J’ai trouvé cette information ici (3ème paragraphe) :

      Pour faire simple, les éleveurs gavent les porcs et les veaux d’antibiotiques, qui se retrouvent dans l’épandage puis dans les cours d’eau. 
      L’autre source de contamination, ce sont nos urines qui rejettent logiquement ces résidus médicamenteux que les stations d’épuration ne savent pas filtrer. 

      Au final, nous sommes exposés à de faibles teneurs en médicaments dans notre eau. Les doses sont infénitésimales mais pas anodines. Elles peuvent développer des résistances aux antibiotiques de notre organisme.

      Pour en savoir plus, il y a ce document très bien fait à partir de la page 2.
      Vous trouverez la description de tout le processus.


    • foufouille foufouille 19 avril 2012 21:00

      dans une station d’epuration, il y a des bacteries, donc avec les antibios ........


    • Le printemps arrive Le printemps arrive 20 avril 2012 00:35

      merci d’avoir pris le temps de me répondre.


    • eugène wermelinger eugène wermelinger 19 avril 2012 15:44

      Bonjour Hervé,
      Bravo pour cet article de rappel.
      Mais en ces temps troublés par des élections-alibis, c’est un coup d’épée dans ... l’eau.
      Cordialement.


      • cilce92 19 avril 2012 16:04

        Sans parler de tous les résidus de médicaments :

        - comme par exemple la pilule (oestrogènes) qui rend les poisons « féminins » quid des humains ???

        - comme de bien d’autres médicaments dont les traces ingérées nous rendrons résistants à l’action de ces mêmes médicaments en cas de traitement ...

        Où est le principe de précaution au vu des bénéfices engrangés par les stés type VEOLIA ?


        • mojique mojique 19 avril 2012 16:54

          A Paris, on peut boire la flotte du robinet sans problème, c’est l’une des plus « Seine » de France.  smiley


          • Berkano Othala 19 avril 2012 17:54

            Quand vous arrosez votre jardin avec l’eau du robinet, les plantes se maintiennent, alors que l’eau tirée d’u puits ou l’eau de pluie rendent la plante en meilleur état, c’est ce que j’observe depuis des années dans les jardins que j’entretiens, j’en déduis que l’eau du robinet n’est pas recommandée pour le jardin, mieux vaut un bon paillage pour imiter un peu l’évaporation , et une bonne averse .


            • jacques lemiere 22 avril 2012 15:51

              Malheureusement, une fois que l’on a analysé la qualité de l’eau sous le seul angle de la conformité vis à vis des normes, on est à peine renseigné sur les conséquences sanitaires que cela peut avoir.


              Clairement, l’eau est potable...la question de savoir si des « polluants » on un impact sur la santé publique est légitime mais pas encore tranchée.

              En regard des incidences des produits que vous avez cités sur la santé publique, on peut mettre les toute bêtes contaminations naturelles...bactérie et virus...

               .

              Le fait est que la nature est bourrée de produits cancérigènes, les uv, les radiations naturelles, les toxines diverses et variées et si on ne quantifie pas les risques , on est pas plus avancés...

              Ce que je constate c’est que les cancers dans ce pays sont souvent explicables par le mode de vie , alimentation, addictions ( dont celle au soleil), sédentarité ; les risques associés sont quantifiés....ce n’est pas vraiment le cas pour ce que vous citez... en outre , que proposez vous ???
              Il ne faut pas oublier que toute mesure ou durcissement de norme a un coût pour la société et si le but est d’éviter..rien....c’est cher payé...

              • sagesse 3 août 2012 16:54

                @Jacques lemiere,
                « Les cancers sont souvent explicables par le mode de vie... »
                Il existe des hôpitaux pour enfants cancéreux : ils boivent trop ? fument trop ? ne font pas assez de sport ?
                La réalité est que nous vivons dans un environnement de plus en plus pollué et que cela a un impact sur la santé de nous tous : la solution ? moins polluer tout simplement.
                Mon jardin n’a jamais reçu une seule goutte de désherbant, nous mangeons bio, mes 3 enfants ont porté les mêmes couches lavables, les médicaments ne sont pas systématiquement distribués à chaque rhume ou autre petits bobos, je ne prends pas ma voiture pour rien etc......

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