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Réforme hospitalière : un débat de fond qui échappe aux citoyens ?

Nicolas Sarkozy l’avait annoncé, l’année 2008 serait celle de la réforme hospitalière. Sans coup férir, chaussures roses aux pieds, Mme Roselyne Bachelot prépare une loi portant sur la réforme hospitalière, une loi qui peut changer le paysage hospitalier. Il est légitime que les citoyens prennent la parole à son sujet.

Réforme hospitalière : un débat de fond qui échappe aux citoyens ?
 
L’hôpital est-il malade ou sont-ce les règles qu’on lui impose qui sont un non-sens ?
 
On assiste actuellement à un échange de points de vue dans les colonnes du on ne peut plus sérieux journal Le Figaro sur le thème de la réforme hospitalière annoncée pour cet automne. D’un côté, on trouve Frédéric Bizard, maître de conférences à Sciences Politiques, président fondateur de Kiria, et le Pr Émile Papiernik[1], professeur émérite de l’université Paris V René Descartes, ancien chef de service de gynécologie obstétrique à l’hôpital Cochin Port-Royal, AP-HP, auteurs d’une tribune sans équivoque dans son titre « Loi Bachelot : le risque d’achever l’hôpital public  ».
De l’autre, Guy Vallancien, médecin, professeur à l’université Paris Descartes, l’ancien chargé de mission au ministère de la Santé, pour le plan Hôpital 2007, auteur notamment du rapport portant sur le devenir des services de chirurgie, lequel répond à ses contradicteurs dans une autre tribune au titre non moins plein de sens et de sous-entendus « Silence hôpital ! Pourquoi cacher les problèmes ? »
 
L’objet de la discussion porte sur la réforme hospitalière annoncée désormais pour l’automne quelque peu pompeusement, mais intelligemment nommée loi « patients, santé et territoires » dont une version en date du mois de juin circule ici et là.
 
La discussion à distance entre spécialistes de la santé, dont deux médecins, a de quoi surprendre. D’un côté, on nous laisse supposer sur le ton de l’humour noir que la ministre de la Santé, Mme Roselyne Bachelot, conduit l’hôpital public à une mort certaine. Et de l’autre, reprenant ces deux mots « Silence hôpital ! » que l’on aperçoit à l’approche de nos hôpitaux et qui n’ont guère plus aujourd’hui de sens dans nos cités urbaines polluées par les nuisances sonores, on nous laisse à penser qu’il pèse sur l’institution hospitalière une chape de plomb digne des réseaux mafieux.
 
Les premiers avancent que le secteur hospitalier est en crise et qu’une application rigoriste du rapport Larcher dont la réforme hospitalière est inspirée conduirait à achever le secteur public hospitalier. La crise de l’hôpital public serait ainsi multiforme. Crise économique, crise sociologique, crise qualitative.
 
Alors que l’opinion des Français à l’égard de cette noble institution est des plus favorables (voir articles : « Les Français et leur hôpital – 1  », « Les Français et leur hôpital – 2  ») et qu’une étude de l’organisation non gouvernementale américaine The Commenwealth Fund compare le système de santé des Etats-Unis avec celui des autres pays développés et révèle que le système de santé français occupe une place de tout premier plan en termes de qualité, il est pertinent d’analyser les discours et de contribuer au débat qui semble échapper aux citoyens. Ceux-ci seront appelés à se prononcer, mais seulement au travers de leurs parlementaires au moment du vote de la loi. Voilà une démocratie bien peu participative et craignant la pédagogie auprès du grand public. De manière volontaire, je n’aborderai pas ici la question de la qualité et pour cause au vu de l’étude que je viens de citer. Non pas qu’il n’y ait rien à dire, au contraire il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet, ne serait-ce que sur le thème basique mais fondamental du simple respect de l’hygiène des mains à l’hôpital !
 
Une crise économique ? Avec une situation déficitaire désormais récurrente – 2/3 des hôpitaux publics seraient dans le rouge – on ne peut que confirmer ce diagnostic.
 
Frédéric Bizard et le Pr Émile Papiernik estiment que, si le remède comptable et financier qui a déjà été prescrit à l’hôpital avec la tarification à l’activité continue à l’être et est généralisé comme le préconise le rapport Larcher[2], le résultat serait de « déshumaniser les hôpitaux et d’en faire des usines à soins ».
 
De son côté, Guy Vallancien affirme haut et fort que, « contrairement à leur affirmation, la loi “patient, santé, territoire” en préparation ne doit en rien revenir sur la tarification en fonction du volume d’actes et de leur qualité » donnant en contrepoint l’exemple de « régions et pays voisins qui ont su rénover leurs hôpitaux (Catalogne, Lombardie, Belgique, Grande-Bretagne…) ont utilisé à marche forcée le financement à l’activité et à la qualité. » A croire qu’il doute de la réelle volonté réformatrice de son ancien employeur…
 
D’un côté, l’hôpital souffrirait d’un sous-financement chronique menaçant son fonctionnement et, de l’autre, il serait un « sanctuaire dispendieux à l’efficacité douteuse. » Où est donc la vérité dans ce débat dont on se demande s’il ne relève pas du dogme ?
 
Il est vrai que les gestionnaires[3] – dont je suis – à quelque niveau qu’ils se situent – local, régional ou national – ne savent pas comment sortir sans heurts de cette situation déficitaire. En effet, pour éponger ce déficit, deux solutions existent.
 
Soit accepter de doter les budgets hospitaliers à hauteur de ce qu’il est nécessaire[4], seulement la réforme du financement dite tarification à l’activité a stoppé le financement sous dotation globale, et les hôpitaux sont donc inscrits dans une logique infernale : évacuer hors de leurs murs les activités « non rentables » en limitant les coûts de fonctionnement en faisant la chasse à la gabegie. Je n’exclus pas de mon discours que le système de la dotation globale avait des effets pervers, mais celui de la tarification à l’activité en a tout autant sinon plus, et non des moindres puisque la priorité n’est plus tant la qualité du soin que la rentabilité du soin. Tout gestionnaire qui se respecte comprend cela, surtout s’il se veut ou prétend manager.
 
Soit dépenser moins en prônant comme le fait Guy Vallancien « une restructuration interne forte sous-tendue par une offre de soins rénovée » perspective dont on s’échine à dire, de l’échelon le plus haut au plus bas[5], qu’elle ne se traduira par aucune fermeture. Mais on comprend mal, dans un contexte où le discours politique fustige les déficits publics comme la cause de tous les maux et notamment de manière opportuniste du marasme économique[6], on comprend donc mal comment il en serait autrement. Ne serait-ce qu’une évidence, pour restructurer sérieusement, il faut investir !
 
Voilà où les contradicteurs, de mon point de vue modeste bien sûr, ne traitent pas le sujet complètement au fond. Car, s’il est vrai que la situation actuelle est loin d’être idéale (inégalités régionales dans les moyens notamment dans la répartition des médecins, manque de coordination entre hôpital public et clinique, entre hôpital public et médecine de ville, entre hôpitaux publics eux-mêmes, etc.), on voit difficilement à la lecture de l’article de Guy Vallancien comment la nouvelle loi va permettre de changer cela.
 
Disons-le aux lecteurs, le parti pris de la réforme hospitalière est d’axer la priorité sur la restructuration des hôpitaux dans leurs activités médicales, notamment avec le recentrage du fonctionnement de l’hôpital sur une structure nouvelle, la communauté hospitalière de territoire. Pourquoi avoir honte de cela ? Car s’il est vrai que l’hôpital public souffre d’un manque de direction (donner un sens aux choses) la question de fond est de savoir s’il est encore possible aujourd’hui de disposer de structures hospitalières polyvalentes. Le coût des techniques, la rareté des compétences médicales[7], l’évolution même trop lente et timorée, mais inéluctable du droit des patients[8] sont autant de facteurs avec d’autres qui font dire que ces contraintes deviennent trop lourdes pour des structures trop petites. Mais qui osera le dire ?
 
Une autre question est de savoir si l’hôpital public ne souffre pas d’être l’enjeu de pouvoirs : pouvoir politique local contre pouvoir politique national, pouvoir médical contre pouvoir managérial, pouvoir syndical contre pouvoir gouvernemental, public contre privé. A force, on en oublie un élément déterminant : le patient. Ce citoyen, qui est comme vous et moi, ni plus ni moins, à la seule différence qu’il a besoin de se faire soigner dans une structure spécialisée, ce citoyen dispose et réclame de plus en plus d’information sur la qualité du service qu’il attend de l’hôpital. Et ces enjeux de pouvoirs le dépassent et on le comprend.
 
Si la réforme qui s’annonce permet donc d’organiser un meilleur maillage hospitalier, et de garantir à tous les citoyens quelle que soit leur condition sociale un égal accès aux meilleurs techniques et aux meilleurs médecins, alors je vote des deux mains. Mais je me permettrai d’émettre un doute sur la capacité de cette loi à remplir cet objectif qui seul intéresse le citoyen. Et je ne vois pas en quoi le débat de nos contradicteurs peut nous rassurer à ce sujet. Bien sûr, on nous promet un vrai patron à la tête de l’hôpital[9] capable de décider et de gérer, mais si les lignes directrices ne sont pas clairement posées au niveau national, il sera difficile de sortir d’une gestion parfois un peu trop opportuniste ou dont l’objectif est de calmer la virulence sociale de telle ou telle partie de notre territoire. Quand sortirons-nous de ces impasses ?
 
Alors s’il y a bien crise économique au plan comptable, la cause en est connue. Les objectifs d’évolution des dépenses de santé sont fixés nationalement par le Parlement, les négociations statutaires ou salariales aussi, seulement, sur le terrain, on vous répond tout est dans le budget, petit à petit il est logique que l’hôpital se trouve exsangue quand bien même il cherche à faire la chasse aux gaspillages. Une quelconque autorité s’est-elle penchée sur l’augmentation des tarifs de l’énergie et sa conséquence sur le budget hospitalier ? Certes, aujourd’hui, les centres hospitaliers universitaires et quelques gros centres hospitaliers achètent en commun une partie (relativement modeste à vrai dire de leurs besoins), mais est-ce suffisant ? Non, car cela conduira à terme à raréfier les fournisseurs de moyenne importance et la concurrence s’amenuisera avec les conséquences connues à cette situation. La nouvelle loi ne viendra combler cette situation de crise que par des restructurations, là-dessus Guy Vallancien a raison. Et pourtant, partout on semble frémir à cette perspective, certainement par manque d’explications et de pédagogie.
 
Mais cela sera-t-il au bénéfice de nos institutions ? Pas sûr, car s’il y a crise elle se trouve bien du côté sociologique, et l’exemple pris par Frédéric Bizard et le Pr Émile Papiernik sur les 35 heures est certes limitatif, mais exemplaire de cette crise. Voilà une réforme dont on savait à l’avance qu’elle allait créer un effet boomerang terrible pour les hôpitaux publics. Pourquoi ? Parce que là où les entreprises ont gagné en productivité (quoiqu’en dise le Medef), les hôpitaux publics sont restés prisonniers des relations de pouvoirs citées ci-dessus. Au moment de la mise en place des 35 heures, le dispositif qui s’appelait alors jusque-là Aménagement, organisation et réduction du temps de travail fut juste dénommé Réduction du temps de travail. Subtilité me direz-vous ? Et vous avez raison, mais subtilité au sens pervers autorisant les doubles discours et les injonctions paradoxales. D’un côté aux managers, on disait « réorganisez », « aménagez », et de l’autre aux syndicats, on laissait entendre « négociation », « recrutement », « compte épargne temps », « temps libre ». Le résultat ? Il fallait négocier au niveau local des accords avec le moins de vague sociale possible[10]. Quelle que fût la velléité des directions de repenser l’organisation du travail, elle fut battue en brèche au motif que le vrai objectif, celui que l’on ne pouvait avouer, était de signer à tout prix l’accord local[11]. Au même moment, le boom des départs en retraite des personnels infirmiers a conduit certains à faire croire que le miracle viendrait par le recrutement d’infirmières espagnoles ! Aujourd’hui, les comptes épargnes temps des personnels hospitaliers et médicaux sont pleins comme des œufs et le gouvernement actuel pour éviter l’implosion sociale se voit obligé de débloquer des fonds pour payer ce qui ressemble fort à des heures supplémentaires, mais fonds dont nul ne sait s’ils seront suffisants …

De leur côté, les médecins hospitaliers, aigris et frustrés d’avoir été pendant des années encensés et amenés à penser qu’ils étaient les patrons de l’hôpital, loin d’une véritable politique de santé publique seule à même d’organiser au niveau national le maillage hospitalier, préfèrent revendiquer pour leur paroisse que de regarder ce qui cloche en leur sein[12]. Voilà quelques exemples de cette crise sociologique. Comment en sortir ? Certainement pas en portant aux nues une profession – celle de directeur d’hôpital – alors que dans le même temps on en tarit le recrutement et que de toutes parts les discours font croire que des managers issus du privé pourront faire mieux.
 
Comme le dit le directeur général du Centre hospitalier universitaire de Nice : « il faut oser affirmer que ce n’est pas l’hôpital qui est malade, ce sont les règles qu’on lui impose qui sont un non-sens. »[13]
 
 


[1] On notera qu’il est également membre du comité scientifique de Kiria.
[2] Il ne s’agit pas d’une nouveauté due à Mme Bachelot qui ne reprend là que les objectifs poursuivis par ses prédécesseurs Xavier Bertrand et Jean-François Mattéi, à savoir mettre en place un seul et même financement pour le secteur hospitalier qu’il soit public ou privé. Ce seul thème mériterait que l’on s’y penche dans un article fouillé.
[3] D’aucuns préfèrent dire « manager », et ils diront que c’est une question de principe. De mon point de vue, ça fait surtout et certainement plus « hype » dans les cercles restreints. Entre nous, moi aussi j’ai suivi une formation au « management », mais j’estime que je n’ai pas de raison de m’en gargariser.
[4] Vous comprendrez que je pose là le postulat que le fonctionnement actuel est satisfaisant ce qui n’est pas vraiment exact.
[5] Ah ! La crainte des mouvements sociaux à l’hôpital est d’une tout autre nature que dans l’Education nationale… Pourtant, dans certains lieux, on ose dire que peu importe la réaction sociale, il faudra que la réforme passe avec ou sans consentement.
[6] Sur ce sujet, on notera la position intéressante et actuelle de l’économiste Joseph Stiglitz qui est la suivante : « le point le plus important est de maintenir le plein emploi. Et pour ce faire, le déficit public n’est pas forcément une mauvaise chose, à condition que l’argent soit bien dépensé  », il est connu en France du grand public pour avoir été appelé de manière très médiatique par Nicolas Sarkozy pour diriger la Commission du même nom.
[7] Rareté que l’on a bien voulu créer et on ne pourra revenir là-dessus, les médecins aussi partiront en retraite. Cette rareté est la conséquence directe de la gestion du numerus clausus d’où la situation honteuse dans laquelle se trouvent les médecins étrangers dans notre pays et grâce auxquels fonctionnent nombre d’unités de soins et d’hôpitaux. En voilà une belle hypocrisie de notre système que l’on tait honteusement.
[8] A ce sujet, il est triste de constater que le citoyen une fois le seuil de l’hôpital passé n’est un citoyen ordinaire, mais un patient avec des droits bien limités et encadrés alors qu’il s’agit de ce qu’il a de plus précieux : sa santé !
[9] Cela n’est pas tant dû à Mme Bachelot qu’à de son prédécesseur qui l’a judicieusement glissé à l’oreille de Monsieur le président de la République, non ?
[10] Fallait voir les préfectures et les sous-préfectures appeler les directions pour connaître le climat social parce que trois pneus ont été brûlés sur le parvis de l’hôpital… ah pour ça, il y avait du boulot pour les RG.
[11] Seulement ce fut au péril de ceux qui tomberaient pour des raisons étrangères, comme ce fut le cas du directeur du Centre hospitalier psychiatrique de Pau qui se trouva obligé de muter après l’horrible drame. Pour quel motif ? Parce que son accord local de RTT était trop laxiste, entre autres !
[12] Cette remarque vaut aussi pour ceux qui se prétendent managers.
[13] Extrait complet : « dgnice : message à l’auteur - Bravo, Il faut oser affirmer que ce n’est pas l’hôpital qui est malade, ce sont les règles qu’on lui impose qui sont un non-sens. Oser affirmer que sans remise en cause profonde de son mode de management l’hôpital public est condamné à court terme. Oser dire que nous voulons que nos petits-enfants puissent bénéficier de l’hôpital public parce qu’il est un emblème et une des valeurs fortes de notre société. / Emmanuel BOUVIER MULLER / Directeur général du CHU de NICE » Source Le Figaro.
 

par citoyen (son site) lundi 1er septembre 2008 - 61 réactions
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  • Par Halman (xxx.xxx.xxx.244) 1er septembre 2008 14:16
    Halman

    Pallas, quand on ne sait pas de quoi on parle on ne diffame pas.

    Les agents alcooliques il y en a quelques uns, ils sont pris en charge et mis à des postes sans contact avec le patient.

    Le problème du personnel hospitalier ce sont les 35 heures.

    Une journée fait 3 * 8 heures et non pas 3 * 7 h 47 ou quelque chose comme ça.

    Cela implique des complications de plannings et d’horaires parfaitement ingérables dont vous n’imaginez pas la complication.

    Avant les plannings étaient tellement simples que l’on pouvait savoir plus d’un an à l’avance quel jour on travaillais, à quel horaire, avec quels collègues.

    Aujourd’hui c’est de la gestion de catastrophe ambulante heure par heure, impossible de savoir où et quand et avec qui on travaillera dans une heure, on peut être envoyé dans un autre service en cours de journée.

    Donc, comme (vous n’avez pas l’air d’en être convaincu parce que vous ne savez pas de quoi vous parlez) on signe pour guerir des patient mais que l’on se retrouve avec l’impossibilité de suivre ses patients dans la globalité de leurs soins, aussi bien quotidiennement que sur le long terme, nous sommes dans un état d’esprit d’échec permanent.

    Vous comprenez ce que je veux dire, cela mêne à la dépression direct.

    Encore cette semaine une collègue de 37 ans a fait un infarctus en plein travail.

    Pas un mois ne se passe sans que j’aprenne qu’une collègue ait fait un infarctus ou une dépression.

    L’une d’elle s’est retrouvée aux urgences en réa pour surmenage au mois de juin.

    Venez nous dire ça en face dans un service si vous en avez...

    Quand on ne sait pas de quoi on parle...

  • Par citoyen (xxx.xxx.xxx.105) 1er septembre 2008 13:49
    citoyen

    Cher Pallas, je comprends votre réaction quelque peu épidermique bien que sur la forme je m’en désole. Vous me permettrez de répondre aux points soulevés :

    vous indiquez que "le problème majeur (...) c’est le personnel." Je passerai sur les accusations honteuses qui relèvent de la calomnie dans la mesure où votre propos est généraliste à l’égard des personnels hospitaliers. En tant qu’ancien DRH, je vous dirai bien que comme dans toute organisation de travail où la plus value n’est pas apportée tant par la technique mais par l’humain, le personnel est effectivement la clé fondamental de l’organisation de l’hôpîtal. Son statut, pour ce qui concerne l’hôpital public, ne l’autorise pas à se rendre coupables des méfaits dont vous faites l’énumération. La très grande majorité des personnels hospitaliers font leur travail avec coeur (n’oublions pas que ce travail est la relation elle-même patient / personnel), la plupart le font avec dévouement. N’oubliez pas cher Pallas que ces personnels que vousq invectivez travaillent de nuit, les samedis, les dimanches, les jours fériés, et la plus grande partie est constituée de personnel féminin. Avez-vous jamais pensé que le travail de nuit est des plus pénibles surtout quand il est alterné, révisez votre code du travail, ce travail de nuit est même déconseillé pour les femmes, cela n’a jamais empêché l’hôpital de fonctionner. Avez-vous jamais réalisé que l’hôpital public fait grève, mais que nul ne parle de service minimum à son sujet. Pourquoi ? parce que les personnels et les directions tout en étant sur des points de vue opposés surtout au moment des grèves conviennent que l’essentiel est bien le patient, c’est pour quoi le personnel en grève vient tout de même travailler. Concernant les personnels dont le comportement est incompatible avec la bonne marche du service, je vous dirai que la même proportion existe dans le secteur privé, c’est une question de bon sens. Dire le contraire est calomnieux tout simplement. Que le statut de fonctionnaire puisse être plus protecteur, je n’en disconviens pas mais sachez que ce même staut permet de sanctionner et voire même de licencier la personne. J’ai malheureusement eu à recourir à cela dans ma carrière encore récente. La grande différence peut-être avec le privé, c’est que cela ne constitue jamais une satisfaction mais un échec dans la gestion des ressources humaines. L’existence de brebis galeuses ne justifie pas vos propos

    Vous mentionnez encore l’intérêt des patients, bien sûr que c’est là l’essentiel. J’essaye dans mon article justement de rappeler que les droits des patients sont insuffisamment reconnus mais dans la majorité des cas les personnels sont qualifiés et compétents et respectent profondément la personne souffrant d’une maladie. ce que les patients oublient parfois, c’est qu’ils ne sont pas les seuls, le travail du personnel soignant et médical est de ce point de vue remarquable car il faut être disponible à l’égard de chacun comme s’il était le seul. Il arrive que le personnel puisse être distant, cela lui est même recommandé dans des unités où la charge émotionnelle peut être trop fort si il y a implication personnelle. Que cela conduise les patients à un sentiment de frustation, je le comprends, et les évaluations faites par les cadres et les directions cherchent justement à ramener le personnel vers cette compréhension. Aussi, vos propos sont déplacés à ce sujet. ce qui n’empêche que comme dans toute organisation de travail, il y a des bons salariés et d’autres qui sont moins bons

    Enfin, vous parlez des infections nosocomiales, ces maldies que l’on attrape pendant et à cause du séjour hospitalier, c’est là effectivement un sujet d’importance mais aussi il faut l’aborder avec sérieux, ces causes sont complexes et la principale en est que l’hôpital est un lieu de confluence unique dans la cité de toutes les pathologies les plus variées, et dont certaines d’entre elles sont de plus en plus coriaces aux traitements, je dirai que c’est même étonnant qu’iol n’y ait pas plus de souci. cela étant dit, les hôpitaux français ont d’énormes progrès en la matière malheureusement il demeure des risques, une bonne part peut être réduite par uns hygiène des mains irréprochable. Mais une fois que l’on a dit cela, il faut en mesurer les conséquences, et notamment le nombre de fois où une infirmière est amenée à se laver les mains, dans une journée de travail, c’est considérable

    Les points que vous soulevez sont donc d’importance mais la manière dont vous les traitez menifeste le peu d’intérêt que vous avez pour cet hôpital. Au fait tous les points que vous avez soulevé sont abordables de la même manière dans les cliniques privées.

  • Par Halman (xxx.xxx.xxx.244) 1er septembre 2008 14:33
    Halman

    Pallas, quant aux maladies nosocomiales, sachez que la plupart des plaintes sont déboutées parce que les analyses montrent que ce sont les patients eux mêmes ou leurs familles qui apportent les germes en causes.

    Quand vous rendez visite à quelqu’un d’hospitalisé, vous vous lavez les mains en arrivant dans sa chambre, vous mettez des surchaussures, etc ?

    Non hein !

    Et bien la plupart des maladies nosocomiales viennent des visiteurs qui s’assoient tranquillement avec leurs germes exterieurs sur le lit du patient en aplasie médulaire malgré les consignes de mes collègues.

    Ca vous dit oui en face mais dès qu’on a le dos tourné, les consignes ça se torche avec et après ça porte plainte.

    Ca amène le bébé qui fait sa grippe, ça tripote le toutou dans la voiture, toutou qui a reniflé les merdes des autres clébars.

    Et le lendemain c’est dans tout ses états parce que le grand père a fait un choc septique, et ça fait sa grosse colère et ça menace de porter plainte !

    Avant de critiquer le personnel hospitalier, sachez que la pire des catastrophes dans l’hopital ce sont les visitueurs et les familles de patients.

    Ca ne fait pas confiance aux médecins et aux infirmières, alors en lousdé ça amène le traitement du médecin de ville, ça le fait prendre au papy en cachette quand on croit qu’on a le dos tourné, mais on a l’habitude, on surveille , on est bien obligés ! . Et on s’étonne qu’il y a surdoses avec les médicaments de l’hopital ou interractions graves ou bien effets antagonistes qui peuvent être mortels !

    Et ça se permet de porter plainte parce qu’on ne l’a pas soigné correctement !

    Et ça se ramène avec ses gros sabots dans la chambre de la grand mère, que l’on tient sur le fil pour ne pas qu’elle rechute dans sa dépression et ça ne peut pas s’empécher de sortir les grosses vannes lourdingues de gros bourrins qui refont tomber la patiente dans sa dépression. Résultat, tous les bilans qui se refont la male et on est obligés de la garder encore pour la remettre debout. Et ça fait sa grosse colère parce que "vous nous aviez promis qu’elle sortait cette semaine mais vous la gardez encore deux semaines on a pas les moyens qu’est ce que vous vous imaginez !"

    Mais non mon gars, ce n’est pas exeptionnel, c’est notre lot quotidien.

    Alors si on vous fait l’effet d’être "bourré", demandez vous plutot si ce n’est pas de l’épuisement nerveux et physique !

    Pas un mois sans qu’une ou deux de mes collègue fasse un infarctus ou une dépression.

  • Par antochrit (xxx.xxx.xxx.67) 2 septembre 2008 11:15
    antochrit

    Pauvre Pallas....on se demande vraiment où vous allez chercher toutes ces aneries !

    Les avantages à gogo des personnels soignants ??????lesquels....deja celui que vous citez "le logement moins cher" est faux !
    Je vais vous les citer moi tous les avantages :
    travail en 3/8, travail des dimanches et fériés, responsabilité ++++, personnel de plus en plus réduit,
    salaire mirobolant (après BAC +4, 30 ans de boite et une fonction de "cadre" depuis 8 ans = 2400 euros)et d’ici ma retraite je peux espérer 2600....un vrai pactole d’autant que là dedans les primes que je touche ne comptent pas pour la retraite....(et ne sont pas en sus de ce que j’indique)
    La mutuelle....je me la paie, aucun médoc gratos,
    mon logement....dans le parc privé sans aucun avantage ni sur les tarifs ni autre, pas de chèques restaurants, pas de participation aux frais de transports....
    UN VRAI PARADIS LA FONCTION PUBLIQUE HOSPITALIERE !
    A j’oubliais, gardes et astreintes......non payées chez moi..... ! pourtant gestion durant ce temps de tous les aléas de l’établissement ....
    Les heures sup.....à récupérer bien évidemment (quand on peut) car on ne peut pas payer celles des médecins et les nôtres....Sarko n’a pas bien évalué le coût.... lui aussi il croit qu’on est des faignasses !

    La GREVE...... ???? vous avez déjà vu des hopitaux qui ferment pour cause de grève vous ????
    Même en grève, le travail se fait, car la maladie ne se programme pas, et vous savez la meilleure il y a un effectif minimum à maintenir en cas de grève.....et bien maintenant c’est l’effectif de croisière, car les réductions d’effectifs ont fait que l’on n’est plus jamais au dessus de ce seuil !!!!

    Mais à vous lire, finalement je serais assez ravie que vous ayiez besoin de nous et que l’on vous fasse poireauter bien longtemps, non pour se venger mais simplement parce que l’on n’a plus les moyens de gerer tout en temps voulu..... !

    Auriez vous le courage de nous dire quel travail éreintant vous effectuez.....et pour quel salaire ???


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